‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 355 sur 389 · Autre arbre sacré assyrien. Musée du Louvre · texte numérisé non relu

Autre arbre sacré assyrien. Musée du Louvre

A côté de l’arbre est le roi Sagron tenant trois grenades.

rable du système. Malheureusement, comme l’observe J. Obry, Du berceau de l’espèce humaine , p. 12, au lieu de quatre lleuves qui sortent d’Éden, cette hypothèse en donne deux qui y entrent. Et elle ne découvre pas les deux autres.

Au milieu du Paradis terrestre se trouvait l’arbre de la vie et de la science du bien et du mal. Voir t. i, col. 895-897. Sur la chute de nos premiers parents, voir Eve, t. h, col. 2119, et Péché originel, t. v, col. 12.

III. Traditions sur le paradis terrestre. — Les traditions sémitiques et aryennes ont conservé le souvenir du paradis terrestre. — 1° Nous l'avons déjà vu pour la Babylonie, col. 2120, ou, si l’on ne retrouve pas tous les éléments du récit de la Genèse, on en trouve du moins un grand nombre, et même un cylindre représentant la tentation (fig. 564). — 2" 11 en est de même pour les Arabes et les musulmans, qui, du reste, ont emprunté beaucoup à la Bible. Ils placent généralement l’Eden en Asie, soit dans les environs de Damas en Syrie, ou en Chaldée, ou en Perse ou dans Plie de Serandib, c’est-à-dire à Ceylan. Voir d'Herbelot, Biblio-

thèque orientale, in-f°, Paris, 1C97, article Gennat , p. 378, cf. p. 773, 816, etc. — 3° D’après les traditions aryennes, l’homme a vu le jour sur une des grandesmontagnes de l’Asie centrale, à côté des sources des grands tleuves. Les Iraniens plaçaient le berceau de l’espèce humaine au nord, sur l’Albordj, pôle et centre du monde, qui s’élève jusqu'au ciel et où prend' naissance la source céleste Ardvi-Çoura, appelée le palais des ruisseaux, qui entretient l’arbre de vie Baoma et d’où s’épanchent quatre lleuves. Les livres zendsnous montrent en Yima le représentant de l’âge d’or, d’une époque idéale où la vie était en tous points jouissance et plaisirs. R. Roth, Die Sage von Dschemschid, dans la Zeitschrift der deulschen morgenlândischen Gesellschaft, t. iv, 1850, p. 420; Westergaardr Beilrag zur altiranischen Mythologie, dans A. Weber,. lndische Studien, t. ni, Berlin, 1855, p. 410; Spiegel, Eranische Alterlhumskunde, t. i, 1871, p. 439, 528- 529; Fr. Windischmann, Zoroaslrische Studien, in-8», Berlin, 1863, p. 19, 165. — 4° Les Grecs et les Latins plaçaient l’âge d’or aux commencements de l’humanité. Hésiode, Opéra et dies, 109-120, édit. Didot, p. 33, nous le dépeint sous les plus riantes couleurs et l’appelle ypjfrEov y é'toq. Cf. Platon, Cratyl., xvi, édit. Didot, p. 293. Dicéarque, dans un passage conservé par Porphyre, De abstin., iv, 1, 2, lui donne le même nom et le décrit dans des termes analogues. Historicorum

564. — Sceau cylindre assyro-cbaldéen rappelant la tentation de nos premiers parents par le serpent.

Græcorum fragm., édit. Didot, t. n, p. 233. Cf. la description de Yaurea ætas d’Ovide, dans ses Métamorphoses, 1,89-112, édit. Teubner, 1873, t. il, p. 3-4; Lucien, Salurn., 7, édit. Didot, p. 719; Tacite, Ann., ni, 26, édit. Lemaire, t. i, p. 518; Macrobe, Somn. Scip., ir, 10, édit. Teubner, 1893, p. 617.

Voir llad. Reland, Dissertatio de situ Paradisi terres tris, dans ses Disserlationum miscellanearum Pars prima, in- 12, Lftrecht, 1706, p. 3-55; Berlheau, Beschreibung der Lage des Paradieses, 1848; Frd. Delitzsch, U’o lag das Paradies “? in-8°, Leipzig, 1881 ; W. F. Warren, Paradise fourni, the Cradle of the hum an Bace at the North Pôle, in-12, Londres, 1886; A. Jeremias, Das Paradies des erst-gesehaffenen Mensclien in Eridu, dans H bile und Paradies bei den Babylonien (Der aile Orient ), Heft 3, in-4°, Leipzig, 1900, p. 26-30; J. B. Winer, Biblisclies Realwbrlerbuch, t. i, p. 284.

F. VlGOUROUX.

PARALIPOMÈNES (LES DEUX LIVRES DES)

— I. Place et unité. — Ces deux livres sont placés dans la Bible hébraïque actuelle à la suite des livres d’Esdras et de Néhémie, et dans les Bibles grecque et latine après les livres des Rois. Saint Méliton, dans Eusèbe,

H. E., iv, 26, t. xx, col. 396-397, et Origène, In Ps. i, t. xn, col. 1084, reproduisant le canon juif des Livres- Saints, mettent cependant les Paralipomènes immédiatement après les Rois. Saint Épiphane, De ponderibus et mensuris, n. 4, 23, t. xi.m, col. 244, 277, les nomme même avant ces livres. Saint Jérôme, Prologus galealus,

I. xxviii, col. 554, les place avant Esdras, Néhémie et Esther. Ailleurs toutefois, Epist., lui, ad Paulin., 7,.

PARALIPOMÈNES (LES DEUX LIVRES DES

t. xxii, col. 548, il met Esllier ayant les Paralipomènes. Si donc ces livres occupent la dernière place dans la Bible hébraïque actuelle parmi les ketoubim , ce n'est que depuis l’époque du Talrnud. Ce placement se justilie difficilement, puisqu’il rompt l'ordre chronologique des événements racontés, les Paralipomènes s’arrêtant au moment où commence le récit d’Esdras. Laisse-t-il supposer, comme le pense M. L. Gautier, Introduction à l'Ancien Testament, Lausanne, 1906, t. n, p. 307-308, que les Paralipomènes, d’abord mis hors du canon hébraïque parce qu’ils faisaient double emploi avec les Rois, auraient été remis plus tard dans ce canon, mais en dehors de leur ordre primitif? On peut penser plutôt qu'ils ont été considérés comme un résumé de l’histoire sainte, racontée dans toute la Bible hébraïque, et placés pour cette raison à la fin de cette Bible.

Primitivement, ces deux livres ne formaient réellement qu'un seul ouvrage. Les anciens ne les comptaient que comme un seul livre. Joséphe, Cont. Apion., i, 8; Origène, dans Eusèbe, H. E., vi, 25, t. xx, col. 581; S. Jérôme, Prolugus galealus, t. xxvm, col. 554. Une note massorétique désigne 1 Par., xxvii, 5, comme le milieu du livre, considéré encore comme un ouvrage unique. On attribue généralement aux premiers traducteurs grecs le partage en deux livres, qui a passé dans la Vulgate latine. La longueur de l’ouvrage a occasionné sa division, S. Jérôme, In libr. Par. præfalio, t. xxix, col. 402, et la coupure a été faite rationnellement : le Ier livre se termine avec le règne de David et le 11° commence à l’avènement de Salomon. Cette division n'a été introduite dans la Bible hébraïque qu'en 1517 par Daniel Bomberg. Les critiques modernes pensent même qu’originairement les Paralipomènes ne formaient avec les livres d'Esdras et de Néhémie qu’un ouvrage unique, dont les parties étaient disposées suivant l'ordre naturel de la chronologie. Voir Esdras (Premier livre d’), t. ii, col. 1934-1935.

IL Noms. — 1° Nom hébreu. — Ces livres portent en hébreu le titre de Dibrê hayyâmîm, Verba dierum, selon la traduction de saint Jérôme. Mais ce titre serait mieux traduit par Res gestæ dierum, « gestes, actes de chaque jour, journal. » Il est identique au début du titre des sources citées fréquemment dans les Rois. Saint Jérôme, Prologus galealus, t. xxvm, col. 554, l’a expliqué plus clairement par Chronicon lolius divinæ hisloriæ, toute l’histoire sainte réduite en annales. C’est pourquoi les protestants allemands désignent ordinairement ce livre sous le nom de « la Chronique », et les protestants anglais et français par celui de « les Chroniques ». Les critiques modernes adoptent encore le titre de « livres des Annales ».

2° Nom grec. — Les premiers traducteurs grecs ont donné aux deux livres qu'ils ont séparés le nom de riapaÀswrôuisva, qui a été latinisé en Paralipomena dans l'Italique et la Vulgate, et d’où vient le nom de Paralipomènes, généralement employé par les catholiques. Bâcher, Dec Name der Bûcher der Chronik in der Septuaginla, dans Zeilsclirij t der altteslamenl. U’issenschaft, 1895, p. 305-308, a conclu du rapprochement des litres du codex Alexanclrinus, de la Peschito et de la version éthiopienne, que le titre complet était vraisemblablement : IlapaÀsiTicp.Eva tûv [5a triÀùov ((ixct- ).c!ù)v ?) ’lovSa, « le livre des Chroniques des rois de Juda. » Le nom grec du livre a été interprété de deux manières différentes : 1. Beaucoup de Pères l’ont compris dans le sens de « choses omises » ou de « suppléments », parce que le livre comblait les lacunes des livres des Rois. Théodoret, In I Par.; In lib. Reg., præf., t. lxxx, col. 801, 529; Procope de Gaza, In lib. 1 Reg., prooern.; In 1 Par., proœm., t. lxxxvii, col. 1080- 1081, 1201; Synopsis Script, sac., attribuée à S. Atlianase, xi, 19, t. xxvm, col. 328; Synopsis Script, sac., attribuée à S. Chrysostome, t. lvi, col. 357. Cette in-

terprétation, résultant vraisemblablement de la place des Paralipomènes dans les Septante, immédiatement après les Rois, ne rend pas compte, quoi qu'en ait dit Théodoret, de tout le contenu du livre; elle n'a non plus aucun rapportavec le titre hébreu. Saint Jérôme, Epist. lui, ad Paulin., 7, t. xxii, col. 548, l’a précisée en reconnaissant dans les Paralipomènes un Instrument i veteris epilome, résumant les livres antérieurs et complétant les livres des Rois. Cf. S. Isidore de Séville, hv lib. V. et N. T. proœmia, 29, t. lxxxiii, col. 162; Elym., vi, 2, n. 12, t. i.xxxii, col. 231. Les anciens ont donc considéré les Paralipomènes surtout comme un ouvrage complémentaire, complétant les livres des Rois. 2. Mais des critiques modernes, à la suite de Movers, voient dans le titre grec ■nrapoO.eiTtôjj.sva l’équivalent du latin Iransmissa. Ainsi compris, ce titre rendrait bien le caractère de l'ouvrage, qui est un recueil de fragments d'anciens écrits, de documents conservés en dehors des livres canoniques, et il serait une bonne interprétation du litre hébreu.

