‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 336 sur 389 · PALMYRE · texte numérisé non relu

PALMYRE

mier. Si tômér a le sens de colonne, de pilier, dans Jud., iv, 5, comme le pensent quelques exégètes, c’est sans doute une colonne du type égyptien. A cette époque la Palestine avait plutôt subi l’influence égyptienne.

4° Usages. — « Le dattier, Strabon, xvi, 14, fournit à tous les besoins de la population de la Chaldée. On en tire une sorte de pain, du vin, du vinaigre, du miel, des gâteaux et toute espèce de tissus. Les forgerons font usage de ses noyaux en guise de charbon ; ces mêmes noyaux concassés et macérés servent de nourriture aux bœufs et aux moutons qu’on engraisse. On dit qu’il y a une chanson perse qui énumère 360 usages différents du dattier. » Cf. Théophraste, [ Hist . plant., ii, 2; Pline, H. N., xiii, 4; Fr. Lenormant, ÿisl. anc. de l’Orient, 1885, t. iv, p. 7; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. i, p. 440. Il devait en être de même en Égypte où le palmier est si abondant. Il est curieux de constater que la datte ne parait pas dans la Bible comme un fruit recherché pour la nourriture. Serait-ce, comme le croit A. de Candolle, Origine des plantes cultivées, g. 241, que les dattes ne mûrissaient guère en Palestine? Cependant dans toute la. région chaude du Jourdain, la température était très favorable. Il semble donc probable que chez les Hébreux comme en Chaldée ou en Égypte, les dattes devaient servir à la nourriture des habitants. Elles devaient être mangées soit fraîches, soit pressées en petits gâteaux. On tirait du palmier une espèce de vin très connu en Orient. Saint Jean Chrysostome et Théodoret croient que le sêkdr ou boisson interdite aux prêtres par le Lévitique, x, 9, était le vin de palmier. Mais le sêkdr n’est pas exclusivement du vin de palmier; c’est une boisson fermentée qui peut être fabriquée avec de l’orge ou d’autres céréales, avec divers fruits sucrés aussi bien qu’avec des dattes, t. 'i, col. 1842. Cf. S. Jérôme, Epist. lu, 11, ad Nepotianum, t. xxn, col. 536.

Le vin de dattes était connu dans tout l’Orient. Pour le fabriquer, dit Pline, H . N., XIV, xix, 3, « on jette un muid de dattes appelées chydées, qu’on prend mûres, sur trois conges (9Ul72) d’eau; on fait macérer et on presse. » Strabon, XVI. i, 14. Au lieu de laisser fermenter le jus de dattes, on peut en faire un sirop, qu’on appelle miel de dattes. Josèplie, Bell, jud., IV, vin, 3, donne le nom de miel à cette liqueur ou sirop exprimé des palmiers de Jéricho et il affirme que ce miel le cède à peine en douceur à celui des abeilles. Ce miel de palme serait compris, d’après plusieurs exégètes, sous la dénomination générale de deba's, miel dans plusieurs textes bibliques. Ainsi Deut., VIII, 8; II Par., xxxi, 5. Dans ce dernier passage on voit les enfants d’Israël offrir en abondance les prémices du blé, du vin nouveau, de l’huile, du miel et de tous les produits des champs. Comme on doute que le miel des abeilles fût soumis à l’impôt des prémices, on a pensé qu’il s’agissait peut-être ici du miel de dattes. Les Arabes d’ailleurs appellent ce sirop de ce nom, dibs.

Les branches du palmier étaient employées par les Israélites pour les tentes de feuillage de la fête des Tabernacles. Lev., xxiii, 40, 42; II Esd., vin, 15.

5. Symboles et comparaisons. — La palme est regardée chez les anciens comme un symbole de réjouissance et de triomphe. Simon Machabée fit son entrée dans la citadelle de Jérusalem conquise sur les Syriens, au milieu des chants de louanges accompagnés des cithares, des cymbales et des harpes et avec des rameaux de palmiers à la main, « parce qu’un grand ennemi d’Israël était brisé. » I Mach., xiii, 51. Quand on purifia le temple sous Judas Machabée, II Mach., x, 7, on fit une fête semblable à celle des tabernacles. « Portant des rameaux verts et des palmes, les Juifs chantèrent des hymnes à la gloire de Celui qui les avait heureusement amenés à purifier son temple. « Pœconnu par Dérnétrius, roi de Syrie, victorieux de ses adversaires, Simon lui

envoya une palme d’or comme symbole de la victoire et une allusion délicate à son surnom de Nicator.

