L. Heidet
ORIGÈNE (’ûpiyÉvï)?). Par le nombre et l’importance de ses écrits, par l’impulsion qu’il donna à la science biblique, comme chef du Didascalée d’abord puis de l’école de Césarée, par l’influence prodigieuse qu’il exerça sur les écrivains ecclésiastiques des âges suivants et aussi par les controverses dont il fut l’objet, Origène occupe une place unique dans l’histoire de l’exégèse. Npus n’avons à parler ici que de l’exégète. Il ne sera donc question, si ce n’est en passant, ni du théologien, ni ite l'apologiste, ni du prédicateur, ni du critique. Voir Hexaples, t. m, col. 689-701.
I. Biographie sommaire et chronologie des œuvres. — /. origène a Alexandrie. — 1“ Points de repère. — La source principale pour la biographie d’Origène est le sixième livre de l’ Histoire d'Eusèbe,t. xx, col. 521-601. Celui-ci, avec la collaboration de saint Pamphile, avait composé en six livres V Apologie de son héros; il avait réuni plus de cent de ses lettres et il possédait à Cé-
ORIGÈNE
sarée ses écrits autographes, munis d’annotations précieuses de sa propre main. Il était donc très bien informé et le soupçon de partialité dont il peut être l’objet porte sur les appréciations et non sur la suite ou la date des faits eux-mêmes. Les renseignements complémentaires fournis par saint Jérôme, saint Épipliane, Rufin, Photius et autres, quelque intéressants qu’ils puissent être, ont beaucoup moins d’importance et dévivent probablement en majeure partie de Y Apologie. - Des témoignages concordants nous permettent de fixer la naissance d’Origène à l’année 185 (ou 186), sa mort à l’année 253 (ou 254) et son départ définitif d Alexandrie à l’année 231. Au moment où il devint orphelin par le martyre de Léonide, la dixième année de Septime-Sévère (commencée le 2 juin 202), il était « très jeune, tout enfant, n’ayant pas plus de dix-sept ans ». Eusèbe, U. E., vi, 1 et 2. Il mourut à Tyr, sous Gallus, âgé de soixante-neuf ans révolus. Eusèbe, H. E., vu, I. Il y a là un léger désaccord : Gallus fut tué en 253 et les soixante-neuf ans révolus d’Origène, même en le faisant naître en 185, nous mèneraient en 254. Cette dernière date est à préférer, car il est probable qu’Eusèbe a fait plus d’attention à l’âge exact de son héros qu’à l’année précise où il est mort. Quant au départ d’Alexandrie il eut lieu la dixième année d’Alexandre Sévère et peu de temps avant la mort du patriarche Démétrius, Eusèbe, II. E., VI, in, 6, c’est-à-dire en 231.
2U Les maîtres cTOrigène. — Le premier fut Léonide son père qui, non content de lui enseigner les belleslettres, lui faisait chaque jour apprendre par cœur et réciter des passage de l’Écriture. Il est certain que l’enfant suivit les leçons de catéchèse de Clément, mais seulement jusqu’à la persécution de 202, époque à laquelle Clément quitta Alexandrie pour n’y plus revenir. Au contraire il est douteux qu’il ait jamais entendu Pantène, bien que ce dernier soit rentré, dit-on, à Alexandrie après ses missions parmi les Indiens. Cependant la lettre d’Alexandre de Jérusalem à Origène où il lui rappelle qu’il doit à Pantène et à Clément de l’avoir connu, favorise cette hypothèse, Eusèbe, H. E., vi, 14. Porphyre dit qu’Origène fréquenta l’école d'Arnmonius Saccas, Eusèbe, II. E., VI, 19, et qu’il y profita beaucoup. Le fait est très vraisemblable et l’on n’a aucune raison de le contester. Le même Porphyre donne la liste suivante des auteurs préférés d’Origène : Platon en première ligne; puis Numénius et Cronius, Apollophane et Longin, Modérât, Nicomaque et autres pythagoriciens, enfin Chérémon le Stoïcien et Cornutus. Origène cite en effet assez souvent Platon et quelquefois Numénius et Chérémon. Dans une lettre dont Eusèbe, II. E., vi, 12, nous a conservé un fragment, il expliquait pour quelles raisons il s’était adonné à l’étude de la philosophie et disait avoir trouvé à l’école du Maître, sans doute Ammonius Saccas, son successeur lléraclas qui la fréquentait déjà depuis cinq ans. 11 apprit aussi l’hébreu dès sa jeunesse. S. Jérôme, De Vir. ill. 54, t. xxm, col. 665. Son maître, auquel il fait maintes fois allusion. De princip., i, 3, 4; iv, 26, t. xi, col. 148, 400, est inconnu. Saint Jérôme nous apprend, Adv. Rufin., i, 13, qu’il avait entendu le patriarche des Juifs, 11 u il lus. Dans Origène ce nom est écrit ’To-jW.o;. Un autre mot de saint Jérôme, Epist. xx MX, 1, t. x.xii, col. 466, a fait supposer que sa mère ellemême était juive et savait l’hébreu. Quoi qu’il en soit, Origène ne semble pas avoir acquis une connaissance très approfondie de cette langue. Cependant ses étymologies fautives et le peu de soin qu’il a de recourir au texte original, en cas de divergence avec le grec, ne prouvent rien. La version des Septante faisait seule autorité dans l’Église et, quant aux étymologies, l’exemple de Platon et de Varron nous montre avec quelle liberté les anciens, même les plus savants, traitaient la science des mots. Cf. Redepenning, Origenes, t. i, p. 458-461.
3° Enseignement au Didascalée (203-231). — Tout enpoursuivant ses études philosophiques et théologiques, Origène s’occupait activement des catéchumènes que l’éloignement de Clément avait laissés sans maître. Cette charge qu’il avait prise spontanément durant la persécution de l’an 202 lui fut officiellement confirmée l’année suivante par le patriarche Démétrius. Douze ou quinze ans plus tard, il s’associa un de ses condicisples à l ecole d’Arnmonius du nom d’Héraclas, afin de vaquer plus librement à ses propres études. Vers la même époque (218), il convertit Ambroise qui mit généreusement à sa disposition une armée de secrétaires et de calligraphes, avec toutes les ressources que pouvait exiger la diffusion de ses ouvrages. Jusque-là Origène, bien que déjà célèbre comme professeur, n’avait encore rien publié. Eusèbe, H. E., vi, 1 7-18.
— Cinq longs voyages interrompirent l’enseignement au Didascalée : 1. Voyage à Rome vers 213 (sous Zéphyrin et Caracalla, Eusèbe, IL E., vi, 14) « pour voir la plus ancienne des églises ». A Rome, où il demeura peu de temps, Origène aurait assisté à une homélie de saint llippolyte. On suppose que la découverte à Nicopolis d’une cinquième version des Septante date de cette époque. Eusèbe, R. E., vi, 16. — 2. A peine de retour, Origène dut se rendre en Arabie, sur les instances du gouverneur qui, désireux de le voir et de l’entendre, avait écrit à cet effet au patriarche. Eusèbe,, H. E., vi, 12. — 3. Pendant que la persécution de Caracalla ensanglantait l’Égypte (215 ou 216), il vint à Césarée de Palestine où l’évêque Théoctiste l’invita à prêcher dans l’église, quoiqu’il fût encore simple laïque.
— 4. Probablement en 218, Mammée, mère de l'empereur Alexandre-Sévère, le manda auprès d’elle à Antioche. Eusèbe, //. E., vr, 21. — 5. Enfin vers 230 (sous Pontien de Rome et Zébinus d’Antioche, Eusèbe, II. E., vi, 23) des affaires ecclésiastiques l’appelèrent en Grèce. C’est en passant à Césarée qu’il fut ordonné prêtre par Théoctiste, évêque de cette ville, assisté de l’évêque de Jérusalem, saint Alexandre. Au cours de ce voyage il visita Éphèse et Antioche. Mais, à son retour à Alexandrie, il trouva Démétrius vivement irrité contre lui et résolu à le perdre. Deux conciles rassemblés par le patriarche prononcèrent l’un son exil, l’autre sa déposition. Photius, Biblioth., 118, t. cm, col. 397. Origène n’attendit pas la seconde sentence; il devança même, probablement la première, en se réfugiant à Césarée.