III. Analyse. — Le livre des Paralipomènes est, de lous les livres de l’Ancien Testament, celui qui embrasse la période la plus longue : il commence par Adam et il finit par l’édit de Cyrus (538). Il est donc parallèle à toute la série des livres historiques de l’Ancien Testament, au Pentateuque et aux prophètes antérieurs. Il a nécessairement avec eux de nombreux points de contact. Si on considère à la fois la nature du contenu et la méthode suivie, on divise les Paralipomènes en deux parties principales ; la première ne contient que des généalogies des temps primitifs et des tribus d’Israël, I Par., i-ix; les talmudistes lui avaient donné des titres spéciaux, J. Fürst, Der Kanon des A. T. nacli den Ucberlieferungen in Talrnud und Midrasch, Leipzig, 1868, p. 118; la seconde raconte l’histoire du peuple de Dieu dans le seul royaume de Juda depuis David jusqu’à l’édit de Cyrus. I Par., x-II Par., xxxvi. En n’envisageant que le contenu seul, on a partagé le livre en trois ou quatre sections ; la première, comprenant toujours les généalogies du début, 1 Par., i-ix. la seconde, le règne de David, 1 Par., x-xxix, la troisième, l'histoire des autres rois de Juda, Il Par., i-xxxvi, ou si on met à part le règne de Salomon, II Par., i-ix, on obtient une 4e section pour les rois suivants à partir du schisme des dix tribus. II Par., x-xxxvi. La première division en deux parties nous paraît plus logique.

/ie partie. Livre des généalogies. I Par., i-ix. — On peut le subdiviser en trois sections : ire section, généalogie des patriarches d’Adam à Jacob, I, 1-54. — Elle est extraite de la Genèse; elle laisse de côté la postérité de Caïn et ne s’occupe que des descendants de Seth. A partir de Noé, elle indique cependant, en outre de la ligne directe, les branches latérales, telles que celles de Japheth et de Chain. 5-16, d’Ismaël et des fils de Céthura, 29-34 a, et d’Ésaü, 35-54. — IIe section, généalogie' des douze fils de Jacob, n, 1-vin, 40. — Titre, n, 1, 2. L’ordre du titre n’est pas suivi ; 1" pour la généalogie des tribus, les descendants de Juda sont énumérés les premiers, ii, 3-iv, 23, vraisemblablement parce que de celte tribu est issue la dynastie de David. 11 y a sur eux de nombreux détails : 1. les descendants immédiats de Juda, n, 3-9; 2. la postérité des fils d’Hesron ; Ram. 10- 17, Caleb, 18-21, Segub, 22-23, Ilesron par Abia. 24, Jerarneel, 25-41, autres descendants de Caleb, 42-50 a, fils de Hur, 50 b- 55; 3. généalogie des fils de David, ni, 1-9, suivie de la liste des rois de Juda, descendants de David selon Tordre de primogéniture, 10-14, avec indication des fils de Josias, 15, de Joaldm, 16, de Jéchonias, 17, 18, dePhadaia et de Zorobabel, 19-24; 4. nouveau tableau généalogique de la tribu de Juda, îv, 1-23, qui complète le c. n. 2° Généalogie de Siméon, dont la tribu vivait au milieu de Juda, iv, 24-27, avec des détails topographiques sur les divers habitants de la tribu, 28-

PARALIPOMENES (LES DEUX LIVRES DES

37, et sur ses migrations à Gador et à Séirsous le règne d’Ézéchias, 38-43. 3° Généalogie des tribus transjordaniques : Ruben, v, 1-10, Gad, 11-17, avec des détails historiques, 18-22, et demi-tribu de Manassé, 23-25, avec mention de l’invasion de Théglathphalasar, 26. 4° Généalogie de Lévi jusqu’à la captivité, vt, 1-53, et indication des villes lévitiques, 54-81. 5° Généalogie des autres tribus dans cet ordre : Issachar, vu, 1-5, Benjamin, 6-12, Nephthali, 13, Manassé, 14-19, Éphraïm, 20- 29, Aser, 30-40. Zabulon et Dan sont omis, à moins que le verset 12 b ne soit un reste de la généalogie de ce dernier. En appendice, il y a une longue généalogie de quelques familles de la tribu de Benjamin, viii, 1-40, en particulier, généalogie de Savil, 29-40. — i n° section. Énumération des premiers habitants de Jérusalem après le retour de l'exil, ix, 1-34, cf. II Esd., xi, 3-24, avec répétition de la généalogie de Saül, 35-44. On explique diversement cette répétition. Les uns pensent qu’elle a été faite pour préparer le récit de la mort de ce roi. Les autres estiment que la liste, îx, 1-34, a été empruntée à II Esd., xi, 3-24, et placée soit avant soit après la généalogie de Saül, qui, par suite, a été répétée dans les manuscrits.

11e par lie. Histoire du peuple de Dieu dansle royaume de Juda, de David à l’édit de Cyrus. I Par., x-Il Par., xxxvi. — Cette partie narrative du livre comprend trois sections. — ire section. Règne de David. I Par., x-xxix. — 1° Introduction : récit de la défaite et de la mort de Saül, x; 2° élection de David à Hébron et conquête de Jérusalem, xi, 1-9; 3" listes des vaillants guerriers de David, 10-46, cf. 11 Reg., xxm, 8-39, et de ses plus anciens partisans, provenant de différentes tribus, xn, 1- 22; contingent des tribus israélites venu à Hébron pour l'élection de David, 23-40; 4° transport de l’arche chez Obédédon, xm, 1-14; construction du palais du roi, xiv, 1-2; enfants de David nés à Jérusalem, 3-7 ; guerres contre les Philistins, 8-17; translation de l’arche à Jérusalem, xv, 1-xvip 3; organisation du culte, xvi, 4-43; 5" projet de construire un temple au Seigneur, abandonné par un ordre de Dieu, transmis par le prophète Nathan, xvn, 1-27; 6" guerres de David : contre les Philistins et les rMoabites, xvm, 1-2; contre Adarézer, roi de Soba, et son allié, le roi de Damas, 3-11 ; contre les Iduméens, 12-13; organisation de la maison du roi, 14- 17; première campagne contre les Ammonites et les Syriens, leurs alliés, xix, 1-19 ; seconde campagne contre les Ammonites, xx, 1-3 ; autres guerres contre les Philistins, 4-7; 7° dénombrement du peuple, peste qui en est le châtiment, érection d’un autel sur l’aire d’Ornan, xxi, 1-30; 8° préparatifs pour la construction du temple, xxn, 1-19; 9° statistique détaillée des familles sacerdotales et lévitiques au temps de David, xxiii-xxvi : dénombrement des lévites; leurs fonctions, xxm, 1-32 ; répartition des prêtres, lils d’Aaron, en 24 classes, xxiv, 1-19; autres lévites, 20-31 ; organisation des chantres et des musiciens, xxv, 1-31 ; liste des portiers, xxvi, 1-19 ; des gardiens des trésors du sanctuaire, 20-28, et autres surveillants, 29-32; 10° organisation militaire et civile: listes des chefs de l’armée, xxvii, 1-15, des princes des tribus, 16-24, des administrateurs des biens et des possessions de David, 25-31, et des conseillers du roi, 32- 34; 11" discours de David aux chefs de l’armée et aux princes des tribus, et avis à Salomon au sujet du temple à bâtir, xxviii, 1-10; le roi donne à son lils le plan du temple et les ressources nécessaires pour confectionner les objets du culte, 11-19, avec des avis, 20-21; discours à l’assemblée entière sur les préparatifs du temple, xxix, 1-5; dons des chefs de l’armée et des princes du peuple, 6-9; David en remercie le Seigneur et ordonne au peuple de l’en remercier, 10-20 ; après les sacrifices offerts, Salomon reçoit Fonction royale, 21-25; résumé du règne de David, mort du roi, 26-28; sources du récit de son règne, 29, 30. — ne section. Règne de Salo-

mon. II Par., i-ix. — 1» Sacrifice solennel offert par Salomon à Gabaon ; apparition divine; le roi demande la sagesse et l'intelligence, et Dieu lui accorde par surcroît les richesses et la gloire, i, 1-13 ; la puissance et les richesses de Salomon sont décrites, 14-17 ; 2u construction et dédicace du Temple : préparatifs, recensement des porteurs et des tailleurs de pierre, il, 1, 2; ambassade à Iliram pour demander un ouvrier habile et des matériaux, et réponse du roi de Tyr, 3-16; dénombrement des étrangers soumis aux corvées, 17, 18; construction du Temple : emplacement, ni, 1 ; début des travaux, 2; dimensions et description de l’édifice, 3-1 7 ; vases et ustensiles sacrés et portes dorées, iv, 1-v, 1 ; solennité de la dédicace, v, 2-vii, 10; Dieu annonce à Salomon ses faveurs, vii, 11-22; 3° fin du règne de Salomon : 20 ans après la dédicace du Temple, le roi bâtit les villes données par Hiram, viii, 1,2; s’empare d’Emath Soba, réédifie Palmyre et d’autres places, 3-6; les descendants des Chananéens paient tribut et font les corvées, tandis que les Israélites ne fournissent que des généraux et des chefs, 7-10; palais construit pour la fille de Pharaon, 11; organisation du culte et du service des lévites, 12-16 ; flotte à Asiongaber, 17, 18; visite de la reine de Saba, ix, 1-12 ; richesses et magnificences de Salomon, 13-28; sources de son histoire, 29; durée de son règne; mort du roi et avènement de Roboam, 30, 31. — IIIe section. Les rois de Juda. II Par., x-xxxvi. — 1" Histoire du schisme à Sicliem, x, 1-19 ; le Seigneur interdit aux Judéens d’attaquer les Israélites, xi, 1-4. 2" Règne de Roboam : lre période de fidélité : le roi bâtit des villes fortes, 5—12 ; les prêtres et les lévites d’Israël passent en Juda et les Israélites fidèles viennent pendant trois ans sacrifier au temple de Jérusalem, 13- 17; femmes et enfants de Roboam, 18-23; 2e période d’infidélité, trois ans après le schisme, xii, 1; la 5e année du règne, invasion de Sésac, roi d’Égypte, qui pille Jérusalem, 2-12 ; résumé et jugement du règne,