I Mach., xiii, 37. Cf. Baiiem, t. i, col. 1383. Alcime avait offert une semblable palme d’or au roi Dérnétrius Ier.

II Mach., xiii, 4. Une foule de Juifs venus à Jérusalem pour la fête de Pâques, voulant acclamer Jésus comme le Messie et le roi d’Israël, allèrent au devant de lui avec des rameaux de palmiers, Joa., xii, 13. Les élus que saint Jean contemple dans son Apocalypse, vu, 9, portent des palmes à la main en symbole de leur victoire. Cf. IV Esd., il, 45-46. Chez les Égyptiens, on en portait aussi aux funérailles (fig. 547).

La tige droite, élancée du palmier, terminée par un gracieux bouquet de rameaux élégamment recourbés, offre un spectacle agréable aux regards et devait naturellement être prise comme terme de comparaison. Ainsi la taille de l’Épouse du Cantique vu, 8, est comparée au palmier. Dans l’éloge de la Sagesse, le fils de Sirach la compare au palmier qui se dresse à Engaddi (grec : sur les rivages, Vulgate : à Cadès ). Eccli., xxiv, 18. En comparant le juste au palmier, Ps. xcu (Vulgate, xci), 13, le psalmiste l’oppose aux méchants qui croissent comme l’herbe pour un moment, tandis que le palmier toujours vert passait pour un des arbres les plus durables. O. Celsius, Hierobotanicon, part. II, p. 534-538. Le palmier produit de sa racine de nombreux rejetons qui se dressent et forment bientôt un bouquet d’arbres. Pline, H. N., XIII, vm. Ainsi les prêtres et les enfants d’Aaron entouraient le grand-prêtre Simon, fils d’Onias, comme des palmiers. Eccli., l, 14. Dans Job, xxix, 18, la Vulgate traduit par palmier le mot hébreu hol : « Je multiplierai mes jours comme le palmier, » tandis que le texte hébreu est habituellement traduit : « J’aurai des jours nombreux comme le sable. » La Vulgate suit évidemment la traduction des Septante : dSa-TTsp <jté)ve-/oç tpotvixoç, « comme une tige de palmier ». Quelques exégèles pensent que le mot arête /oç est une glose d’un commentateur qui se serait glissée dans le texte et qu’il y avait primitivement ütaneç çoizcvoç, « comme le phénix ». Ce serait une comparaison tirée de cet oiseau fabuleux qu’on disait vivre des milliers d’années et renaître de ses cendres. S. Bochart, Hierozoïcon, part. II, 1. VI, c. v, in-fol., Leipzig, t. ni, p. 805. Vivre comme le phénix était un proverbe grec pour exprimer la longévité de celui-ci. La petite Massore remarque que binsi, vekahûl, revient deux fois dans la Bible en deux sens très différents. Or dans Gen., xxn, 17, liôl signifie évidemment sable, donc ici, Job, xxix, 18, il n’aurait pas ce sens d’après la tradition juive, mais celui de phénix. — Voir Im. L5w, Aramüisclie P/lanzennamen, in-8°, Leipzig, 1881, p. 109-125; O. Celsius, Hierobotanicon, in-8°, Amsterdam, 1748, t. ii, p. 444-579; Fr. Wonig, Die Pfïanzen im alten Aegypten, in-8°, Leipzig, 1886; p. 304-314.

E. Levesque.

PALMYRE (Hébreu : Tadmor; Septante : ©EÔp.ép, ©oeSp-ôp; Vulgate : Palmyra, Palmira), ville de Syrie (fig. 548) située « dans le désert ». I (III) Regq ix, 18; II Par., vm, 4. Dans le texte des Rois, le chelib porte tâmâr, mot qui veut dire palme; Septante : Osppr.dcQ ou 0ap.p.<âp; le kerî lit Tadmor. C’est la ville des palmiers, en hébreu tâmâr. Josèphe, ;Ani. jud., VIII, vi, 1. On dit qu’elle portait le nom de Tadmor chez les Syriens et de Palmyre chez les Grecs. Le nom de Tammor ou Tadmor se retrouve souvent dans les inscriptions araméennes et grecques découvertes dans les ruines de cette cité. De Vogüé, Syrie centrale, in-f°, Paris, 1865- 1877, Inscriptions sémitiques, p. 1-88.

Palmyre fut construite ou rebâtie et agrandie par Salomon au moment de la conquête qu’il fit de la terre d’Émath et en même temps que les autres « villes des magasins », ’ârê ham-miskenôt, c’est-à-dire les entrepôts très importants qu’il établit dans cette région.

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