‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 40 sur 389 · MONARCHIE · texte numérisé non relu

MONARCHIE

MONACENSIS (CODEX) —

thèque sous la cote iat. 6436 {Fris. 236), se compose d’un certain nombre de feuillets de garde arrachés à la couverture de volumes provenant de Freising. Ce curieux manuscrit d’une ancienne version latine du Nouveau Testament comprend actuellement (août 1904): huit feuillets doubles, huit feuillets simples, plus un fragment de feuillet double tiré de la couverture du codex lat. 6317 et deux bandes de parchemin tirées de la couverture des codex lat. 6220 et 6277 . 22 feuillets furent d'abord publiés par Ziegler, ltalafragmente cler Paulinischen Briefe, etc., Marbourg, 1876. Ils contenaient: Rom., xiv, 10-xv, 3 ; I Cor., i, 1-in, 5 ; vi, 1-vu, 1 ; xv, 14' 43; xvi, 12-11 Cor., n, 10; II Cor. ni, 17-v, 1; vu, 10,

viii, 12; ix, 10-xi, 21 ; xii, 14-xm, 10; Gai., n, 5-m, 5; Eph., i, 16-n, 16; P h i 1 . , I, 1-20; iv, 11-1 Thess., i- 11 ; I Tim., i, 12-n, 15; v, 18-vi, 13 ; Heb., vi, 6-vm, 1 ;

ix, 27-xi, 7. L’année suivante, Ziegler publia ses Bruchstïicke einer vorhieronym. Uebersetzung der Petrusbriefe, Munich, 1877. Ces fragments (I Pet. i, 8-19 ; n, 20-ni, 7) avaient été déchiffrés par lui sur la couverture du codex lat. 6230 où les feuillets de garde, aujourd’hui disparus, s’étaient jadis imprimés par décalque, lorsque la colle était encore fraîche et humide. Ziegler y joignait d’autres fragments (I Pet., iv, 10-11 Pet., I, 4), conservés en parlie sur deux bandes de parchemin arrachées à la couverture des codex lat. 6220 et 6227. Il y joignait aussi la première Épitre de saint Jean (à partir de ni, 8) d’après un double feuillet mutilé qui faisait partie du codex lat. 6436. Ce dernier texte a cela d’intéressant qu’il renferme le comma jolianneum (I Joa., v, 7) mais après le verset 8, comme le Cavensis, sous cette forme: quia sps [sic] est veritas qoni (am très sunt qui testificantur) in terra, sps et aqua et s\(nguis et très sunt qui tes)TIFICANTUR IN CŒLO PATER E (l Filius et Spiritus sanctus et hi) très unum sunt. si testim (onium) etc. Les parties comprises entre parenthèses sont restituées par conjecture. D’après Ziegler, le texte des Epitres catholiques semble être celui dont Fulgence de Ruspe (468-533) s’est servi; Westcott et Hort se demandent s’il n’appartiendrait pas plutôt à la recension italienne. — On peut rattacher à ce manuscrit deux feuillets découverts en 1892 dans la bibliothèque de l’Université de Munich et publiés par Wôlfilin, Neue Bruchstùcke der Freisinger ltala (dans les Sitzungsberichte... der Akad. de>~ Wissenschaften zu München, Munich, 1893, p. 253-280); ainsi que deux autres feuillets de l’abbaye de Gôttweig, sur le Danube, feuillets publiés par Rônsch dans la Zeitschrift fur wissensch. Theol., t. xxii, Leipzig, 1879, p. 224-238. Ces deux feuillets contiennent Rom., v, 16-vi, 4; vi, 6-vi, 19 ; Gai., îv, 6-19 ; iv, 22-v, 2. — Gregory, Textkritik, etc., 1900, p. 611-613, désigne les fragments des Épitres catholiques par la lettre q (déjà attribuée au Monacensis lat. 6224 des Évangiles). Il appelle r les fragments de saint Paul publiés en 1876 par Ziegler (sauf PhiL, iv, 11-28; I Thess., i, 1-10, feuillet du VIIe siècle qu’il désigne par r -) et r3 le texte de l’abbaye de Gôttweig.

IV. On a encore nommé Monacensis un manuscrit grec oncial des Évangiles, écrit au IXe ou au Xe siècle, et coté Ms. fol. 30 à la bibliothèque de l’Université de Munich. Les Évangiles, où le texte et le commentaire alternent, sont rangés dans l’ordre suivant: Matthieu, Jean, Luc, Marc (ce dernier sans commentaire). Le codex passa successivement de Rome à Ingolstadt, de là à Landshut, puis à Munich en 1827. Les lacunes sont suppléées en cursive. Collationné par Scholz, Tischendorf et Tregelles, il est d’une valeur secondaire. On le désigne généralement en critique par la lettre X : von Soden î appelle A3. F. Prat.

