‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 326 sur 389 · Jardins de Jaffa. D'après une photographie · texte numérisé non relu

Jardins de Jaffa. D'après une photographie

détruit sans replanter, et que la dent des animaux a arrêté l’essor des pousses naturelles, on peut croire, de l’autre, que la Palestine, au moins depuis les Hébreux, n’a jamais été un pays très boisé. Si la dénudation a eu de pernicieux effets, elle ne saurait être l’unique cause de la désolation actuelle.

La pluie, d’ailleurs, était-elle plus abondante autrefois qu’aujourd’hui? Il serait difficile de l’affirmer. D’après la Bible et le Talmud, les saisons paraissent bien les mêmes; le manque d’eau se faisait sentir alors comme maintenant. Il suffit de voir l’immense quantité de citernes, de réservoirs que les anciens habitants ont creusés, pour comprendre avec quel soin jaloux ils emmagasinaient, comme ceux d’aujourd’hui, l’eau que leur envoyait le ciel. On peut se rappeler aussi comment les tribus pastorales se disputaient les puits. Le régime des vents n’a pas changé. Il est vrai, comme nous l’avons vu plus haut, que Nazareth reçoit plus

étant arrêtés par les bois et arrosant le pays haut. Mais ici encore il y a une question de dégrés et non pas un changement essentiel dans le climat.

Sans donc méconnaître complètement l’influence de ces causes, il faut en chercher d’autres, et elles se trouvent dans l’état d’abandon auquel le pays est livré depuis longtemps, état qui lui-même a ses causes. Que sont devenus les aqueducs qui jadis, en différents endroits, portaient l’eau et la fertilité? Leurs débris marquent encore le chemin qu’ils suivaient, comme certains squelettes d’animaux marquent la route du désert. Les canaux destinés à régulariser lés cours d’eau ont été détruits et sont souvent remplacés par des marais malsains. Les murs qui, sur le flanc des collines, retenaient les terrasses, sont en partie démolis. C’est ainsi que les environs de Jéricho qui, du temps d’Ilérode, étaient une sorte de üeïov -/wpiov, ou « domaine des dieux », pour employer l'expression de

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Josèphe, ont perdu leur antique splendeur, et l’on en peut dire autant d’une foule d’autres lieux. Mais si la Palestine était autrefois beaucoup mieux cultivée, si les limites de la culture s’étendaient bien au delà de celles d’aujourd’hui, jusqu’en plein désert, si la contrée méridionale, pierreuse actuellement, était couverte de terrasses comme celles de la Ligurie et de la Provence, n'est-ce pas que le pays était quatre ou cinq fois plus peuplé que maintenant, avec des villages et des villes florissantes dans des régions presque désertes de nos jours? Et puis, au lieu de l’incurie gouvernementale qui règne depuis longtemps en cette malheureuse région, qu’on se rappelle le soin avec lequel les anciens cherchaient à y développer l’industrie et la prospérité. Les exactions d’aujourd’hui, jointes peut-être à l’indolence naturelle des habitants, n’ont pu que contribuer à l’appauvrissement d’une terre naturellement fertile. Concluons donc que le vieux sol biblique, malgré sa déchéance, n’a rien ou presque rien perdu de son fonds de richesse, et que, sous l’effort d’une industrieuse activité, il récompenserait encore abondamment le travail de l’homme. C’est ce qu’ont bien compris les nombreuses colonies étrangères qui sont venues lui redemander le lait et le miel d’autrefois.

Outre les ouvrages que nous avons cités au cours de cette étude sur le climat et la fertilité de la Palestine, on peut voir encore : J. Glaisher, On the fall of vain at Jérusalem in the 3 Ü years from 1861 to 1892, dans le Palestine Exploration Fund, Quart. St., 1894, p. 39-44; Zumoffen, La météorologie de la Palestine et de la Syrie, dans le Bulletin de [la Société de géographie, Paris, 1899, t. xx, p. 344 sq. et 462 sq.; G. Arvanitakis, Sur un argument d’Arago, à propos d’un calcul pour déterminer la « température moyenne de la Palestine », et Essai sur le climat de Jérusalem, deux communications faites à l’Institut égyptien au Caire, le 2 mars et le 29 décembre 1903, tirages à part de 6 et 64 pages; C. R. Conder, The fertility of ancient Palestine, dans le Pal. Expi. Fund, Quart. St., 1876, p. 120-132.

17. flore. — La végétation palestinienne est naturellement en rapport avec les conditions climatériques que nous venons de décrire. La lumière éclatante du soleil contribue elle-même à embellir à nos yeux les arbres et les plantes, dont les teintes variées se détachent d’une manière plus tranchée grâce à la pureté de l’atmosphère. D'autre part, ce qui détermine le régime de la vie végétale dans ce domaine méditerranéen, ce n’est pas seulement la température plus élevée, c’est la marche des saisons différente de celle du nord de l’Europe. Tandis que, dans le nord, les phases de la végétation coïncident avec la période plus chaude de l’année, dans le midi les plantes se développent au printemps, demeurent stationnaires tant qu’elles sont privées d’humidité, et se ravivent de nouveau sous l’action des pluies d’automne. Enfin l’action de la chaleur sur les végétaux se manifeste moins par l’augmentation de la température estivale que par la diminution du froid hivernal. Après avoir étudié les origines du pays biblique au point de vue géologique, les analogies de ses premiers êtres vivants avec ceux des autres contrées de même formation, nous avons à examiner les caractères de la vie actuelle et leurs rapprochements avec là flore d’abord et ensuite la faune des autres pays. Il ne s’agit pour nous que d’un coup d’œil général, sans envisager spécialement la tlore biblique. La nomenclature des Arbres mentionnés dans la Bible a été donnée 1. 1, col. 889-894, et celles des Herbacées (Plantes), t. ni, col. 596-599; en outre chaque nom a son article particulier1. Les notions suivantes auront cependant leur utilité pour l’ensemble de la botanique sacrée.

1 Géographie botanique. — La tlore de la Syrie et de la Palestine diffère peu de celle de l’Asie-Mineure,

qui est une des plus riches et des plus variées du globe; elle en forme la limite sud-est. Celle-ci appartient elle-même au domaine méditerranéen, qui comprend la Grèce, l’Italie, le sud de la France, l’Espagne, le nord de l’Afrique, sans parler des îles. Cependant, si la llore de Palestine est en grande partie méditerranéenne, elle se rattache aussi à celle d’autres pays, de la Perse sur la frontière orientale, de l’Arabie et de l’Égypte sur la frontière méridionale, de l’Arabie et de l’Inde dans la vallée du Jourdain et les environs de la mer Morte. Sur les 3000 espèces de plantes phanérogames qu’elle renferme, 250 lui sont particulières, bien qu’étroitement apparentées à d’autres espèces ou variétés, 161 appartiennent à la région éthiopienne, 27 à la région indienne, sans en compter un grand nombre qui sont communes à l’Éthiopie et à l’Inde. Cf. H. B. Tristram, The fauna and flora of Palestine, dans le Survey of Western Palestine, Londres, 1884, p. vi. On peut, en somme, croyons-nous, établir trois grandes divisions du règne végétal en Palestine.

