Chapiteau susien restauré. Musée du Louvre
palais de Suse, plusieurs intendants surveillaient l’ordonnance des fêtes. Esth., i, 8. II. Lesètre.
PALATINUS (CODEX). C'est un des principaux manuscrits onciaux de l’ancienne version latine des
PALESTINE
PALATINUS (CODEX) —
Évangiles, datant du Ve siècle, désigné en critique par la lettre e, et conservé depuis 1806 à la Bibliothèque impériale de Vienne sous la cote lat. 1185. Un feuillet se trouve à Dublin (Trinity College, N. 4, 18). Le codex était d’abord à Trente d'où il fut envoyé à Rome en 1762 pour l’édition de Bianchini. Celui-ci en fit prendre une copie qui fut déposée à la Vallicelliana et y est cotée U. 66. — Le Palatinus renferme les parties suivantes des Évangiles : Matth., xii, 49-xxiv, 49 (mais xm, 13-23, appartient au feuillet de Dublin et xiv, 11-21, n’existe plus que dans la copie de Rome); Matth., xxvm, 2-20: •loa., i, 1-xvm, 12; xviii, 25-xxi, 25; Luc., I, 1-vin, 30; vm, 48-xi, 4; xi, 24-xxiv, 53; Marc., i, 20-iv, 8; iv, 19- VI, 9; xii, 37-40; xm, 2-3, 24-27, 33-36. — La partie conservée à Vienne fut éditée par Tischendorf, Evangelium Palatinum, Leipzig, 1847 ; le feuillet de Dublin, par Abbott à la suite de son The Codex rescriptus Dublinensis, Z, Londres, 1880, enfin le fragment que la copie de Rome présente en plus des manuscrits précédents par Linke, Neue Bruchstücke des Evangelium Palatinum, dans les Sitzungsber. der Akad. der Wîssenschaften zu München, 1893, fasc. n, p. 281-287. Le tout a été réédité par J. Belsheim, Evangelium Palatinum etc., Christiania, 1896, avec une préface donnant l’historique du célèbre codex. D’après Dort, The New Testament in Greek, Introduction, Londres, 1896, p. 81, le Palatinus, ainsi que le Bobiensis, si éprouvé par l’incendie de la Bibliothèque de Turin, offre un texte africain en substance, souvent absolument identique aux citations de saint Cyprien là où elles différent du texte européen. F. Prt.vr.
PALESTBME, partie méridionale de la Syrie, qui correspond à l’ancien pays de Chanaan, à ce que nous appelons la Terre-Sainte. La connaissance de cette contrée est de première nécessité pour comprendre la Bible. Chacune de ses divisions, de ses villes, lleuves, montagnes, etc., a son article spécial dans le corps du Dictionnaire. Nous n’avons à donner ici qu'une étude d’ensemble sur son état actuel et son état ancien, au double point de vue géographique et historique.
I. Noms. — Le pays que nous étudions a porté, au cours des âges, dans la Bible et chez les peuples anciens, des noms différents, tirés de ses habitants, principalement des Hébreux, et des événements religieux dont il fut le théâtre.
1° Palestine. — Ce nom, dans son extension actuelle, c’est-à-dire en tant qu’il désigne la contrée tout entière, n’est pas biblique, bien qu’il ait ses racines dans la Bible. La Vulgate connaît les Palæstini, Gen., xxi, 33, 34; xxvi, 1, 8, 14; Exod., xxm, 31; Ezech., xvi, 27, 57; xxv, 15, 16, ou Palæsthini. I Par., x, 1; Jer., xlvii, 1, 4; Joël, iii, 4; Am., vi, 2; ix, 7. Les manuscrits et même les éditions imprimées offrent une certaine variété d’orthographe; la première est la meilleure. Cf. Vercellone, Variæ lectiones Vulgatæ latinæ, Rome, 1860, t. i, p. 74. Mais ce mot traduit l’hébreu c>ruiibs, Pelistîm, « les Philistins, » que les Septante rendent par «ÉuXioTiecp., Gen., xxi, 33, 34; xxvi, 1, 8, 14, etc., et par àXXocpuXoï. I Par., x, 1; .1er., xlvii, 1, 4, etc. Il ne s’applique donc qu’au peuple qui habitait la région sud-ouest de la Palestine actuelle, le mât Palastu, Pilistu, Pilista des inscriptions assyriennes. Cf. Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies ? Leipzig, 1881, p. 288; E. Schrader, Pie Keilinscliriften und das Aile Testament, Giessen, 1883, p. 102. C’est dans ce sens restreint que Josèphe lui-même, Ant. jud., I, vi, 2; II, xv, 3; X III, v, 10, emploie les dénominations de HaXaiarfvoi, IlaXataTtV/]. Dans quelques endroits cependant, Ant jud., VIII, x, 3; Cont. Ap., I, 22, il parle, d’après Hérodote, de la naXaiarivv; Supia, des « Syriens qui sont dans la Palestine », Süpiot oi èv v/j riaXanjTivr), expressions qui étendent le territoire jusqu’à la Phé-
nicie. Hérodote, en effet, n, 104; iii, 5, 91 ; vii, 89, distingue les Phéniciens des Syriens qui sont èv v/j lla- XaiarivY) ou appelés riaXanmvoi; tout ce qui va de leur district jusqu’à l’Égypte se nomme, d’après lui, Palestine. Les écrivains grecs firent d’abord de naXaiarivri un adjectif déterminant Supta, pour distinguer « la Syrie Palestine » ou méridionale, y compris la Judée, de la Phénicie et de la Cœlé-Syrie. L’expression r\ naXanm'vv] Supt'a devint ainsi, principalement depuis Hérodote, d’un usage commun. On la rencontre dans Philon, De nobilitate, 6, édit. Mangey, t. n, p. 443. Elle passa dans dans la langue officielle des Romains, à partir d’Antonin le Pieux, comme le prouve un diplôme militaire de l’armée de Judée (139 après J.-C.), d’après lequel la province ainsi appelée autrefois est nommée Syria Palæstina. Cf. Héron de Villefosse, Diplôme militaire de l'armée de Judée, dans la Revue biblique, Paris, 1897, p. 598-604. Elle se trouve aussi fréquemment sur les monnaies de Flavia Neapolis. Cf. F. de Saulcy, Numismatique delà Terre-Sainte, Paris, 1874, p 248. Cependant le nom de riaXaurriV/), Palæstina, était également connu comme substantif, ainsi qu’on le voit dans les auteurs classiques et sur les monnaies, chez les Pères et les écrivains ecclésiastiques. Vers le ive siècle, il s’étendait même au delà des limites de l’ancien pays de Chanaan. