‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 41 sur 389 · MONARCHIE · texte numérisé non relu

MONARCHIE

MONNAIE

Moïse, Deut., xvn, 18-20; cf. III Reg., xxi; de plus, 1 toutes les fois qu'il le jugea utile ou nécessaire, il lui intima ses ordres par ses prophètes. Le ministère prophétique donna à la royauté en Israël un caractère spécial qu’elle n'a jamais eu et n’a jamais pu avoir chez aucun autre peuple. Les prophètes furent les interprètes de Dieu auprès de la personne royale, et ils opposèrent une résistance inébranlable, quoique non toujours victorieuse, à ses tentatives de tyrannie, d’idolâtrie et d’abus, de quelque nature qu’il pût être.

Outre ce caractère théocratique, la monarchie israélite eut aussi un caractère démocratique. Le peuple prit une part capitale à l’établissement de la royauté; les droits du monarque, consignés dans un livre par Samuel, lui furent communiqués et acceptés par lui.

I Reg., x, 24, 25. Quand Israël reconnut David comme roi, il fit alliance, berlt, avec lui. II Reg., II Reg., m,

21 ; v, 3. Les dix tribus exposent leurs griefs à Roboam et refusent de lui obéir, parce qu’il ne veut pas leur rendre justice. III Reg., xn, 3-20. A l’avènement de Joas, le grand prêtre Joïada renouvela l’alliance, berlt, entre le peuple et le roi. IV Reg., xi, 17. Après la mort de Josias, tombé sur le champ de bataille, le peuple lui donna pour successeur son fils Joachaz. II Par., xxxvi, 1.

III. Ordre de succession. — La royauté fut d’abord élective. Dieu choisit Saül, I Reg., IX, 15-17, mais il le fit désigner au peuple par le sort et le peuple l’agréa comme roi. I Reg., x, 17-27. Il en fut de même pour David. Le Seigneur l’indiqua d’abord à Samuel, I Reg., xvi, 12-13 ; puis, après la mort de Saüi, la tribu de Juda à laquelle il appartenait, le plaça à sa tête comme roi,

II Reg., il, 4, à Hébron, et plus tard tout Israël lui conféra le même titre. II Reg., v, 1-3. Le premier roi d’Israël, Jéroboam, avait appris par le prophète Achias que Dieu lui donnerait dix tribus, III Reg., xi, 29-30, mais ce fut l’assemblée du peuple qui le proclama roi.

III Reg., xu, 20.

Une fois la monarchie établie, le principe d’hérédité fut naturellement reconnu, selon l’usage général. Aussi, malgré la répudiation que Dieu avait faite de Saül, son fils Isboseth régna-t-il après la mort de son père sur la majorité des tribus, II Reg., ii, 8-10, et ce ne fut qu’après l’assassinat de ce prince qu’elles se soumirent à David. La couronne semblait revenir de droit à l’aîné, et c’est pourquoi le fils aîné de David, Adonias, y aspirait et fut soutenu par de nombreux partisans. III Reg.,

I, 5, 9, 24-25. Mais le droit de succession n’était pas encore rigoureusement fixé et, par la volonté de Dieu et le choix de David, ce fut Salomon, plus digne que son frère de la royauté, qui lui succéda. III Reg., i, 29- 40. La dérogation faite en sa faveur au droit d’ainesse fut approuvée par le peuple. III Reg., i, 40. La succession fut régulière, dans la suite, dans le royaume de Juda, excepté sous les derniers rois, où plusieurs d’entre eux furent imposés par les conquérants, mais la dynastie de David se maintint sur le trône de Jérusalem jusqu’à la captivité de Babylone. Voir Juda. (Royaume de) 7, t. iii, col. 1774. En Israël, des révolutions violentes amenèrent plusieurs changements de dynastie. En temps ordinaire, le fils aîné succéda aussi au père dans le royaume du nord. Voir Israël (Royaume d’), t, ni, col. 1000. Lorsque la royauté fut rétablie sous les Hasmonéens, l’ordre de succession fut plus ou moins exactement respecté. Voir Maciiabées 1, col. 483. Sur le pouvoir des rois, leur cour, leurs revenus, etc., voir Roi. — Cf. E. Lévy, La Monarchie chez les Juifs en Palestine selon la Bible et le Talmud, in-8°, Paris,