4° Ouvrages composés à Alexandrie. — Jusqu'en 218, Origène s’occupa surtout de travaux critiques. Saint Épipliane dit expressément que les Ilexaples furent son premier ouvrage. Contra liær., lxiv, 3, t. xli, col. 1073,. S’il écrivit, ce fut pour son propre compte et non en vue de la publicité. Entre 218 et 231 il composa, sans qu’on puisse dire exactement dans quel ordre, les deux livres sur la Résurrection, le Periarclion, les Stromales, un commentaire sur les Lamentations, une explication des 25 premiers Psaumes, huit livres du commentaire sur la Genèse s cinq livres du commentaire sur saint Jean. Il menait sans doute de front plusieurs de ces ouvrages et nous savons que le commentaire sur saint Jean et les Ilexaples l’occupèrent presque toute sa vie.
u. oiugéxe a césAiiée. — 1° Enseignement à Césarée. — 1 . Accueilli avec honneur par Théoctiste de Césarée qui l’avait ordonné prêtre Origène fut invité à continuer dans la métropole de la Palestine renseignement si brillamment inauguré à Alexandrie. La nouvelleécole fut bientôt très fréquentée. Au nombre des disciples d’Origène on compta entre autres saint Athénodore et son frère saint Grégoire le Thaumaturge qui prononça en quittant son maître, après un séjour decinq ans, le célèbre panégyrique où il retrace, au milieu d’éloges d’un enthousiasme et d’une exubérance juvéniles, un intéressant portrait d’Origène professeur.
‘ Quatre voyages interrompirent l’enseignement d’Ori—
ORIGENE
gène à Césarée. 1. Vers 235 il céda aux instances de son ami saint Firmilien, métropolitain de Césarée en Cappadoce, qui le retint longtemps auprès de lui. S. Jérôme, De viris ill., ir, 54, t. xxm, col. 665. Peut-être ce voyage coïncida-t-il avec la persécution de Maximin. Ainsi s’expliquerait le détail fourni par Pallade. Hist. Laus., 147, t. lxxiii, col. 1213, qu’Origène passa deux ans dans la maison d'une dame chrétienne de Césarée de Cappadoce nommée Julienne et y trouva les écrits du traducteur Symmaque. — 2. Vers 240 il se rendit à Athènes et vit à Nicomédie son ami Ambroise. Eusèbe, H. E., vi, 32. — 3. Vers la même époque il fut invité par les évêques réunis en concile à Bostra qui avaient condamné l’évêque de cette ville, appelé Bérylle, sans réussir à le convaincre. Origène fut plus heureux. Eusèbe, H. E., vi, 33. — 4. Entre 246 et 249 il gagna de nouveau l’Arabie pour réfuter et convertir certains hérétiques qui prétendaient que l’âme meurt avec le corps et ressuscite avec lui. Eusèbe, H. E., vi, 37. En outre ses lettres et ses écrits signalent sa présence à Jérusalem, à Jéricho, à Antioche, à Ephèse, etc. Le renseignement donné par saint Epiphane, Cont. l\ær., lxiv, 3, t. xli, col. 1073, qu’il aurait passé 28 ans à Tyr, est absolument controuvé. Origène mourut à Tyr, mais il y résida peu de temps. D’ailleurs 23 ans tout au plus s’écoulèrent entre son exil et sa mort.
2° Ouvrages composés à Césarée. — D’abord le commentaire sur saint Jean, à partir du livre VI. Au commencement de ce livre, Origène fait une touchante allusion aux tempêtes soulevées conlre lui et au calme qui leur succéda. Pendant la persécution de Maximin, vers 235 ou 236, fut composée l’Exhortation au martyre adressée à Ambroise et à Protoctèle, prisonniers pour la foi. Origène écrivit ensuite son commentaire sur Isaïe. Pendant son voyage en Grèce, entre 238 et 244, il acheva son commentaire sur Ezéchiel et commença l’explication du Cantique des cantiques. A la même époque, il envoya de Nicomédie sa réponse à Jules Africain. Mais ses ouvrages les plus célèbres datent de sa vieillesse. Ce fut après l’âge de soixante ans, quand il eut autorisé les sténographes à recueillir ses homélies, Eusèbe, H. E., vr, 36, faute de temps pour les dicter, qu’il composa son Commentaire sur saint Matthieu en 25 livres, son Commentaire sur les petits Prophètes et sa réfutation de Celse (probablement en 248). Après la persécution de Dèce il n’écrivit plus que des lettres.
II. Principes d’exégèse. — Il ne sera pas inutile d’énumérer ici les principaux passages ayant trait à l’inspiration, au sens et à l’interprétation de l’Écriture, la plupart des critiques commettant la double faute de juger le système d’Origène sur des citations tronquées et sans tenir compte de sa terminologie. — 1. Textes conservés en grec : Periarchon, iv, 1-27, t. xi, col. 341 - 402; Contra CeLs., iv, 49-51; vu, 20, t. xi, col. 1108- 1113, 1449-1452 (défense de l’allégorie scripturaire); In Malt., xv, 1-3; xvi, 12-13, t. xm, col. 1253-1261, 1409-1417 (la lettre et l’esprit, avec application aux aveugles de Jéricho); ln Joa., x, 2-4, t. xiv, col. 309- 316 (solution des antilogies). De plus les quatorze premiers chapitres de la Pliilocalie composés en très grande partie d’extraits d’ouvrages aujourd’hui perdus. — 2. Textes conservés seulement dans une traduction latine. In Gen., hom. n, 6, t.xn, col. 173-174 (les trois sens); ln Gen., hom. xvn, t. xn, col. 253-262; ln Levit., hom. v, 1-5, t. xn, col. 447-456 (les trois sens); ln Levit., hom. vu, 4-7, t. xii, col. 483-492 (le sens spirituel de la Loi); In Num., hom. ix, 7, t. xn, col. 632-633 (les trois sens); In Num., hom. xi, 1-3, t. xii, col. 640-647 (régies pour le sens spirituel de la Loi); In Is., hom. vi, 3-4, t. xm, col. 240-243 (nécessité du sens spirituel) ; chap. vi de V Apologie de saint Pamphile, t. xvn, col. 590-595 (l’Écriture se vérifie le plus souvent à la lettre).
i. inspiration de l'écriture. — Le fait même de l’inspiration est sans cesse affirmé. Les Livres Saints sont inspirés de Dieu ((Ieotxve'J'jxoc, Eguvsuaroi) ; ils sont saints et sacrés (âyia (h 6), ta, ce pà ypdtzp.axa); ils sont divins (6eîoi >.ôyoi, 6sia ypacp vj, 0£Ïa (hêXta ou ypâixp-axa). Inspiration et divinité des saints Livres sont pour Origène deux notions équivalentes : aussi a-t-il coutume de prouver l’inspiration par la divinité et il aime à prouver la divinité de l’Écriture par la divinité du christianisme. Le titre du quatrième livre du Periarchon est : 11 e pc t o O Oeottve'jcjtou tï)c Oecocç l’pacpï); et le but déclaré de l’auteur est de montrer que l’Écriture est divine (uEpt tô)v ypacptov wç Ôeccov... a>ç Ttep'i Oeccov ypap.jj.aTa)v),
Periarcli. iv, 1, t. xi, col. 341-344; la conclusion est qu’en démontrant la divinité de Jésus on a démontré que les Écritures qui le prophétisent sont inspirées,. Ibid., iv, 6, t. xi, col. 352, et Origène a bien confiance d’avoir ainsi prouvé sa thèse (Msxà xb EÎpïjxévai xtsot toü 0EO7tvsüaTou; stvat xàç ÔEcaç Tpacpaç). Ibid., IV, 8, t. xi, col. 356. Du reste l’équation divinité = inspiration se trouve énoncée ailleurs. Cf. ln Num., hom. xxvi, 3, t. xn, col. 774, etc. En résumé, d’après Origène, l’Écriture est inspirée parce qu’elle est la parole de Dieu et l’œuvre de Dieu. Peut-être la meilleure définition des Livres sacrés est-elle qu’ils sont divins en tant qu’écrits par la grâce céleste (co; oùpavcco x.“Pm àvaysypap.p.éva, Periarcli., iv, 6, t. xi, col. 352) ou qu’à la différence des ouvrages humains ils sont le produit d’une motion spéciale de Dieu (0ei'o>v xa\ iv. 0eo<poptaç dtTiT]yyeXp.évu)v, Contra Cels., m, 81, t. xi, col. 1028). — Quant au mode de l’inspiration, la question n’est pas traitée ex professo et il est difficile de tirer un système des indications répandues çà et là. C’est Dieu le Père qui est la source première de l’inspiration comme de tout le reste, mais c’est le Fils en tant que médiateur universel et c’est proprement le Saint-Esprit en tant que l’inspiration, œuvre de sainteté et de salut, entre dans sa sphère spéciale. On reconnaît là le subordinatianisme au moins apparent d’Origène. La formule la plus caractéristique est celle-ci : Les Livres sacrés ne sont pas des ouvrages humains, ils ont été écrits par (sE) inspiration de l’Esprit- Saint, par (en grec datif) la volonté du Père universel, par (Stot) Jésus-Christ : M f , àv0pu>7rwv Eivat cruyypo|j.[xa-a va; ÎEpàç |3(ëXouç, àXX’ i\ ÈTUTtvoiaç t où âyt'ou IIvE-jp.axo;, (louXr|p.aTt xoû Haxpbç x&v oXojv, 8 là ’Iyicoü XptoroO xaôxaç àvayeypâcpôac. Periarcli . , iv, 9, t. xi, col. 360. En vertu de celte théorie, l’Esprit-Saint parle directement dans l’Écriture bien qu’elle soit aussi à un autre point de vue la parole et l’œuvre du Père et du Fils. C(. Fragment. in Act., hom. iv, t. xiv, col. 832. — Origène suppose toujours que le sujet de l’inspiration est saint et c’est une conséquence de ses idées sur l’habitation du Saint-Esprit. L’hagiographe est rempli du Saint-Esprit et voilà ce qui constitue principalement son inspiration, laquelle est surtout, au gré d’Origène, une illumination de l’intelligence. Contra Cels., I, 48, t. xi, col. 749. Mais le catéchiste alexandrin s’élève partout avec vigueur contre la théorie qui assimile les prophètes aux devinset leur attribue la fureur sacrée (p.avta) dont ces derniers étaient possédés. Il ne repousse pas avec moins de force l’extase prophétique des montanistes. Tout mouvement désordonné du corps et tout état anormal de l’àme, indignes du Dieu inspirateur, manifestent la présence des esprits mauvais.