1° Tout le littoral, c’est-à-dire côtes, vallées et petites collines, appartient à la flore méditerranéenne. La végétation a les mêmes caractères qu’en Espagne, en Algérie et en Sicile, mais toutefois avec des modifications qui sont plus considérables à mesure qu’on avance vers le sud, du côté de l’Égypte. Elle se distingue par la prédominance des beaux arbres toujours verts, à feuilles persistantes, tels que l’olivier, le chêne vert ou yeuse, Quercus ilex, le chêne kermès, Quercus coccifera, le pin pignon, Pinus pinea, les lauriers, Laurus nobilis, les tamaris, Tamarix syriaça, T. tetra, gyna, les lentisques, Pistachia lentiscus, et les téréhinthes, Pistachia palæstina ou P. terebinthus. On peut ajouter d’autres espèces plus humbles, mais non moins caractéristiques, comme les cistes, Cistus villosus, particulièrement abondant au Carmel, C. creticus, la forme la plus commune sur les collines du sud,

C. salviifolius ; les lavandes, Lavandula stæchas, L. coronopi folia ; le myrte, Myrtus commuais, etc. Citons encore les plantes suivantes : clématites, Clematis cirrliosa, C. flammula, C. vitalba; anémones, Anemone coronaria ; renoncules, Ranunculus calthæfolius ; dauphinelles, Delphinium rigidum, propre à la Palestine,

D. peregrinum; papavéracées, Glaucium corniculatum, G. luteum ; fumariacées, Ceratocapnos palæstina, propre à la Palestine, Fumaria judaica; crucifères, Matthiola tricuspidata, M. crassifolia, propre à la Palestine; scilles, Scilla autumnalis, Sc. hyacinthoides, etc.

Nous rattachons à cette première région une partie de la chaîne montagneuse, dont la llore peut être dite de basse montagne. Cette flore est caractérisée par divers chênes, dont plusieurs à feuilles caduques : Quercus infectoria, dans la région du nord; Quercus Calliprinos , mont Thabor; Qu. pseudococcifera, Carmel, Galilée; Qu. palæstina, Hébron, trois variétés du Quercus coccifera; Quercus cerris; Quercus lthaburensis, variété du Qu. ægilops, Carmel, Thabor, toutes les collines de Galilée et de Samarie. Ajoutons les frênes, Fraxinus oxyphilla, F. parvifolia, (dans les montagnes du nord; les cyprès, Cupressus sempervirens, et, sur le bord des eaux, les peupliers, Populus alba, P. nigra; les platanes, Platanus orientalis. On trouve également près d’Hébron, sur les hauteurs du désert de Juda, comme sur la côte, le pin d’Alep, Pinus halepensis.

2° Le sud de la Palestine ou le Négéb et le désert de Juda, c’est-à-dire le flanc oriental des monts judéens, appartiennent plutôt, pour une bonne partie, à la flore désertique. Le pays se distingue par une grande variété, mais aussi par la sécheresse et les épines de ses arbustes, ainsi que par le nombre beaucoup moins grand des arbres. Les traits caractéristiques de cette llore sont une quantité de petits buissons gris et épi-

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neux, Poterium, de genêts, Relama rætam, de labiées grises aromatiques, Eremostachys, de plantes du printemps brillantes, mais petites et qui durent peu ; une quantité de chardons qui prédominent en été, lorsque la verdure a disparu. Les montagnes n'ont plus que des groupes clairsemés d’arbres, de chênes au feuillage épineux, d’arbousiers, etc. ; on voit çà et là des genévriers, des buissons nains à épines. Au milieu des rochers l’on rencontre des sauges, Salvia graveolens, S. controversa, des borraginées, Heliotropium persicum, Ancliusa hispida, Echium sericeum, etc. Parmi les plantes désertiques, appartenant au Sahara ou au nord de l’Afrique, signalons : des crucifères, Eremobium lineare, Farsetia ægyptiaca, Hussonia uncata ; des résédacées, Réséda propinqua, var. Eremopliila, R. arabica, Oligomeris subulala; des cistinées, lie dianthemum Kahiricum ; des paronychiées, Robbairea proslata, Polycarpæa fragilis; des géraniacées, Eroliiiin hirtum, Monsonia nivea; de nombreuses astragales, Astragalus tenuirugis, A. hispidulus, A. peregrinus, etc.

3° La vallée du Jourdain et les bords de la mer Morte ont, en raison du climat, une végétation à part, qui se rapproche le plus de la flore tropicale. On y rencontre bon nombre de plantes qui sont complètement étrangères à la contrée occidentale de la Palestine. La plus commune est le Zizyphus Spina-Christi, le nabk des Arabes, couvert d’épines aiguës comme de fines aiguilles, formant des buissons impénétrables, et propre au Sahara, à la Nubie, à l’Abyssinie, à l’Arabie tropicale, au nord-ouest de l’Inde. Presque aussi répandue est celle qu’on appelle Balanites ægyptiaca, dont le fruit donne l’huile nommée zuk par les Arabes. On trouve en abondance: VOchradenus baccatus, arbuste touffu, presque sans feuilles, avec de petites baies blanches; différentes sortes d’acacia, Acacia nilotica, A. tortilis, et Y Acacia seyal, le « bois de selim » de la Bible; le câprier, Capparis spinosa, qui forme des groupes remarquables dans le creux aride des rochers ; le Mimosa unguis-cati, qui est pourvu d’épines très longues et qui se couvre au printemps des Heurs les plus élégantes et les plus odorantes; YAlhagi Maurorum; la pomme de Sodome ou Solarium Sodomæum, dont le fruit, de la grosseur d’une pomme d’api, laisse échapper, lorsqu’on l’écrase, une quantité innombrable de fines graines. Aïn-Djidi, l’ancienne Engaddi, offre encore de beaux groupes d’une asclépiadée appelée Calotropis procera, qui peut atteindre les dimensions d’un figuier de moyenne grandeur. Voir fig. 223-225, t. ni, col. 1287-1289. Sur les hauteurs désertes qui avoisinent la mer Morte, du côté d’ 'A in Djidi, se trouve la célèbre crucifère appelée à tort rose de Jéricho, Anaslatica liierochuntina, qui, une fois desséchée, se contracte en une boule que le vent roule dans les sables; mais, si l'on trempe l’extrémité de la racine dans un peu d’eau, grâce à un système vasculaire très développé, la plante absorbe le liquide et s’épanouit bientôt en une cupule des plus gracieuses, même après un grand nombre d’années d’une dessiccation complète. Voir t. ni, fig. 227, 228, col. 1291, 1293. C’est encore dans les environs de la mer Morte qu’on rencontre la Salvadora persica, regardée comme étant le sénevé de la parabole évangélique. Au sud-ouest, dans le petit ouadi Zuéiréh, on a recueilli plus de 160 espèces de plantes, et sur ce nombre 135 sont africaines. On a remarqué ce contraste singulier dans la répartition de certaines plantes : parmi les légumineuses, on ne compte pas moins de 50 espèces de Trifolium et 74 espèces d’ Astragalus connues en Palestine; or, un seul Trifolium, le T. stenophyllum se trouve dans le sud, et pas un dans la vallée du Jourdain, tous étant européens ou ayant des affinités européennes; des Ms- Iragales, au contraire, 3 seulement ont des affinités palæarctiques, les autres se rattachent à l’Inde ou ap-

partiennent exclusivement à la région orientale ou éthiopienne. Cependant les Astragales ne sont pas confinées dans la vallée du Jourdain; il n’y en a pas moins de 35 espèces qui sont limitées à la montagne et aux régions sub-alpines du Liban et de l’Anti-Liban. La masse du reste appartient à la vallée du Jourdain et au désert méridional. Cf. H. B. Tristram, The Fauna and Flora of Palestine, p. xv. Parmi les plantes tropicales de la contrée, nous pouvons citer encore : Abutilon fruticosum, A. muticum, Zygophyllum coccineum, Indigofera argentea, Boerhaavia plumbaginea, Conyza dioscoridis, Trichodesma africana, et, près d’JEngaddi, la haute et curieuse Moringa aptera, etc. Enfin le papyrus, Papyrus antiquorum , le Babîr des Arabes, forme d’épais fourrés sur les bords du lac de Tibériade et du lac Houléh. Ce dernier marque la limite orientale de l’aire de dispersion de cette remarquable cypéracée africaine. Les espèces que nous venons de mentionner constituent un ensemble, qui rappelle la végétation de l’Abyssinie ou de la Nubie et donnent un grand intérêt au Ghôr, comme à l’oasis tropicale la plus rapprochée de l’Europe. — Les bords du Jourdain sont, comme on le sait, un véritable fourré d’arbres et d’arbustes : de tamaris, Tamarix jordanis ; de peupliers, Populus euphratica, arbres gigantesques et dont les fins rameaux sont chargés de graines blanches et soyeuses; d’Agmis-caslus ; d'Arundo donax élevés; d ’Eleagnus ; de saules aux troncs noueux, etc. Dans les petites dunes du cours inférieur, en approchant de la mer Morte, fleurissent des myriades d’une jolie statice à fleurs jaunes, Slatice Tliouinii.