MONDE (grec : v.éop.oç ; Vulgate : miindus), motem- I ployé rarement dans l’Ancien Testament et fréquemment [ dans le Nouveau, dans des significations très diverses. 1

1° Ancien Testament. — Dans la Vulgate, mundus traduit divers mots hébreux : ’érés, « la terre, » dans Job, xxvm, 24 (Septante : rpv ùu’ oùpavôv uStxav); 1 ùlâm , dans l’Ecclésiaste, m, 11, où l’hébreu porte : « [Dieu] a mis aussi dans leur cœur (la pensée de) l’éternité, » comme l’ont rendu les Septante, mais où le latin dit : « Il a livré le monde à leurs disputes ; » le même mot 'ôlàm dans Habacuc, m, 6, colles mundi, où il s’agit de « collines antiques ». Le mot mundus d’Ecclésiastique, xiv, 12, n’a rien qui lui corresponde dans l’hébreu ni dans le grec; Eccli., xxvi, 21, il répond à l’èv ùildaToiç du grec; Eccli., xliii, 10, au xdop.o; du grec (rien ne correspond en hébreu, f. 9). Le mot mundus se lit une fois dans la Genèse latine pour traduire le nom égyptien d eSdfenat pa'enéah (voir Joseph 1, t. m, col. 1668) : « Sauveur du monde, » traduction qui n’est pas littérale. — On voit par là qu’il n’existe dans la langue hébraïque aucun terme qui signifie spécialement le « monde ». L’idée exprimée par ce mot est d’origine grecque et latine. On lit six fois mundus dans le second livre des Machabées, m, 12; vu, 9, 23; vm, 18; xii, 15 ; xm, 14, pour désigner Dieu ou la création, son œuvre, et il traduit partout le grec y.éo-po;.

2° Nouveau Testament. — Le terme grec y.d<7|xoç signifie tout d’abord « ordre », Iliad., xu, 223; Thucydide, m, 77; Xénophon, Œcon., vm, 20; ensuite, « ornement, » Iliad., xiv, 187; I Pet., m, 3; cf. mundus muliebris, Ezech., xxm, 40, et par extension « le monde », à cause sans doute de l’ordre avec lequel le Créateur a disposé toutes ses œuvres et aussi à cause de leur beauté. Voir Sap., vii, 17; xvi, 17 (texte grec). Quem yda-gov Græci nomine ornamenti appellarunt, eum nos a perfecta absolulaque elegantia mundum, dit Pline, H. N., il, 3. Cf. Platon, Gorgias, t. i, p. 508. On croit que c’est Pythagore qui a le premier employé le mot •/.ôgu.oç, dans le sens de « monde ». — Dans la Vulgate, mundus se dit : — 1. De l’universalité des choses créées, Matth., xvi, 26; Luc., xi, 50; Joa., vm, 12; I Cor., vm, 4; Heb., iv, 3; ix, 26; Apoc., xin, 8; xvii, 8, etc. — 2. De la terre habitée, Matth., iv, 8; Rom., i, 8; Apoc., xi, 15, etc.; Joa., I, 10; vi, 14; xi, 27, etc. — 3. Dans un mauvais sens, de ce qu’il y a de vicieux et de vain parmi les hommes. I Cor., n, 12; m, 19 ; vu, 33, 34; Gai., vi, 14; II Pet., i, 4; I Joa., il, 15, etc. — 4- Des habitants de la terre, II Cor., i, 12, c'est-à-dire des hommes, Matth., xm, 38; Joa., i, 29 ; Rom., iii, 6, etc., en particulier de ceux qui ne sont pas disciples de Jésus, Joa., vii, 4, 7; I Cor., I, 21, etc., et aussi des gentils opposés aux Juifs, dans Luc., xu, 30; Rom., xi, 15; Eph., il, 12. — 5. Il s’entend quelquefois des hommes d’une même génération ou d’une même époque. II Pet., n, 5; Eph., il, 2. — Pour la création du monde, voir Création et Cosmogonie, t. n, col. 1101, 1034. — Pour la Fin du monde, voir t. ii, col. 2262.

MONÜTOR, saurien long de cinq à six pieds, tenant le milieu entre le crocodile et le lézard ordinaire. C’est V tlydrosaurus nilolicus, commun en Egypte, et qui a existé aussi en Palestine. Voir Lézard, t. ii, col. 226.