il. u;s trois sens de l’êc.riture. — L’exposition la plus complète du triple sens scripturaire se lit dans le Periarchon, iv, 11-22, t. xi, col. 364-392, dans l’homélie v, 1 et 5, sur le Lévitique, t. xii, col. 447 et 455, et dans l’homélie xi, 1-2, sur les Nombres, t. xii, col. 641- 645. « L’homme se compose d’un corps, d’une âme et d’un esprit : de même l’Écriture octroyée par Dieu pour le salut des hommes : "ilmxep u a/0pt>)7toç <7uvs<jxY]y.E'/ iv. u.xto; y. ai ’irj/rii y.ai 7r/E'j|j.axo;, xov avxbv xpÔTxov y.a’t
ORIGÈNE
v) olxovop.vjôsïo'a inb toO 0eoû et; àvÔpcaTxwv <7ü)Tï]piav Ppaipr,. » T. xi, col. 365. Triplicem in divinis Scripturis inlelligentiæ inveniri sæpe diximus niodum, liistoricum, moralem et mysticum : unde et corpus inesse ei, et animam, ac spiritum intelleximus. In Levit., homil. v, 5, t. xii, col. 456. Dans ce dernier passage le triple sens biblique est iiguré par les trois instruments qui servaient à cuire la viande des sacrilices : le four, le gril et la poêle. Ailleurs nous trouvons d’autres symboles, par exemple les trois étages de l’arche, In Gen., hom. n, 6, les trois pains prêtés par l’ami. Luc., xi, 5, etc. Il est notoire que cette terminologie a été inspirée à Origène par la trichotomie de Platon. On ne peut guère douter que la gradation des sens scripturaires ne réponde à la gradation du composé humain : corps, âme et esprit. Cependant, chose curieuse, l’ordre est différent dans plusieurs homélies traduites par Rufin et le sens moral qui est l’âme de l’Écriture occupe le troisième rang, le plus élevé. In Gen., hom. n, 5, t. xn, col. 173 ( expositio historien, mÿstica, moralis); hom. xi, 3, t. xii, col. 224 ( secundum litteram, secundum spiritum, et si moralem locum contigero); hom. xvii, 9, t. xii, col. 262 ( seeundum historiam, secundum mysticum intellectum , etiam moralem sermonem). — Origène n’a jamais dit bien nettement ce qu’il entend par le corps, l’âme et l’esprit de l’Écriture. La définition la plus claire se trouve, à notre avis, dans un passage tiré de l’homélie v sur le Lévitique et conservé en grec par les auteurs de la Philocalie, t. xii, col. 421 (rapporté par erreur à l’homélie il ; la traduction de Rufin se lit col. 447) : « Puisque l’Écriture se compose, pour ainsi dire, d’un corps visible, d’une âme intelligible et d’un esprit qui contient les figures et l’ombre des choses célestes, invoquons Celui qui a donné à l’Écriture le corps, l’âme et l’esprit, le corps pour ceux qui nous ont précédés, l’âme pour nous, l’esprit pour ceux qui, au siècle futur, doivent hériter de la vie éternelle » (uCiga plv toÏ; tt pb -qp.tiv, 'l/uyyrjv Sk
ï|Uâv, 7rv£0|j.a 3s toi; ev tm |xé),),ovti a’uovi y.Ar, p a v o (J.r, a ctj <7 ; £ü)rjv aiciviov).
1° Le sens corporel. — Origène le désigne par divers synonymes : y. axa xb Ypdcp,p.a, y.axà xb pyjxbv, -/.ara XÉijiv, y.arà iaroptav, y, a va tï)V ai.py.oi, xaxx -rpv at<70Yj<Tiv, etc. C.’est le corps, la chair et la lettre de l’Ecriture, le sens grammatical, le sens historique, le sens sensible. Rufin traduit : corpus, littera, historia, caro litteræ, historialis consequentia, secundum litteram, expositio corporea, etc., sans qu’on distingue entre ces divers termes aucune nuance de signification. Mais ce qu’il importe de noter c’est que le sens corporel d’Origène ne répond nullement à notre sens littéral. Ce n’est notre sens littéral que lorsque celui-ci est exprimé sans figures, par des mots qui conservent leur signification propre. Origène affirme souvent qu’il y a des endroits dans l’Écriture où le sens corporel n’existe pas; s’il se servait de notre terminologie son assertion serait non seulement absurde mais totalement inintelligible. Les exemples nombreux qu’il allègue expliquent sa pensée. Ce sont les anthropomorphismes qu’il faut prendre pour des métaphores, les récits qui, entendus à la lettre, exprimeraient quelque chose d’indigne du Dieu révélateur et où il faut par conséquent chercher une allégorie, enfin les préceptes impossibles à observer ou déraisonnables dès qu’on les interprète au sens obvie. Nous dirions, en langage moderne, que dans tous ces cas le sens littéral est figuré. Origène parle autrement en voulant dire la même chose. Cf. Periarchon, iv, 12- 19, t. xi, col. 365-385.
2° Le sens psychique. — Ce sens intermédiaire, répondant â Y âme de la trichotomie platonicienne, a fort peu de relief. Lin exemple de ce sens psychique ou moral nous est fourni par saint Paul, I Cor., îx, 9, appliquant aux ouvriers évangéliques le précepte de la
Loi : <i Tu ne muselleras pas le bœuf qui dépique sur l’aire. » Periarchon, iv, 12, t. xi, col. 368. Le but de ce sens est ainsi défini dans l’homélie xvii, 9, sur la Genèse, t. xii, col. 262 : Ut Scripturarurn studiosi, non solum quidin aliis, vel ah aliis gestum sit,sed etiam ipsi bitra se quid gerere debeant doceantur. En général ce qui est capable d’édifier le commun des lecteurs ou des auditeurs appartient à ce sens moral; et voilà peut-être pourquoi dans les homélies, dont l’objet principal est l’édification des fidèles, le sens moral occupe souvent la troisième place, la première en dignité. Mais, dans la pratique, Origène néglige presque toujours le sens intermédiaire et sa trichotomie se réduit à deux termes : la lettre et l’esprit. C’est d’ailleurs plus conforme à la psychologie chrétienne et à la tradition juive. Les thérapeutes, suivant Eusèbe, II. E.y n, 17, t. xx, col. 184, comparaient la législation mosaïque à un animal, dont le corps répondrait à la lettre et l’âme à l’esprit de 1 Écriture (irwij.a p.èv k/sri xà; pr,xà; ).éïe iç, -Lu/V 8s xbv Èva7toxeipevov xatç léÇeaiv àopaxov voüv).
3° Le sens pneumatique ou spirituel. — Ce sens, qui comprend le plus souvent le sens psychique luimême, est désigné par une foule de synonymes, entre lesquels il est difficile de découvrir une différence : ivaywyri, àW'qqoplx, 7ispé/oia, TtveupuxTtXY) exSo/rj, sensus mystiens, allegoricus , spiritalis inlelligentia, etc. Voir Redepenning, Origenes, t. i, p. 365. Un grand défaut de la terminologie d’Origène c’est qu’il range dans la catégorie du sens spirituel les notions les plus diverses :
I . Le sens métaphorique, ou plus généralement, le sens figuré, est un sens spirituel, tandis que le sens propre rentre dans le corps ou la lettre de l’Écriture. — 2. Le sens typique est aussi un sens spirituel; et à cela il n’y a rien à dire. — 3. Le sens conséquent et même le sens accommodatice sont également attribués au sens spirituel, et ici le langage est complètement abusif et n’a pour excuse que l’usage ordinaire des Pères de l’Église. 11 est évident que la signification matérielle des mots, indépendamment de l’intention de l’hagiographe ou du Saint-Esprit, n’est pas un sens de l’Écriture; et il faut en dire autant du sens que i interprète ou le lecteur peut extraire, par voie d’analogie ou de conséquence, de la parole inspirée. — Origène rapporte toujours à saint Paul sa théorie du sens spirituel et cite à maintes reprises les textes suivants : Rom., xi, 4 (application accommodatice)', I Cor., x, 4 (breuvage spirituel)’, x, 11 (significations typiques); Gai., iv, 21 (interprétation allégorique); Col., n, 12 (la Loi, ombre des réalités à venir); Heb., vin, 5 (l’Ancien Testament est, par rapport au Nouveau, vj7ro;, sîxwv et ay.ii). Nous avons vu plus haut que I Cor., ix, 9 (sens conséquent), était donné comme exemple du sens psychique. On voit par là que le sens spirituel embrasse à la fois l’accommodation, l’allégorie, la métaphore et le type proprement dit.