La llore de la région transjordane rentre dans la triple division que nous venons d’exposer. La végétation méditerranéenne y est représentée par les espèces suivantes : Cistus villosus et C. salviifolius, montagnes de Moab et de Galaad ; Rhus coriaria, Djébel Oscha' et Djébel ed-Drûz; Pistachia terebinthus, var. palæstina, Moab, Galaad, Djébel ed- Drûz; Punica granatum, Galaad; M yrtuscommunis, Galaad ; Arbutus Andrachne , var. serralula, monts de Moab et de Galaad; Olæa Europæa, Moab; Vitex agnus-caslus, Dj. ed- Drûz; Celtis australis, Galaad; Ficus carica, Moab et Galaad; Quercus coccifera, Moab, Galaad, Haurân, avec les espèces forestières, Qu. cerris, Dj. Qulelb, et Qu. ægilops, Moab, Galaad; Pinus Halepensis, Moab, Galaad; Asparagus acutifolius ; Smilax aspera, Moab; Adiantum capillus-Veneris, fougère qu’on trouve dans les endroits humides, et, en particulier, dans une grotte à Ayûn Mùsa. — Comme représentants de la llore désertique, nous signalerons : Tamarix mannifera, Callirrhoé; le Rétama ratam, sur les basses montagnes qui bordent le Ghôr; Y Acacia tortilis, Callirrhoé; Pallenis spinosa, Moab; Salicornia fructicosa; Atraphaxis spinosa, montée du Ghôr vers Ayûn Mûsa; Emex spinosus, sur les lianes du Ghôr; Phoenix dactylifera, dans les vallées aux environs de la mer Morte; Stipa capillala, Haurân. — La llore tropicale existe à l’est comme à l’ouest du Jourdain et de la mer Morte. Cf. Palestine Exploration Fund, Quart. Stalement, 1888,

Après ce coup d’œil géographique, il nous suffit d’indiquer quelles sont les familles les plus abondantes en Palestine. Ce sont : 1° les Légumineuses, 358 espèces parmi lesquelles les genres Trifolium, Trigonella, Medicago, Lotus, Vicia et Orobus croissent dans les terrains plus riches, et les Astragales dans les terrains plus secs et plus dénudés. — 2° Les Composées (340); aucune famille ne frappe davantage l’observateur par l’abondance des charbons, centaurées et autres plantes printanières, qui fourmillent dans les plaines fertiles comme sur les collines pierreuses et dominent souvent de leur hauteur toute autre végétation herbacée. Les principaux genres sont Centaurea, Echinops, Onopor-

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dum, Cirsium, Cynara et Carduus. — 3° Les Labiées (175) sont caractérisées par le parfum qu’elles répandent pour la plupart et dont elles embaument les collines de Galilée et de Samarie, odeur de marjolaine, de thym, de lavande, de menthe, de calament, de sauge, de romarin — 4° Les Crucifères (195) croissent généralement dans les lieux déserts, stériles, dans les montagnes; parmi les plus remarquables est une très haute moutarde, qui ne diffère guère de la commune Sinapis nigra, excepté en grandeur, etl ' Anastatica hierocliuntica. — 5° Les Umbellifères (141) abondent en fenouils et Bupleurum ; elles forment pour une bonne partie les hautes rangées d’herbes qui se trouvent sur le bord des taillis et dans les creux humides. — 6° Les Silénées (86) se distinguent par une multitude d’œillets, Silene et Saponaria. — 7° Les Borraginées (92) sont pour la plupart des plantes annuelles, à l’exception des Echium, Anchusa et Onosma, qui comptent parmi les plus belles de la contrée. — 8° Les Scropliulariacées (91) offrent comme genres principaux Scrophularia, Veronica, Linaria et Verbascum. — 9° Les Graminées, quoique d’espèces très nombreuses (158), présentent rarement le gazon des contrées humides et froides. L’A rundo donax, le Saccharum ægyptiacum et VErianthus Bavennæ sont remarquables par leur taille et les plumes soyeuses de leurs fleurs. — 10° Enfin les Liliacées (113) ont une variété et une beauté qui n’est peut-être surpassée nulle part, spécialement dans les genres bulbeux, lis, tulipes, fritillaires, scilles, gagées, etc. Les fougères sont extrêmement rares, à cause de la sécheresse du climat, et la plupart des espèces appartiennent à la flore du Liban.

2. Plantes cultivées. — A ces plantes naturelles que Dieu a semées en Palestine selon le sol qui leur était propice, il faut ajouter celles que l’homme a cultivées, développées, améliorées et même introduites de pays étrangers. Il importe de distinguer, sous ce rapport, celles que le terrain a toujours produites et celles que l’industrie humaine a apportées d’ailleurs. La division s'applique aux arbres fruitiers, aux céréales, aux plantes potagères.

A) Arbres fruitiers. — 1° Indigènes. — En premier lieu vient l’olivier, Olea europæa, arabe : schadjarat ez-zeitùn, dont les fruits sont une des principales productions de la Syrie. Viennent ensuite: le figuier, Ficus carica, ar. : schadjarat et-tîn, dont le fruit se mange frais ou après avoir été pressé et séché ; l’amandier, Amygdalus commuais, ar. : lôz ; le grenadier, Punica granatum, ar. : rummân, dont les fruits cependant ne valent pas ceux d’Égypte ou de Bagdad; le genévrier, Junipcrus phænicea; le pistachier, Pistacia vera, ar. : fustûq;le caroubier, Ceratonia siliqua, ar. : kharrûb, dont les gousses servent de nourriture aux pauvres et dont les feuilles persistantes répandent une ombre agréable; le sycomore, Ficus sycomorum, ar. : djummeiz, au tronc robuste, aux longues branches horizontales, et dont les fruits, semblables à de petites figues de couleur verte et insipides, sont apportés en quantités considérables aux marchés de Gaza et d’Ascalon ; le pommier, Malus commuais, ar. : schadjarat et tuffah, et le poirier, Pirus commuais, ar . : schadjarat et- indjds, quoique moins répandus. On trouve des cognassiers, Cydonia vulgaris, ar. : es- safardje, en Galilée, en particulier près de Nazareth, et en Judée, près d’Hébron. Les noyers, Juglans regia, ar. : djôz, étaient, au temps de Josèphe, Bell, jud., III, x, 8, abondamment cultivés dans la plaine de Génésareth ; ils se rencontrent aujourd’hui surtout dans la région du Liban. L’abricotier, Armeniaca vulgaris, ar. : Mischmisch, donne des fruits excellents en Syrie; séchés au soleil, ils sont l’objet d’un commerce très important à Damas ; mais l’arbre est beaucoup moins répandu en Palestine, on le trouve surtout sur la côte et en différents endroits

de la montagne. Le pécher, Persica vulgaris, ar. : durrâq, est également moins commun qu’en Syrie. Le palmier, Phœnix dactylifera, ar. : nakhl, ne prospère que dans la région sud du littoral ; il croit à l’état sauvage, sans fruits, dans les gorges situées à l’est de la mer Morte, et çà et là dans l’intérieur du' pays. Enfin la vigne a encore une culture florissante en plusieurs endroits; elle donne d’excellentes et magnifiques grappes, avec lesquelles on fabrique un vin agréable ou une espèce de sirop cuit, dibs, ou l’on prépare des raisins secs. Cette culture s’est beaucoup développée depuis un certain temps, grâce aux colonies qui sont venues s’établir en Palestine.