MONNAIE, pièce de métal précieux, pesée ou frappée, servant au commerce. Elle n’a pas de nom spécial en hébreu. On la désigne en général par les mots késêf, « argent; » nehôsct, « bronze; «grec : àpyéptov, véixterp.a; Vulgate : acs, argentum , numisma, nummus, pecunia. Les principaux termes employés dans l’Ancien Testament pour désigner les monnaies particulières sont les suivants : 1° Hébreu : séqél ; Septante : cfy.Xoç, 6tSp âyp.ov ; Vulgate : siclus. 2° Hébreu : béqa' ; Septante : Spa/p.-p, y)p.t<7u xoü 8iÀpccy p.ou ; Vulgate : dimidium sicli, 1/2 sicle. 3° Hébreu : ràba’ ; Septante : xÉrapxov ot/.Xo-j ; Vulgate : quarta pars staleris, 1/4 de sicle. 4° Hébreu : geràh; Septante ■ ôêûXôs; Vulgate, obulus ,

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1/20 de sicle. Voir Obole. Les monnaies de compte étaient : 1° le kikkâr ou talent; Septante : Toàavrov; Vulgate : talentum. Ce mot signifie proprement» cercle ou globe». 2° La mânéh; Septante pvâ; Vulgate : mna, « portion, part. » La mine valait suivant les cas 50 ou 00 sicles, le talent 60 mines.

I. La monnaie pesée. — /. citez les hébreux. — Le premier système employé pour évaluer la monnaie fut la pesée. C’est le procédé usité chez tous les peuples de l’antiquité jusqu'à l’invention de la monnaie frappée par Gygès, roi de Lydie, et il continua à rester en usage, dans le peuple, même après cette invention. Les Hébreux se servirent de la pesée, comme toutes les nations avec qui ils étaient en relation. Le verbe sâqal, « peser, » est synonyme de payer. Gen., xxm, 16; Il Reg. (Sam.), xvni, 12; Is., xlvi, 6; Jer., xxxii, 9; I Esd., vm, 25; Esther, ni, 9. Les sommes d’argent sont désignées par les mêmes termes que les poids qui les représentent : talent, mine, sicle, etc. Il en était de même en Égypte et en Assyrie. Lin texte grammatical assyrien emploie le même mot que l’hébreu, n Sdqal, « peser, » se dit pour payer en argent et mddad, « mesurer, » pour payer en grains. » Fr. Lenorrnant, Histoire de la monnaie, in-8°, Paris, 1878, 1. 1, p. 111 . L'opération du pesage de I t monnaie est figurée sur les monuments égyptiens. Voir Balance, t. i, fig. 420 et 421, col. 1403. On comprend la nécessité de peser avec des balances justes et de ne pas tromper sur le poids. Le juste est loué parce qu’il se sert d'une balance juste et le voleur blâmé parce qu'il se sert d'une balance fausse, Lev., xix, 36; Ps. i.xi (hébr., lx), 10; Prov., xi, 1; Ezech.,XLV, 10; Amos, Vin, 5. Voir Balance, t. i, col. 1405. Le plus ancien texte de la Bible où il soit question de métal comme représentant un signe de richesse, et en même temps par conséquent un moyen d’échange, est celui où il est parlé de la fortune d’Abraham. « Il était, dit la Gen., xhi, 2, très riche en troupeaux, en or et en argent. » La Vulgate a supprimé le mot troupeau. Cf. Gen., xxiv, 35. Abimélech donne à Abraham mille pièces d’argent pour acheter un voile à Sara. Gen., xx, 16. Les Septante traduisent l’hébreu ’éléf ke'séf, mille argenteos, par /O. ia ôiSpaxpa, interprétation du mot en valeur contemporaine des traducteurs. Lorsque Abraham acheta à Éphron la caverne et le champ de Mambré, pour y faire sa sépulture et celle de sa famille, Éphron lui demanda 400 sicles d’argent qu’Abraham lui pesa en argent ayant cours parmi les marchands. Gen., xxm, 15-16. C’est la première fois qu’on trouve le mot sicle, qui signifie un poids d’argent, d’après le système chaldéo-babylonien, en usage dans le commerce. L’argent dont se servaient lès marchands est appelé en hébreu késéf * obér lassôh&r ; Septante : apyépiov oov.'.uov ép.udpot;; Vulgate : argentum probatæ monetæ publicæ. Abraham pesa l’argent, vay-iseqôl, en présence des fils de Heth, Jacob paya aux fils d’Hémor une portion de champ cent qesitâli, mot que les Septante traduisent par àpvdç et la Vulgate par agnus. Gen., xxxm, 19. Le même terme se retrouve dans Jos., xxiv, 32, et dans Job, xlii, 11. On a voulu voir là une monnaie frappée à l’effigie d’un agneau. C’était peut-être un poids ayant la forme d'un agneau, comme les poids égyptiens ou assyriens avaient la forme de lions, de gazelles, ou d’autres animaux. Wilkinson, A popular aceount of the ancient Egyptians, 2 in- 1 2, Londres, 1854, t. n, p. 151, explique ce mot par la coutume qu’avaient certains peuples anciens de prendre la brebis comme une sorte d’étalon de la valeur monétaire. Gesenius, Thésaurus, p. 1241, attribue au qesilâh la valeur de 4 sicles, mais ce n’est qu’une conjecture. Cf. En somme on ignore ce qu’était le qeèitdh. Les frères de Joseph le vendirent aux marchands ismaélites vingt pièces d’argent, Gen., xxxvii, 28 (Septante : vingt pièces d’or). — Lorsqu’ils vinrent acheter du blé en Égypte, à l’époque de la famine, ils