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 84, 88, 91, 125, 214, 219, 228, placent dans la Palestine des villes telles que Ailath, Pétra, Pelia, Ilippus. A partir du ve siècle, on mentionne la Palæstina prima, comprenant la Judée et la Samarie; la Palæstina secunda, c’est-à-dire une partie de la Galilée, les contrées voisines du lac de Tibériade et du haut Jourdain, à l’ouest et à l’est; la Palæstina tertia ou salutaris, avec l’Idumée, depuis Bersabée jusqu’au golfe Élanitique, et l’ancien pays de Moab. On trouve trois fois le nom de « Palestine », !:i3Dbs, dans les Midrascliim ; mais, d’après A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 2, il se rapporte plutôt au pays des Philistins. Disons enfin que, pour les Arabes, le djund ou district militaire de Filastin, correspondait à la Palestine pre-
mière, avec une partie de la Palestine troisième jusqu au désert de Tïh. Cf. Guy Le Strange, Palestine under the Moslems, Londres, 1890, p. 25-29. C’est ainsi que le nom de Palestine, appliqué d’abord à une petite portion du pays, placée entre l’Égypte et la Phénicie, et plus connue des étrangers qui venaient de l’Occident, s’est ensuite étendu au pays tout entier, comme celui d 'Afrique, qui ne désignait primitivement pour les Romains que la contrée libyenne, voisine de l’Italie, a fini par s’étendre à l’immense continent.
2° Terre de Chanaan; Chanaan. — Le plus ancien nom biblique delà Palestine est celui de jvas, Rend an; ’érés Rend an; Septante : y-/) Xavaocv; Vulgate : terra Chanaan, Gen., xi, 31 ; xm, 12 ; xvi, 3; xvii, 8, etc.; regio Chanaan, Lev., xviii, 3, ou simplement Rend an, a Chanaan. » Jos., xxii, 9, 32; Jud., iv, 2, 23, 24; v, 19; Ps. c.v (hébreu, cvi), 38, etc. On trouve' aussi ’érés hak-Rena'âni, « la terre du Chananéen; » Septante : y-q -mv Xavavaitov, « la terre des Chananéens. » Exod., iii, 17; xm, 5. 11; Dent., i, 7, etc. Ce même nom apparaît, au xive siècle avant notre ère, dans les lettres de Tell el-Amarna, sous les formes de Rinahhi et Rinahni ( na ). Cf. H. Winckler, Die Thontafeln von Tell el-Amarna, Berlin, 1896, p. 26, 28, 118, 210, 276, 282, 391. La première suppose une forme primitive yjs, Rdna . Voir Chanaan, t. n, col. 531. Dans les inscriptions
égyptiennes, le pays est appelé
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p-Iia-n -na, transcription exacte de l’hébreu, renfermant l’aspiration qui se trouve dans le corps du mot, et précédée de l’article, « le Chanaan. » Cf. II. Brugsch, Geographische Inschriften altàgyptisclier Denkmâler ,
PALESTINE
Leipzig, 1857, t. i, p. 59, 261; pl. vin, n. 319; W. Max Müller, Asien und Europa nacli altagyptischen Denkmàlern, Leipzig, 1893, p. 205. La « terre de Chanaan » n’indique dans l’Ecriture que le pays situé à l’ouest du Jourdain. Cf. Reland, Palæstina, Utrecht, 1714, t. i, p. 3-8.
3° Terre des Amorrhéens. — On trouve dans certains passages de la Bible, Jos., xxiv, 8; Am., n, 10, l’expression : ’eVey hâ-’Emôrî; Septante : yÿ ’Ap.oppa'ia>v,
« terre des Amorrhéens, » du nom d’un ancien peuple qui occupa le pays avant l’arrivée des Israélites. Voir Amorrhéens 1, t. i, col. 504. Les Lettres d’El-Arnarna désignent de même le territoire palestino-phénicien par le terme mât Amurri. Cf. H. Winckler, Die Thontafeln von Tell el-Amarna, p. 98, 120, 132, 152, etc. Depuis la découverte de ces tablettes, on s’est demandé s’il ne faudrait pas remplacer par Amuru, Aniurru, la lecture Akharru (« ce qui est par derrière, » l’ouest), nom par lequel les Assyriens auraient désigné l’ensemble des marches méditerranéennes. Quelques-uns se prononcent, avec plus ou moins d’assurance, pour l’affirmative. Cf. A. Delattre, Aziru, dans les Proceedings de la Society of Biblical Archeology , Londres, 1890-1891. t. xm, p. 233-234; Morris Jastrow, On Palestine and Assyria in the days of Joshua, dans la Zeitschrift fur Assyriologie, Berlin, t. vii, 1892, p. 2, note 2. D’autres pensent qu'il faut conserver l’ancienne lecture. Cf. Halévy, Notes géographiques, § 34, dans la Revue sémitique, t. n, p. 185. D’autres croient que la valeur Aniurru des anciennes époques a été remplacée par Akharru dans les textes cunéiformes de date plus basse. Cf. Sayce, Correspondance between Palestine andEgypt, dans les Records of the Past, 2e sér., t. v, p. 95, note4; p. 98, note 2. Enfin F. Homme], Die altisraelitisclie Oberlieferung in inschriftlicher Beleuchtung, München, 1897, p. 172, prétend que Martu, qui est dans les anciens documents babyloniens le nom de la Palestine (y compris la Cœlé-Syrie), est une abréviation d ’Amurtu, c’est-à-dire Amar avec la terminaison féminine des noms dans les idiomes chananéens; Martu signifierait donc en réalité « le pays des Amorrhéens ». — Les monuments égyptiens mentionnent aussi « le pays des Amorrhéens », Amaura, Am or ; mais ils désigent plutôt par ces mots la contrée située au nord de la Palestine. Cf. W. Max Müller, Asien und Europa , p. 177. 218-219, 229-231.