2° Introduits. — Le bananier, Musa paradisiaca, ar. : môz, est un arbre importé de l’Inde. Cultivé à la fin du xvie siècle sur les bords du lac de Tibériade, il n’existe plus que sur la côte. Le mûrier, Morus alba, ar. : schadjarat et-tût, qui semble originaire de Chine> n’a été cultivé en Palestine qu’à une époque tardive après l’ére chrétienne; il en est souvent fait mention au temps des croisades. On voit également le mûrier noir, Morus nigra. Le cédratier, Citrus medica, qu’on dit originaire de Perse et de Médie, était certainement très commun en Palestine un siècle avant notre ère, puisqu’à la fête des Tabernacles, sous Alexandre Jannée, les Juifs avaient tous à la main des cédrats. Josèphe, Ant. jud., III, x, 4. Le citronnier, Citrus limonum, ar. : leimûn, qu’on peut à peine séparer spécifiquement du précédent, ne parait avoir été, comme lui, connu des Hébreux que vers l’époque de la captivité de Babylone. Le cactus, Opuntia vulgaris, fut introduit de l’Amérique centrale en Europe vers le commencement du xvie siècle; il abonde en Palestine, où il atteint de grandes proportions et forme autour des jardins et des champs des haies impénétrables; le fruit est d’un goût sucré mais fade, quoique assez apprécié des Arabes. Enfin un autre arbre transplanté d’Extrême-Orient, c’est l’oranger, qui fait la gloire des jardins de Jaffa.

B) Céréales. — Les Hébreux, en arrivant dans la Terre Promise, y trouvèrent les principales céréales, importées par l’homme de son berceau d’origine, mais dont la vraie patrie est encore ignorée, comme le blé, Tépeautre, l’orge et le millet. Le blé, Triticum sativum , hébreu : liittâh, a dans la plaine d’Esdrelon un grain long et mince, tandis que celui du Haurân, plus estimé, est court et gros. L’épeautre, Triticum Spelta, héb. : kussémêt, est une plante très voisine du vrai blé, probablement une simple race artificielle obtenue par la culture à une époque qu’il est impossible de préciser. L’orge, Hordeum vulgare, héb. : se'ôrdh, sert aux pauvres à faire du pain ; mais on l’emploie principalement comme nourriture pour les animaux. Le millet, Panicum miliaceum, hébreu : dôhân, est une herbe originaire de l’Inde, mais cultivée dans toutes les régions chaudes et tempérées du globe. Le maïs, Zea mais, est d’origine américaine.

C) Plantes potagères. — i° Indigènes. — Les principales sont : les pois, Pisum sativum; les fèves, Faba vulgaris, héb. : pôl; ar. : fùl; les lentilles, Lens esculenta, héb. : ‘ âddsim ; ar. : ’adas; l’ail, Allium salivum, héb. : sûm; ar. : tùm ; l’espèce la plus commune en Palestine est celle que nous appelons échalotte, Allium Ascalonicum, parce qu’elle fut apportée d’Ascalon. en Europe par les croisés; l'oignon, Allium Cepa, héb. : besâlîm, ar. : basal ; le poireau, Allium Porrum, héb. : liâsir ; ar. : kurrâth. Citons encore parmi les espèces indigènes que les jardins recueillirent de de très bonne heure : l’hysope, la laitue, le pavot, le safran, le cumin, le carvi, la coriandre, la rue, la colocase.

2° Introduites. — A ces plantes furent ajoutés les concombres, les pastèques, les melons, introduits des

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régions tropicales. Aujourd’hui les plaines de Saron et de Séphélah sont riches en ce genre de culture.

Quelques arbres ont disparu de la flore palestinienne, entre autres le baumier de Galaad, Balsamodendron ■opobalsamum, qui était autrefois cultivé à Jéricho et à Engaddi. Cf. .losèphe, Ant. jud., VIII, vi, 6; IX, i, 2; XIV, iv, 1. Enfin c’est à l’état de simples matières commerciales que les Hébreux connurent la cannelle, le nard, l’encens, la myrrhe et la gomme, le bois d’ébène, de santal et d’aloès, car on ne peut supposer que les plantes qui leur donnent naissance aient jamais pu croître sur la terre de Palestine.

Voir, sur la flore méditerranéenne en particulier, A. Grisebach, La végétation du globe, trad. par P. de Tchihatchef, 2 in-8°, Paris, 1875, t. i, p. 339-556; sur la flore actuelle de Palestine : H. B. Tristram, The Fauna and Flora of Palestine, in-4°, dans le Survey of Western Palestine, Londres, 1884, ouvrage capital, qui peut être complété par C. et W. Barbey, Herborisations au Levant, avec 11 planches et carte, in-4°, Lausanne, 1882 (cf. H. B. Tristram, Addenda to the Flora of Palestine, dans le Palestine Exploration Fund, Quart. St., 1885, p. 6-10; P. Ascherson, Barbey’s Herborisations au Levant und Dr. Otto Kersten’s botanische Sanimlungen aus Palàstina, dans la Zeitschrift des Deutschen Palastina-Vereins, t. vi, 1883, p. 219- 229); H. Chichester Hart, A naturalisés journey to Sinaï, Petra and south Palestine, dans le Pal. Expi. Fund. Quart. St., 1885, p. 231-286; G. E. Post, Narrative of a scientific expédition in lhe Transjordanic région in the spring of 1886, dans le Pal. Expi. Fund, Quart. St., 1888, p. 175-237 ; Flora of Syria, Palestine and Sinaï... and from the Mediterranean sea to the Syrian desert, Beirut, s. d. (cf. 11. Christ, Zur Flora der biblischen Lânder, dans la Zeitschrift des Deut. Pal.-Ver., t. xxm, 1900, p. 79-82; L. Anderlind, Ackerbau und Thierzucht in Syrien, insbesondere in Palàstina, dans la Zeitschrift des Deut. Pal. Ver., t. ix, 1886, p. 1-73; Die Fruchtbàume in Syrien, insbesondere in Palaslina, ibid., t. xi, 1888, p. 69-104 ; Die Rebe in Syrien, insbesoudere Palaslina, ibid., t. xi, 1888, p. 160-177). Pour la flore biblique, voir à l’article Botanique sacrée, t. i, col. 1867-1869, la Bibliographie, à laquelle on peut ajouter: L. Foncli, Streifzüge clurch die biblisclie Flora, Fribourg-en-Brisgau, 1900 (cf. H. Christ, Zur Flora der biblischen Landes, dans la Zeitschrift des Deut. Pal.-Ver., t xxm, 1900, p. 82-90). — Pour les plantes bibliques dans leurs rapports avec l’agriculture, l’art et la religion, et dans leur comparaison avec celles qui étaient connues chez les Egyptiens et les Sémites, voir Ch. Joret, Les plantes dans l’antiquité et au moyen âge, l'e partie, Les plantes dans l’Orient classique, in-8°, Paris, 1897.

