AOUT
Max.
Min.
Max.
Min.
Max
Min.
Max.
Min.
Max.
Min.
Khaïfa . .
Wilhelma.
Gaza . . .
Jérusalem.
Cf. M. Blanckenhorn, Wetterberichte aus Palàstina, dans les Mitllieilungen de la Zeitschrift des Dent. Pal. Vereins, 1904, p. 59-62; 1905, p. 29-32, où l'on trouve les tableaux complets; A. Datzi, Meleorological observations taken in Jérusalem, dans le Palestine Exploration Fund, Quart. St., avril 1905, p. 151. Ces chiffres, qui naturellement varient selon les années sans s’écarter beaucoup d’une certaine moyenne, marquent bien les deux zones de la plaine et de la montagne. Dans la première, le voisinage de la mer atténue les extrêmes de la température. Dans la seconde, la moyenne, représentée par celle de Jérusalem, est de 16>6 ou 1 7°2 , par 8°5, moyenne de janvier, et 24°5, moyenne de juillet, mais avec des extrêmes qui descendent parfois de quelques degrés au-dessous du point de glace, quoique la gelée et la neige ne durent pas longtemps. Le climat du haut plateau est en somme tempéré; il n’en est pas de même de celui du Ghôr, où les rayons du soleil se concentrent dans une vallée que deux murailles de montagnes mettent à l’abri des vents de l’ouest et de l’est. Les températures extrêmes peuvent aller de 0° à -f 50°. La plus ordinaire, en hiver, est de + 15° à + 22°. La moyenne de l’année est d’environ 25°. Un y a vu, aux premiers jours de mai, le thermomètre à 43° à l’ombre; près (l'Aïn-Djidi, au commencement de juillet, un soir après le coucher du soleil, on a constaté 35». Cf. Survey of West. Pal., Mentoirs, t. ni, p. 386. La moisson s’y fait beaucoup plus tôt que dans le reste de la Syrie, à la fin d’avril ou au commencement de mai. La chaleur diminue vers le nord. L’hiver est souvent froid sur les bords du lac de Tibériade; mais pendant la première moitié du mois de mai 1884, le thermomètre accusait une température moyenne de 25° à midi, de 22° avant et après. Cf. A. Frei, Beobachtungen vom See Genezareth, dans la Zeitschrift des dent. Pal. Vereins, t. ix, 1886, p. 100. Près du lac Hùléh, la différence entre la température du jour et celle de la nuit est souvent très sensible; ainsi le 20 avril 1889, la chaleur diurne monta à 42° pour descendre, pendant la nuit, à + 26°. Cf. G. Schumacher, l’on Tiberias zum Hùle-See, dans la Zeitschrift des deut. Palâstina-Verems, t. xm, 1890, p. 75. Le plateau à l’est du Jourdain est également sujet à de fortes variations; les écarts y sont même plus brusques qu’à l’ouest, la mer étant trop loin pour régulariser la température. La nuit, le thermomètre descend souvent audessous du point de glace, et le lendemain il monte à près de 27°. Les extrêmes vont de — 3° à + 35°. Cependant le climat le plus ordinaire de l’hiver est de + 8° à + 16°, au moins dans la partie la plus mé-
ridionale. La neige persiste souvent plusieurs jours. Un voit, d’après ce que nous venons de dire, que la Palestine a un climat de contraste, par zones méridiennes alternantes. Pour la comparaison avec les autres pays, on peut voir les cartes d’isothermes dans A. Angot, Traité élémentaire de météorologie, in-8°, Paris, 1899, p. 56, 62, 64.
2° Vents. — Les différences de température à la surface du globe et dans l’atmosphère sont, on le sait, la cause première des vents. Or en Palestine, plus qu’en d’autres pays, le vent exerce une inlluence immédiate sur la santé et le bien-être des habitants, comme sur la fertilité du sol. Celui du nord apporte le froid, celui du sud la chaleur, celui de Test la sécheresse, celui de l’ouest l’humidité; ceux qui viennent des points intermédiaires participent en proportion à ces différentes qualités. Pendant les mois d’été, ce sont les vents du nord et du nord-ouest qui dominent; n’amenant jamais de pluie, ils sont rafraîchissants, modérément secs, ne sont accompagnés d’aucun nuage, si ce n’est parfois de quelques cirrus ou cumulus. Ceux du nord, pendant l’hiver, sont d’un froid vif, secs ou humides selon qu’ils souillent du nord-est ou du nord-ouest; quand ils arrivent de cette dernière direction, ils entraînent souvent des masses de cumulus, dont les apparences sont vraiment belles sur le bleu profond du ciel. Cependant, frais et vifs, ils sont redoutés, même en été, spécialement des habitants de la plaine maritime, en raison des maux de gorge, fièvres et dysenteries qu'ils produisent. Lorsque, durant Tété, il y a peu de vent pendant plusieurs jours, la chaleur devient très grande et l’air presque aussi sec, aussi dépourvu d’ozone que dans le sirocco, même si le petit souflle vient du nord. Ordinairement ce défaut est corrigé par une forte brise qui s’élève de l’ouest, se fait sentir vers 9 ou
10 heures du matin à Jalfa et le long de la côte, mais n’atteint habituellement Jérusalem et la montagne que vers 2 ou 3 heures de l’après-midi, quelquefois plus tard. Elle baisse après le coucher du soleil, mais pour reprendre ensuite et continuer une grande partie de la nuit, rafraîchissant, avec l’abondance d’humidité dont elle est chargée, le pays brûlé par la chaleur du jour. 11 est facile de comprendre tout ce qu’elle a de bienfaisant; lorsqu’elle ne souflle pas, ou qu’elle souffle très doucement, ou ne se relève pas après le calme qui suit le coucher du soleil, les nuits sont chaudes, déprimantes, sans rosée, et les matinées sans fraîcheur. Ce vent de mer constitue une des principales différences entre le climat de la montagne et celui de la plaine côtière ; il arrive ainsi que, dans les grandes chaleurs, Jérusalem, sous le vent d’est, est d’un séjour presque insupportable, alors que Jalfa jouit d’une fraîcheur relative. Lorsqu’il rencontre un courant d’air chaud, sec et lourd venant de Test, la lutte entre les deux est intéressante à étudier. Parfois il se produit des tourbillons, des nuages et des colonnes de poussière, et il faut au premier plus d’une heure pour triompher du second. D’autres fois, l’arrivée ou la prédominance du vent d’ouest a lieu sans trouble et ne se manifeste que par ses effets. D’après les observations faites à Jérusalem, ce vent, quoique plus fréquent en juillet et août, est plus également réparti que les autres sur les différents mois.