apportèrent, pour le payer, de l’argent que Joseph fit remettre à l'entrée de leurs sacs. Gen., xlii, 25, 27, 35; xliii, 12, 15,21, 22; xliv, 1,8. C’était de l’argent de bon aloi. Gen., xliii, 23. Il était enfermé dans des bourses dont l’usage est plusieurs fois rappelé dans la Bible. Voir Bourse, t. i, col. 1899. Dans la loi mosaïque les contributions des Israélites au sanctuaire, Exod.,xxx, 13; xxxviii, 27 (hébreu et Sept., 27); les vœux, Lev., xxvii, 3-8; les sacrifices expiatoires, Lev., v, 15; le rachat des premiers-nés, Num., ni, 47 , 50; xvm, 15-16, sont évalués en sicles d’argent de vingt gêrah. Les textes montrent au-ssi qu’on établissait en argent le prix des animaux, des maisons, des champs, du blé, Lev., xxvii, 13, 15, 16, 25 ; de la nourriture et de la boisson. Deut., il, 6, 28; xiv, 21, 26. Les sévices contre les personnes étaient punis par des amendes évaluées en argent, Exod., xxi, 22, 30, 32; nous trouvons une estimation semblable dans la loi de Hammourabi, trad. Scheil, in- 16, Paris, 1904, § 24, 113-115,198, 199, 201, 203, 204, 208-214, 216, 217, 221-223, etc., p. 6, 18, 20, 41-54.

Quand ils s’emparèrent de la terre de Chanaan, les Hébreux y trouvèrent le même système monétaire, Jos., vu, 21. Au temps des Juges et des Rois on continua à s’en servir. Fine femme d’Éphraïm réclame à son 111% onze cents pièces d’argent qui lui ont été volées. Celui-ci, nommé Michas, les rendît à sa mère, qui en donna deux cents à un ouvrier pour qu’il en fit une image en métal. Jud., xvii, 3-8. Le même Michas paya dix pièces d’argent par an à un lévite, en plus du vivre, du couvert et du vêtement, pour qu’il lui servit de père et de prêtre. Jud., xvii, 10. Voir Michas, col. 1061. Le serviteur de Saül réserve un lingot d’un quart de sicle pour payer la consultation que son maître demande à Samuel afin de retrouver ses ânesses. I Reg. (Sam.), ix, 8. La Vulgate traduisit ici sicle par statera. Joab dit à l’homme qui lui annonce qu’Absalom est suspendu à un chêne: « Je t’aurais donné dix sicles d’argent et un baudrier si tu l’avais tué. » Le messager répond qu’il n’aurait pas touché au fils du roi, même si on lui avait pesé mille sicles. II Reg. (Sam.), xvm, 11-12. David achète l’aire et les bœufs du Jébuséen Oman 50 sicles d’argent,

II Reg. (Sam.), xxiv, 24; dans I Par., xxi, 25, il est question de sicles d’or, mais c’est évidemment une altération. Salomon achète des chars égyptiens au prix

! de 600 sicles d’argent et des chevaux à 150 sicles l'un.