vir. faune. — Les conditions de climat ou d’immigration ont également influé sur la répartition de la vie animale au sein de la Palestine. Mais, avant d’exposer ce côté de la question, nous jetterons un coup d’œil sur les principaux animaux que ce pays renferme actuellement. Pour la nomenclature des animaux mentionnés dans la Bible, voir t. i, col. 604-

1. Les animaux. — A) Mammifères. — 1° Animaux domestiques . — Aujourd’hui, comme dans l’antiquité, les troupeaux de moulons et de chèvres, ce que les Hébreux appelaient le menu bétail, .j ô’n, constituent une partie importante de la richesse des particuliers. Le Belqâ, à l’est du Jourdain, est aussi, comme autrefois, la contrée la plus favorable à l’élevage des brebis. Cependant le désert et les parties montagneuses du pays tout entier offrent à ce précieux animal une nourriture suffisante. La race la plus répandue est celle qu’on nomme Ovis lalicaudala ou à grosse queue, distinguée ainsi de l'espèce commune, Ovis aries. Ce

qui la caractérise, en effet, c’est l’énorme développement de graisse qui s’amasse autour des vertèbres caudales. Voir Brebis 1, t. i, col. 1911. Le lait de brebis est également très estimé et à juste titre. La chèvre commune, Capra ldrcus, est représentée par deux variétés, dont la principale est celle de la Capra membrica, reconnaissable à ses fortes cornes, à sa taille plus grande et surtout à ses oreilles pendantes qui ont un pied de longueur. Dans le nord, au voisinage de l’Hermon, on rencontre la Capra angorensis, aux oreilles et aux cornes plus courtes, au poil plus long et plus soyeux, mais aux formes plus massives. La couleur prédominante dans les deux est le noir. Voir Chèvre, t. ii, col. 692. — Le bœuf de Palestine, Bos taurus (le bâqâr hébreu est un nom collectif désignant le gros bétail), est généralement de petite taille, à jambes courtes et assez frêles. La plus belle race se trouve dans la plaine côtière, où l’animal est employé aux divers travaux d’agriculture; il est plus rare dans la région montagneuse, sauf dans quelques plaines. La Galilée entretient également une belle race de bœufs arméniens, et ceux de Galaad et de Moab font la principale richesse des Arabes. Voir Bœuf, t. i, col. 1826. Dans la partie septentrionale de la vallée du Jourdain, spécialement dans la région marécageuse du lac Hùléh, on rencontre le buffle, Bos bubalus, qui a la taille plus haute et les proportions plus massives que le bœuf ordinaire, avec un front plus bas et un mufle plus large. Originaire de l’Inde, il n’a pénétré dans l’Asie occidentale qu’à une époque assez tardive. Voir Buffle, t. i, col. 1963.

Chez les Hébreux, la principale monture, pour les riches comme pour les pauvres, était l’âne, héb. : hamôr ; aujourd’hui il ne sert plus guère qu’aux pauvres, ou bien il est employé comme bête de somme. L’âne domestique appartient à deux variétés : le grand âne du désert syrien, généralement de robe blanche, et qui se rapproche de l’âne du Caire, et l’âne vulgaire, supérieur à nos espèces d’Europe, plus haut et plus fort, moins beau cependant, moins vif et moins patient que celui d’Egypte. Voir Ane, t. i, col. 566. Le cheval, héb. : sus, ne fut, on le sait, introduit qu’assez tard chez les Israélites ; il est surtout réservé à la selle par les Arabes. Les plus beaux chevaux sont ceux des Bédouins Anézéh. Voir Cheval, t. ii, col. 674. Le mulet, héb. : péréd, est actuellement d’un usage ordinaire en Palestine; il sert souvent de monture ou de bête de charge. Dédaigné des Arabes, il est utilisé parla population sédentaire pour son endurance et l’aisance avec laquelle il marche à travers les sentiers les plus accidentés. Voir Mulet, col. 1336. Le chameau, héb. : gdmâl, est tout à la fois bête de somme, de monture, de labour, parfois même de boucherie. Celui qu’on emploie aujourd’hui en Palestine est le chameau à une bosse ou Camelus dromadarius. Il constitue la grande source de richesse des Bédouins, qui en ont des troupeaux. Voir Chameau, t. ii, col. 519.

2° Animaux sauvages. — a) Carnivores. — En Orient, le chien et le chat tiennent le milieu entre les animaux domestiques et les animaux sauvages. Le chien, héb. : kéléb, ne diffère pas aujourd’hui de celui d’autrefois; c’est la même race qui sert aux bergers et qui erre dans les villes et les campagnes. Mais, chose singulière, les Hébreux et les habitants de la Syrie ne lui ont jamais accordé la place que lui ont donnée presque tous les autres peuples. On en rencontre dans les villes et les villages des bandes errantes, qui vivent à l’état de nature, sans avoir de maîtres particuliers. Dans les rues, ces animaux se chargent du service sanitaire en dévorant rapidement les débris de toute sorte qu’on y jette. Voir Chien, t. ii, col. 697. U n’existe pas de nom hébreu pour désigner le chat. Si le chat domestique est aujourd’hui plus commun qu’autrefois en Palestine, il n’y est presque jamais

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complètement apprivoisé. Voir Chat, t. il, col. 625. L’animal qui se rapproche le plus du chien est le chacal héb. ; sû'âl, dont le pelage gris-jaune, foncé en dessus et blanchâtre en dessous, lui a fait donner le nom de Canis aureus. Il a de tout temps abondé dans la Palestine. 11 tient le milieu entre le loup et le renard. Voir Chacal, t. n, col. 474. Ce dernier est représenté par deux espèces : le Vulpes nilotica ou renard égyptien, commun dans le sud et le centre de la Palestine, extrêmement abondant en Judée et à l’est du Jourdain, et dont les habitudes, tout à fait distinctes de celles du chacal, de diffèrent pas de celles de notre renard; le Vulpes flavescens, qui habite les districts boisés de la Galilée et le nord de la contrée. Le loup commun, Canis lupus, se rencontre encore assez souvent dans les plaines maritimes, dans les ravins de Galilée et surtout du territoire montagneux de Benjamin, quelquefois aussi dans les forêts de Basan et de Galaad. On trouve également dans le sud le loup d’Égypte, Canis lupaster, plus petit de taille, au museau plus aigu, aux membres plus grêles, au poil d’un jaune doré, d’un système musculaire peu développé, qui ne lui permet guère de s’attaquer aux gros animaux. Voir Loup, col. 372.

Le lion, héb. : ’ârl, ’aryêh, lâbV , avait autrefois de nombreux repaires en Palestine, surtout dans les épais fourrés de la vallée du Jourdain, mais il en a disparu depuis longtemps. Voir Lion, col. 267. Le léopard, héb. : nâniêr, le Felis pardus, existe encore dans les environs de la mer Morte, dans les anciens pays de Galaad et de Basan; bien qu’il soit rare en Galilée, on peut cependant constater ses traces sur le Thabor et le Carmel. Au même genre appartiennent : le guépard, Felis jubata, ou tigre des chasseurs, qui est rare, mais se voit quelquefois sur les collines boisées de Galilée et dans le voisinage du Thabor, et est plus commun à l’est du Jourdain; le lynx caracal, Felis caraca, très rare en Palestine. Voir Léopard, col. 172. La panthère, Pardalis, a beaucoup de ressemblance avec le léopard, mais s’en distingue par une taille en général moins grande, des taches plus larges et moins rapprochées et quelques détails anatomiques. On rencontre aussi plusieurs espèces de chats sauvages : le Felis chaus, qui deux fois plus grand que le chat domestique, ressemble plutôt au lynx, et se tient spécialement dans les fourrés des bords du Jourdain; le Felis maniculata, rare à l'ouest du fleuve, mais commun à l’est. L'hyène, héb. : sabua' , est, en Palestine, la carnassier qui existe en plus grand nombre après le chacal. Ces animaux, qui vont jusqu'à déterrer les cadavres humains pour s’en repaître, établissent principalement leurs demeures dans les anciennes cavernes sépulcrales, dont le pays est rempli. Voir Hyène, t. nr, col. 790. L’ours, héb. : dôb, YUrsus syriacus, est devenu très rare en Palestine, mais se rencontre encore fréquemment sur l’Hermon et dans les parties boisées du Liban ; il existe également à l’est du Jourdain. Le pays renferme d’autres petits carnassiers, comme la belette, Mustela vulgaris, le putois, Mustela putorius, l’ichneumon, herpestes ichneumon. Voir Belette, t. i, col. 1560; Ichneumon, t. m, col. 803.