On trouve de même, .Jos., i, 4 : « la terre des Iléthéens, » hébreu : ’érés ha-Hittim, pour l’ensemble du territoire promis aux Israélites « depuis le désert et le Liban jusqu’au grand lleuve de l’Euphrate, et jusqu’à la grande mer (la Méditerranée) ». Mais les Septante n’ont pas cette indication, qui semble, du reste, avoir été faussement ajoutée au texte; elle n’existe pas, en effet, dans le passage du Deutéronome, xi, 24, auquel ce texte est emprunté. Elle n’est, en outre, justifiée par aucun témoignage historique. Il y a bien eu dans le sud de la Palestine quelques tribus héthéennes, Gen., xxm, 3, 5, 7, etc., dont le nom est joint à celui des autres peuplades qui habitaient le pays dans la formule plusieurs fois répétée : « la terre du Chanànéen, de l’Héthéen, de l’Arnorrhéen, etc. » Exod., ni, 17; xm, 5. etc. Mais le territoire proprement dit des Héthéens était au nord de Chanaan. Voir Héthéens, t. ni, col. 670.
4° Terre des Hébreux. — Joseph appelle le pays d’où il a été enlevé éréç hd-lbrim; Septante : yr( 'Espa !wv, « la terre des Hébreux. » Gen., XL, 15. On suppose qu’il entend par là, non pas la région chananéenne tout entière, qui ne fut conquise que plus tard par ceux de sa race, mais cette portion méridionale où avaient séjourné Abraham, Isaac et Jacob. Il est possible aussi que cette expression soit mise dans sa bouche par l’auteur de la Genèse.
5° Terre d’Israël (hébreu : ’érés Israël, I Reg., xnrr 19, etc.; ’admat lirâ’êl, Ezech., vu, 2, etc.; Septante : yÿ ’lrjpaÿ),). — Ce nom se trouve parfois appliqué à l’ensemble de la Palestine. Cf. I Reg., xm, 19; Ezech., xii, 19, etc. Mais d’autres fois il n’indique que le royaume du nord. II Par., xxx, 25; Ezech., xxvii, 17. C’est une des expressions dont les Talmuds se servent le plus fréquemment pour désigner toute la région palestinienne. Cf. A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 1. On la rencontre également dans le Nouveau Testament. Matth., n, 20, 21. Le nom d’Israël ayant continué de représenter tous les descendants de Jacob, il était naturel qu’il se rapportât aussi à leur pays.
6° Judée. — Comme le nom de Juifs devint, après la captivité, l’appellation courante des Israélites en général, le nom de Judée, tout en désignant d’une manière habituelle une province spéciale (voir Judée, t. iii, col. 1814), fut cependant parfois appliqué à la Palestine. C’est, du moins, dans ce sens que certains exégètes prennent TouSata. Luc., xxm, 5; Act., x, 37; xxvi, 20. Il est sur que Josèphe, Ant. jud., IX, xiv, 1 ; XII, iv, 11, etc., donne au mot cette même extension. Strabon, xvi, 749, place également « la Judée » immédiatement au sud de la Phénicie et de la Cœlé-Syrie.
7° Terre du Seigneur (hébreu ; ’érés Yehôvdh; Septante : yîj to-j Kuptou). — La Palestine est ainsi appelée Ose., ix, 3, non pas seulement comme l’univers est dit appartenir à Dieu, Ps. xxm (hébreu, xxiv), 1, mais en ce sens que le Seigneur y a établi sa demeure spéciale, et que les Hébreux en sont seulement les usufruitiers, les colons. Lev., xxv, 23. Parfois même elle est simplement appelée La Terre, la terre par excellence. Ruth, i, 1; Jer., xii, 11. Il en est ainsi dans les Talmuds, où les autres pays du monde sont réunis sous la dénomination générale de « hors de la Terre », nsin. Cf. A. Neubauer, La géographie du Talmud, p. 1. C’est également en raison de son rapport avec Dieu qu’elle est nommée dans l’Epilre aux Hébreux, xi, 9, y y xÿç è-jTayysXt'aç, la terre de la promesse, et dans les Nombres, xxxii, 11 : « la terre que j’ai jurée » ou la terre du Serment, en souvenir de la promesse solennelle faite par le Seigneur à Abraham en plusieurs circonstances. Gen., xm, 15; xvn, 8, etc.