III (I) Reg., x, 29; II Par., i, 17. Pendant le siège de Samarie par Bénadad, roi de Syrie, la famine était si grande qu’une tète d’âne se vendait quatre-vingts sicles d’argent et le quart d’un cab de fiente de colombe, c’est-à-dire environ 29 centilitres, valait cinq sicles.

IV (II) Reg., vi, 25. Élisée avait prédit cette famine et annoncé que le boisseau de Heur de farine se vendrait un sicle et deux boisseaux d’orge le même prix. IV (II) Reg., vu, 1. La Vulgate dit un statère. Jérémie achète le champ de son cousin Hanaméel dix-sept sicles d’argent, les lui pèse et signe le contrat. Jer., xxxii, 8-12. La Vulgate traduit sicle par stater. Voir Contrat, t. ii, col. 929.

Le sicle d’argent a donc été pendant toute cette période l’unité monétaire, c’est de lui qu'il est question lorsqu’on parle de pièces d’argent sans en désigner le nom. Gen., x, 16: xxxvii, 28; xlv, 22; Jud., xvi, 5 : xvii, 2, 4, 10 ; IV (II) Reg., vi, 25 ; II Par., i, 17. Il est aussi question de pièces d'or, IV (II) Reg. (Vulgate), v, 5, en particulier d’une pièce appelée darkémon solidus. I Par., xxix, 7. Voir Darique, t. n, col. 1297. Le talent, kikkâr, sert de monnaie de compte pour les sommes considérables ; on compte par talents d’or, III (I) Reg., ix, 14, 28; x, 10, 14; IV (II) Reg., xvm, 14; xxm, 33; I Par., xix, 6; xxix, 4; II Par., vm, 18; îx, 9, 13; xxxvi, 3;

| etc.; par talents d’argent III (1) Reg., xvi, 24; xx, 39; IV (II) Reg., v, 5, 22, 23 ; xv, 19-20 ; xvm, 14 ; xxm, 33; 1 Par., xxix, 4, 7 ; II Par., xxv, 6 ; xxxvi, 3. Le talent est

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une valeur numérique et non une pièce monétaire. Naaman fait deux sacs contenant chacun un talent, IV (II) Reg., v, 23, c’est-à-dire renfermant une somme équivalente. — Pour réunir mille talents d’argent qu’il doit payer au roi d’Assyrie, Manahem, roi d'Israël, lève un impôt de 50 sicles par tète. IV (II) Reg., xv, 19, 20. — Les peuples voisins avaient le même étalon que les Israélites et leurs comptes sont établis de la même façon. Nous en avons des exemples pour les Madianites, Jos.,vn, 21, les Philistins, Jud., xvi, 5; pour les Ammonites, I. Par., xix, 6; II Par., xxvii, 5 ; pour les Syriens. IV (II) Reg., v, 5. 22, 23.

Après le retour delà captivité, nous retrouvons la même monnaie en Palestine. Artaxerxès fait donner 100 talents d'argent à Esdras pour ses besoins. I Esd., vu, 21. Néhémie dit que les gouverneurs de Palestine exigeaient du peuple 40 sicles par jour. II Esd., v, 15; pour la construction du temple il lève un impôt d'un tiers de sicle par an. II Esd., x, 32. On compte aussi l’argent par mines. I Esd., il, 69; II Esd., vu, 70-71. Nous voyons alors apparaître la monnaie frappée des Perses, la darique d'or. I Esd., ii, 69; II Esd., vii, 70-71.

Pour se rendre compte de la valeur de la monnaie pesée chez les Hébreux il faut d’abord étudier les systèmes monétaires des Égyptiens et des Chaldéo-Syriens dont ils se sont servis.