III. réglés d’ interprét A 11QK. — 1° Règles générales. Elles peuvent se réduire à trois. — A) Expliquer l’Écriture d’une manière digne de Dieu, auteur de l’Écriture. — Cette règle est souvent formulée. In Jer., hom. xii, 1, t. XIII, col. 377 : "O 7xpo;xâ<T<j£xai ô Trpotpr(T-/-|Ç XÉyEiv Onb 0£o\i, otpet'Xei alhov stvai xoô 0eo-j. Periarchon, IV, 9, t. xi, col. 361 : ’A Ëùo; xr(; rpaipÿ|;. In Nurner., hom. xxvi, 3, t. xii, col. 774 : Conveniens videtur liæc secundum dignitatem, immo potius secundum majeslatem loquentis intelligi. La raison en est bien simple. L’Écriture n’est pas l’œuvre des hommes mais de Dieu : il faut donc qu’elle rellète la vérité, l’unité, la plénitude et aussi la sainteté de son auteur. Par conséquent, l’interprète ne doit rien admettre de faux, rien de contradictoire, rien d’opposé à la sagesse, à la justice et aux autres perfections de Dieu. Deux passages remarquables conservés dans la Philocalie, chap. vi, t. xm, col. 832, et chap. v, t. xiv, col. 192, mettent bien en relief l’harmonie divine des Livres Sacrés. Mais c’est le
ORIGÈNE
■caractère de plénitude qui frappe le plus Origène. Il en déduit la nécessité du sens spirituel, sans lequel les Écritures seraient indignes de Dieu et ne paraîtraient point toujours au-dessus des conceptions humaines. En vertu de cette plénitude il n'y a pas dans la Bible un iota ni un seul trait vide de sens. Philoc., i, t. xiv, col. 1310 : p.y|8sp.iav xepatav x£vr(v o-oçcaç . Cf. ln Jer., hom. xxxix, t. xm, col. 544; InPs., i, 4, t. xn, col. 1081 : Seo-veuotov gÉ/pt to-j tuxôvtoç ypàp.p.aTOç. Voir encore In Num., hom. xxvii, 1, t. xii, col. 782 : Non possunius dicere quod aliquid in eis sit oliosum aut superfluum.
B) Abandonner la lettre ou le sens corporel de l'Écriture toutes les fois qu’il en résulterait quelque chose d'impossible, d’absurde ou d’indigne de Dieu. — Cette règle n'est pas moins incontestable que la précédente dont elle peut être regardée comme un corollaire. La seule question qui se pose est de savoir ce qu’on entend par absurde, impossible et indigne de Dieu. On pourra examiner en détail les nombreux exemples où il faut abandonner, suivant Origène, le corps ou la lettre de l’Écriture pour recourir à la métaphore, à l’hyperbole, à l’allégorie ou à d’autres figures. Periarchon, iv, 12-17, t. xi, col. 365-375. En général les raisons données sont satisfaisantes. C’est le cas spécialement pour les anthropomorphismes qu'il faut entendre au sens figuré et pour certaines prescriptions qu'on ne doit point prendre à la lettre, comme le précepte de s’arracher l’œil qui scandalise, de tendre la joue gauche à qui vient de frapper la droite. Mais quelquefois elles sont faibles et peu décisives ou même •dénuées de valeur, parce qu’elles ne se fondent que •sur une prétendue impossibilité. Ainsi la permission de manger du trcigélaphe ou du griffon ne peut pas, ■dit-il, se prendre à la lettre parce que le premier animal est fabuleux et que le second n’a jamais été capturé. La comparaison du texte original ferait évanouir cette diftîculté. Il arrive aussi, quoique très rarement, qu’Origène désespérant de résoudre une antilogie se rejette sur le sens spirituel comme sur le moyen unique de sauvegarder la vérité de l’Écriture. L’exemple le plus caractéristique et le plus connu de cette exégèse hardie est le début du tome x du Commentaire sur saint Jean. L’étude de ce texte fameux exigerait des développements qui ne peuvent trouver ;place ici. Voir notre Origène, appendice n, p. 186-187. Assez souvent l’exégète alexandrin recourt encore au sens spirituel, pour rendre un récit ou un précepte dignes de Dieu.
C ) Avoir toujours présent, comme principe directeur, l’enseignement de l’Église. — Cette obligation est expressément formulée dans le Periarchon, îv, 9, t. xi, •col. 360: Èyopévoi; toû xxvovoç Tÿ|Ç ’Iyjoo'J Xpturoü xatà 8:a8oy r,v t<3v àTroaroXoïv oùpavtou ’ExxXyjrrtaç. Le fils ■sincère de l’Église ne doit point prêter foi aux conclusions que les hérétiques tirent de l’Écriture, ln Matth., ser. 46, t. xm, col. 1667 : Sed nos illis credere non debemus, nec exire a prima et ecclesiaslica traditione, nec aliter credere nisi quemadmodum per successionem Ecclesiæ Dei tradiclerunt nobis. Voilà pourquoi Origène fait si souvent appel à la prédication ecclésiastique (xrjp-jypa è y. y. X r, <7 1 a <m y. o v ) , à l’enseignement ecclésiastique (à Èy.xXïiuiaoTtxôi; Xoyoc), à la règle de foi ecclésiastique (6 ây.y.XrprsaoTix'oç y.avwv), et voilà pourquoi il propose ses interprétations particulières avec tant de modestie, de réserve et de circon- -spection. Cf. Selecta in Ps., iv, 1, t. xii, col. 1351.
2° Règles de l’allégorie. — « L’allégorisme est moins un système qu’une tendance. C’est la tendance à substituer au sens propre une métaphore ou un symbole, à superposer au sens naturel une accommodation arbitraire tirée de quelque analogie lointaine, au sens littéral un prétendu sens spirituel que ni la tradition ni
l’Écriture n’autorisent. Le milieu dans lequel vivait Origène devait fatalement l’entraîner dans l’allégorisme, où le poussait déjà son goût instinctif, nourri par sas lectures philosophiques. Pourtant il est juste de remarquer qu’il ne se réclame ni de Philon ni d’aucun écrivain profane; c’est aux auteurs sacrés et surtout à saint Paul qu’il rapporte, avec ses idées sur le sens spirituel, son exégèse allégorique. » Origène, 1907, p. 133. L’explication allégorique n’est pas laissée non plus à l’arbitraire de l’exégète.
A) La première règle à suivre est l'analogie biblique.
— Nous voyons dans l’Écriture qu’il y a une Jérusalem terrestre et une Jérusalem céleste, un Israël selon la chair et un Israël selon l’esprit. Il faut en conclure que les ennemis du peuple juif représentent les ennemis du Sauveur, en général, que l’Église est préfigurée par la Synagogue. Si, peu satisfaits du sens charnel, nous attribuons un sens mystique aux prophéties concernant la Judée, Jérusalem, Israël, Juda et Jacob, nous devrons, pour être logiques, entendre aussi au sens spirituel celles qui ont pour objet l’Égypte et les Égyptiens, Babylone et les Babyloniens, Tyr et les Tyriens, Sidon et les Sidoniens. et ainsi des autres peuples. Car si les Israélites ont ce caractère figuratif, leurs ennemis l’auront également. Periarchon, iv, 20-22, t. xi, col. 385-392. Le principe est parfaitement juste mais l’application peut être arbitraire et le sera nécessairement dès qu'on n'aura pour se guider aucun indice tiré de la Bible, ou lorsqu’on prendra pour des indices des accidents sans portée ou sans signification, comme la répétition d’un mot, l’emploi d’une expression peu usitée, l’omission d’un détail jugé nécessaire.
B) La seconde règle à suivre est l 'analogie naturelle.