13- 14; sources de son histoire, 15; mort de Rohoam et avènement d’Abia, 16. 3° Règne d’Abia : date, débuts et guerre contre Jéroboam, xm, 1-20; femmes et enfants d’Abia, source de son histoire, 21, 22; sa mort, xiv, 1er. 4" Règne d'Asa : réforme religieuse, xiv, 1 6-5; forteresses et armée, 6-8; expédition de Zara qui fut battu, 9-15; prédiction d’Azarias, xv, 1-7 ; extension de la réforme religieuse, 8; renouvellement de l'alliance, 9-15; Maacha, mère du roi, déposée; piété d’Asa et paix de son règne, pendant35ans, 16—19 ; la 36eannée, attaquéparBaasa, Asu s ’allie avec Benadad et bat les Israélites, xvi, 1-6; reproches du prophète Ilanani, qu’Asa fait mettre aux fers, -7-10 ; sources de cette histoire, 11; maladie et mort du roi, 12-14. 5° Règne de Josaphat : le roi fortifie son royaume, est béni de Dieu, xvn, 1-5; réforme religieuse, 6-9 ; terreur des peuples voisins; les Philistins paient tribut, 10, 11; Josaphat élève des forteresses et augmente son armée, dont les chefs sont recensés, 12-19 ; alliance avec Achab, 'roi d’Israël, xvm, 1-3; après consultation contradictoire du Seigneur, 4-27, les alliés marchent contre Ramoth-Galaad ; Josaphat échappe au danger, mais Achab est grièvement blessé et meurt, 28-34; reproches adressés à Josaphat par le prophète Jéhu, xix, 1-3 ; le roi s’efforce de ramener son peuple à Dieu et réorganise la justice, 4-1 1 ; guerre des Moabites et des Ammonites contre Juda; le roi ordonne un jeûne universel, xx, 1-3 ; grande assemblée à Jérusalem ; Josaphat prie le Seigneur, 4-13 ; heureuse prédiction de Jahaziel,

14- 17; le roi, le peuple et les lévites en louent Dieu, 18-19; confiance du roi, 20-21; les ennemis s’entretuent, 22-24 ; butin enlevé et action de grâces, 25-28; paix du royaume, 29-30; résumé du règne, 31-33; source de son histoire, 34; alliance avec Ochozias ; construction d’une Hotte, qui fut brisée, 35-37; mort de Josaphat, xxi, la. 6° Règne de Joram : conduite du roi à l’égard de ses frères, 1 6-4 ; résumé du règne, 5-7;

PARALIPOMÈNES (LES DEUX LIVRES DES

révolte de l’Idumée et de Lobna, 8-10; apostasie de Joram, 11; lettre du prophète Élie contenant des menaces qui se réalisent, 12-15; invasion des Philistins et des Arabes, 16, 17; maladie et mort du roi, 18, 19; résumé du règne, 28. 7° Règne d’Ochozias : avènement du roi, jugement sur son règne, xxii, 1-4; guerre avec Joram contre Hazaël; Joram blessé et visité par Ochozias, 5-7 a; Jéhu, l’adversaire de la maison d’Achab, tueOchozias et ses neveux, 7 5-9. 8" Usurpation d’Athalie; seul Joas est sauvé par Josabeth, 10-12; chute d’Athalie et avènement de Joas, xxm, 1-21. 9° Règne de Joas ; lre période, pieux débuts du vivant de Joiada, qui fit épouser au roi deux femmes, xxiv, 1-3; restauration du Temple, 4-14; mort de Joiada, 15-16; 2e période, infidélité du peuple et du roi, malgré les reproches des prophètes et en particulier de Zacharie, qui fut tué, 17- 22; invasion des Syriens, qui vengent ce meurtre, 23, 24; Joas est tué, 25, 26; source de son histoire, 27. 10° Règne d’Amasias : durée et caractère, xxv, 1, 2; le roi tue les meurtriers de son père, mais pas leurs fils, 3-4; il dénombre ses soldats et prend à sa solde des Israélites, que, sur l’avertissement d’un prophète, il congédie, 5-10; guerre contre les Iduméens, 11-13; apostasie du roi, reproches d’un prophète, 14-16 ; projet non accepté de faire alliance avec Joas d’Israël ; guerre entre Amasias et Joas, victoire des Israélites, 17-24; fin du règne d’Amasias, 25; source de son histoire, 26; mort du roi, 27-28. 11° Règne d’Osias ; avènement, construction d’Ailath, xxvi, 1, 2; résumé du règne, 3-5; guerre contre les Philistins et les Arabes, 6, 7; les Ammonites paient tribut, 8; tours élevées à Jérusalem, 9; richesses agricoles, 10; armée, 11-14; fortifications, 15; apostasie du roi qui met la main à l’encensoir malgré l'opposition des prêtres, lèpre du roi, 16-21; source de l'histoire de ce règne, 22; mort du roi, 23. 12° Règne de Joalham : résumé, xxvn, 1, 2; fortifications et guerre contre les Ammonites, 3-5; puissance du pieux roi, 6; source de son histoire, 7; durée du règne et mort du roi, 8, 9. 13° Régne d’Achaz : résumé du règne impie, xxvnr, 1-4; le Seigneur livre Achaz aux rois de Syrie et d’Israël, 5-8; reproches du prophète Obed aux Israélites qui l’amenaient des Judéens captifs, 9-11 ; •opposition de quelques chefs aux soldats qui abandonnent le butin et renvoient les captifs, 12-15; Achaz demande alliance aux Assyriens, 16; invasion des Iduméens, des Philistins, 17-19, et de Théglathphalasar, 20-21 ; Achaz offre des sacrifices aux'dieux de Damas, ferme le Temple et élève des autels à Jérusalem et en Juda, 22-25; source de son histoire, 26, sa mort, 27. 14° Règne d'Ézéchias : résumé, xxix, 1-2 ; le roi ouvre et restaure le Temple et réorganise le service des prêtres et des lévites, 3-19; il reprend le culte, dont il achève la réorganisation, 20- 36; célébration extraordinaire de la Pâque, xxx, 1-27; idoles renversées en Juda, xxxi, 1; réinstallation des prêtres et des lévites dans leurs offices et leurs revenus, 2-19; jugement sur le règne, 20, 21; invasion de Sennachérib, xxxii, 1-23: maladie, prière et guérison du roi, 24; son orgueil, dont il se repent; son repentir éloigne le châtiment, 25, 26; richesses et travaux, 27-30; ambassade du roi de Babylone simplement mentionnée, 31 ; source de cette histoire, 32; mort du roi, 33. 15° Règne de Manassé : résumé, xxxm, 1, 2; impiété du roi, 3-10 ; il est emmené captif à Babylone par le roi des Assyriens, 11; sa pénitence et son retour à Jérusalem, 12, 13; il fortifie cette ville, détruit les idoles et rétablit le culte, 14-17 ; sources de son histoire, 18, 19; mort du roi. 20. 16° Règne d’Amon : résumé, 21-23; le roi est tué par ses serviteurs, 24; avènement de Josias, 25. 17° Règne de Josias : résumé, xxxiv, 1,2; la 12e année de son règne, ce pieux roi détruit les idoles en Juda et en Israël, 3-7; à la 18e au cours des opérations faites au Temple, 8-13, on découvre le livre de la loi de Moïse, 14-21 ; la prophétesse Olda est consultée, 22-28; lecture

de la loi et renouvellement de l’alliance, 29-32 ; le culte continue, 33; célébration de la Pâque, xxxv, 1-19; invasion de Néchao, que Josias veut arrêter, 20-22; blessé à Mageddo, Josias meurt; on le pleure, 23-25; source de son histoire, 26, 27. 18° Récit sommaire des règnes des derniers rois de Juda : avènement de Joachaz, xxxvi, 1 ; résumé de son règne, 2-3; Élialcim est mis sur le trône par le roi d’Égypte, 4; résumé de son règne, 5; il est emmené en captivité par Nabuchodonosor, 6, 7; source de son histoire, 8; durée et caractère du règne de Joachin, 9; captivité du roi et institution de Sédécias, 10; durée et caractère du règne de ce dernier, 11, 12; révolte et apostasie du peuple, 13-16; sa punition par la captivité de Babylone, 17-21; édit de retour porté par Cyrus, 22, 23.

IV. Caractères du livre. — i. ex lui-même. — L’analyse du livre aide à saisir les procédés historiques et littéraires de l’auteur. Au premier aspect, ce livre apparaît comme une compilation de documents généalogiques, statistiques et historiques. Le plan n’est pas uniforme et la première partie diffère de la seconde par la marche suivie et la nature du contenu.