II. LA MONNAIE PESÉE CHEZ LES ÉGYPTIENS. — Le commerce en Égypte se faisait surtout par échange. G. Maspero, Hist. anc., t. i, p. 323-324. Cependant on se servit de bonne heure des métaux comme équivalents de la valeur des objets vendus. On pesait chaque fois le métal dans des balances. Dans le commerce intérieur le métal en usage était surtout le cuivre. L’unité de poids et, par conséquent, l’unité monétaire de cuivre, était le tabnou qu’on désigne aussi sous le nom à'outen ou de deben. Le vrai nom est tabnou G. Maspero, Hist. anc., t. I, p. 324; E. Rabelon, Les origines de la monnaie, in-8°, Paris, 1897, p. 51, n. 1. Le tabnou pesait de 90 à 98 grammes. Sur les hiéroglyphes, il est représenté par un fil replié => ou !=> dont on pouvait rogner les extrémités pour l’ajustage du poids. Fr. Lenormant, La monnaie dans l’antiquité, t. i, p. 104-105; E. Babelon, Les origines, p. 51. Le tabnou est divisé en dix kites. On possède au musée de Boulaq des étalons du tabnou et de ses subdivisions. A. Mariette, Monuments divers recueillis en Égypte et en Nubie, Paris, 1872, pl. 97-100. Les gratifications aux soldats, les salaires d’ouvriers, les objets mobiliers, les champs, les maisons, les céréales, les esclaves, les amendes, sont évalués en tabnous de cuivre. G. Maspero, Du genre épistolaire chez les Égyptiens, in-8°, Paris, 1872, p. 77 ; Recueil de travaux relatifs à l Égypte et à l’Assyrie, t. i, 1879, p. 57; Fr. Lenormant, La monnaie dans l' antiquité , t. I, p. 95- 96; E. Babelon, Les origines de la monnaie, p. 53-54. Cf. les oslraca du Brilish Muséum, n. 5633, 5636, 5649.

A partir de la dix-huitième dynastie, c’est-à-dire du xve siècle avant J.-C., le commerce avec les Asiatiques se fit au moyen de l’or et de l’argent que l’on continua à peser. Pour plus de facilité, les métaux précieux servant au paiement avaient la forme d’anneaux. On voit sur les monuments des corbeilles remplies de ces anneaux (fig. 313). Fr. Lenormant, Hist. ancienne, 9e édit. in-4°, Paris, 1883, t. ni, p. 58. On possède dans les musées, notamment à Leyde, des anneaux d’or qui ont servi ainsi de monnaie et dont les poids se rapportent au système chaldéo-babylonien. Leemans, Egyptische Monumenten van het nederl. Muséum, Leyde, 1839-1876, t. ji, pl. xli, n. 296. Quelques-uns sont recourbés en S comme les tabnous. Un anneau d’or publié par JI. Michel Soutzo et qui parait avoir servi au même usage est ouvert et pèse 17 gr. 40. Des points au nombre de 84, marqués par moitié sur chaque face, paraissent marquer des subdivisions. L'anneau est équi-

valent en poids à 1/6 de tabnou. E. Babelon, Les origines, p. 52 (fig. 314).

Les scribes égyptiens évaluaient l’or et l’argent asiatique en tabnous. C’est ainsi que, dans la grande ins-

i 313. — Anneaux d'or et d'argent servant de monnaie. Thèbes. D'après Wilkinson, The manners of the anc. Egyptians, 1. 1,

cription du temple de Karnak, Thothmès III dit qu’il reçut des Khétas de Syrie 301 tabnous d’argent, environ 27 892 grammes, en 8 anneaux. Chaque anneau valait donc 37 ou 38 tabnous et pesait 3462 grammes. Fr. Lenormant, La monnaie, 1. 1, p. 103 ; E. Babelon, Les origines, p. 53. 301 tabnous valaient 5 mines ou 250 sicles du système babylonien, le sicle pesant 14 gr. 53; l’écart entre les deux poids est très minime. Fr. Lenormant, Ibid.; Brandis, Das Münz- Mass- und Gewichlwesen

314. — Anneau d’or servant de monnaie appartenant au baron de Saurma. D’après M. Soutzo, Étalons pondéraux primitifs, pl. III, A. B. G.

im Vordcrasien, in-8°, Berlin, 1866, p. 91; F. Hultsch, Griechische und rômische Métrologie, 2e édit., in-8°, Berlin, 1882, p. 374. Un ostracon de pierre calcaire qui est au musée du Louvre, Th. Deveria, Catalogue des manuscrits égyptiens, ix, 10, p. 188, indique la conversion des sicles en monnaie égyptienne et le prix du change. Fr. Lenormant, Histoire de la monnaie, 1879, t. I, p. 105-106. Les marchands peu scrupuleux falsifiaient les anneaux, mêlant aux métaux plus précieux la quantité de métaux moins précieux, qu’ils pouvaient supporter sans que le poids fût changé. On arrivait ainsi à mêler, par exemple, un tiers d’argent à deux tiers d’or. C’est la crainte de cette fraude qui maintint l’usage des échanges dans le peuple. G. Maspero, Histoire ancienne, t. i, p. 324-326 ; Lectures historiques, in-8, Paris, 1890, p. 21-23; Fr. Lenormant, Histoire ancienne, t. ni, p. 57-59. On se servait aussi de balances fausses. Aussi dans le Livre des Morts, le défunt mentionne parmi ses vertus, celles de n’avoir pas tiré sur le peson et de n’avoir pas faussé le fléau de la balance. G. Jlaspero, Hist. ancienne, t. i, p. 189.