b) Pachydermes. — Le sanglier, héb. : hâzîr, le Sus scrofa, est répandu dans tout le pays, principalement dans les endroits marécageux et couverts de fourrés. L'âne sauvage, Asinus onager, héb. : ârôd, et Asinus hemippus, héb. : péra , s’aventure parfois dans le Ilauràn, au dire des Arabes. A cet ordre appartient un animal dont l’identification présente quelque difficulté, c’est le sâfân hébreu, qu’on assimile généralement aujourd’hui au daman, YHyrax syriacus. Il ressemble extérieurement au lapin et à la marmotte, et se rencontre fréquemment en Palestine, surtout dans les gorges du Cédron, dans les plaines d’Acre et de. Phéni-

cie, au nord de la Galilée et dans le Liban. VoirCiiŒP.o- GRYLLE, t. II, COl. 712.

c) Ruminants. — Le cerf, héb. : ayydl, le Cervus elaphus, abondait autrefois en Palestine, mais il y est devenu rare, à cause de l’aridité du sol. Voir Cerf, t. n, col. 445. Le chevreuil, ou Cervus capreolus. s’y voit également très peu; la Palestine forme, du reste, la limite sud-est de la région où il vit. Voir Chevreuil, t. n, col. 697. C’est à peine si l’on aperçoit quelques daims, Cervus dama, dans les parties boisées du nord entre le 'lliabor et le Liban. Voir Daim, t. il, col. 1207, Le genre antilope est beaucoup mieux représenté, en particulier par la gazelle, Gazella dorcas, héb. : sebi, qui se montre quelquefois dans le sud, par centaines. A l’est du Jourdain, on trouve communément la Gazella arabica, plus belle que la gazelle ordinaire. Voir Gazelle, t. ni, col. 125. Le bubale, Antilope bubalis, probablement le yahmûr hébreu, existe encore sur la frontière orientale de Galaad et de Moab. Voir Bubale, t. i, col. 1956. L 'Antilope addax, héb. : dîsôn, approche des frontières sud et est de la Palestine. Enfin Y Antilope leucoryx, le tc'ô hébreu, commun dans le nord de l’Arabie, se trouve dans le Belqà et le Haurân. Le bouquetin, Capra beden, ou Ibex Sinaitica, héb. : yâ'êl, vit non seulement dans les ravins de Moab, mais dans le désert de Juda, aux environs de la mer Morte; c’est un superbe animal, d’une merveilleuse agilité. Voir Bouquetin, t. i, col. 1893.

d) Rongeurs. — La famille des léporidés est représentée par les espèces suivantes ; le Lepus syriacus, héb. ; ’arnébét, commun dans les parties boisées et cultivées 'de la Palestine, le long de la côte et dans la plaine d’Esdrelon; semblable à celui de nos pays, excepté la tête qui est plus large et les oreilles qui sont plus courtes; le Lepus sinaiticus, plus petit que le précédent, avec une tête plus longue et plus étroite, et le poil de couleur plus claire; se voit du côté de Jéricho et de la mer Morte; le Lepus ægyptius, qui habite le désert de l’Égypte touchant la Palestine, la région méridionale de la Judée et la vallée du Jourdain; le Lepus isabellinus, ou lièvre nubien, très rare; le Lepus Judææ, qui fréquente le sud de la Palestine et la vallée du Jourdain. Voir Lièvre, col. 250. Le lapin est excessivement rare, et le silence de la Bible au sujet de cet animal prouve qu’il en était de même autrefois. A cette famille se joint celle des hystricidés, avec le porc-épic, Hystrix cristata, héb. : gippôd, commun dans les rochers et les vallons des montagnes, spécialement abondant dans les gorges qui aboutissent à la vallée du Jourdain.

Les muridés sont nombreux : Acomys cahirhinus, confiné aux environs de la mer Morte; Acomys dimidiatus ; Acomys russatus, trouvé seulement jusqu’ici près de Masada, vers la pointe méridionale de la mer Morte; Mus alexandrinus, dans les villes de la cote; Mus sylvaticus, dans les plaines; Mus prætextus, dans la plaine de Génésareth, la vallée du Jourdain et le voisinage de la mer Morte; Mus musculus, dans toutes les villes ; Cricetus phœus, le hamster, très commun aux approches des terrains cultivés. Signalons encore plusieurs espèces de gerbilles, Gerbillus tæniurus, G. melanurus, G. pygargus, puis le Psammomys obesus, espèce de gros rat à queue courte, à grosse tête, ressemblant à une petite marmotte, extrêmement abondant dans les endroits sablonneux autour de la mer Morte, dans les plaines et sur le plateau de la Judée méridionale. Nombreux aussi sont les campagnols, surtout l’espèce commune, Arvicola arvalis. Voir Campagnol, t. n, col. 103. Le rat-taupe, Spalax typhlus, est très répandu à travers la contrée, où notre taupe, Talpa europæa, n’existe pas. La gerboise, Dipus ægyptius, se trouve fréquemment dans les contrées désertiques ; Dipus hirlipes, dans les déserts à l’est du Jourdain

PALESTINE

Voir Gerboise, t. ni, col, 209. L'écureuil syrien, Sciurus syriacus, se voit très souvent dans les bois au sud de l’Hermon; le loir, Myoxus glis, habite dans la vallée du Jourdain, principalement aux environs de Jéricho; le Myoxus nitela préfère les champs cultivés et les plants d'oliviers.

e) Insectivores et Chéiroptères. — Parmi les insectivores, citons la musaraigne, Sorex araneus, et le hérisson, Erinaceus bracliydactylas, commun dans le sud de la Palestine, Erinacens europæus, dans le nord. Enfin les cavernes de la région sont remplies de chauves-souris , dont les espèces sont nombreuses : Cynonycteris ægypliaca ; Rhinolophus ferrum-equinum, la plus commune en Palestine; Rh. blasii, euryale, tridens ; Plecolus auritus, Vesperugo Kuhlii, Taphozous nudiventris, Rhinopoma microphyllum, etc. Voir Chauve-souris, t. n, col. 641.

