‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 318 sur 389 · Propylées de Xerxès · texte numérisé non relu

Propylées de Xerxès

D'après M. Dieulafoy, L'art antique de la Perse, t. Il, pl. xil.

« Le palais se déployait vers le sud, le dos au fleuve, la façade à la ville, long de 120 mètres, large de 100 : au centre, une cour énorme, flanquée de sept ou huit belles salles destinées aux fonctions solennelles, puis, entre elles et la cour, un nombre considérable de pièces variables par les dimensions, assignées à l’habitation ou aux services de la maison royale, le tout en grosses briques sèches cachées sous un parement de pierres. Trois portails flanqués de taureaux ailés à tète humaine prêtaient accès à la plus vaste, celle où le souverain donnait audience à ses sujets, ou a.ux légats de l’étranger. Le cadre des portes et les parois de certaines d’entre elles étaient égayés de briques émaillées; des bandes de bas-reliefs peints se développaient dans la plupart, qui retracent les épisodes de la vie du roi. » Maspero, Histoire ancienne, l. ni, p. 46, 47 ; Layard, Nineveh and Babylon, p. 149-170; Nineveh and its Remains, t. i, p. 381-390; t. ii, p. 4-14. A Dour- Sarroukîn, ou Khorsabad, Sargon II bâtit une ville dont l’enceinte mesurait 1760 mètres sur 1685. Les murailles de l’enceinte ont 14m50 de haut, sont flanquées de tours crénelées qui font saillie de 4 mètres et sont

percées de huit portes, chacune entre deux tours. Au nord-est de la ville s’élevait le palais royal (fig. 518), avec double escalier pour les piétons et rampes d’accès pour les cavaliers et les chars. C’est aux portes de ce palais que se trouvaient les taureaux ailés reproduits t. ii, fig. 246, col. 667-670. Le roi avait employé à la décoration tous les matériaux précieux qui constituaient le butin de ses campagnes. L’intérieur se divisait en deux parties distinctes, celle où se déroulaient les réceptions et les cérémonies publiques, et la demeure royale proprement dite, comprenant une vingtaine de chambres et des salons pour l'usage du souverain, le harem des reines et des princesses et la demeure des enfants parvenus à l’adolescence. Tout autour s’étendait un parc dans lequel le roi pouvait chasser des animaux sauvages et même des lions. Cf. Place, Ninive et l’Assyrie, t. i, p. 47-105, 116-127. Une ziggurât ou tour à sept étages, en l’honneur des sept dieux planétaires, montait à 43 mètres de hauteur. Cf. Place, Ninive et l’Assyrie, t. i, p. 137-148; Maspero, Histoire ancienne, t. ni, p. 261-270; Id. , Lectures historiques, Paris, 1890, p. 204-225; Perrot, Histoire de l’art, t. ii, p. 422-448. Le successeur de Sargon, Sennachérib, voulut aussi avoir son palais à lui, et il l’éleva à Ninive même. Il y mit en œuvre une telle profusion de matériaux et un tel luxe de décoration qu’il l’appela lui-même le « palais sans second ». Voir l’essai de reconstitution de ce palais fig. 441, col. 1631. Sur le palais de Babylone, voir t. i, col. 1355, et fig. 407, 408, col. 1355, 1357.

2° Les prophètes mentionnent les palais de Ninive et de Babylone. Isaïe, xm, 22, prédit qu’un jour les chacals hurleront dans les palais déserts de Babylone. 11 annonce à Ézéchias quelle temps viendra où ses descendants serviront d’eunuques dans le palais ( kêkdl , assyrien : êkallu) du roi de Babylone. Is., xxxix, 7. Daniel et ses compagnons furent élevés dans un de ces palais. Dan., i, 4. Le prophète interpréta dans le palais de Nabuchodonosor le songe de ce prince. Dan., iv, 1, 26. Nahum, ii, 6, prophétise l’effondrement du palais de Ninive. Cf. Soph., n, 13-15.

V. Palais mèdes et perses. — 1° Cyrus possédait un palais à Pasargades, édifice rectangulaire et assez mesquin, avec des porches à quatre colonnes sur deux de ses faces, une pièce à chaque angle, et au centre une salle hypostyle, divisée en quatre nefs par des colonnes supportant le toit. Des bas-reliefs et des inscriptions en décoraient les parois. Cf. Perrot-Chipiez, Histoire de l’art dans l’antiquité, t. v, p. 665-670. Ce palais est probablement celui qui est mentionné I Esd., VI, 4.

2° Darius édifia le sien à Persépolis. On y accédait par une rampe double, dont le mur latéral était historié de curieux bas-reliefs. On rencontrait immédiatement les chambres de réception, dont plusieurs étaient antérieures à Darius, spécialement celle que précédaient les gigantesques propylées de Xerxès Ier, avec leurs taureaux ailés (fig. 519). Venaient ensuite 1 ’apadana, salle d’honneur pour les cérémonies habituelles, et la salle aux cent Colonnes, pour les occasions les plus solennelles.