III. LA MONNAIE PESÉE CHEZ LES CHALDÉENS, LES assyriens et les dabyloniens. — Les tablettes cunéiformes nous font connaître l’existence, dès le xxii0 siè-

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cle avant J.-C. d’un autre système de poids pour les métaux, en usage dans l’Asie antérieure. La base de ce système était la mine, dont la soixantième partie était le sicle. Le talent valait 60 mines ou 30 kilos 300 grammes environ. British Muséum, A Guide to the babylonian and assyrian Antiquities, in -8°, Londres, 1900, p. 141-150, n. 1-6; 10-13; 17, 36, 37, 52, 62, 71, 83, 87, 89, 94, 102, 117, 119. Cf. Loi de Hammourabi, textes cités plus haut. La mine pesait entre 492 et 485 grammes, le sicle environ 8 grammes 42. C. F. Lehmann, Das Altbabylonischen Mass- und Gewichtsystem, in-8», Leyde, 1893; Fr. Lenormant, La monnaie, t. i, p. 111; E. Babelon, Catalogue des monnaies de la Bibliothèque nationale, Les Achéménides, in-4°, Paris, 1893, p. v. Les comptes du temple de Tell-Loh prouvent que, vers l’an 2000, le sicle fut divisé en ISO she, pesant environ 0sr047. Mais cette subdivision fut abandonnée par la suite. G. Reisner, Altbabylonischc Maassc und Gewichte, dans les Sitzungsberichte der Bcrliner Akadem. d. Wissenschaften, 1896, p. 417-426. Les tablettes de Tell-el-Amarna montrent que les peuples de la Mésopotamie, de la Syrie et des Iles, se servaient du même système de poids monétaires. IL Wincklcr, Der Thontafelfund von El Amarna, édit, anglaise, Tell el Amarna letters, in-8°, Berlin, 1896, n° 2, lig. 15 et 21; n° 5, lig. 27, 32; n° 7, lig. 11, 14; n» 25, lig. 10; n° 26, lig. 9; n» 27, lig. 18; n» 33, lig. 6; p. 9, 13, 15, 81, 85, 93. (Les deux éditions sont identiques, sauf la langue de la traduction.)

Des documents datés du vne et du VIe siècle, c’est-àdire depuis le règne d’Asarhaddon jusqu’à la prise de Babylone par Cyrus, donnent l'indication de prêts, de location ou le prix de maisons, d’esclaves, d’animaux, etc., en talents, mines et sicles d’argent. Oppert et Ménant, Documents juridiques de l'Assyrie et de la Chaldée, in-8°, Paris, 1877, p. 182, 185, 202; Fr. Lenormant et E. Babelon, Hist. anc., t. v, p. 98, 100; Histoire de la monnaie, t. i, p. 98-100; E. Babelon, Les origines, p. 56-57 ; British Muséum, .4 Guide to the babylonian and assyrian Boom, p. 173-186, n. 72, 75, 76, 81, 86, 88-96, 99, 102, 104-105, 109, 116, 119, 126, 130, 131, etc. Après la prise de Babylone par Cyrus, on continua à compter de la même façon. A Gaule, p. 186-194, n. 227, 241, 254, 257, 259, 265, 267, 269- 275, 283, 286, 294-295, 297, 298, etc. Il est rarement question de paiements en or. On trouve cependant dans les comptes l indication de mines de ce métal. Oppert et Ménant, Documents, p. 207, 241, 244, 249. Il est peu parlé de talents et de mines de cuivre. Ibid., p. 171- 187. L’or était toujours pesé d’après ce système et l’on taillait les lingots à l’étalon du sicle de 8 grammes 42. On pesait l’argent au même poids lorsqu’il s’agissait de sommes considérables. L’or valait 13 fois 1/3 le même poids d’argent. Pour les petites sommes on se servait d’un sicle particulier de 1 1 grammes 22 environ, de façon à avoir entre l’argent et l’or un rapport qu’on pouvait exprimer en nombres entiers; la mine pesait 45 sicles. Fr. Lenormant et E. Babelon, Hist. anc., t. v, p. 113- 114. Une partie des lingots d’argent en circulation dans j l’Assyrie venaient de la Syrie, ils étaient taillés d’après l’étalon du sicle syrien de 14 grammes 53. La mine syrienne pesait 50 de ces sicles; 15 sicles valaient 2 sicles d’or du système chaldéo-baby Ionien. Les documents assyriens appellent la mine syrienne, mine de Karkemis. Fr. Lenormant, et E. Babelon. Hist. anc., t. v. p. 114-115; Fr. Lenormant, La monnaie, t i, p. 112, 114. Les métaux servant de paiement en Assyrie étaient non pas divisés sous forme d’anneaux comme en Egypte, mais sous forme de lingots ovoïdes. Fr. Lenormant, La monnaie, j p. 113.