1° Plusieurs généalogies ne sont pas données d'une seule pièce; on y revient à deux ou trois reprises différentes. Les trois généalogies de Caleb, I Par., il, 18-20, 24, 42-55, et les deux de la tribu de Juda, I Par., n, 3-55 ; îv, 1-23, et de Saül, I Par., vin, 29-40; ix, 35-44, sont les exemples les plus frappants. Tandis que les exégètes catholiques y reconnaissent des suppléments, les critiques rationalistes y voient des doublets divergents et contradictoires. Ces tableaux complémentaires ont pu être reproduits à dessein par le chroniste bout à bout, parce qu’ils provenaient de documents différents qu’il voulait simplement transcrire. Mais il est probable que, dans cette hypothèse, il les aurait systématiquement ordonnés, comme il l'a fait pour les documents de la seconde partie de son livre. Aussi peut-on légitimement penser que quelques-uns de ces morceaux juxtaposés sont des additions postérieures, des compléments surajoutés à une trame primitive. D’autre part, ces listes sont disproportionnées dans leur étendue. Plusieurs ne dépassent pas le règne de David, mais d’autres s’étendent beaucoup plus loin et vont parfois jusqu’à l’époque de la captivité. Ainsi la liste des rois de Juda, m, 10-16. Celle des lévites, vi, 1-53, va jusqu’à Salomon. La liste des premiers habitants de Jérusalem après le retour, ix, 1-34, dépasse même cette date. On s’est demandé si tout ce qui, dans ces généalogies, va au delà du temps de David n’était pas le fait d’additions à l’œuvre du chroniste. Mais celte supposition dépend de l’opinion, qui n’est pas démontrée, selon laquelle les neuf premiers chapitres servent de simple introduction historique au règne de David. En outre, on attribue ainsi au chroniste l'idée rigoureuse de ne pas dépasser dans cette introduction le temps auquel elle conduit. Enfin, ces listes ne sont pas uniformes. Quelques-unes ne sont que des séries de noms, sans lien généalogique; la plupart sont de vraies généalogies. Leur distribution n’est pas ordonnée de la même façon, et leur ordre est composite. Elles ne se bornent pas aux données généalogiques; elles sont complétées parfois par des renseignements topographiques et historiques, par exemple pour la tribu de Simeon, iv, 28-43, et pour les tribus transjordaniques, v, 18-22, 26, et par la mention des villes lévitiques, vi, 54-81. Tout cela est l’indice d’une compilation de documents plutôt que celui d’un résumé de l’histoire ancienne sous forme de généalogies. A’oir F. de Hummelauer, Numeri, Paris, 1899, p. 173-205. Au sentiment de l’abbé de Broglie, ces généalogies étaient considérées par les Israélites revenant de la captivité comme la preuve de véritables droits. Les généalogies bibliques, dans Congrès scientifique international des catholiques, Paris, 1889, t i, p. 113.

PARALIPOMENES (LES DEUX LIVRES DES

2° L’histoire commence seulement au c. x avec le règne de David. La narration a de l'ampleur et fournit de nombreux détails sur certains règnes, notamment sur ceux de David, de Salomon, d’Asa, de .losaphat et d’Ézéchias, rois pieux. Les règnes des rois impies sont ordinairement racontés plus brièvement. On constate dans ces récits des procédés identiques d’exposition. Souvent, la mention de l’avènement du successeur suit dans la même phrase la mort de son prédécesseur. Le récit des règnes débute, ou par des renseignements généraux sur la durée du règne, les femmes et les fils du roi, ou par un résumé qui caractérise et juge favorablement ou défavorablement les actes du roi, sa lidélité à Dieu ou son infidélité. Parfois, ce jugement se trouve à la lin du règne, avant ou après l’indication des sources consultées, transcrites ou résumées. L’histoire de quelques règnes est faite par périodes tranchées, soit par des dates, soit par la différence des relations du roi avec la religion et le culte. Ainsi des règnes de Roboam et de Joas. Enfin, les récits sont coupés par des documents de statistique, des listes, des dénombrements, etc.

I Par., xi, 10-46; xxm-xxvn; II Par., n, 2, 17, 18. Ces documents semblent bien être des pièces étrangères, insérées par l’historien dans la trame de son récit. S’il en est ainsi, leur insertion confirme le caractère de compilation que présente l’œuvre entière.

II. COMPARATIVEMENT AUX LIVRES HISTORIQUES AN- TÉRIEURS. — 1° Le livre des généalogies . I Par., i-ix. — il a avec les livres qui vont du Pentateuque aux deux livres de Samuel de nombreux points de contact. Voici ces rapprochements : I Par.,i, 1-4, Gen., v;i,5-23, Gen.,

x, 2-29; i, 24-27, Gen., xi, 10 et suiv.; i, 29-31, Gen., xxv, 13-15; i,32, 33, Gen., xxv, 2-4 ; i, 35-54, Gen., xxxvi, 10-43; il, 1, 2, Gen., xxxv, 23-26; ii, 3-5, Gen., xxxvm, 3-30; Gen., xlvi, 12; Num., xxvi, 19-22; ii, 6-8, Jos., vu, 1; I (III) Reg., iv, 31; n, 9-12, Ruth, iv, 19-22; il, 13-17, I Sam., xvi, 6-9; II Sam., ii, 18, xvii, 25; m, 1-9,

II Sam., m, 2-5; v, 14-16; ni, 10 16, I et II Reg.; iv, 24, Gen., xlvi, 10; Exod., vi, 15; Num., xxvi, 12, 13; lv, 28-33, Jos., xix, 2-9; v, 3-8, Gen., xlvi, 9; Exod., vi, 14; Num., xxvi, 5, 6; Jos., xm, 16, 17; vi, 1-3, Gen., xlvi, 11; Exod., vi, 16, 18, 20, 23; xxvm, 1; Num., ni, 2; vi, 16-19, 22, Exod., vi, 16-19, 24; vi, 26-28, 33-35,

I Sam., i, 1 ; vin, 2; vi, 54-81, Jos., xxi, 10-39; vu, 1-5, Gen., xlvi, 13; Num., xxvi, 23, 24; vii, 6-12, Gen., xlvi, 21; Num., xxvi, 38-40; vu, 126; Gen., xlvi, 23; Num., xxvi, 42; vu, 13, Gen., xlvi, 24; Num., xxvi, 48, 49; vu, 14-19, Num., xxvi, 29; xxvii, 1; vu, 20-29, Num., xxvi, 34-38; vii, 30-40, Gen., xlvi, 17; Num., xxvi, 44- 47; vin, 1-28, Gen., xlvi, 21; Num., xxvi, 38-40 ; vin, 29-40, ix, 35-44, I Sam., ix, 1; xiv, 49-51 ; II Sam., n, 8; iv, 4; ix, 12. Les renseignements généalogiques de ce livre ne sont pas toutefois empruntés de toutes pièces aux livres canoniques antérieurs; ils sont complétés par d’autres données puisées ailleurs, et il y a des morceaux étendus qui dérivent d’autres sources. Voir t. ni, col. 160-161. Cf. abbé de Droglie, Les généalogies bibliques, Paris, 1889, t. i, p. 149-151.

2» L’histoire des rois de Juüa. — Elle présente avec la même histoire, telle qu’elle est racontée dans les livres de Samuel et des Rois, à la fois bien des points de contact et de nombreuses dillérences. — d) Rapprochements. — a) Règne de David. — 1 Par.,x, 1-12, 1 Sam., xxxi ; xi. 1-9, II Sain., v, 1-3, 6-10; xi, 10-41, Il Sam., xxin, 8-39 ; xm, 1-5, Il Sam., vi, I; xm, 6-14, Il Sam., vi, 2-11; xiv, 1-16, II Sam., v, 11-25; xv, 25-xvi, 3,

II Sain., vi, 12-19; xvi, 43, Il Sam., vi, 19, 20; xvn, xvin, II Sam., vii, vin ; xix, Il Sam., x;xx, 1-3,11 Sam.,

xi, 1 ; xn, 26, 30, 31; xx, 4-8, II Sam., xxi, 18-22; xxi, 1-5, II Sam., xxiv, 1-9; xxi, 8-27, II Sam.,xxiv, 10-26; xxix, 23, 27, I Reg., n, 11, 12. — 6) Régne de Salomon.— il Par., i, 3,1 Reg., ni, 4; i, 6-13, I Reg., ni, 4- 13, 51 ; iv, 1; i, 14-17, 1 Reg., x, 26-29; n, 2, I Reg., v,

15, 16; ii, 3-16, 1 Reg., v, 2-9; n, 18, I Reg., v, 15, 16; m, 1-13, I Reg., vi, 1-3,5-35; ni, 15-17, I Reg., vu, 15- 21; iv, 2-5, I Reg., vu, 23-26; iv, 6-v, 1, I Reg., vii, 38- 51 ; v, 2-11, I Reg., vin, 1-10; v, 13-vi, 39, 1 Reg., vin, 10-50; vii, 4, 5, 7-12, I Reg., vin, 62-ix, 3; vu, 16-22, I Reg., ix, 3-9; vin, 1, 1 Reg., ix, 10; vin, 4-11, 1 Reg., ix, 17-24; vin, 12-16, I Reg., ix, 25; vin, 17, 18, 1 Reg., ix, 26-28; ix, 1-24 ; I Reg., x, 1-25; îx, 25-26, I Reg., iv, 26; x, 26, iv, 21 ; ix, 27, 28, 1 Reg., x, 27, 28; ix, 30,31, I Reg., xi, 42-43. — c) Les rois de Juda. — II Par., x, I Reg., xii, 1-19; xi, 1-4, I Reg., xn, 21-24; xn, 2, 9,

