OURSE (GRANDE
pelage. Il se nourrit également de graines et de fruits, et, très friand de lentilles, cause de grands dommages aux récoltes au bas des pentes de l’Hermon, ce qui ne l’empêche pas à l'occasion de rendre visite aux brebis et aux chèvres des villages. On rencontre fréquemment ses traces sur la neige de l'Hermon et du Liban ; en dehors de là, on ne l’aperçoit plus guère en hiver que dans les ravins qui avoisinent le lac de Tibériade. Lortet, La Syrie d’aujourd’hui, Paris, 1884, p. 559, 649,
signale sa présence en grand nombre dans les rochers de l’Hermon, dans les forêts d’Afka et dans les gorges de l’Adonis, et remarque qu’il est grand amateur de miel, mais peu redoutable pour les hommes. Cf. Tristram, The natural History of tlie Bible, Londres, 1889, p. 46-69. — 3. Autrefois il y avait beaucoup plus d’ours qu'aujourd’hui en Palestine, comme le donnent à penser les allusions, relativement fréquentes, de la Bible. Les Syriens les chassaient dans le Liban et les amenaient en tribut aux Égyptiens (fig. 503). Aux portes de Ninive,
503. — Ours et éléphant amenés en tribut. Peinture du tombeau de Rekhmara.
D’après Wilkinson, Manners and customs, t. i, pl. n.
il y avait des ours gardés en cage, avec des chiens et des sangliers, pour l’amusement de la populace. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, Paris, t. ni, 1899, p. 351.
2° Les ours dans la Bible. — David, quand il était berger, poursuivait l’ours, lui arrachait la brebis qu’il avait saisie, le prenait par la mâchoire et le tuait. I Reg.. xvii, 34, 36, 37. Cf. Eccli., xlvii, 3. Il n’y a pas lieu de s’étonner de cette vigueur, puisqu’il pouvait traiter le lion de la même manière. — Le cas des deux ours qui sortent de la forêt voisine de Béthel et déchirent quarante-deux enfants, insulteurs d’Élisée, est extraordinaire. IV Reg., ii, 24. C’est sans doute par l'ordre de
Dieu que les deux animaux font preuve d’une férocité qui ne leur était pas habituelle. Il en eût été de même des ours que Dieu aurait pu envoyer contre les Égyptiens. Sap., xi, 18. — Il n’y a sérieusement à craindre que l’ours sdkkûl, « privé de ses petits, » II Reg., xvii, 8; Prov., xvii, 12; Ose., xm, 8, ou l’ours affamé, Prov., xxviii, 15, qui se tient aux aguets pour saisir une proie, Lam., ni, 10, et qui est alors à redouter comme le lion- Am., v, 19. — Au temps du Messie, on verra la vache et Tours dans le même pâturage. Is . , xi, 7. — Israël repentant doit faire entendre des gémissements comme les grondements de l’ours. Is., lix, 11. — L’ours apparaît dans une vision de Daniel, vu, 5, et, dans une autre de saint Jean, il y a une bête pourvue de pieds d’ours. Apoc., xm, 2. — Il est dit de la méchante femme qu’elle a le visage sombre comme celui d’un ours. Eccli., xxv, 24. Les Septante ont « comme un sac », Mais le texte hébreu donne raison à la Vulgate.
H. Lesètre.
OURSE (GRANDE-) , nom d’une constellation. — Au livre de Job, ix, 9, on lit que Dieu a créé Vis, kesîl, voir Orion,co1. 1891, et khnâlt, voir Pléiades. Les Septante traduisent par les « Pléiades, Vesper et Arcturus », et la Vulgate par « Arcturus, Orion et les Hyades ». Dans un autre passage, Job, xxxvm, 32, on litencore : « Conduis-tu ayis avec ses petits ? » Les Septante et la Vulgate traduisent 'âyis, par "EtiTiepoç, Vesper, « l’étoile du soir. »