3° Artaxerxès Ie1’ préféra s’établir à Suse, où ses devanciers avaient fréquemment séjourné, même après la construction du palais de Persépolis. Celui de Suse était en même temps une forteresse, comme on le voit par le plan, t. n, fig. 607, col. 1974. Artaxerxès y bâtit un apadana de 100 mètres sur 50 de côté (fig. 520). La caractéristique de cette architecture était la haute et grêle colonne, dont le chapiteau se termine par deux avant-corps de taureaux entre lesquels repose l’extrémité de la poutre qui soutient la toiture (fig. 521). Cf. Marcel Dieulafoy, L’acropole de Suse, Paris, 1891 ; Perrot et Chipiez, Histoire de l'art, t. v, p. 695-750; Babelon, Manuel d’archéologie orientale, p. 157-171; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. iv, p. 626-634.

PALAIS

PALATINUS (CODEX)

4° Une des visions de Daniel, vm, 2, a pour théâtre la forteresse de Suse. Néhémie était à Suse, dans le palais, quand Artaxerxès lui permit d’aller relever les murs de Jérusalem. Il Esd., i, 1; it, 6. En cet endroit,

dide tombeau. Le prophète donne ensuite quelques détails sur les fonctions du successeur Éliacim. Il porte une tunique et une écharpe qui marquent sa dignité. Il a sur son épaule la clef de la maison de David et est

520. — Apadana de Suse, restauré. D'après M. Dieulafoy, L'acropole de Suse, pl. xv.

les traducteurs grecs n’ont pas saisi le sens de birâh, « palais, forteresse, » en assyrien, birtu , en grec, ëâp tç, castrum, et ont rendu l'hébreu par Souuav ’Aëipâ. Enfin, c’est ce même palais de Suse qui vit se dérouler les événements racontés dans le livre d’Esther. Voir Assuérus, t. i, col. 1141; Estiier, t. n, col. 1973. L 'apadana d’Artaxerxès n’était pas encore construit à cette époque. Ce nom, qui devient ’ apadna en araméen, est employé par Daniel, xi, 45, sous la forme ’cippédén, pour désigner le palais que le roi du nord, Antiochus Épiphane, doit ériger en Judée, près de la montagne sainte.

VI. Intendants des palais. — L’administration de ces vastes palais réclamait un homme habile. 11 est plusieurs fois parlé dans la Sainte Écriture de l’intendant du palais, âsèr 'al hab-baît , « celui qui est préposé à la maison, » et une fois, Esth., i, 8, rab baît, « le préfet de la maison. » Les versions l’appellent ô im toü oïv.o-j ou t v}; oixîaç, « le préposé à la maison, » oiV.ovop.oç, præpositus, præfectus, dispensator. Joseph avait un intendant dans son palais égyptien. Gen., xliv, 1. Ahisar était préfet du palais de Salomon, III Reg., iv, 6, Arsa, préfet de la maison royale d’Éla, à Thersa, et le roi buvait et s’enivrait chez lui quand Zambri vint le tuer. III Reg., xvi, 9. Le préfet du palais d’Achab, à Samarie, se mit aux ordres de Jéhu après la mort de son maître. IV Reg., x, 5. Quand le roi Ozias fut frappé de la lèpre et dut vivre à part, son fils Joathan devint préfet du palais et gouverna à la place de son père. IV Reg., xv, 5. La charge d’intendant du palais constituait donc une situation assez importante pour qu’on pût l’attribuer à un fils de roi. Éliacim fut intendant du palais d’Ézéchias. IV Reg., xix, 2; Is . , xxxvi, 3. En même temps que lui est nommé Sobna, le secrétaire. Or Éliacim avait succédé à un autre intendant portant le même nom de Sobna. Is., xxn, 20. Ce dernier avait dû être destitué et Isaïe, xxii, 15-25, a toute une prophétie contre lui. Il est peu probable qu’il soit devenu ensuite secrétaire du roi et que celui-ci l’ait envoyé en mission auprès d’Isaïe en compagnie d’Éliacim. IV Reg., xix, 2. Il s’agit donc vraisemblablement de deux personnages différents. Isaïe accuse l’intendant Sobna d’être l’opprobre de la maison de son maître et de se montrer dur et injuste pour les habitants de Jérusalem et de Juda. Il était sans doute également rapace, car il possédait des chars magnifiques et se faisait alors tailler dans le roc et bien en vue un splen-

seul à pouvoir ouvrir ou fermer. Il dispose de tout dans la maison et de tous les ustensiles « depuis la coupe jusqu’aux jarres ». Is., xxii, 21-24. — Enfin, dans le

Page 1