— Ici Origène — et après lui les Pères qui ont marché sur ses traces, surtout les Pères latins — est principalement redevable à Philon et à Aristobule, dont il loue volontiers la méthode allégorique, Contra Cels., iv, 51, t. xi, col. 1112. C’est à Philon qu’est emprunté le symbolisme des noms, des nombres et des choses, bien que le développement, chez Origène, soit souvent indépendant et original. Le nombre deux est l’emblème du dualisme, de la division et du mal; cinq représente les sens, la chair opposée à l’esprit; dix est le nombre parfait du Décalogue et des fruits du Saint-Esprit. Les étymologies sont encore une source inépuisable d’allégories, grâce à une assez curieuse théorie sur la signification des noms. Fragm. in Gen., t. xii, col. 116. Mais c’est dans les mœurs et la nature des êtres que réside le principal fonds d’applications mystiques. On en trouvera un exemple caractéristique dans l’homélie sur ce texte de Jérémie : « La perdrix pousse des cris; elle rassemble autour d’elle des petits qui ne sont pas les siens. » Hom., xvm, I, t. xm, col. 453. Tout ce morceau a été traduit par saint Ambroise, Epist., xxxii, t. xvi, col. 1069-1071, qui imite largement la méthode allégorique du catéchiste d’Alexandrie, comme font aussi saint Augustin et saint Grégoire le Grand, sans parler des orateurs sacrés ou auteurs ascétiques plus rapprochés de nous.
III. Canon d’Origène. — 1° Ancien Testament. — Les mots « canon » et « canonique », au sens qui nous occupe ici, semblent étrangers à la terminologie d’Origène et ne se trouvent que dans les traductions latines de ses œuvres. Un livre canonique se distingue des autres par le fait d’être ;< inspiré », GeÔ7iveu<7toç, d'appartenir au Testament (ai èv SsaOrjxv) jMëXoi, ou en un seul mot, aî èvSiâ9-/)xot (MêXoi). Les Livres Sacrés ont pour critérium d’être reçus comme tels par les Églises, d’ètre xotvà xa'i 8s8ï)p.sup.svoc, ln Matth., x, 18, t. xm, col. 831, detre 6u.oXoYo-ip.sva, In Matth. , xiv, 21, t. xm, col. 1210; c’est l’opposé du livre apocryphe, ln Matth., ser. 118, t. xm, col. 1769. Dans son commentaire sur
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le Psaume i, Origène donnait une liste des écrits de l’Ancien Testament d’après les idées judéo-palestiniennes et la théorie rabbinique des vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu, égales en nombre aux vingt-deux Livres Sacrés. Cette liste nous a été conservée par Eusèbe, H. E., vi, 25, t. xx, col. 580 : cinq livres du Pentateuque, Josué, Juges avec Ruth, Samuel, Rois, Paralipomènes, Ezras comprenant les deux livres d’Esdras, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique, Isaïe, Jérémie avec les Lamentations et TÉpître, Daniel, Ezéchiel, Job, Esther. « En dehors de ces livres sont les Machabées, intitulés en hébreu Sapëÿô Sapëavè ”EX. » La citation d’Eusèbe s’arrête là. Le nombre des livres énumérés n’est en réalité que de 21, les douze petits prophètes étant omis par inadvertance. La place de quelques-uns est remarquable : Daniel vient avant Ezéchiel parmi les prophètes et ces derniers coupent en deux la série des hagiographies. Mais il ne faut pas croire que ce catalogue, où se rellète la tradition judaïque, exprime la vraie pensée d’Origène relativement au canon. Il s’en tient pour sa part au canon alexandrin. II cite comme Ecriture le deuxième livre des Machabées, In Joa., XIII, 57, t. xiv, col. 509; Periarchon, n, I, 5, t. xi, col. 186, ainsi que Raruch, In Exod., homil. vin, 2, t. xn, col. 342, et l’Ecclésiastique, In Joa., xxxii, 14, l. xiv, col. 805. Dans sa lettre à Jules Africain, il défend expressément les parties deutéro-canoniques d’Esther et de Daniel et reconnaît que les églises se servent de Tobie : ce qui est pour lui une autorité décisive, malgré l’opposition des Juifs, t. xi, col. 80. Cf. Comment, in Rom., vin, 12, t. xiv, col. 1198; De orat., 11, t. xi, col. 448. Il fait également usage de Judith, t. xm, col. 573, et l’appelle même Écriture, InJer., hom. xix, 7, t. xm, col. 510. Enfin il emploie fréquemment le livre de la Sagesse tout en émettant parfois quelques doutes sur sa canonicité. Cf. In Joa., xxvm, 13, t. xiv, col. 712; Periarchon , iv, 33, t. xi, col. 407.
2° Nouveau Testament. — Pour l’inspiration et la canonicité, Origène met souvent le Nouveau Testament à côté de l’Ancien et au-dessus quant à la dignité. Sanday, Inspiration, Londres, 1896, p. 65, a prouvé par de nombreux exemples, contre Redepenning, Jülicher et autres, qu’il n’est pas le premier à se servir de ce terme de « Nouveau Testament » mais qu’il est le premier à l’appeler « sacré » (îspat) bien que son maître Clément ait l'équivalent Seôtcvsugto;, Slrom., VII, 16, t. IX, col. 544, et Théophile d’Antioche le synonyme àyia. Ad Autol., il, 22, t. vi, col. 1088. Origène, ln Jos., hom. vu, 1, t. xii, col. 857, énumère tous les Livres du Nouveau Testament, sans omission ni addition, à propos des trompettes de Jéricho : Sacerdolali tuba primas in Evangelio suo Mattliæus increpuit. Marcus quoque, Lucas et Joannes, suis singulis tubis sacerdotalibus cec'merunt. Petrus etiam duabus Epistolarum suarum personat tubis. Jacobus quoque et Judas. Addit nihilominus adhuc et Joannes tuba canere per Epislolas suas et Apocalypsim, et Lucas Apostolorum Acta describens. Novissime autem ille (Paulus)... in quatuordecim Epistolarum suarum fulminans tubis, elc. Dans un passage rapporté par Eusèbe, II. E., vi, 25, et tiré du Prologue au tome v des commentaires sur saint Jean, Origène élève quelques doutes sur la J h Pétri (Miav èirt(JToXï|v ôgoXoyou- |j.évt]v y.aTaXÉXot7TEV. ”E(jt(i) Se y.ai SeUTÉpav àgcpiêâXXsTa; yâp) et sur la 2e et la 3e de saint Jean (KaTaXÉXoi7tE 8s y.ai È7iiaTo’ÀT]V tkxvu ôXsywv orr/tov ‘ ettco 8; y.ai Ssuxépav y.ai Tpi-rpv • ÈTcet o-j 7ràvTEç cpaai yvY)<Jiouç sivac), t. XIV, col. 188-189. Mais son but en cet endroit étant de montrer que les Apôtres ont très peu écrit, il devait réduire le plus possible le nombre des livres non contestés. Du reste, In Levil., hom. iv, 4, t. xii, col. 437, il cite’ la 1 Ia Pétri sous le nom de Pierre, sans aucune hésitation ; il cite de même l’Epitre de Jacques, In Joa., xix, 6, et
celle de Jude, ln Malth., x, 17; xvii, 30. On connaît son opinion sur l’Épître aux Hébreux : elle est de Paul pour le fond, mais un autre l’a rédigée. La tradition nomme soit Luc, soit Clément de Rome : Dieu seul sait ce qui en est, t. xiv, col. 1309 d’après Eusèbe, H. E., vi, 25. Cf. Epist. ad Afric., 9, t. xiv, col. 68). Mais assez souvent Origène la cite sans réserve sous le nom de Paul. Il n’a jamais révoqué en doute l’origine johannique de l’Apocalypse. Il n’hésite pas non plus sur l’ordre chronologique des Évangélistes : Matthieu, Marc, Luc, Jean. Cf. Comment, in Matth., t. xm, col. 829 (passage conservé par Eusèbe, H. E., vi, 25); Comment, in Joa., vii, 16, t. xiv, col. 256. Saint Jean le dernier en date est le premier en dignité, il forme les prémices (à-apyr,) de l’Évangile, t. xiv, col. 32. Le Nouveau Testament d’Origène est donc exactement le nôtre.
3° Apocryphes. - Dans son prologue au Commentaire du Cantique des cantiques, Origène se prononce fortement contre les apocryphes, quelque autorité que semble leur conférer l'usage qu’en ont pu faire les Apôtres : Illud tamen palam est, multa vel ab apostolis vel ab evangelistis exempta esse prolata et Novo Testamento inserta quæ in his scripluris, quas canonicas habemus, nunquam legimus, in apocrypiliis tamen inveniuntur et evidenter ex ijjsis ostendunlur assumpta. Sed ne sic quidem locus apocryphis dandus est: non enim transeundi sunt termini quos statueront patres nostri. Les Apôtres savaient discerner le vrai du faux et nous ne le pouvons plus. — Pour l’Ancien Testament les apocryphes suivants sont cités ou mentionnés : 1. Livre d'Enoch; Contra Cels., v,. 54-55, t. XI, col, 1268 (Èv Taiç 1 1 y. y. À rui y.'.' où 7râvu cpÉpsrat wç 6sïa); Periarchon, I, iii, 3, t. xi, col, 148; îv, 35, t. xi, col. 409; ln Num., hom. xxvm, 2, t. xii, col. 802 (sed quia libelli ipsi non videntur apud llebræos in auctoritale haberi . . .) ; ln Joa., VI, 25, xiv, col. 273 (si Ttp çlXov izxpaiSé'/eaf)y.i ù>; âyiov to (JioXiov).
