I. SYSTÈME DES ANCIENS ÉCRTVAIXS ECCLÉSIASTIQUES
— Les anciens, dont les connaissances géographiques étaient très imparfaites, n’ont pas généralement donné au paradis terrestre un site bien déterminé. Ils ont voulu être plus précis sur les quatre fleuves, mais ils n’ont pas été heureux dans l’identification du Phison et du Géhon. Ils ne se sont pas trompés sur l’Euphrate et le Tigre, qui leur étaient bien connus. Pour les deux autres fleuves, les Juifs et Josèphe les ont induits en erreur. Josèphe, Anl. jud., I, I, 3, comme ses coreligionnaires, croyait que la terre dTIévilath était l’Inde I
et le Phison, le Gange; Chus, l’Éthiopie, et le Géhon, le Nil. Il ne voyait aucune difficulté à faire sortir le Gange et le Nil de la source de TÉden, en même temps que l’Euphrate et le Tigre, parce qu’il confondait cette source avec l’Océan, qui, d’après l’opinion des anciens, entourait la terre, èv y.j-xXai yr,v iripippscov, Ant. jud., I, i, 3, et donnait naissance à tous les lleuves. Les premiers écrivains ecclésiastiques partagèrent ces idées erronées. Ils admirent que le Phison était le Gange. Eusèbe, Onomastica sacra, édit. P. de Lagarde, 1887, p. 259; S. Épiphane, Ancor., 58, t. xliii, col. 120; S. Ambroise, De Parad., ni. 14, t. xiv, col. 280; S. Jérôme, Ueb. quæst. in Gen., ii, II, t. xxiri, col. 941; S. Augustin, De Gen. ad lit!., II, x, 13, t. xxxiv, col. 203; S. Éphrem, Opéra syr., t. i, p. 23 (il voit en même temps dans le Phison le Gange et le Danube), etc.
Quant au Géhon, on a fait remonter l’opinion qui le confond avec le Nil à un passage des Septante, qui ont traduit l’hébreu Sihôr, nom qui désigne le Nil, par Pzpàv, dans Jérémie, n, 18. Quoi qu’il en soit de la traduction grecque, rien dans le texte hébreu du prophète n’autorise l’identification du Sihôr avec le Géhon. Mais cette interprétation a été acceptée par Josèphe, Ant. jud., I, i, 3, et adoptée par les anciens écrivains ecclésiastiques. Eusèbe, Onomast. sac., édit. P. de Lagarde, 1887, p. 251; S. Jérôme, De situ et nom., au mot Geon, f. xxm, col. 898; S. Augustin, De Gen. ad litt., II, x, 13, t. xxxiv, col. 203. Il est à croire que la raison qui a surtout porté les Pères à confondre aveuglément le Géhon avec le Nil, c’est que la traduction grecque et la traduction latine de Gen., il, 13, portent que ce lleuve arrose l’Ethiopie et qu’ignorant que le Chus hébreu de ce passage n’est pas l’Éthiopie d’Afrique, ils en ont conclu que le Géhon ne pouvait être que le Nil. Ces erreurs n’ont pas besoin aujourd’hui d’être réfutées. Cf. Frd. Delitzsch, H'o lag das Parodies? p. 11-32.