I Reg., xiv, 25; xn, 9-11, 13, ï Reg., xiv, 26-28, 21; xu, 15, I Reg., xiv, 30; xv, 6; xii, 16, I Reg., xiv, 31;

xiii, 1, 2, I Reg., xv, 1, 2, 7; xm, 23, IReg., xv, 8;xiv,

I- 4, I Reg., xv, 11, 12; xv, 16-18, I Reg., xv, 13-15 ; xvi, 1-6, 1 Reg., xv, 17-22; xvi, 2-14, I Reg., xv, 23-21 ; xvn, 1, I Reg., xv, 24; xvm, I Reg., xxn, 1-35; xx, 31- 33, I Reg., xxii, 41-44; xx, 35-37, 1 Reg., xxn, 49, 50; xxi, 1, I Reg., xxn, 51; xxi, 5-10, II Reg., vin, 17-22;

xxi, 20, II Reg., vin, 17, 24; xxii, 1-6, 11 Reg., vin, 21- 29; xxn, 7-9, II Reg., ix, 21; x, 13, 14, ix, 27,28; xxii, 10-xxiv, 14, II Reg., xi, 1-xn, 14; xxiv, 23-27, II Reg., xn, 17, 18, 20, 21; xxv, 1-4, II Reg., xiv, 2, 3, 5, 6; xxv, 11, II Reg., xiv, 7; xxv, 17-24, II Reg., xiv, 8-14; xxv, 25, 27, 28, II Reg., xiv, 17, 19, 20; xxvi, 1-4; II Reg.,

xiv, 21,22; xv, 2, 3; xxvi, 20, 21, 23. II Reg., xv, 5, 7; xxvii, 1-3, 8,9, II Reg., xv, 33-35, 38; xxviii,1-5, II Reg., xvi, 2-5; xxvm, 16, 21, 24, 27, II Reg., xvi, 7, 8, 17,20; xxix, 1, 2, II Reg., xvm, 2, 3; xxxii, 1, II Reg., xvm, 13; xxxii, 9-21, Il Reg., xvm, 17-xix, 37; xxxn, 24,

II Reg., xx, 1-11 ; xxxii, 30, II Reg., xx, 20; xxxii, 31, II Reg., xx, 12-19; xxxiii, 1-10, II Ileg.,xxi, 1-10 ; xxxin, 20-25, II Reg., xxi, 18-24 ; xxxiv, 1, 2, II Reg., xxn, 1, 2; xxxiv, 3-7,11 Reg., xxm, 4-20; xxxiv,8-12, Il Reg.,

xxii. 3-7; xxxiv, 15-32, 11 Reg., xxii, 8-xxiii, 3; xxxv,

l. 6, 18, 19, II Reg., xxm, 21-23 ; xxxv, 20-24, II Reg., xxm, 29, 30; xxxvi, 1-4, II Reg., xxm, 30, 31; xxiv, 1, 6; xxxvi, 9, 10, II Reg., xxiv, 8, 9, 13, 15, 17; xxxvi,

II- 13, II Reg., xxiv, 18-20; xxxvi, 17-21, II Reg., xxv, 1, 8-17, 22.

B) Différences. — Elles consistent en omissions, en modifications et en additions. — a) Omissions. — Du règne de Sa ii 1 , il n’est rapporté que la lin et encore omet-on le détail du cadavre du roi suspendu aux murs de Bethsan. 1 Sam., xxxi, 10. Dans l'histoire de David, il n’est rien dit du règne de ce prince à Hébron, 11 Sam., i-iv; des reproches de Michol à David, parce qu’il avait dansé devant l’arche, et de la réponse du roi, Il Sain., vi, 20-23; de la conduite de David à l’égard de Miphiboseth et de Siba, Il Sam., ix ; de l’adultère de David et du meurtre d’Urie, II Sam., xi, 2-xn, 25; de l’attentat d’Ammon sur Thamar, de son meurtre par Absalom, de la fuite, du retour, de la révolte et de la mort de ce dernier, ni de la révolte de Siba, II Sam., xiii-xx; de l’abandon des fils de Saiil aux Gabaonites, Il Sam., xxi, 1-14; d’une guerre de David contre les Philistins, ibid., 15-17 ; du cantique d'actions de grâce et des dernières paroles de David, Il Sam.,xxn-xxm ; de l’usurpation d’Adonias et du sacre de Salomon, I Reg., i; des recommandations suprêmes de David à Salomon. I Reg., n, 1-9. Si quelques-uns des faits omis sont défavorables à la mémoire du roi, d’autres sont à son honneur. Le silence sur tout ce qui ne serait pas honorable pour son héros n’est donc pas la seule explication de ces omissions. De même, dans l’histoire de Salomon, le chroniste omet la déposition et le bannissement d'Abiathar, ainsi que l’exécution de Joab et de Séméi, I Reg., n, 26-46; le mariage du roi avec la tille du pharaon, I Reg., ni, 1; le jugement rendu dansl’alfaire des deux mères, I Reg.,

m, 16-28; les officiers de Salomon, l’étendue de son royaume, la paix de son règne, le nombre de ses chevaux et chariots, 1 Reg., iv; la construction du palais

PARALIPOMENES (LES DEUX LIVRES DES

royal, I Reg., vu, 1-12; la description des ornements et des ustensiles du Temple, I Reg., vu, 13-39; la prière du roi à la dédicace du Temple, I Reg., vm, 53. 56-61 ; ses femmes, son idolâtrie, la prophétie qui lui annonce le schisme des dix tribus, I Reg., xi, 1-13. Ici encore, les omissions ne s’expliquent pas toutes par le désir de ne pas ternir la réputation du sage roi, puisque le jugement qui l’a rendu si célèbre est passé sous silence. A partir du schisme des dix tribus, il n’est parlé du royaume d’Israël qu’au sujet des guerres et des alliances des rois de Juda avec ceux de ce royaume. L’histoire des rois de Juda elle-même présente des lacunes. Ainsi sont omis la prise de Geth par Ilazaël durant là guerre contre les Syriens sous le règne de Joas et le tribut payé aux vainqueurs, Il Reg., mi, 17, 18; les coups portés aux Israélites par les Assyriens et la destruction du royaume de Damas. II Reg., xvi, 5-18. Enlin, à partir de Manassé, le nom delà mère des sept derniers rois de Juda, quoiqu’il se trouve dans le II' livre des Rois, n’est pas reproduit, bien que le chroniste ait cité les noms des mères des rois précédents. Ajoutez-y de nombreux détails des récits parallèles des Rois; ils ont disparu par suite de la manière dont les faits sont présentés, ou bien les récits sont abrégés et ne mentionnent que les circonstances principales.

b) Modifications. — Elles sont plus ou moins notables selon les cas. Indiquons-en quelques-unes. Le récit de laprisede Jérusalem par David, IPar., xi, 4-9; II Sam., v, 6-10 ; dans la liste des guerriers de David , I Par. , xi , 10-47 ; cf. II Sam., xxiii, 8-39, le titre est adapté à la place assignée, les noms propres et les chiffres diffèrent; le récit du transfert de l’arche, I Par., xm, 1-14, est plus développé que celui de II Sam., vi, 1-11; ce qui concerne les guerres de David et les fonctionnaires royaux,

I Par., xvi il, diverge en partie du récit, II Sam., vm. Le récit du dénombrement du peuple, I Par., xxr, comparé avec II Sam., xx-iv, présente d’intéressantes variantes : Satan est substitué à Dieu comme ayant incité David à faire le dénombrement; les chiffres ne coïncident pas; selon le chroniste, Lévi et Benjamin n’ont pas été recensés; la durée de la famine n’est pas la même; la description du fléau et de sa cessation n’est pas identique en plusieurs détails. L’architecture et l’aménagement du Temple sont décrits, II Par., ni, 3- 17, d’une façon plus concise que dans I Reg., vi, 2-vn, 22. Dans le transfert de l’arche, ce sont les lévites,

II Par., v, 4, qui la portent, au lieu des prêtres. I Reg., vm, 3. Le chroniste distingue trois périodes dans le règne de Roboam; il fournit des dates précises pour les faits principaux du règne d’Asa. Les prêtres et les lévites jouent le rôle capital dans le complot qui amena la chute d’Alhalie. Pour le règne d’Ézéchias, l'invasion de Sennachérib, la maladie du roi et l’ambassade de Mérodach-Baladan sont très abrégées. Les événements du règne de Josias sont groupés autrement que dans le livre des Rois et classés chronologiquement. Les derniers règnes n’ont donné lieu qu’à une narration sommaire, beaucoup plus brève que celle des Rois et divergente en plusieurs points.

c) Additions. — Les plus considérables sont les suivantes : la liste des premiers partisans de David et des personnages qui l’élurent roi à Hébron, I Par., xii; les préparatifs faits par David pour la construction du Temple, I Par., xxii; les listes des prêtres et des lévites à cette époque avec l’indication de leurs fonctions,

I Par., xxiii-xxvi; les ofliciers de l’armée de David et les chefs des tribus, I Par., xxvn, 1-24; les dernières dispositions prises par David au sujet de la construction du Temple; les suprêmes avis de ce roi à Salomon et à l’assemblée générale du peuple, I Par., xxvm-xxix ; les forteresses élevées par Roboam; la venue des prêtres d’Israël en Juda; les femmes et les enfants du roi,

II Par., xi, 5-23; les détails de la guerre d’Abia avec

Jéroboam; les femmes et les enfants du roi, II Par., xm, 2-22; la victoire d’Asa sur Zara, roi d’Éthiopie, Il Par., xiv, 8-14; lu prophétie d’Azarias qui décide Asa à réprimer l’idolâtrie en Juda, II Par., xv, 1-15 ; le mauvais accueil fait par le même roi au prophète Ilanani, II Par., xvi, 7-10; l’âge d’Asa au moment de sa mort, II Par., xvt, 13-14; les efforts de Josaphat pour mettre son royaume en sécurité, pour en extirper l’idolâtrie et faire instruire son peuple, II Par., xvii ; les reproches adressés à ce roi par le prophète Jéhu au sujet de son alliance avec Achab, roi d’Israël, et les avertissements de Josaphat aux juges et aux lévites, II Par., xix; l’invasion des Moabites, des Ammonites et des Syriens, qui s’entretuent, Il Par., xx, 7-30; Joram fait périr ses frères, II Par., xxi, 2-4; l'idolâtrie de ce roi, sa punition annoncée par une lettre du prophète Élie, II Par., xxi, 11- 19; l’infidélité de Joas après la mort du grand-prêtre Joiada, et les reproches de Zacharie, qui est mis à mort, II Par., xxiv, 15-22; Amasias dénombre ses soldats et lève en Israël des mercenaires, qu'il renvoie sur l’ordre d’un prophète, II Par., xxv, 5-10; il introduit dans son royaume le culte idolâtrique des Iduméens et il en est blâmé par un prophète, II Par., xxv, 14-16,20; victoires, constructions et armée d’Osias, II Par., xxvi, 6-15; guerre de Joatham contre les Ammonites, II Par., xxvn, 5, 6 ; la Pâque est célébrée d’une façon extraordinaire par Ézéchias, II Par.,xxx; ce roi réorganise le culte et prend des mesures pour l’entretien des prêtres et des lévites, II Par., xxxi, 2-21; Manassé est emmené captif à Babylone, se repent et est rétabli sur son trône, II Par., xxxm, 11-13 ; il fortifie Jérusalem et met des chefs dans toutes les places fortes deJuda. 1 1 Par., xxxm, 14. Cf. F. Vigouroux, Manuel biblique, n.512, 12e édit., Paris, 1906, t. il, p. 152-157. — Ces caractères du livre vont nous servir à déterminer le but de l’auteur.