— 2. Ascension ou Assomption de Moïse, Periarchon, III, il, 1, t. xi, col. 303 (citée dans l’Épitre de Jude); ln Jos., hom. il, 1, t. xn, col. 834 (licet in canone non liabeatur). — 3. Ascension d'Isaie : ln Malth., x, 18, t. xm, col. 881 (apocryphe). — 4. Prière de Joseph : ln Joan., n, 25, t. xiv, col. 168 (apocryphe).
— Histoire apocryphe d’Élie; ln Joan., vi, 7, t. xiv, col. 224; In Malth., ser. 117, t. xm, col. 1769. — 6. Apocry plie de Jérémie : Ibid, (videat ne alicubi in secretis Jeremiæ hoc prophetetur), à propos des trente deniers prédits par Zacharie, xi, 13, et non pas le Jérémie canonique comme semble le dire saint Matthieu, xxvu, 9.
Pour le Nouveau Testament nous trouvons mentionnés les livres extra-canoniques suivants. — 1. Le Pasteur d’Hermas est souvent cité avec éloge et presque égalé aux écrits inspirés. Periarchon, I, m, 3, t. xi, col. 148; IV, 11, t. XI, col. 365 (èv Tùi ûtto tivwv y.axa- 9povo'j;j.év(p fhëXîco xâi Uoqj.Évi); In Matth., xiv, 21, t. xm, col. 1240; lu Rom., x, 31, t. xiv, col. 1282 (quæ scriptura valde mild utilis videlur et ut puto divinitus inspirata ),; ln Joa., I, 18, t. xiv, col. 53. — 2. Clément Romain, Periarchon, II, ni, 6, t. xi, col. 194. — 3. Ép. de Barnabé, Contra Cels., i, 63, t. xi, col. 777 (ys'ypaitras 8ïj èv v/j Bapvxëa xa0oXiy.q ètüctoX/]). — 3. Évangiles apocryphes. Dans la première homélie sur saint Luc, I. xm, col. 1803 (fragment grec, col. 1801), Origène a le mot célèbre : Ecclesia quatuor habet Evangelia , hæreses plurima, IloXXoi p.sv ouv èae^sipziczav y.ai y.axà MaÔiav y.ai aXXa TrXsiova' Ta os TÉTTapa gova Ttpoy-ptxei v; ©EoO ’Ey.y.X/jcrta. Parmi ces Évangiles, il cite en particulier l’Évangile selon les Égyptiens, l’Évangile des Douze, les Évangiles selon Thomas, selon Basilide et selon Matthias. Seul, l’Évangile des Hébreux est traité avec plus d’honneur, ln Joa., il, 6, t. xiv, col. 131. —
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4. La Doctrine de Pierre est expressément rejetée comme non canonique. Periarchon, préface, 8, t. xi, col. 119-120. — 5. Les Actes de Paul sont cités aussi, mais non comme écrit canonique. Periarchon, I, il, 13, t. xi, col. 182; In Joa., xx, 12, t. xiv, col. 600.
IV. Bibliographie. — i. sources a consulter. — Huet, Origeniana (en tète de l’édition d’Origène), Rouen, 1668. Ce savant ouvrage, réimprimé dans les éditions de Delarue, t. iv, de Lommatzsch, t. xxii-xxiv, de Aligne, t. xvn, reste l’étude la plus importante sur la vie, la doctrine et les œuvres d’Origène. — Westcott, article Origenes dans le Dictionanj of Christian Biography, t. iv, Londres, 1887, p. 96-142; Dale, Origenistic Controversies, ibid., p. 142-146. Ces deux études, surtout celle de Westcott, sont très consciencieuses. — Harnack, Geschichte der altchrist. Litteratur, Ueberlief. und Bestand, Leipzig, 1893, p. 332-405 (liste des manuscrits d’Origène par Preuschen), Chronologie, t. n, Leipzig, 1904, p. 26-54. — Bardenhewer, Geschichte der altkirchl. Literatur, t. n, Fribourg-en-Brisgau, 1903, p. 68-158. — Chevalier, Répertoire des sources histor. du moyen âge, Bio-bibliographie, 2e édit., fasc. vii, Paris, 1906, p. 3428-3432 (indication d’un grand nombre d’articles de revue). — Ehrhard, Die altchrist. Litteratur und ihre Erforscliung von 1884- 1900, Fribourg-en-Brisgau, 1900, p. 320-351 (examen critique des travaux plus récents).
II. NOMBRE ET CATALOGUE DES ÉCRITS D'ORIGÈNE. — Saint Épiphane, Contra hæres., lxiv, 63, nous apprend que la renommée attribuait à Origène la composition de 6000 livres ((Bt'gXoi) et ce chiffre a été souvent répété depuis ou changé en 5000. Rulin en prend occasion pour se moquer de saint Épiphane. Saint Jérôme. Contra Rufin., ni, 23, dans sa réplique, atteste que la liste des écrits d’Origène dressée par saint Pamphile ne comprenait pas même 2 000 numéros, Ibid., il, 22, mais cette liste n’était sans doute pas complète. Eusèbe l’avait insérée au troisième livre de sa vie de saint Pamphile (H. E., VI, xxxii, 3); elle a péri avec l’ouvrage qui la contenait. Saint Jérôme, de son côté, dans une lettre à sainte Paule, énumérait les œuvres d’Origène en regard de celles de Varron, pour montrer que le catéchiste d’Alexandrie avait plus écrit que Fauteur profane réputé le plus fécond. Rufin, Apol. adv. Hieron., ii, 20, t. xxi, col. 599-600, ou Epist. ad Paulam, xxxiii, t. xxii, col. 446-449, en cite quelques passages. Heureusement la partie la plus intéressante de cette lettre, retrouvée dans un manuscrit d’Arras du XIIe siècle (n° 854), a été publiée par Philipps, F. Ritschl, Redepenning, Pitra, Harnack. On a découvert depuis trois nouveaux manuscrits à peu près du même âge que le précédent (Paris, Biblioth. nation., lat. 1628 et 1629 ; Bruxelles, Biblioth. royale, n° 11065). Klosterinann a donné une édition critique du fragment d’après les quatre manuscrits (tiré à part d’un article paru dans les Sitzungsberichteder... Akad. der Wiss. zu Berlin, 1897, p. 855-870), Harnack le réimprime d’après Klostermann, dans Die Chronol. cler altchristl. Litteratur ,t. il, p. 37-48. Cette liste fourmille d’erreurs, les quatre manuscrits dérivant d’un même archétype incorrect et probablement incomplet. Cependant comme elle est notre unique autorité pour un certain nombre d’ouvrages, nous croyons indispensable de la reproduire ici en respectant scrupuleusement le texte et la syntaxe, mais en rétablissant l’orthographe usuelle. Nous l’appellerons en abrégé Cat. Les fragments transcrits par Rufin nous permettent de la compléter et de la corriger en quelques endroits ( op . cit., t. xxi, 599) : « Scripsit in Genesim libros tredecim ; myslicarum homiliarum libros duos ; in Exodo excerpla; in Levi tico excerpda. » Etpost multa: « Item, inquit, Monobiblia; riepl àp/(ôv libros duos ; de Ilesurrectione libros duos et alios de Resurreclione dialogos duos. »
Voici maintenant la liste en question, avec les rares variantes des quatre manuscrits :
Quorsum Varroms et Chalcenteri mentio facta sit quæritis; videlicet ut ad nostrum Adamanlium nostrumque Chalcenterum veniamus : qui tanto in Sanctarum Scripturarum commentariis sudore laboravit, ut juste adamantis nomen acceperit. Vultis nasse quanta ingenii sui reliquerit monimenta? Sequens titulus ostendet :
Scripsit in Genesi libros XIV ; mysticarum [ainsi lit Rufin, mais les manuscrits du Catalogue ont : locarum et localium] homiliarum, lib. II; In Exodum excerpta; in Leviticum excerpta; Stromatum, lib. X ; in Isaiam lib. XXX VI ; item in lsaiam excerpta; in Osee de Ephraim lib.l ;in Osee commentarium ; in Joël lib. II ; in Amos lib. VI ; in Jonam lib. I; in Michæam lib. III; in Nahum lib. Il; in Habacuc lib. III; in Sophoniam lib. 11; in Aggæum lib. 1 ; in principio Zachariæ lib. II ; in Malachiam lib. II; in Ezechiel lib. XXIX; excerpla in Psalmos a primo usque ad quintum decimum.