8° Terre Sainte (hébreu : ’admat haq-qôdés ; Septante : ÿ y y y ày;a). — Tel est le nom que nous rencontrons dans Zacharie, il, 16 (Vulgate, 12), et qui caractérise si bien, aux yeux des Juifs et des Chrétiens, le pays des merveilles divines. Nous le retrouvons Sap., xii, 3; U Mach-, i, 7, et dans Philon, Légat, ad Caium, édit. Mangey, Londres, 1742, t. ii, p. 586. Mais il devint d’un usage constant au sein du christianisme dès le second siècle. Cf. Justin, Dial, cum Tryphone, 113, t. vi, col. 735. C’est celui qu’on emploie encore le plus fréquemment de nos jours, et à juste titre; si, en effet, la Palestine fut, sous l’Ancien Testament, une terre privilégiée, ne l’est-elle pas bien plus depuis que le Fils de Dieu l’a foulée de ses pieds et arrosée de son sang? « Autrefois, écrivait sainte Paule à Marcella, les Juifs vénéraient le saint des saints, parce qu’il renfermait les chérubins, le propitiatoire et l’arche d’alliance... Le sépulcre du Seigneur ne te parait-il pas plus vénérable? Chaque fois que nous y entrons, nous voyons le Sauveur couché dans son linceul, et, pour peu que nous nous y arrêtions, nous voyons l’ange de nouveau s’asseoir à ses pieds. » Cf. S. Jérôme, Epist. xi. vi, t. xxii, col. 486. — Sur ces différents noms, on peut voir Reland, Palæstina, t. i, p. 3-47.
Signalons enfin certains noms que les peuples voisins ont donnés à la Palestine, en dehors de ceux que nous avons déjà indiqués. Au début de la conquête
égyptienne, celte partie de la Syrie s’appelait [ .
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Ha-ru. C’est du moins l’avis de Max Müller, Asien und Europa , p. 148-156, qui restreint l’extension de ce mot au pays de Chanaan, tandis que H. Brugsch, Geographische Inschriftenaltagyptischer Denkmàler, Leipzig, 1857, t. i, p. 59-60, l’applique à la Syrie tout entière. L’identification de ce nom avec celui des Hôrim de la Bible, Gen., xiv, 6; xxxvi, 20-30, etc., a été proposée par plusieurs auteurs, mais elle est combattue par Max Müller, op. cit., p. 155-156. G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, Paris, 1895-1899, t. il, p. 121, place le Harû au sud, dans le massif du Séir. — Pour les Assyriens, la Palestine faisait partie du mât Akharri, « pays de l’Ouest, » c’està-dire de la côte méditerranéenne, mais ils connurent aussi ses deux grandes divisions, le royaume de Juda, mât Yaudu, et le royaume d’Israël, qu’ils appelaient mât Bit-Humri, « le pays de la maison d’Omri, » ou mât Humri, « le pays d’Omri. » Voir Amri 1, t. i, col. 524. Cf. E. Schrader, Die Keilinschrif ten und das Aile Testament, p. 90, 188.
II. Géographie physique. — A prendre strictement les noms qui viennent d’être examinés, nous n’aurions à étudier que l’étroite bande de terre comprise entre le Jourdain et la mer Morte à l’est, et la Méditerranée à l’ouest. Celui de Palestine a la plus grande extension; mais, s’il englobe des pays qu’on peut appeler bibliques, il dépasse les limites de la contrée où s’est proprement concentrée la vie du peuple hébreu. Aucun donc ne désigne parfaitement dans toute son étendue le territoire où ont si longtemps vécu les tribus d’Israël. Si la région cisjordane a pour elle les noms les plus glorieux, les souvenirs les plus chers au cœur du juif et du chrétien, la transjordane n’en a pas moins sa part dans l’histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament. Notre élude, pour être complète, doit donc porter sur la double bande de terrain qui avoisine le Jourdain et la mer Morte à l’ouest et à l’est, et qui constitue vraiment le pays biblique, dans les limites que nous allons déterminer.
1. SITUATION, LIMITES ET ÉTENDUE. — Ce pays appartient à la Syrie, dont il forme l’extrémité méridionale. Dans son ensemble et ses lignes générales, il se trouve placé entre le Liban et l’Anti-Liban au nord, le plateau du Hamad ou steppe syrien à l’est, la péninsule sinaïtique au sud, et la Méditerranée à l’ouest. Si nous voulons préciser ses contours, nous n’arriverons évidemment pas à la rigueur de nos frontières européennes ; l’état actuel de nos connaissances nous permet cependant une délimitation assez exacte. Cette délimitation n’est autre que celle des tribus israélites. Voir les cartes des tribus. Or, au nord, Aser et Nephthali ont une frontière que la nature elle-même semble avoir établie, c’est le fossé profond du Nahr el-Qasimiyéh ; aucune de leurs villes ne franchit cette barrière, que l’on peut prolonger par une ligne idéale vers l’est, jusqu’au pied du grand Ilermon. Voir Aser 3, t. i, col. 1084, et Nepiithali 2, t. iv, col. 1593, avec les cartes. En poursuivant cette ligne dans la même direction, on ferme, du côté du septentrion, le territoire de Manassé oriental. A l’est, cette dernière tribu, qui contenait les régions de Basan et d’Argob, Deut., ni, 12; Jos., xn, 4; xiu, 11, 30; xvli, 5, suivait les bords extérieurs du Ledjali, puis venait s’appuyer au Djebel Haurân, où deux points extrêmes marquaient sa limite : Chanath, aujourd’hui El-Qanaûât, et Salécha, Salkhacl, plus au sud. Nurn., xxxn, 42; Jos., xii, 4; xm, 11. De là, la frontière, revenant vers l’ouest, descend ensuite vers le sud avec le Derb el-Hadj ou « Boute des Pèlerins », qui en dessine le tracé et clôt de ce côté les D’ibus de Gad et de Buben. On arrive ainsi au torrent d’Arnon, oaadi Modjib, qui forme la limite méridionale de la région transjordane. Voir Manassé 7, col. 644; Gad 4, t. m, col. 27, et Ruben. La frontière