Les vents de Test sont communs en automne, en hiver, au printemps et au mois de mai; ils sont rares en été. Sur une moyenne de seize ans, on a calculé qu’ils ont soufflé, de juin à septembre inclusivement, trois jours par mois, et, d’octobre à mai inclusivement, onze jours par mois. Mais il n’est pas extraordinaire, pendant les chaleurs, qu’un vent d’est s’élève durant trois ou quatre heures au milieu du jour, et que le soir
11 cède la place à un vent d’ouest, qui continue jusqu’à 10 ou 11 heures du lendemain. En hiver, il est accom-
PALESTINE
pagné de la clarté du ciel bleu, avec quelques cirrus; il est sec, stimulant, et, s’il n’est pas trop fort, vraiment agréable; dans les mois chauds au contraire, sa sécheresse brûlante, la brume et la poussière qu'il entraîne, le rendent désagréable et énervant. C’est au vent du sud-est qu’on applique le nom de sirocco. Le ciel peut alors être sans nuage ou avec quelques cirrus et stratus; la température est élevée, l’air privé d’ozone et extrêmement sec. 11 peut y avoir du calme, mais quelquefois le vent s’élève et tourne entre est, sud-est et sud. Plus il tend vers le sud, plus le ciel s’assombrit et l’atmosphère devient pénible; plus il tend vers l’est, plus le ciel s’éclaircit et l’air se rafraîchit. Aux plus mauvais jours, le sirocco produit de véritables troubles dans l’organisme humain, maux de gorge, maux de tète avec sentiment de pression autour des tempes, lassitude morale et physique, oppression, accélération du pouls, fièvre, etc. Son action se fait également sentir sur la végétation qu’il dessèche, sur le jeune blé qu’il flétrit. Peu violent d’ordinaire, il engendre quelquefois des tourbillons de vent et de line poussière; l’air chaud semble sortir d’un four, des nuages de sable volent dans toutes les directions. Ce sont les vents de l’ouest et du sud-ouest qui, en hiver, amènent la pluie, dont nous montrerons tout à l’heure l’importance. A ces détails que nous empruntons au rapport de Th. Chaplin, Pal. Explor. Fund, Quart. St., 1883, p. 14-16, il faudrait ajouter une étude comparative de la force et de la direction des vents, comme aussi des variations barométriques sur les différents points de la Palestine. Les données sont encore insuffisantes; on en trouvera certains éléments, en ce qui concerne Gaza, Wilhelma, Khaïfa, Jérusalem, pour l’année 1904, dans les Mittheilungen de la Zeitschrift des Peut. Pcd. Ver., 1904, p. 59-62, 78-80; 1905, p. 29-32, 45-48, et le Pat. Expi. Fund, Quart. St., 4905, p. 151. Il nous suffit d’indiquer, d’après Th. Chaplin, Pal. Expi. Fund, Quart. St., 1883, p. 39, table xv, le nombre de jours d’une année pendant lesquels a prédominé chacun des vents dans une moyenne de seize ans : N. 36 j., N.-E. 33, E. 40, S.-E. 29, S. 12, S. -O. 46, O. 55, N. -O. 114. On voit que ce sont les vents d’ouest qui dominent, et que ceux du sud ont la moindre action. Les vents du nord-ouest se font surtout sentir pendant les mois les plus chauds, de mai à septembre. Ceux du sud-ouest et de l’ouest correspondent aux périodes pluvieuses ; c’est ainsi que sur 506 de ces périodes, de 1860 à 1882, le vent sud-ouest compte pour 238 et l’ouest pour 156. Cf. Pal. Expi. Fund, 1883, p. 29, table iv.
3° Pluie. — Les agents atmosphériques que nous venons d’étudier, température, pression de l’air, vents, contribuent à la formation de la pluie, qui a une influence capitale sur la richesse du pays. Cherchons d abord à nous rendre compte, d’après les observations récentes, des différences qui existent, sous ce rapport, entre les diverses régions de la Palestine. Le tableau suivant nous le fera saisir, en nous présentant la moyenne annuelle de la quantité d’eau tombée dans les principales stations. Les hauteurs données en millimètres comprennent toute l’eau tombée, sous quelque forme que ce soit, ce que les Allemands appellent Niederschlag, « précipitation. '>