Rursum : in Psalmo primo lib. 1 ; in 2° lib. I ; in 3 0 lib. I ; in 4° lib. 1; in 5° lib. 1; in 6 0 lib. I; in
7° lib. 1 ; in 8° lib. 1; in 9° lib. 1; in 10 0 lib. I ; in
11° lib. 1; in 12 0 lib. 1; in 13 0 lib. 1; in 14° lib. 1; in 15 0 lib. 1 ; in 16° lib. I ; in 20° lib. I ; in 24° lib. 1 ;
in 29° lib. I ; in 38° lib. I ; in 40° lib. I ; in 4 3° lib. 11 ;
in 44° lib. III ; in 45° lib. I ; in 46° lib. I ; in 50° lib. II ; in 51° lib. I ; in 52 0 lib. I; in 53 0 lib. 1 ; in 57° lib. 1; in 58° lib. 1; in 59° lib. I; in 62° lib. 1 ; in 63° lib. I ; in 64 0 lib. I ; in 65 0 lib. 1 ; in 68° lib. I ; in 70° lib. 1 ; in 71° lib. 1 ; in principio 72' lib. 1 ; in 103 0 lib. Il; in Proverbia lib. 111; in Ecclesiasten excerpta; in Canlicum canticorum lib. X et alios tomos II quos superscripsit [peut-être : insuper scripsit] in adolescentia ; in Lamentaliones Jeremiæ tomos V.
Rursum : Periarchon lib. IV; de Resurreclione lib. II et alios de Resurreclione dialogos 11 ; de Proverbiorum quibusdam quæstionibus lib. I ; dialogum adversuSj Candidum V alentinianum ; de Martyrio librum.
De Novo Testamento ; In Matthæum lib. XXV; in Joannem lib. XXXII ; in partes quasdam Joannis excerptorum lib. 1; in Lucam lib. XV; in epistolam Paidi apostoli ad Romanos lib. XV ; in epistolam ad Galalas lib. XV; in epistolam ad Ephesios lib. 111; in epistolam ad Philippenses lib. I ; in epistolam ad Colossenses lib. II ; in epistola ad Thessalonicenses P lib. 111; in epistola ad Thessalonicenses 2a lib. 1 ; in epistola ad Titum lib. 1; in epislola ad Philemonem lib. I.
Rursus homiliarum in Vêtus Testamentum ; In Genesi homiliæ xvn; in Exodo hom. vin ; in Levitico 1mm. xi ; in Numéris hom. xx vin ; in Deuterononxio hom. xm ; in Jesu Nave hom. xxn ; in libro Judicum hom. ix; de Pascha hom. vin; in primo Regum libro hom.iv; in Job. hom. xxn ; in Paræmias hom. vu; in Ecclesiasten hom. vin; in Cantico canticorum hom. n ; in Isaiam liom. xxxn ; in Jeremiam hom. xiv ; in Ezeclnel hom. xn.
De Psalmis : In Psalmo 3° hom. i; in 4° hom. i ; in 8° hom. i; in 12 0 hom. i; in 13° hom. I ; in 15° hom. il; in 16° hom. 1 ; in 18 0 hom. i ; in 22° hom. i ; in 23 0 hom. i; in 24° hom. i, in 25 0 hom. i; in 26° hom. i; in 2 7° hom. /, in 36 0 hom. v ; in 37 0 hom. II ; in 38 0 hom. il; in 39° hom. n; in 49° hom. i; in 51 « hom. I ; in 52° hom. n; in 54° hom. i ; in 6 7° hom. vu , in 71° hom. u ; in 7 2° hom. ni; in 73° hom. ni; in 74° hom. I ; in 75 0 hom. I ; in 76° hom. ni; in. 77° hom. ix; in 7 9° hom. iv,in 80° hom. il; in 81° hom. Il ; in 82 0 hom. iii ; in 83° hom. i ; in 84° hom. u ; in 85° hom. i ; in 87° hom. I; in 108° hom. i; in 110" hom. I ; in
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118° hom. ni ; in 120' hom. i; in 121° hom. ir; in 122° hom. il; in 123° hom. il ; in 124° hom. il; in 125° hom. i; in 127° hom.i; in 128° hom. i ; in 120 0 hom. i; in 131 0 hom. i; in 132° hom. n; in 133°
hom. il ; in 134 0 hom. ir; in 135 0 hom. iv; in 137°
hom. il; in 138 0 hom. IV ; in 130° hom. //; in 144 »
hom. III ; in 1 45° hom. i; in 146° hom. I; in 1 47°
hom. i ; in 140° hom. 1. Excerpla in totum Psalterium.
Homiliæ in Novum Testamentum : Kxxà Ma00aïov Evangelium hom. XX v ; -/.ai à A ouxâv hom. xxxix, in Actus apostolorum hom. x vu; in epistola ad Corinthios secunda hom. Xi; in epistola ad Thessalonicenses hom. il; in epistola ad Galatas hom. vu; in epistola ad Titum hom. I ; in epistola ad Hebræos hom. xvm ; de Pace hom. i ; exhorlatoria ad Pioniam [Paris lat. 1G28 : Proniam]; de jejunio; de monogamis et trigamis hom. il ; in Tharso hom. il; Origenis, Firmiani [Arras 840 : Frumani. Klostermann conjecture Africani ; ce serait plutôt : Firmiliani \ et Gregorii ; item excerpla Origenis et diversarum ad eum epistolarum lib. Il ; epistola esifodorum [peut-être : synodorum\ super causa Origenis in libro 11° ; epistolarum ejus ad diversos lib. IX; aliarum epistolarum lib. II; item epistola pro apologia operum suorum lib. II. — Videtisne et Græcos pariter et Latinos unius labore superatos?
ni. liste des écrits d’origêne. — 1 .f Commentaires suivis, TÔ[xot, volumina. — A) Sur la Genèse (quatre premiers chapitres) treize livres. Eusèbe, Il . E., vi, 24, dit douze livres, le Gat. a xiv et Rufin, xm. Saint Jérôme, Epist. ad Damas., xxxvi, 9, mentionne le XIIIe livre. — B) Sur les Psaumes au moins quarante-six livres, d’après le Cat., savoir :un livre sur chacun des Psaumes suivants r, n, in, iv, v, vi, vit, vin, ix, x, xr, xii, xm,
XIV, XV, XVI, XX, XXIV, XXIX, XXXVIII, XL, XLV, XLVI, LI, LU, LUI, LVII, LVIII, LIX, LXII, LXIII, LXIV, I.XV, LXVIII, LXX,
lxxi, lxxii, deux livres sur les Psaumes xliii, L, cm, trois livres sur le Psaume xliv. Mais cette liste est sans doute incomplète. Saint Jérôme, Epist. ad Marcel., xxxiv, 1, t. xxii, col. 448, dit que saint Pamphile n’a pas retrouvé le commentaire sur le Psaume cxxvi, mais sans être bien sûr que ce commentaire ait été composé et Eusèbe affirme, H. E., vi, 24, t. xx, col. 577, que les commentaires sur les vingt-cinq premiers Psaumes ont été composés à Alexandrie. — C) Sur les Proverbes trois livres. En outre, d’après le Cat. : De Proverbiorum quibusdam quæstionibus lib. 1. — D) Sur le Cantique des cantiques dix livres, sans compter deux autres livres composés dans sa jeunesse, d’après le Cat. La Philocalie, chap. vu, ne mentionne qu’un seul petit tome composé èv -rj vs 6rr,zi. — E) Sur les Prophètes au moins quatre-vingt-cinq livres, savoir : trente sur Isaïe, (jusqu’à Is., xxx, (3), le chiffre du Cal. est certainement fautif, car Eusèbe, 11. E., vi, 32, t. xx, col. 592, et saint Jérôme, Prol. comment, in Is., t. xxiv, col. 21, ne comptent que trente livres; sur les Lamentations de Jérémie cinq livres; sur Ézéchiel vinq-cinq livres, d’après Eusèbe, H. E., vi, 32, et les notes du codex Marchalianus : le chiffre du Cat. est donc fautif; sur les petits Prophètes vingt-cinq livres. C’est le chiffre du Cat. et d’Eusèbe; mais celui-ci en remarquant qu’il n’a retrouvé que vingt-cinq livres fait entendre qu’il yen avait primitivement davantage. De fait saint Jérôme, Prol. comment, in Malachiam , t. xxv, col. 1543, mentionne trois livres d’Origène sur Malachie. Il y avait en outre un petit traité sur Osée, dont saint Jérôme, Prol. comment, in Osee, t. xxv, col. 819, parle ainsi : Origenes parvum de hoc propheta scripsit libellum, cui hune titulum imposuit itepi xoü izni- wvojj.dcuôrç èv tû ’Qaqk ’Etppa'qj.. — F) Sur les Évangiles soixante-deux livres au moins, savoir : vingt-cinq sur Matthieu (c’est le chiffre concordant du Cat., d’Eusèbe et de saint Jérôme, bien que les manuscrits de ce dernier portent trente-six ou vingt-six dans le Prol. hom. Orig. in Lu-
cam, t. xxv, col. 219), cinq sur Luc (c’est le chiffre de saint Jérôme, loc. cit., mais le Cat. porte quinze); trente-deux sur Jean (S. Jérôme, loc. cit., d'accord avec le Cal.). Le chiffre de 22 fourni par Eusèbe, H. E., vi, 24, est évidemment fautif, puisque le 32e livre subsiste encore. Comme le commentaire ne va que jusqu’à Joa., xm, 33, et qu’Origène, In Matth., ser. cxxxm, t. xm, col. 1781, parle d’une explication donnée, dans le commentaire sur saint Jean, au sujet des deux voleurs crucifiés avec Jésus-Christ, il est possible que le commentaire comprit plus de trente-deux livres, peut-être trente-neuf. Cependant les extraits des Chaînes ne vont pas au delà de Joa., xm, 33. — G) Sur saint Paul au moins trente-trois livres, savoir : quinze sur l’épitre aux Romains; cinq sur l’Épitre aux Galates (le nombre xv du Cat. est fautif ainsi qu’il appert du codex de l’Athos, découvert par von der Goltz); trois sur l’Épître aux Éphésiens; trois sur l’Épitre aux Colossiens (nombre établi par le manuscrit de l’Athos contre le chiffre 2 du Cat.); trois sur I Thess. ; un sur chacune des Epitres aux Philippiens, à Tite, à Philémon et II Thess. Aucun commentaire sur l’Épitre aux Hébreux n’est mentionné et les fragments cités dans les Chaînes peuvent provenir des homélies.