sud de la cisjordane se confond avec celle de la tribu de Juda : partant de l’extrémité méridionale de la mer Morte, elle constitue un arc de cercle qui, après avoir atteint Cadès ('Ain Qedis), rejoint vers l’ouest le « Torrent d’Égypte », ouadi el-Arisch, et se termine à l’embouchure de celui-ci dans la Méditerranée. Cf. Jos., xv, 1-4. Voir Juda 6, t. ni, col. 1756, et la carte. L’ensemble de ce tracé correspond, au nord, au sud et à l’ouest, avec celui de la terre de Chanaan, tel que nous le trouvons Num., xxxiv, 1-12, et Ezech., xlvii, 15-20. La partie septentrionale seule présente des difficultés. S’il fallait en croire certains auteurs, on devrait reporter cette ligne frontière cent soixante-dix ou cent quatre-vingts kilomètres plus au nord; on aurait ainsi une limite « idéale » qui n’aurait jamais été atteinte. Nous croyons qu’il est beaucoup plus naturel de ne pas quitter le terrain sur lequel nous avons dressé nos jalons. Quels que soient les embarras du texte et des identifications, l’on a réussi à faire rentrer dans un tracé normal cette ligne de démarcation. Voir Chanaan 2, t. il, col. 533. Cf. J. van Kasteren, La frontière septentrionale de la Terre Promise, dans la Revue biblique, 1895, p. 23-36. L’Écriture, en plusieurs endroits, Gen., xv, 18; Exod., xxii, 31; Jos., i, 4, étend les limites de la Terre Promise jusqu’à l’Euphrate. Ce développement du pays israélite au nord-est, aussi bien qu’au sud, ne fut que passager, sous David et Salomon; nous n’avons pas à en tenir compte ici.
Le pays que nous venons de délimiter ainsi se trouve donc compris entre 30° 30' et 30° 18' de latitude nord, 31° 30' et 34° 20' de longitude est. La Palestine cisjordane est une zone qui va en s’élargissant du nord au sud. D’une largeur de 37 kilomètres au début, elle arrive à 65 kilomètres au parallèle de Qaisariyéh ou Césarée (32° 30'), à 78 kilomètres à celui de Jaffa (32° 3'), à 94 kilomètres à celui de Ghazzéh ou Gaza (31° 30'), et elle finit par atteindre au 31° près de 150 kilomètres sur une bande de latitude très étroite. La longueur de la frontière occidentale est ainsi de 260 kilomètres. La région transjordane, large de 90 kilomètres environ entre le lac de Tibériade et le Djébel Haurân, se resserre à 50 et 40 kilomètres le long du Jourdain. et de la mer Morte jusqu’à l’Arnon. Sa longueur est de 200 kilomètres. Les ingénieurs anglais ont calculé la superficie de la cisjordane, depuis le Nahr el-Qasimiyéh jusqu’à Bir es-Sebâ ou Bersabée, c’est-à-dire sur une longueur de 228 kilomètres, et l’ont estimée à 15643 kilomètres carrés; celle de la transjordane équivaut à 9 481 kilomètres. L’ensemble du pays, à part la pointe méridionale de Bersabée à Cadès, comprend donc 25 124 kilomètres carrés, à peu près l’équivalent de quatre départements français.
il. configuration générale. — Le trait caractéristique de la Palestine, c’est cette énorme et longue fissure qui la coupe dans toute sa longueur, du nord au sud, et la sépare en deux comme un vaste fossé. De son point de départ, qui est à 563 mètres au-dessus de la Méditerranée, elle descend jusqu’à une profondeur de 392 mètres au-dessous, s’enfonçant pour ainsi dire en terre par un phénomène géologique unique au monde. Voir Arabah, t. i, col. 820. Un ileuve, le Jourdain, qui a ses sources dans les flancs de l’Hermon, y a creusé son lit sinueux et y promène son cours rapide, formant d’abord le petit lac Hûléh, à peu près au niveau de la mer, puis, plus bas, le lac de Tibériade, à 208 mètres au-dessous, déversant enfin ses eaux dans l’immense cuve de la mer Morte, dont le niveau est à 392 mètres, dont le fond atteint près de 400 mètres et se trouve ainsi à près de 800 mètres au-dessous de la Méditerranée. Voir Jourdain, t. iii, col. 1704. De cette vallée, assez étroite par endroits et qui va s’élargissant vers le sud, monte de chaque côté, à l’ouest et à l’est, un double rang de hauteurs, dont les points les plus
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élevés ne diffèrent pas sensiblement. La ligne orientale s’élève plus brusquement; elle forme comme une muraille à pic le long de la mer Morte. La ligne occidentale a des pentes plus douces. Il est facile de voir que les deux chaînes ont été violemment séparées par la brisure qui a constitué l’Arabali. Chacune d’elles, fendillée par les torrents, laisse écouler les eaux par une multitude de rivières ou ruisseaux qui se rattachent au Jourdain et à la mer Morte, avec une direction presque régulière. À l’ouest, un autre versant descend vers la Méditerranée, et tombe dans la plaine côtière, qui s’élargit à mesure qu’elle se prolonge vers le sud. A l’extrémité nord-est, le pays biblique est fermé par un massif de montagnes volcaniques, dont l’axe se dirige à peu près du sud au nord ; c’est le Djebel Haurân. Là prennent naissance de nombreux ouadis, qui s’en vont, à travers la plaine En-Nuqra, grossir le Schérïat el-Menâdiréh, affluent du Jourdain. Tel est l’aspect général de la Palestine; c’est, dans son ensemble, une région montagneuse, coupée par quelques plaines plus ou moins étendues, arrosée par des torrents le plus souvent temporaires, par un fleuve dont le cours offre plus de singularité qu’il n’apporte de fécondité à la terre. Nous aurons à montrer plus tard l’importance de sa situation au point de vue historique. Cette vue à vol d’oiseau ne suffit pas pour en avoir une connaissance exacte; sans entrer dans les détails que comporte chacune des parties, nous devons donner une description sommaire des deux contrées qui avoisinent le Jourdain.