Y. But de l’auteur. — 1° On ne peut guère, avec les anciens exégètes, attribuer au chroniste comme fin unique et principale de compléter les livres historiques antérieurs et de combler leurs lacunes. Les Paralipomènes, en effet, s’ils contiennent un certain nombre d’additions, renferment beaucoup de .faits, qu’ils ont en commun avec les livres de Samuel et des Rois. S’ils ne font pas suite à ces livres, ils leur sont parallèles et ils témoignent par leur contenu et leurs tendances un autre souci que celui de les compléter et de les continuer. Leurs omissions, leurs modifications et leurs additions relativement aux livres de Samuel et des Rois convergent vers un autre but, quoiqu’elles dépendent de ces livres et soient faites par comparaison avec leurs récits. — 2° C’est en raison même de cette dépendance qu’on peut indiquer le but précis de l’auteur des Paralipomènes. Étant donné le caractère dépendant de sa narration, il en résulte qu’il n’a pas voulu écrire l’histoire complète de son peuple, mais qu’il s’est proposé plutôt de la récrire d’après les sources antérieures et selon des intentions spéciales. La Chronique est donc un ouvrage à part, quoique dérivé et secondaire, destiné à présenter l'histoire de Juda d’un point de vue déterminé. Son auteur, en effet, est dominé, en la rédigeant, par une série de préoccupations et de préférences : — 1. Il appartient au royaume de Juda auquel il s’intéresse exclusivement, puisqu’il ne parle du royaume d’Israël qu’autant que ses rois sont en relations d’alliance ou de guerre avec ceux de Juda. — 2. 11 est un adepte fervent de la dynastie davidique. Si les généalogies ne préparent pas, comme on l’a dit, Mühling, Uber die Genealogien der Chronik, 1, i-ix, und deren Verhaltniss zum Zweck dieses Bûches , dans Theologischc Quartalschrift, 1884, p. 403-450, l’histoire du règne de David, la partie historique commence avec ce prince. Le règne de Saül n’est pas relaté, sinon la mort de ce roi qui justifie l’élection de David, pas plus que les règnes des rois d’Israël. L’histoire des deux premiers princes

2139 PARALIPOMÈNES (LES DEUX LIVRES DES) 2140

de cette dyna-stie, David et Salomon, est longuement racontée. On a prétendu même qu’elle avait été intentionnellement émondée et que c’est par attachement à la royauté de Juda que le chroniste avait passé sous silence les actes blâmables des rois légitimes, les péchés de David et les infidélités de Salomon. Mais, outre que, comme nous l’avons déjà remarqué, on constate l’omission d’actes recommandables de ces deux chefs de la dynastie, les infidélités et l’idolâtrie de plusieurs de leurs descendants sont relatées; parfois même, elles sont plus fortement accentuées que dans les récits parallèles des Rois et elles sont toujours sévèrement jugées. Ce n’est donc pas par légitimisme, par royalisme convaincu, que le chroniste omet de rapporter les fautes de David et de Salomon; c’est plutôt parce que ces faits, comme les autres pareillement omis, ne rentraient pas dans ses vues. — 3. il envisage continuellement Jérusalem, la ville sainte, avec son culte et son temple, plutôt que la capitale du royaume. C'est pour cela qu’il ne raconte pas en détail le règne de David à Hébron, tandis qu’il s’intéresse à tout ce qui se passe à Jérusalem, à ce qui y concerne la religion. Aussi raconte-t-il longuement les transferts de l’arche, le projet que David avait formé d’élever à Dieu un temple dans sa capitale, les préparatifs qu’il fit pour l’œuvre réservée à son fils, les matériaux rassemblés, les sommes d’argent ramassées, la construction et la dédicace du temple sous Salomon, l’organisation du culte, la célébration des fêtes solennelles et les réformes religieuses sous Josaphat, Ézéchias et Josias. — 4. 1! fait encore une mention spéciale du sacerdoce aaronique, des lévites et en particulier des chantres et des musiciens. Tandis que les livres de Samuel et des Rois, faisant ['histoire d’Israël et de ses rois, en parlent très peu, le chroniste en parle avec complaisance, comme s’il était l'un d’eux. 11 les fait intervenir dans les fêtes et les réformes; il relate leur organisation, leur service et leurs revenus, leurs droits et leurs fonctions. La plupart des additions, que nous avons constatées dans son œuvre, les concernent et ont trait aux institutions sacerdotales et lévitiques. Aussi parle-t-on couramment du « lévitisme » du chroniste. — 5. Enfin, le chroniste a constamment envisagé l’histoire de Juda dans ses rapports avec la religion monothéiste, révélée par Dieu à son peuple, et dans les sanctions divines, attachées à la fidélité ou à l'infidélité de Juda. Les règnes sont jugés favorablement ou défavorablement, selon que les rois ont été monothéistes ou idolâtres, et conformément aux promesses divines, les princes fidèles à Dieu ont été bénis et récompensés, et les princes infidèles et coupables punis et châtiés. Manassé repentant est sorti de captivité et est remonté sur le trône.

Cela étant, on est généralement d’accord aujourd’hui à reconnaître que le but du chroniste a été d’écrire l’histoire religieuse de Juda ou plutôt celle du culte judaïque. Kuenen appelait son œuvre la chronique du Temple; Reuss, la chronique ecclésiastique de Jérusalem ; Wildeboer y voit l’histoire sainte de Juda. Le P. de llummelauer, Commenlarius in Paralipomenon, Paris, 11)05, t. i, p. 203-205, pense que le chroniste ne voulait rapporter que l'histoire du sanctuaire de Jérusalem. Ecrivant après le retour des Juifs captifs à Jérusalem, il a voulu inspirer à ses contemporains le respect du cul te récemment restauré et promouvoir chez les prêtres, les lévites et les fidèles, son obvervation exacte et précise. C’est pourquoi il relate avec détails son organisation sous les pieux rois David et Salomon, ses splendeurs et, après des éclipses regrettables, sa restauration sous Josaphat, Ézéchias et Josias. De son temps, le nombre des rapatriés était peu considérable, peu de lévites étaient revenus de Babylone, le Temple réédifié était moins spacieux et moins riche que l’ancien. Le chroniste veut encourager, sinon à rebâtir ce Temple,

du moins à Thonorer et y pratiquer avec religion les cérémonies et les fêtes rétablies comme dans l’ancien Juda. Il propose pour cela les beaux exemples du passé, ceux des rois pieux, et il montre qu’ils ont été récompensés de leur piété, tandis que les rois impies ont été châtiés. D’ailleurs, l’observation des prescriptions du culte était la marque visible de l’obéissance des Juifs au Dieu de l’alliance et des promesses. La communauté postexilienne devait s’instruire aux leçons du passé et observer la loi et le culte, si elle voulait persévérer dans l’alliance contractée par ses ancêtres et avoir part aux bénédictions, promises à la fidélité, et écarter d’elle les malédictions, prédites à l’infidélité. Le chroniste remettait donc sous les yeux de ses contemporains les exemples de l’histoire dans le dessein de favoriser l’observation de la loi et la pratique du culte; secondairement, il se proposait encore, semble-t-il, d’honorer les lévites, leur ministère, leurs fonctions, peu appréciées, et d’encourager le petit nombre des lévites rapatriés à la pratique régulière de leur service. Il revendique aussi leurs droits, contestés peut-être.

Le P. de llummelauer y ajoute comme but accessoire le soin de recueillir dans son œuvre, ne pereant, des documents, n’ayant qu'un rapport éloigné avec ce but. Ainsi, selon lui, op. cil., t. i, p. 47-49, le livre des généalogies, placé en tète de rhistoirereligieu.se de Juda, n’a pour but ni de préparer cette histoire, ni de résumer sous forme de tableaux généalogiques l’histoire de la tribu de Juda, à laquelle appartenait David, ni de fournir des renseignements chronologiques sur les principales familles juives rapatriées. Le chroniste, en le plaçant en tête de son œuvre propre, a voulu seulement préserver de la ruine et transmettre à la postérité des documents intéressants pour l'histoire et peu connus. De même, les documents statistiques, reproduits dans l’histoire des rois de Juda, sans avoir avec elle un lien étroit et nécessaire, ont été insérés dans sa trame pour être conservés plus sûrement. Ces catalogues de guerriers, de lévites, ces listes de fonctions à remplir sont peut-être d auteurs différents. Quelle que soit leur origine, le chroniste les a cités intégralement aux endroits où son récit faisait allusion à leur contenu, pour qu’ils ne soient pas perdus, p. 207-211.