B) Oiseaux. — Les espèces d’oiseaux sont nombreuses en Palestine ; on en compte près de 350. Nous signalerons les principales.

a) Passereaux. — Famille des turdidés. — La grive ordinaire ou chanteuse, Turdus musicus, n’est pas rare sur le plateau. Le merle commun, Turdus merula, est répandu dans tout le pays. Les traquets comprennent une dizaine d’espèces : Saxicola ænanillie, S. aurita, S. melanoleuca, S. deserti, S. finschii, originaire de Palestine, S. leucomela, etc. Plusieurs rouge-queue, Ruticilla pliœnicurus, R. titys, etc. Le rouge-gorge, Erithacus rubicula, se rencontre partout en hiver, mais ne reste guère après la fin de février. L’ Erithacus gutturalis est un oiseau remarquable, mais rare même dans les pays qu'il habite, c’est-à-dire la côte abyssinienne, l’Asie-Mineure, la Palestine et la Perse. Le rossignol, Erithacus luscinia, établit son nid principalement dans les fourrés d’arbres des bords du Jourdain; mais on le trouve aussi sur le Thabor et dans différents ouadis boisés. — Famille des sylviidés. — Nombreuses espèces de fauvettes : la grisette, Sylvia cinerea, très abondante partout et demeurant toute l'année; la babillarde, S. curruca, en été seulement; la fauvette à tête noire, S. atricapilla, un des oiseaux les plus communs en Palestine; la fauvette des jardins, S. hortensis, au printemps, etc. Plusieurs Phylloscopus, superciliosus, rufus, trochilus, sibilatrix, bonellii, etc. — Motacillidés : hochequeues et bergeronnettes, Motacilla alba, abondante partout en hiver; M. sulphnrea, M. flava, M. cinereo-capilla; plusieurs pipits, Anthus pratensis, A. trivialis, A. campestris, — Le Pycnonotus xanthopygus, le Bulbul de Palestine, est un des oiseaux les plus caractéristiques des régions chaudes du pays. — Laniidés ou pies-grièches: Lanius aucheri, L. minor, L. collurio, L. auriculatus, L. nubiens. — Hirundinées. L’hirondelle commune, Hirundo rustica, abonde en Palestine de mars à novembre; l'hirondelle orientale, Hirundo cahirica, demeure pendant l'hiver dans les parties plus chaudes, la côte et la vallée du Jourdain. On trouve encore l’hirondelle rousse, hirundo rufula, celle des rochers. Cotyle rupestris, celle des marais, Cotyle palustris, etc. Le martinet noir, Cypselus apus, arrive en Palestine au commencement d’avril et s’y rencontre en très grand nombre; le Cotyle af finis ne se trouve que dans la vallée du Jourdain, où il habite toute l’année. Voir Hirondelle, t. ni, col. 719. — Nectariniidés : pour le naturaliste, l’espèce peut-être la plus intéressante des oiseaux de Palestine est le Cynnyris oseæ; il appartient à une famille vraiment tropicale, puis il est, autant qu’on peut savoir, absolument particulier à la Terre- Sainte, où encore il est confiné dans des limites restreintes. — Fringillidés. Le chardonneret, Card.uelis elegans, se trouve partout et en tout temps de l’année. Le serin. Serinus hortulanus, n’est qu’un hôte de l’hiver dans les endroits boisés et les petits vallons

près de la mer. Le Serinus canonicus est une des formes particulièrement intéressantes de la Palestine, bien qu’appartenant au Liban et à l’Anti-Liban. Le moineau domestique, Passer domesticus, est aussi abondant et effronté que chez nous; on le rencontra aussi en bandes dans le désert de Bersabée en hiver. Le Passer hispaniolensis est principalement confiné dans la vallée du Jourdain. Le Passer moabiticus de Tristram, très joli, n’a été rencontré qu’en quelques endroits aux environs de la mer Morte. Le pinson, Fringi lia cœlebs, apparaît par bandes, en hiver, dans les plaines maritimes et sur le plateau méridional. La linotte, Linota cannabina, erre dans les contrées basses pendant l’hiver, et, en été, s’en va dans la région montagneuse. Plusieurs espèces de bruants : YEuspiza melanocephala ou roi des ortolans, d’un beau jaune-serin avec les ailes fauves et la tête noire; V Emberiza miliaria , E. hortulana, E. striolata, E. cia, E. cæsia. — Parmi les sturnidés signalons surtout YAmydrus Tristrami, oiseau très singulier, de la grosseur et de la forme d’une grive, que la plupart des voyageurs nomment à tort merle deMar-Saba.il a le corps d’un bleu noirâtre très éclatant, les ailes jaunes couleur de rouille, le bec long, arqué et très aigu; il habite les escarpements de la vallée du Cédron, des bords de la mer Morte, les rochers du Sinaï et de Petra. — Corvidés. Nombreux corbeaux : le choucas, Corvus monedula ; C. agricola; C. cor nix ; Corvus af finis, ne se trouve qu’aux environs de la mer Morte, dans les rochers les plus sauvages ; Corvus corax, commun partout ; C. un i b rinus, commun à Jérusalem et dans la vallée du Jourdain. Aroir Corbeau, t. ii, col. 958; Corneille 2, t. n, col. 1013.— Alaudidés. L’alouette huppée, Alauda cristata, un des oiseaux les plus communs dans les plaines et vallées de la côte, du centre et du nord; Alauda isabellina, A. arvensis, etc. — Caprimulgidés. L’engoulevent, Caprimulgus europæus, visite la Palestine au printemps et à l’été. A noter surtout le Caprimulgus lamaricis, découvert par Tristram aux deux extrémités nord et sud de la mer Morte. — Alcédinidés. Le martinpêcheur, Ceryle rudis, est l’espèce la plus commune partout où il y a de l’eau fraîche ou salée. Parmi les oiseaux de même ordre, signalons seulement : le rollier, Coracias garrula; le guêpier, Merops api as ter ; la huppe, Upupa epops.

Parmi les grimpeurs, nous citerons seulement : le Picus syriacus, la seule espèce de pic trouvée en Palestine, dans quelques districts boisés; cet oiseau ne descend jamais dans la vallée du Jourdain; le coucou, Cuculus canorus.

b) Rapaces. — 1. Nocturnes. — Pour les oiseaux du genre Chouelt, Striges, voir Chouette, t. m, col. 716; Chat-huant, t. n, col. 627; Chevêche, t. ii, col. 683; Duc, t. ii, col. 1508; Effraie, t. ii, col. 1598; Hibou, t. in, col. 702.

2. Diurnes. — Les principaux représentants de cet ordre sont : le gypaète barbu, Gypaetus barbatus ou vautour des agneaux, fig. 90, t. m, col. 372, dont les demeures favorites sont les gorges qui ouvrent sur la mer Morte et la vallée du Jourdain, spécialement les ravins de l’Arnon et de Callirrhoé; le griffon, Gyps fulvus, qu’on voit dans l’ouadi Qelt, près de Jéricho, dans les ravins du nahr ez-Zerqa, à l est du Jourdain, et dans les ouadis Hamâm et Leimûn, qui ouvrent sur la plaine de Génésareth; le vautour d’Egypte, Neophron perenopterus, qui se nourrit de cadavres et d’immondices; le busard, Buteo vulgaris, abondant sur la côte, dans les plaines et dans le Liban en hiver, voir Busard, t. i, col. 1974; l’aigle, Aquila chrysælus, A. heliaca, A. elanga, etc., voir Aigle 1, t. i, col. 298; le milan, Milvus ielinus, M . migrans, M. ægyptius, voir Milan, col. 1084; plusieurs espèces de faucons, Falco peregrinus, F. lanarius, F. subbuteo, etc., voir Faucon, t. n,

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col. 2181; l’épervier, Accipiter nisus, voir Épervier, t. il, col. 1829.

c) Échassiers. — Le héron est commun en Palestine ; le héron ordinaire, Ardea cinerea, se rencontre partout, spécialement aux environs du lac Houléh, du Jourdain, du lac de Tibériade, du Cison et sur la côte. L 'Ardea purpurea habite les mêmes contrées, mais en moins grand nombre. A signaler encore Y Ardea alba, VA. garzetta, TH. bubulcus, TH. ralloïdes, Y A. minuta. Voir JIéron, t. ni, col. 654. Le butor, Botaurus stellaris, vit dans les marais du lac Houléh et probablement dans d’autres endroits semblables. Voir Butor, t. i, col. 1979. La cigogne blanche, Ciconia alba, est commune à certaine époque de Tannée; la cigogne noire, Ciconia nigra, plus sauvage, habite les lieux déserts, comme les bas-fonds de la mer Morte. Voir Cigogne, t. il, col. 756. La grue, Crus commuais, passe l’hiver dans les plaines du sud. L’outarde, Otis larda, vit encore dans la plaine de Baron. Plusieurs espèces de bécassines : Gallinago major, G. cælestis, G. gallinula.