ni. description. — 1. Palestine cisjordane. — A) Orographie. — Le système montagneux de la Palestine cisjordane peut être considéré comme un prolongement du Liban, coupé seulement au premier tiers de sa longueur par la grande plaine d’Esdrelon. Descendant en ligne droite, parallèlement au Jourdain, il plonge ses racines jusqu’à l’extrémité méridionale de la contrée. Avec le Carmel, il pousse une pointe, dans la direction du nord-ouest, jusque sur le bord de la Méditerranée. Il comprend, sans compter le uégéb, trois massifs, qui ont sans doute physiquement leurs caractères particuliers, mais sont surtout distincts historiquement.
Le massif galiléen s’étend depuis le Nahr el-Qasimiyéh jusqu’à la plaine d'Esdrelon. On y distingue deux groupes, de niveau et d'aspect différents, qui ont servi de base à la division du territoire en Haute et Basse Galilée. Le premier est formé par les montagnes qui dominent au nord la vallée de Medjdel Keruni, située à 250 mètres au-dessus de la mer. C’est un enchevêtrement de hauteurs, au milieu duquel s’élève une arête principale de trois sommets, le Djebel Adâthîr (1025 mètres), le Djébel Djarmuk (1198 mètres) et le Djébel Zabud (1114 mètres). D’autres sont épars, comme le Djébel Hunin (900 mètres), le Djébel Djamléh (800 mètres), le Ras Umm Qabr (715 mètres), le Tell Bêlât (616 mètres), les monts de Safed (838 mètres), etc. Les contreforts occidentaux se profilent parfois jusque sur le bord de la Méditerranée. C’est ainsi qu’au Rds el-Abiad et au Rds en-Naqûrah, la plaine côtière est fermée par une ligne de roches qui vont de 300 à 400 mètres d’élévation. Des sentiers raides, parfois taillés en escaliers, courent le long de ces chaînons, dont les lianes abrupts sont boisés, portant des ter. rasses successives soutenues par de gros murs. Le second groupe, celui de la Basse-Galilée, est beaucoup moins élevé; ses plus grandes hauteurs atteignent à peine 600 mètres. Les principaux sommets sont : le Djébel cl-Kummanéh (570 mètres), le Djébel Tur'ân (541 mètres) et le Djébel et-Tûr ou Thabor (562 mètres). Cette dernière montagne, aux flancs réguliers, est un cône tronqué, qui commande la plaine d’Esdrelon. Vers l’est, au milieu des terrasses qui descendent vers le lac de Tibériade, se distinguent les Qurûn Hatlîn ou
;< Cornes de Ilattin », colline rocheuse, de forme arrondie, dont l’altitude est de 346 mètres, et que deux éminences terminent au nord-ouest et au sud-est. Voir t. i, fig. 367, col. 1529. Au sud-est, le Djébel Dahy (515 mètres) relie le massif galiléen, dont il est un fort avancé, au système central.
Le système central est formé par les monts de Samarie. Séparé du précédent par la plaine d’Esdrelon, il ne fait qu’un physiquement avec celui de Judée. Il porte au nord-est comme une sorte de corne, décrivant un arc de cercle irrégulier dont la convexité est tournée vers la vallée du Jourdain; c’est le Djébel Fuqû'a, le Gelboé biblique. I Reg., xxvm, 4; xxxi, 1,8, etc. Cette petite chaîne a environ 13 à 14 kilomètres de longueur, sur 5 à 8 kilomètres de largeur, avec 516 mètres de hauteur, en réalité trois à quatre cents mètres au-dessus de la plaine, mais six à sept cents au-dessus de la vallée du Ghôr. Escarpée au nord, elle a, vers l’est, des pentes extrêmement raides, tandis qu’à l’ouest elle s’abaisse doucement. Voir Gelboé, t. ni, col. 155. De la pointe sud-ouest du Djébel Fuqû'a, le massif se dirige vers le nord-ouest par des mamelons dont le plus élevé, Scheikh lskander, atteint 518 mètres. Il aboutit, toujours dans la même direction, au Djébel Mâr Elias, ou Carmel, qui est la chaîne la plus régulière de la Palestine, s’étendant sur une longueur de 20 à 25 kilomètres. Isolée au sud-est par Youadi Malili, elle s’abaisse vers la mer en promontoire escarpé, qui forme le môle de la partie méridionale de la baie de Saint-Jean-d’Acre. Elle a 552 mètres de hauteur au sud ( YEsfiyéh , 514 mètres à El-Muhraqah, et 150 mètres seulement là où est le couvent. Abrupte du côté de la plaine d’Esdrelon, elle descend plus doucement du côté de l’ouest, en collines boisées d’un charmant aspect, entremêlées de pâturages, de parties cultivées et coupées de vallées sinueuses. Elle est recouverte presque partout d’une terre végétale abondante et riche. Voir Carmel 3, t. ii, col. 291. De l’extrémité méridionale du Gelboé part une arête qui se dirige vers le sud-sud-ouest, avec le Rds Ibzîq (733 mètres), le Rds el-'Aqra (680 mètres), le Djébel Eslâmiyéh (938 mètres), et le Djébel et-Tûr (868 mètres), comme sommets principaux. Ces deux derniers, à peu près au centre de la chaîne montagneuse de la Palestine, se font vis-à-vis, dominant, l’un au nord, l’autre au sud, la belle vallée où s’étend Naplouse. Le Djébel Eslâmiyéh est YHêbal biblique. Plus élevé de 70 mètres que l’autre, il est, en général, beaucoup plus dénudé, bien qu’il ait, jusqu’à une certaine hauteur, une bordure de jardins. Les rochers hérissent ses pentes abruptes, autrefois