VI. Date. — Le livre des Paralipomènes a certainement été écrit après la fin de la captivité des Juifs à Babylone. Une partie de l'édit de Cyrus, autorisant les captifs à rentrer dans leur patrie, est citée à la fin du livre. II Par., xxxvi, 22, 23. Bien que le récit s’arrête antérieurement à l'application de cet édit, sa rédaction est cependant postérieure aux derniers événements racontés. En effet, la généalogie de la race de David est continuée, I Par., ni, 19-24, au delà de Zorobabel, le contemporain de la restauration de 538. Les sommes destinées à la réédification du Temple sont estimées en dariques, monnaie perse. I Par., xxix (héb.). Le point de vue de l’auteur, nous l’avons déjà dit, est postérieur au retour de l'exil, et la langue elle-même trahit l’époque qui a suivi la restauration.

Si les critiques sont d’accord pour la fixation générale de cette date, ils sont d’avis différents lorsqu’il s’agit d’en préciser la limite extrême. Les critiques conservateurs et la majorité des exégètes catholiques ne dépassent pas la domination perse et s arrêtent à l’époque même d’Esdras. Le but indiqué plus haut correspond à cette date. La mention des dariques est plus naturelle à l’époque perse que sous les Séleucides. Le nom de birdh donné au Temple, I Par., xxix, 1, 19, suppose un écrivain antérieur à Néhémie. Celui-ci ayant, en effet, construit à Jérusalem, sur le modèle des forteresses des villes perses, une birdh, distincte du Temple, on n’aurait pu après lui, sans créer de confusion et d équivoque, désigner par ce terme la maison de Dieu. Enfin, si Esdras est l’auteur des Paralipomènes, la composi-

PARALIPOMÈNES (LES DEUX LIVRES DES

tion du livre a eu lieu à la date indiquée. Mais d’autres critiques descendent jusqu’à la fin de l’époque persane, ou au commencement de la domination macédonienne, ou même à l’âge des Séleucides. La généalogie de la race de David est poussée dans le texte hébreu jusqu’à la sixième génération des descendants de Zorobabel. En comptant trente ans pour chaque génération, ce calcul conduit jusqu’au milieu du IVe siècle. Dans le texte grec, cette généalogie va même jusqu’à la onzième génération, c’est-à-dire vers l’an 200 avant Jésus-Christ. Le livre qui la contient n’est donc pas antérieur à 350, si même il n'est pas postérieur à la chute de l’empire perse. Si le texte continue la généalogie de Zorobabel, I Par., ni, 21-24, te qui est controversé, celle-ci dépasse certainement l’époque d’Esdras. Mais elle a pu être continuée par une main étrangère et la comparaison du texte hébreu et du texte grec fournit la preuve évidente de cette continuation, au moins dans le grec. Des noms ont donc été ajoutés à cette liste. Si le fait est certain pour la recension grecque, il est possible, sinon probable, même pour la recension hébraïque. Le texte est, d’ailleurs, en mauvais état et rempli d’obscurités au point qu’on s’est demandé si les dernières familles mentionnées se rattachaient à Zorobabel ou n’étaient pas des familles contemporaines. Cette généalogie dans son état actuel n’est donc pas un motif suffisant de retarder la composition du livre. La mention des dariques a été présentée comme un indice d’une rédaction tardive, l’emploi de cette monnaie perse ayant continué au commencement de la domination grecque. Une autre confirmation de la composition tardive est tirée de l’ensemble de l’œuvre. On y remarque partout non seulement l’esprit du judaïsme postexilique et l’influence prépondérante de la législation sacerdotale; mais, en outre, les institutions d’Esdras y paraissent anciennes, ayant un caractère stable et définitif. Enfin, si les Chroniques n’ont formé primitivement qu’un écrit avec les livres actuels d’Esdras et de Néhémie, voir t. iv, col. 1577, leur rédaction est postérieure aux Mémoires de ces hommes, Mémoires qui font partie de la compilation. Dans ces conditions, les Paralipomènes ne seraient pas antérieurs au ive siècle. A cause de la généalogie de Zorobabel, ils n’auraient pas été écrits plus tôt que vers 350 (Driver). Aux yeux de la plupart des critiques, rien n’empêche qu’ils ne l’aient été après 300 (Ewald, Bertheau, Schrader, Dillmann, Bail,1 Œttli), vers 250 (Kuenen, Cornill, Wildeboer), vers 200, sinon plus tard (Nôldeke).

VIL Auteur. — 1° Une opinion assez répandue regarde Esdras comme l’auteur des Paralipomènes. Elle s’appuie sur le sentiment des rabbins qui, dans le Baba Bathra, disaient qu’ Esdras a écrit son livre et les généalogies des Paralipomènes jusqu’à lui. Comme les généalogies n’ont jamais été à part du livre entier, Esdras a donc composé le tout. Saint Isidore de Séville, De offre, eccl., i, 12, n. 2, t. lxxxiii, col. 747, déclarait que les sages de la synagogue ont rédigé les Paralipomènes. Or, on pense qu’il s’agit des membres de la Grande Synagogue, dont Esdras était le président. Au moyen âge, si Hugues de Saint-Cher, In Par., prol., Opéra, Cologne, 1521, t. I, p.310, ignore le nom de l’auteur du livre, Nicolas de Lyre, se fondant sur la tradition juive, n'hésite pas à proclamer Esdras auteur de ce livre. In Par., arg.Tostat, ln Par., Opéra, t. vu, p. 81, confirma celte affirmation par des arguments internes. A partir de Sixte de Sienne, Bibliotheca sancla, t. i, p. 12, ce fut l’opinion commune parmi les catholiques. Quelques protestants s’y sont ralliés. Ce que nous avons dit plus haut du but, de la date et des caractères des Paralipomènes peut servir à confirmer 1 attribution du livre à Esdras, puisque tout cela se rapporte à son temps. La citation de l’édit de Cyrus, faite en partie II Par.,xxxvi, 22, 23, et intégralement I Esd., I, trahirait aussi la même main. La façon brusque et abrupte dont elle se termine dans le premier cas ne

s’explique complètement que dans l’hypothèse suivant laquelle le même historien se proposait de reproduire tout le texte dans un autre ouvrage qui ferait suite au précédent. Enfin, on constate dans les deux livres, les Paralipomènes et le Ier livre d’Esdras, le même goût pour les généalogies, les catalogues et pour tout ce qui tient au culte sacerdotal et à la tribu de Lévi, dont les fonctions sont exprimées en termes presque identiques. La ressemblance du style prouve encore l’unité d’auteur. On remarque dans les deux ouvrages les mêmes mots, les mêmes constructions grammaticales, l’emploi de nombreuses prépositions, certaines locutions particulières, ayant une signification propre, telles que kammispat, « selon la loi de Moïse », I Par., xxm, 31; II Par., xxx, 16; xxxv, 13; I Esd., m, 4; II Esd., vin, 18, et de nombreux chaldaïsmes.

2° Mais les critiques récents, qui regardent les Paralipomènes comme une compilation de divers documents et qui pensent que primitivement ces deux livres, réunis à ceux d’Esdras et de Néhémie, formaient un seul ouvrage, n’attribuent plus à Esdras le travail de compilation. L’auteur inconnu, insérant dans sa Chronique les Mémoires d’Esdras et de Néhémie, n’est pas un contemporain de ces deux héros, ni un témoin et un collaborateur de leur réforme religieuse. Il appartient à une époque plus récente, assez lointaine pour parler déjà des « jours de Néhémie ». Voir col. 1576. Les ressemblances de fond et de styie entre les Paralipomènes et le Ier livre d’Esdras s’expliquent fort bien dans celle hypothèse et restent des indices de l’unité d’auteur. Quant à la double reproduction de l’édit de Cyrus, elle est due à la coupure faite par les premiers copistes qui ont opéré la séparation des écrits. Le nom du rédacteur ne nous a pas été transmis; mais puisqu’il a écrit une Chronique de Juda, on le nomme couramment le chroniste. Sa sollicitude spéciale pour les lévites et les chantres du Temple a fait supposer à plusieurs qu’il était lui-même un lévite et un chantre de Jérusalem.

L’abbé Paulin Martin, Introduction à la critique générale de l’Ancien Testament (lith.), Paris, 1887-1888, t. ii, p. 153-168, reconnaissait volontiers ce caractère composite et unique de l’œuvre primitive au moins pour les Paralipomètes et le Ier livre d’Esdras. Il pensait que la Chronique isolée, au moins le midrach dont elle dérive, sauf des interpolations postérieures, aurait été composée vers 530, peu après la publication de l’édit de Cyrus. Esdras l’aurait jointe à son livre, et le tout aurait été complété par Néhémie. Le P. de Hummelauer distingue le livre des généalogies, I Par., i-ix, de la Chronique. Le premier a été formé par un benjamite, après la fin de la captivité, comme collection des généalogies dressées avant l’exil ; c’est le livre des généalogies des douze tribus. I Par., i-vm. Il a été continué, c. ix, en vue de dresser la généalogie du peuple élu, mais n’a pas été achevé. Ce n’est peut-être pas le chroniste qui l’a joint à son œuvre propre, qui est l’histoire du sanctuaire de Jérusalem.

VIII. Style. — Le langage du chroniste est des plus caractéristiques. Le vocabulaire et la syntaxe présentent de nombreuses expressions ou formules qui sont tout à fait spéciales et ne se rencontrent pas dans les autres livres de l’Ancien Testament ou ne se lisent isolées que dans les écrits bibliques les plus récents. Ces mots spéciaux et ces particularités de syntaxe sont fréquents dans les Paralipomènes et sont réellement des expressions personnelles du chroniste. Driver, Einleitung in die Libteratur des alten Testaments, trad. Rothstein, Berlin, 1896, p. 572-576, a dressé la liste des 46 plus importantes. Cf. Clair, Les Paralipomènes, Paris, 1883, p. 53-55. Le style du chroniste se caractérise encore par l’emploi d’archaïsmes. Par exemple, la liaison des phrases par -vis, des expressions rares, des mots et des constructions poétiques. Il comporte aussi des mots

PARALIPOMENES (LES DEUX LIVRES DES

hébreux nouveaux. Ces particularités sont dues au style personnel de l’auteur plutôt qu’elles ne conviennent à l’époque à laquelle il appartenait.