d) Palmipèdes. — Le cormoran, Phalacrocorax carbo, est abondant sur la côte maritime, fréquente le Cison, le Jourdain et le lac de Génésareth. Le cormoran de, la petite espèce, Phalacrocorax pygmæus, se trouve aussi sur le Cison et le Léontès. Voir Cormoran, t. n, col. 1006. Le pélican, Peiecanus onocrotalus , se voit fréquemment sur le lac de Tibériade; le Peiecanus crispus se tient généralement sur le lac Houléh. L’hiver amène en Palestine l'oie sauvage, Anser cinereus, A. segetum, A. brenta; le cygne, Cygnus olor, de passage; le canard sauvage, Anas boschas. L'.lnas angustirostris réside toute Tannée dans les marais du lac Hûléh. On peut citer encore : le flamant, Phænicoplerus roseus; le grèbe huppé, Podiceps cristatus, etc.

Pour le genre colombe, voir Colombe, t. u, col. 846.

e) Gallinacés. — Les gallinacés comprennent : la perdrix rouge, Caccabis chukar, le gibier par excellence de la Palestine, d’après Tristram; une autre ravissante petite perdrix, Ammoperdix Heyii, grosse à peu près deux fois comme une caille, d’un gris jaunâtre, couleur du sol, et qui remplace la précédente dans le bassin de la mer Morte et les ravins de la vallée du Jourdain; la caille, Coturnix communis, qui en mars revient par myriades.

C) Reptiles. — Les reptiles sont nombreux en Palestine, le terrain et le climat de la contrée étant particulièrement favorables à cette classe d’animaux. Les rochers calcaires et les collines crayeuses leur offrent abri et sécurité; la chaleur tropicale et l’atmosphère sèche de la vallée du Jourdain favorisent leur reproduction; les dunes de sable et le désert de Judée voient courir une multitude de lézards. i° Ophidiens. — Parmi les Colubridés, nous citerons : YAblctbes coronellci, couleuvre commune dans les différentes parties de la région; Y Ablabes modestus, trouvé à travers la Galilée et dans le Liban ; le Coluber quadrilineatus, dans le nord de la Palestine; Zamenis ventrimaculatus, aux environs delà mer Morte ; Zamenis viridi fïavus , abonde dans les broussailles un peu partout, dans le Ghôr et sur les collines; Zamenis dahlii, se trouve, non sur les collines, mais dans les herbes et les buissons, dans les lieux humides; Tropidonotus tessellatus, qui atteint une taille considérable, vit parmi les chardons et les herbages, généralement dans les lieux marécageux. Parmi les V ipéridiés : Vipera euphratica, une des plus venimeuses, trouvée en Galilée et près de Jéricho, Daboia xanthina, serpent venimeux, trouvé dans la plaine d’Acre et près de Tibériade, particulier à l’Inde; Cerasles hasselquislii, bien connu en Égypte et dans le désert de Libye, se rencontre aussi dans le désert de la Judée méridionale, voir Céraste, t. n, col. 432; Ecliis

arenicola, dans le sable au nord et à l’ouest de la mer Morte, espèce africaine. Pour le Naja liaje, ou cobra des Égyptiens, qu’on trouve dans le sud de la Palestine, voir Aspic, t. i, col. 1124. — 2° Sauriens. — Les Lacertiens sont représentés par de nombreuses espèces de lézards : Lacerla viridis, fig. 56, t. m, col. 224, très abondant partout : Lacerla judaica, du Liban à Jérusalem, mais seulement sur le plateau; Lacerla lævis; Zootoca muralis, commun dans le nord de la Palestine; Acanthodactylus savignii, trouvé en différentes localités sur la côte; Ophiops elegans, très commun partout, excepté dans la vallée du Jourdain; Monitor niloticus, qui habite le sud de la mer Morte et du désert judéen. Voir Lézard, col. 223. Plusieurs espèces de Scincoïdiens ; Euprepes fellowsii, partout; Euprepes savignii, sur la côte ; Eumeces pavimenlatus, trouvé près de la mer Morte, sur la côte et à Jérusalem, etc. Parmi les Gecko liens : IJtyodactylus hasselquistii, le gecko, très abondant partout, voir Gecko, t. m, col. 143; Hemidactylus verruculatus, partout ; Stenodactylus guttatus, dans le Ghôr, au nord de la mer Morte; Gymnodactylus geckoïdes, trouvé au mont Carmel. Le caméléon, Chamelos vidgaris, est très commun dans toute la contrée, spécialement dans le Ghôr. Voir Caméléon, t. ii, col. 90. — 5° Crocodiliens. — Le crocodile existe encore en Palestine, dans le Nahr ez-Zerqa, le flumen crocodilon de Pline, H. N., v, 17, qui se jette dans la Méditerranée au nord de Qaïsariyéh. M. Lortet, La Syrie d’aujourd'hui, p. 174, pense que le crocodile de Syrie est d une autre espèce que celui d’Égypte. Voir Crocodile, t. n, col. 1120. — 4° Chéloniens. — La Testudo ibera, est une tortue commune en Palestine. On trouve également de nombreuses tortues d'eau, Emys caspica, E. sigris, E. europæa.

D) Amphibiens. - Le crapaud vert, Bufo viridis, pullule en Palestine, dans tous les lieux humides. Voir Crapaud, t. n, col. 1101. La grenouille ordinaire, Rana esculenta, foisonne également dans le pays. Voir Grenouille, t. m, col. 347.

E) Poissons. — Les poissons sont extrêmement communs et variés dans les lacs et cours d’eau; même les petites sources en renferment souvent plusieurs espèces.

1 0 Acanthoplérygiens. — Le Blennius varus est abondant dans le lac de Tibériade, spécialement à l'embouchure des cours d’eau thermale qui s’y déversent. Le Blennius lupulus se trouve dans le même lac, dans le Cison et les petits ruisseaux de la baie de Saint-Jean d’Acre. Le mulet doré, Mugil auralus, est très commun dans toutes les rivières de la côte syrienne. Mais, parmi les poissons qui abondent dans la mer de Galilée, les plus caractéristiques et les plus nombreux sont les Chromis ; on n’en compte pas moins de huit espèces. La plupart incubent leurs œufs gros et verdâtres et élèvent leurs petits dans l’intérieur de la bouche. On trouve souvent, dans la gueule d’un poisson long de vingt centimètres à peine plus de deux cents petits d’une couleur argentée, qui tombent sur le sable comme des gouttelettes de mercure. Une de ces espèces, le Chromis pater familias, Lortet, a une gueule énorme, comparée aux dimensions de son corps, et au printemps les joues du mâle sont toujours gonflées par les œufs ou le fretin, qu’il transporte ainsi partout avec lui. Ces poissons sont très bons à manger. Cf. Lortet, La Syrie d’aujourd’hui, p. 507. Les espèces sont : Chromis niloticus, une des plus répandues dans tout le bassin du Jourdain; Chromis tiberiadis ; Chr. andreæ ; Chr. simonis ; Chr. flavii-josephi ; Chr. microstomus ; Chr. magdalenæ ; Hemichromis sacer. — 2° Physostomes. — Le Clarias macracanthus est un poisson remarquable, très abondant dans les fonds bourbeux ou dans les fourrés de papyrus du lac de Tibériade et du lac Houléh;

11 a été décrit par Josèphe, Bell, jud,, fil, x, 8, sous le nom de Coracinus du Nil.

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