cultivées par étages. Le sommet forme un plateau assez étendu, d’où la vue embrasse un magnifique horizon. Le Djébel et-Tûr est le Garizim; il domine de sa partie septentrionale la ville de Naplouse, borde à l’est la plaine d ’el-Makhnah, et projette assez loin ses racines vers le sud. Il se termine en un petit plateau qui s’abaisse par une pente douce à l’ouest. Du point culminant, le regard peut atteindre les cimes neigeuses du Grand-IIermon, les flots bleus de la Méditerranée et les hauteurs qui resserrent le Jourdain. Les deux montagnes ne sont guère élevées de plus de 300 à 360 mètres au-dessus de la vallée qui les sépare. Voir IIÉBAL 2, t. in, col. 461; Garizim, t. ni, col. 106. Des chaînons latéraux se rattachent à cette arête principale. Du côté de l’est, ils s’abaissent, avec leurs ramifications, vers le Jourdain, dont ils rétrécissent beaucoup la vallée. Signalons, parmi les sommets, le Rds Djâdir (709 mètres), le Djébel Tammûn (579 mètres), le Djébel el-Kébir (795 mètres); puis viennent dans une ligne inférieure le Rds Umm Zoqah (256 mètres), le Zahrel Homsah (218 mètres), le Rds cl Umm-Kharrûbéh (210 mètres), enfin le Djébel tpartabéh (379 mètres), avec ses deux cimes ou cornes, qurnéin, de hauteur inégale. Du côté occidental, un chaînon part du Djébel
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Esldmiyéh, formant la paroi septentrionale de 1 ’oitadi ’Scha'ir, et a son point culminant à S cheikh Beyàzid (724 mètres), au nord-est de Sebastiyéh, l’ancienne Samarie. Au sud du Garizim, jusqu’à l'ouadi Deir Balhit , que l’on regarde comme une ligne de démarcation entre la Samarie et la Judée, l’enchevêtrement des montagnes continue avec des hauteurs de 8C5 mètres, à Scheikh Selmân; 517 mètres à Djcmain; 668 mètres à Berukin. De ces terrasses supérieures descendent assez régulièrement à l’ouest les terrasses successives, coupées de petits chaînons et de vallées, qui forment la transition entre la côte et les hauts sommets.
Le massif judeen n’est séparé du précédent que par une ligne fictive; il a cependant son caractère particu-
immédiatement de hauteurs comme le mont Scopus au nord (831 mètres) et la montagne des Oliviers à l’est (818 mètres). Dans les contreforts orientaux, nous trouvons encore des sommets de 729 mètres, comme le Djebel en-Nedjméh ; mais, à la limite de la vallée du Jourdain le Djébél Qaranlal n’est plus qu’à 98 mètres,, le Djebel Ektéif à 287 mètres. A l’ouest, nous rencontrons un premier étage de 500 à 600 mètres; Tïbnéh (590 mètres), Deir Ammar (530 mètres), Beit 'Ur ell’àqa (617 mètres); puis un second de 200 à 300 mètres : Na lin (262 mètres), Beit Nûba (203 mètres), etc. Audessous de Jérusalem, la crête se maintient au même niveau qu’au-dessus, avec Beil-Djala (820 mètres), Beit-Lahm ou Bethléhem (777 mètres), le Djebel Furéi-
lier. Il présente le spécimen le plus complet du « pays haut » palestinien. Sa ligne de faîte court presque directement du nord au sud, avec une légère déviation cependant vers le sud-sud-ouest, se rapprochant beaucoup plus du Jourdain et de la mer Morte que de la Méditerranée. Aussi le versant est-il escarpé à l’est, tandis qu’il s’incline doucement vers l’ouest. Les points les plus élevés sont au nord et au sud. Nous pouvons distinguer un premier groupe de hauteurs jusqua Vouadi es-Surar, qui découpe profondément le terrain à l’ouest de Jérusalem. Au-dessous de Tell A sûr, qui va jusqu’à 1011 mètres, le niveau supérieur du plateau est de sept cents à près de neuf cents mètres. C’est une série de collines proéminentes, de tertres arrondis, aux lianes desquels s’étagent des vergers et des vignes, et dont un village couronne le sommet: Beilin (881 mètres), El-Biréli (893 mètres), Er-Rdm (792 mètres), Nébi- Samuil (895 mètres), Tell el-Fiil (839 mètres), El-Djib (710 mètres). Ce sont là comme les forts avancés de Jérusalem, assise elle-même sur une éminence dont le point culminant est à 775 (ou 790) mètres, et entourée
dis (759 mètres). Mais bientôt commence le massif hébronien, dont plusieurs points dépassent 900 mètres : Khirbet Teqn'a (850 mètres), Halhûl (997 mètres), El- Khalil ou Hébron (927 mètres), Yutta (837 mètres), El- Kurmul (819 mètres), Es-Semû'a (734 mètres). En descendant vers le sud, il s’abaisse à 622 mètres, Khirbet Attir, pour rejoindre progressivement les grandes vallées, Bir es-Séba' ou Bersabée (240 mètres), Khirbet el-Milh (369 mètres). Les contreforts à l’est, assez rapprochés de la mer Morte, atteignent encore une hauteur moyenne de plus de 400 mètres : Qarn el- Hadjar (445 mètres), Er-Ruéikbéh (447 mètres), Rudjm el-Kurrât (422 mètres), Khasm Sufr es-Sànï (427 mètres), Zahrct el- Arâ'imèh (439 mètres). A l’ouest nous retrouvons la même altitude à Sara'a (412 mètres), Beit Nettif (462 mètres); Beit 'Aûuâ (456 mètres);, puis le terrain descend à 212 mètres à Tell es-Safiyéh, à 287 mètres à Beit Djibrin. Voir fig. 524, l’aspect accidenté et dénudé des environs de Jérusalem.