MONARCHIE, gouvernement du peuple par un roi. — Abraham, Isaac et Jacob avaient vécu en nomades et gouverné eux-mêmes leur famille. Après la sortie d’Égypte, Moïse conserva le régime patriarcal, fondé sur

la famille naturelle : les familles diverses étaient groupées en tribus, et avaient chacune leur chef particulier, selon l’ordre de primogéniture. Dans le désert et au moment de la conquête, les douze tribus eurent un chef unique, Moïse d’abord, puis Josué, mais une fois qu’elles se furent établies et fixées dans la Terre Promise, elles ne furent plus unies que par les liens de la parenté et de la religion, sans être soumises à une autorité supérieure unique, sans former un corps de nation compact et sans pouvoir politique central. Ce manque de cohésion était une grande cause de faiblesse, et tous les voisins des Hébreux ayant un roi à leur tête pouvaient facilement soumettre à leur joug les tribus isolées. Moïse avait prévu ces conséquences. « Quand tu seras entré dans le pays que te donne Jéhovah ton Dieu, que tu en auras pris possession et que tu y auras établi ta demeure, si tu dis : Je veux me donner un roi qui soit sur moi, comme toutes les nations qui m’entourent, tu placeras au-dessus de toi un roi que Jéhovah ton Dieu aura choisi. Tu prendras pour l’établir roi sur toi un de tes frères; tu ne pourras pas te donner pour roi un étranger qui ne serait pas ton frère. »Deut., xvii, 14-15.

I. Établissement et durée de la monarchie. — Ce ne fut cependant qu’après un temps assez long que la royauté fut établie en Israël. L’idée en avait germé peu à peu parmi le peuple; après avoir beaucoup soullert des invasions madianites, il avait voulu conférer le pouvoir à Gédéon, mais ce juge l’avait refusé. Jud., viii, 22-23. Son lils Abémélech s’attribua le titre qu’avait refusé Gédéon; son entreprise n’aboutit qu’à un échec à cause de sa tyrannie. Jud., IX. Les Israélites sentaient pourtant de plus en plus le besoin d’unité pour être capables de résister à leurs ennemis. La puissance redoutable des Philistins, peuple de race japhélique qui avait grandi au sud-ouest du pays, qui était exercé à la guerre et avait entre les mains des armes supérieures, devint tout à fait menaçante pour Israël fractionné et divisé. Ce danger qui menaçait ainsi les tribus, joint aux plaintes que suscita la conduite des fils de Samuel, I Reg., viii, 3-5, produisit un mouvement d’opinion si fort en faveur de la royauté qu’elles demandèrent expressément à Samuel de mettre un roi à leur tête. I Reg., viii, 5. Le vieux juge ne fut point d’abord favorable à leur requête, mais après leur avoir exposé les charges que leur imposerait la royauté, sans parvenir à les dissuader, il se rendit à leurs désirs, sur l’ordre de Dieu, et Saiil devint, par le choix divin et par l’élection populaire, le premier roi de son peuple. I Reg., viii, 6-22. La monarchie ainsi inaugurée ne conserva son unité que pendant le règne des trois premiers rois. Saül, rejeté de Dieu à cause de ses infidélités, céda la place à David, et ses descendants occupèrent le trône de Juda jusqu’à la captivité de Babylone. Dix tribus avaient fait schisme après la mort de Salomon; elles furent emmenées en captivité en 721 avant J.-C., après la ruinedu royaume du nord- La monarchie fut restaurée plus tard sous les Machabées (voir Machabées, col. 482) jusqu’à ce qu’elle succombât sous les coups de la domination romaine (63 avant J.-C.).

IL Caractère de i.a monarchie. — La monarchie israélite fut théocratique, selon le mot inventé par Josèphe pour expliquer aux Grecs quelle en était la nature : ©soxpatta, (oç av xi; eïttoi ëiaa-â|J.£voç tôv Àoyov. Contr. Apion., n, 16. Dieu était le roi d’Israël avant l’établissement de la royauté, Deut., xxxm, 5; Jud., vu, 23; I Reg. (Sam.), viii, 7; cf. Exod., xv, 18; xvm, 19' (texte hébreu) ; il continua à l’être après. Le roi terrestre ne fut que le représentant visible de Jéhovah, qui demeura toujours le roi invisible. Le roi temporel ne fut pas un maître absolu, placé au-dessus de toutes les lois; le Seigneur lui imposa sa volonté en l’astreignant à respecter la Loi qu’il avait donnée à son peuple paix

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