2. Homélies, 6jj.D,iai, homiliæ ou tractatus. — A) Sur la Genèse, dix-sept.On n’en mentionne quelquefois que seize, parce que la dernière : De benediclionibus patriarcharum, est comptée à part. Le Cat. signale encore deux homélies sur la Genèse, qualifiées de locarum ou de localium dans les manuscrits et de mysticarum dans Rufin, Apol., il, 20. — B) Sur l’Exode, treize; le chiffre vm du Cat. est certainement erroné, car nous possédons encore les treize hom., traduites par Rufin. — C) Sur le Lévitique, seize; le chiffre xi du Cat. est fautif pour la même raison. — D) Sur les Nombres, vingt-huit. — E) Sur le Deutéronome, treize; Cassiodore en connaissait en latin mi ou vm, ce qui doit être une erreur de copiste pour xm ; quoiqu’elles n’aient pas été traduites par Rufin, leur existence est prouvée par les extraits des Chaînes. — F) Sur Josué, vingtsix. — G) Sur les Juges, neuf. — H) Sur le premier livre des Rois, quatre. — 1 ) Sur Job, vingt-deux. — .7) Sur les Proverbes, sept. — K) Sur le Cantique des cantiques, deux. — L) Sur Isaïe, trente-deux; saint Jérôme, Prol. comment, in Is., n’en connaissait que vingtcinq ou, d’après un manuscrit, vingt-six. — M) Sur Isaïe, quarante-cinq; le Cal. dit par erreur xim, qui doit être pour xlv ou xlvi ; nous en possédons encore vingt en grec et la xxxixe est citée deux fois dans la Philocalie, chap. I et x. — N) Sur Ézéchiel, au moins quatorze; c’est le nombre des homélies traduites par saint Jérôme, de sorte que le chiffre xii du Cal. est évidemment fautif. — O) Sur les Psaumes, cent vingt homélies au moins : une sur chacun des Psaumes suivants : m, iv, vm, xn,
XVI, XVIII, XXII, XXIII, XXIV, XXV, XXVI, XXVII, XLV1II, LI, LIV, LXXIV, LXXV, LXXXI, LXXXIII, LXXXV, LXXXV1I, CVIII, CX, CXX, CXXV, CXXVII, CXXVIII, CXXIX, CXXXI, CXLV, CXLVI,
cxlvii, CXLVHi; deux sur chacun des Psaumes suivants:
XXXVII, XXXVIII, XXXIX, LU, LXXI, LXXX, I.XXXIV, CXXI, CXXII, CXXIII, CXXIV, CXXXII, CXXXIII, CXXXIV, CXXXVII,
cxxxix; trois sur les Psaumes xv, lxxii, lxxiii, lxxvi, l x x x i i , cxviii, exuv; quatre sur les Psaumes lxxviii, cxxxv, cxxxvm; cinq sur le Psaume xxxvi, sept sur le Psaume lxvii, neuf sur le Psaume lxxvii. — P) Sur les Évangiles, soixante-quatre homélies au moins : vingt-cinq sur Matthieu, trente-neuf sur Luc (toutes, sauf six, ont pour thème les six premiers chapitres et il est possible que saint Jérôme qui les a traduites ait fait un choix). — R) Sur les Actes, dix-sept homélies. — S) Sur saint Paul le Cat. mentionne trente-neuf homélies : onze sur II Cor., deux sur Thess., sept sur Gai., une sur Tite, dix-huit sur Heb. — 11 est singulier que le Cat. ne signale sur 1 Cor. ni commentaire ni
ORIGÈNE
homélie, puisque saint Jérôme met Origène au nombre de ceux qui ont expliqué longuement cette épitre, Epist. ad Pammach., xlix, 3, et qu’on retrouve encore dans les Chaînes de fréquentes explications de I Cor. — T) Enfin le Cat. mentionne huit homélies De Pascha, une hom. De pace, deux hom. In Tharso, et de plus Exliortatoria ad Pioniam, De jejunio et monogamis et trigamis hom. il. On n’a sur ces ouvrages aucun autre renseignement et l’on ne sait pas davantage ce que Rufin entend par Monobiblia.
3. Scolies, ayo). ia, Tïip.siûa'Eiç, excerpta, commaticum interpretationis genus. — Nous connaissons par le Cat. les excerpta sur l’Exode, sur le Lévitique, sur les quinze premiers Psaumes, sur l’Ecclésiaste, sur quelques parties de saint Jean, sur tout le Psautier. Ces derniers ne sont sans doute pas autre chose que l’ouvrage appelé ailleurs enchiridion, le manuel annoté des Psaumes dont Origène faisait usage. Saint Jérôme signale encore des excerpta sur saint Matthieu et sur l’épitre aux Galates ( Comment . in Matth. Prolog.; Comment, in Gai. Prolog.), Rufin, des excerpta sur les Nombres ( Homil . in Numer., Prolog.), et le manuscrit de l’Athos découvert par von der Goltz des ayok ia sur la Genèse.
4. Ouvrages divers. — A) De principiis, llsp't apyoîv, en quatre livres. — B) Stromates en dix livres. —
C) De resurreclione , en deux livres et de plus deux dialogues sur la résurrection. — D) Contra Celsum, en huit livres. — E) De martyr io, adressé à son ami Ambroise. — F) De oratione. — G) Un dialogue contre le vulentinien Candide.
5. Lettres. — Il n’en reste plus que deux en entier, l’une adressée à Jules Africain, l'autre à saint Grégoire le Thaumaturge. Mais on a des fragments de quelques autres:. 4) Sur Ambroise, dans Suidas, édit. Bernhardy, t. n, col. 1279. — B) Apologie adressée à ses accusateurs, Eusèbe, H. E., vi, 19. — C) A ses amis d’Alexandrie, S. Jérôme, Adv. Rufin., il, 18, et Rufin, De adult. libror. Origenis. — D) A Firmilien, d’après Victor de Capoue, dans Pitra, Spicil. Solesm., t. i, p. 268. — E) Ad Gobarum de undecima (?). Ibid., p. 267. — F) A certains prêtres, dans Galland, Biblioth. Pair., t. xiv, appendice, p. 10. — D’autres lettres sont simplement mentionnées. — .4) A son père pour l’exhorter au martyre, Eusèbe, H. E., vi, 2. — B) Réponse à l’empereur Philippe. Ibid., vi, 36. — C) A Severa, femme de Philippe. Ibid. — D) Au pape saint Fabien. S. Jérôme, Epist., lxxxiv, 10. — E) A divers évêques, Eusèbe, H. E., vi, 36. — F) A Bérylle de Bostra. S. Jérôme, De vir. illustr., 60. Saint Pamphile avait réuni plus de cent lettres d’Origène, Eusèbe, H. E.,\ i, 36, et le Cat. compte 14 ou 16 livres de lettres écrites par Origène ou le concernant.
6. Ouvrages apocryphes ou faussement attribués à Origène. — 1. Le traité De recta in Deum fide contre les Marcionites, traduit par Rufin et déjà cité dans la Philocalie, chap. xxiv, sous le nom d’Origène. — 2. De visione TZTpanoS uv (S. Jérôme, Adv. Rufin., I, 13).
— 3. Comment. in'Job (Paris, Bibl. nat., grec. 454). — 4. Comment, in Job, en latin (Paris, Bibl. nat., lat. 14464). — 5. Comment, in Marc. (Paris, Bibl. nat., grec. 030). — 6. Scholia in orationem dominicain et cantica, Paris, 1601. — 7. Planclus Origenis, existe en de nombreux manuscrits et a été publié, traduit en français, par René Benoist, Paris, 1563. — 8. De singularilate clericorum. — 9. Quis dires salvetur de Clément d’Alexandrie. — 10. Les Philosophumena de saint Hippolyte. — 11. Le II s p - to-j tozvtoç de saint llippolyte. —