Le massif du Négéb, beaucoup moins connu, est un enchevêtrement de chaînons, séparés par de nombreuses-
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et larges vallées. Il s'incline dans la direction du sudouest; longeant à l’est l’Arabah, qu’il domine parfois de hauteurs assez considérables. Tandis que Khalasah (215 mètres) est à peu près au niveau de Bir es-Séba , Er-Ruhéibéh est à 325 mètres, et l’on atteint, vers Kurnub 494 mètres, plus loin à l’est 563 mètres. Citons seulement, parmi les principaux chaînons, en allant du nord au sud : Djebel et-Tulâl, Dj. Scheqa'tb, Dj. U mm Rudjum, Dj. et-Tûr, Dj. El-Muzéiqah, Dj. Hadiréh, Dj. Maderah et enfin le Djebel Mâqrah, au pied duquel est 1 Ain Qedis, et à l’ouest le Djebel Muéiléh.
Sans tenir compte de ce dernier prolongement, la Palestine a, comme on le voit, ses points les plus éle-
Sahel el-Alwia, plateau jonché de laves. Les monts de Samarie commencent par une succession de terrasses qui se relèvent à mesure qu’on avance vers le sud. Au sud-ouest de Djenin, le Sahel 'Arrabèh, à une altitude de 200 à 240 mètres, est une vallée assez bien cultivée, qui se relie au sud-est au Merdj el-Gharaq, dont le sol est fertile, mais devient un marais en hiver. Audessous du Garizim, s’étend la belle plaine d'El-Makhnali, qui forme à son extrémité septentrionale un large amphithéâtre, à environ 500 mètres d’altitude. Mais le pays est ensuite moins ouvert, on entre dans la région des hauts plateaux; les grandes vallées deviennent rares; on trouve encore cependant au sud de Jérusa-
vés au nord, avec les monts de la Haute Galilée, et au j sud, avec le massif hébronien. Ils encadrent ainsi le centre même du pays. Voir fig. 525 et 526.
B) Plaines et vallées. — Le système montagneux que nous venons de décrire est coupé par de nombreuses vallées, plus ou moins étendues. Nous indiquerons les principales, avant de parler des grandes plaines. A l’est de ’Akka ou Saint-Jean d’Acre, se trouve la vallée de Medjdel Kerûm, qui, comme nous l’avons vu, forme une frontière toute naturelle entre la haute et la basse | Galilée. Bordée au nord par d’âpres montagnes, plus élevées que celles qui la limitent au sud, elle s’étend j d’ouest en est; sa longueur est de plusieurs heures de marche. D’une très grande fertilité, elle est en partie couverte de vieux oliviers plusieurs fois séculaires, ou cultivée en blé, en doura, en coton et en sésame. Plus au sud est la plaine dite autrefois d’Asochis ou de Zabulon, Saliel el-Battauf, marécageuse à Test, mais très fertile, longue de 14 à 15 kilomètres, et large de près de 4 kilomètres. Située à 120-150 mètres au-dessus de la rner, elle est dominée par des monts de 400 et même plus de 500 mètres. Au sud-est, parmi les gradins qui descendent vers le lac de Tibériade, on rencontre le
lem et à Test de Bethléhem certaines plaines qui portent simplement le nom arabe d'EJ-Buqéi'a.
Les principales dépressions que nous avons signalées se trouvent, en somme, entre les deux massifs qui encadrent la Palestine, au nord et au sud. Mais celle qui constitue un des traits caractéristiques de la cisjordane, c’est la plaine d’Esdrelon, appelée aujourd’hui Merdj ibn ’Aniir, « Prairie du fils d’Amîr. » Elle forme un triangle irrégulier dont la base est, au sud-ouest, la chaîne du Carmel et les monts de Samarie; ce côté a environ 3o kilomètres. Le côté oriental, de Djenîn au Thabor, a à peu près 25 kilomètres; la ligne septentrionale en compte autant jusqu a la gorge par laquelle le Cison s’engouffre dans la plaine de Saint-Jean-d’Acre. Bordée à l’est par le Djebel Dàlnj et le Djebel FuqiVa, elle se prolonge de ce côté en plusieurs vallées latérales : Tune, comprise entre le Thabor et le DjébelDâhy l’autre entre cette dernière montagne et le Djebel j Fuqû a, une troisième formant cul-de-sac au sud-est.
I Son altitude moyenne est de 80 mètres; mais, vers le | Jourdain, le sol s'affaisse rapidement. Le torrent de I Cison, qui la traverse d’un bout à l’autre, en transforme ! quelques coins en marais. L’aspect général est celui