IX. Sources. — 1° Livres antérieurs et canoniques f/e l’Ancien Testament. — Il est hors de conteste que l’auteur du livre des généalogies n’ait extrait ses tableaux généalogiques, I Par., i, 1-n, 2, de la Genèse, puisque ces extraits ou résumés sont dans le même ordre que les récits de la Genèse. Il a fait aussi des emprunts à l’Exode, aux Nombres et au livre de Josué. 11 ne dépend en rien du Lévitique ni du Deutéronome. On ne constate non plus aucun point de contact entre son livre et les Juges, de telle sorte qu’il se pourrait, quoique cela soit peu vraisemblable, qu’il ne connaissait pas ces derniers. Les livres de Samuel et des Rois étaient certainement sous les yeux du chroniste lorsqu’il écrivait. Il les a largement utilisés, en faisant un choix, parfois surprenant, de leurs matériaux qu’il appropriait à son but. On a constaté dans 45 passages environ l’accord verbal et réel avec celte source. Voir le tableau dressé par Cornill, Einleitung in clas A. T., 3e et 4e éd., Fribourg-en-Brisgau et Leipzig, 1896, p. 121- 122, et par F. de Hummelauer, Comment, in Paralipomenon, t. i, p. 205-206. On a nié le fait, à cause des divergences que présentent les récits communs, et l’on a supposé que les passages à peu près identiques s'expliquaient suffisamment par la communauté des sources consultées. Mais les Paralipomènes ne ressemblent pas aux livres de Samuel et des Rois sous le rapport du contenu seulement; ils s’en rapprochent aussi au point de vue du groupement des faits et de l’ordre suivi. Le chroniste reproduit aussi certaines particularités qui n’ont leur raison d’être que dans ces livres. Enfin, il copie souvent des phrases entières de ces sources. Un tel accord ne s’explique pas suffisamment par la communauté des sources consultées de part et d’autre, à moins de prétendre que ces sources ressemblaient parfaitement aux livres de Samuel et des Rois. Si le chroniste n'a pas connu la dernière rédaction de ceux-ci, il était du moins au courant de leur contenu et sous une forme très rapprochée du texte définitif. Driver estime même, à l’encontre de Nôldeke, que la plupart des jugements sur les rois de Juda ont été formulés par le rédacteur du livre des Rois. Il en résulte que le chroniste, qui les reproduit, a consulté ce livre lui-même et pas ses sources.

2" Autres sources écrites. — Le chroniste cite les litres des sources qu’il a consultées pour écrire l’histoire de la plupart des rois de Juda. Ainsi, dans l’histoire de David, il signale les Annales de ce roi, I Par., xxvii, 24, les paroles de Samuel le voyant, celles de Nathan le prophète et celles de Gad le voyant. I Par., xxix, 29. L’histoire de Salomon est racontée d’après les paroles du prophète Nathan, la prophétie d’Ahia de Silo et la vision d’Addo le voyant concernant Jéroboam, fils de Nabat. II Par., ix, 29. Le règne de Iloboarn est narré d’après les paroles de Séméias le prophète et d’Addo le voyant, Il Par., xii, 15; celui d’Abia, d’après le midrasch du prophète Addo, II Par., xm, 22; celui d’Asa, d'après le livre des rois de Juda et d’Israël, Il Par., xvi, 11; celui de Josaphat, d’après les paroles de Jéhu, fils de Hanani, qui sont insérées dans le livre des rois d’Israël, II Par., xx, 34; celui de Joas, d'après le midrasch du livre des Rois, II Par., xxiv, 27; celui d’Amasias, d’après le livre des rois de Juda et d’Israël, Il Par., xxv, 26; celui d’Osias, d’après un écrit d’Isaïe, Il Par., xxvi, 22; celui de Joatham, d'après le livre des rois d’Israël et de Juda, 11 Par., xxvn, 7; celui d'Achaz, d’après le livre des rois de Juda et d’Israël, II Par., xxviii, 26; celui d’Ezéchias, d’après la vision du prophète Isaïe et le livre des rois de Juda et d’Israël, II Par., xxxn, 32; celui de Manassé, d’après les paroles des voyants, qui sont contenues dans les annales des

rois d’Israël, et d’après les paroles d'Hozaï, II Par., xxxm, 18, 19; celui de Josias, d'après le livre des rois de Juda et d’Israël, II Par., xxxv, 26-27; de même que celui de Joakim. II Par., xxxvi, 8. Les sources ne sont pas indiquées pour les règnesde Joram, d’Ochozias, d’Athalie et des trois derniers rois, Joachaz, Jëchonias et Sédécias. Le livre des rois d’Israël et de Juda est encore mentionné, I Par., îx, 1, comme contenant toute l’histoire d’Israël.

Les documents cités sont de deux sortes : les uns sont historiques, les autres prophétiques. Quelquesuns des premiers sont caractérisés par le nom de midrasch. Différentes questions se sont posées à leur sujet. D’abord, toutes ces sources sont-elles distinctes? On reconnaît généralement aujourd’hui que le livre des rois de Juda et d’Israël, le livre des rois d’Israël et de Juda et les Actes ou Annales des rois d'Israël ne sont qu'une seule et unique histoire des rois de Juda et d’Israël, citée sous trois titres différents. Bien que les références soient exclusivement faites à propos des rois de Juda et bien que le titre complet « livre des rois de Juda et d’Israël » soit cité même après la chute du royaume d’Israël, pour les règnes de Josias et de Joakim, il est très vraisemblable que cette source unique contenait l’histoire des rois des deux royaumes. Le nom d’Israël seul pouvait convenir à la collectivité. Le chroniste ne s’occupant que de Juda n’a fait aucun emprunt à l’histoire d’Israël. Les Annales du roi David mentionnées I Par., xxvii, 24, faisaient peut-être partie aussi du livre des rois d’Israël et de Juda, ou formaient un ouvrage indépendant. Quoi qu’il en soit, le livre des rois d’Israël n’était pas, de l’avis général, identique aux Annales citées comme source d'ans le livre canonique des Rois, nonobstant la ressemblance des titres. Ces Annales, en effet, semblent avoir formé deux ouvrages distincts, racontant séparément l'histoire des deux royaumes, tandis que le livre des rois d’Israël et de Juda parait être un ouvrage unique sur les deux royaumes.

Quant aux écrits attribués aux prophètes, on les a considérés de diverses manières. Movers voyait dans les debarim de Samuel, de Nathan et de Gad les deux livres dits de Samuel. Ce sentiment ne peut se soutenir, puisque le chroniste tire de ces sources des renseignements qui ne se retrouvent pas dans ces deux livres. Pour d’autres, par exemple Driver, les paroles, visions et écrits des prophètes semblent cités par le chroniste comme des œuvres distinctes. Ce seraient alors des monographies, rédigées par les prophètes dont elles portent le nom. Voir col. 1482. Mais on ignore si elles étaient des prophéties proprement dites, qui, comme celles d’Isaïe, xxxvii-xxxix, contenaient le récit de divers événements des règnes, ou des récits historiques strictement dits. Cependant les critiques modernes pensent généralement que les sources, attribuées à des prophètes, étaient, elles aussi, diverses parties du même ouvrage sur les rois. Toutes, en effet, à l’exception de trois, sont citées au sujet des règnes de David, Salomon, Roboam, Abia, Josaphat, Osias, Ézéchias et Manassé, pour lesquels le chroniste ne renvoie pas au livre des rois. Les renseignements, empruntés aux écrits prophétiques, complètent donc ce livre. N’est-ce pas un indice qu’il n’y a pas double emploi et que toutes ces sources ne sont qu’un même livre cité sous des titres différents? Les trois exceptions ne font pas difficulté. Deux, en effet, les « paroles de Jéhu » et la « vision d’Isaïe », sont rapportées comme étant dans le livre des Rois. II Par., xx, 34; xxxii, 32. Dans le second cas cependant, quelques manuscrits des Septante ont la conjonction xai entre les mots « prophète » et « dans »; cette leçon, si elle était authentique, désignerait deux ouvrages distincts. Dans le troisième cas, au sujet de Manassé, Il Par., xxxm, 18, le texte laisse entendre,

PARALIPOMÈNES (LES DEUX LIVRES DES

quoique moins clairement, que les paroles des voyants (ou d’Hozaï) faisaient partie du livre des rois. Cette identification toutefois n’est qu’une hypothèse, qui serait renversée s’il était démontré qu’un des écrits prophétiques cités, tel que, par exemple, le midrasch du prophète Addo, II Par., xm, 22, était un ouvrage distinct. L’identité admise, on peut conjecturer que le livre des Rois était divisé en sections, dont la plupart étaient attribuées à un prophète contemporain des faits rapportés.

Quant au Midras sêfer ham-meldkhn, cité II Par., xxiv, 27, on ne peut affirmer avec certitude qu’il était identique au livre des rois de Juda et d’Israël ni qu’il formait une œuvre indépendante, dérivée du premier qu'il développait sous forme de midrasch. Dans la première opinion, qui est celle de Bertheau, Hâvernick, Iveil, Noldeke, Kuenen et Wildeboer, le chronisle n’aurait eu qu'une source unique, portant le titre de midrasch ou, au moins, en ayant le caractère. Elle aurait été une rédaclion plus développée des livres de Samuel et des Rois, faite en vue de l’édification. Dans la seconde, qui est celle de Strack et de Driver, il y aurait eu, à côté du livre des rois de Juda et d’Israël, reposant sur les mêmes documents que les livres canoniques des Rois, un midrasch, qui aurait été l'histoire des mêmes rois envisagée au point de vue religieux. Cf. Budde, Bemerkungen zum Midrasch des Bûches dcr Kônige, dans la Zeitschrift fur die alttest. Wissenschaft, 1892, p. 37 sq.

Quoi qu’il en soit, tout en dépendant des livres canoniques de Samuel et des Rois, les Paralipomènes ont eu pour source principale le livre des rois d’Israël et de Juda, qui dérive lui-même des mêmes documents. Driver a résumé ces conclusions dans le schéma suivant :

Page 1