IV. VALEUR DE LA MONNAIE PESÉE CEE Z LES HÉ- j diœux. — Les mots qui désignent la monnaie pesée chez les Hébreux sont, ainsi que nous l’avons indiqué, I

le talent, qui est seulement une valeur de compte ainsi que la mine; les monnaies usuelles sont le sicle, le béqa ' et le gérah. Les Septante donnent pour équivalent au sicle le didrachme grec, au béqa ' ou demisicle la drachme, et au gérah l’obole. Exod., xxi, 32; xxx, 13; xxxviii, 26 (hébreu); Lev., v, 15; xxvn, 25; Num., ni, 47, 50; xvm, 16.

Après la sortie d’Égypte et la construction de l’arche, les prêtres gardèrent près du sanctuaire un étalon du sicle, séqel haqqôdés, Septante : Siopa'/trov ou irTaOgiov rô ayiov; Vulgate : pondus, mensura , siclus sanctuarii. Lev., v, 15, xxvii, 25, 47, 50; xvm, 16, et, par anachronisme, siclus juxta mensuram templi. Exod. xxx, 13. Le sicle était divisé en 20 gérah. Exod., xxx, 13; xxxviii, 25; Lev., v, 15; xxvii, 25; Num., m, 47, 50; xvm, 16.

Lorsque le Temple fut construit, l’étalon sacré y fut conservé. I Par., xxm, 29. Nous ignorons la forme de cet étalon. Les divisions et les multiples du sicle restèrent les mêmes. Il en est question dans un texte très obscur d’Ézéchiel, xlv, 12. L’hébreu et la Vulgate rapportent ainsi ce verset: « Le sicle vaut 20 gérah ( oboli ) ; 20 sicle, et vingt-cinq sicles et quinze sicles font une mine. » Dans ce calcul, qui paraît étrange, la mine vaut 60 sicles. Les Septante ont la variante suivante : « Que cinq sicles soient cinq et dix sicles dix, » c’est-à-dire pesez juste, et ils ajoutent : « que 50 sicles soient une mine. » La mine, d’après ce calcul, ne vaudrait que 50 sicles. Au temps des rois, il y avait un autre poids appelé le poids royal, II Reg. (Sam.), xiv,26, littéralement « les pierres du roi », Sept. o-ixXoç (3aaiÀixô;; Vulgate, pondus publicum, mais on ne voit pas qu’il ait servi à peser l’argent. Les prêtres devaient exercer un contrôle sur le poids des monnaies. Il est aussi question d’un scribe royal, sôfér ham-mélek, Septante : YpaggaTsuç tou (taaDicoç, qui assiste le délégué du grand-prêtre dans la levée des troncs du Temple. IV (II) Reg., xii, 9- 12; II Par., xxiv, 8. Ce personnage devait jouer un rôle semblable à celui que jouent les scribes égyptiens figurés sur les monuments qui représentent des pesées de monnaie ou à celui dont il est parlé sur le poids d'Abydos en forme de lion, sur la base duquel on lit l’inscription araméenne suivante : « Contrôlé par devant les conservateurs de l’argent. » De Vogüé, Revue archéol., 1862, t. i, p. 30; Corpus inscript, semitic., pars IIa, t. i, 1889, p. 101. Les Hébreux se servaient du système clialdéo-babylonien, car sans cela le commerce leur eut été impossible avec les peuples qui les environnaient et qui tous s’en servaient eux-mêmes.

IL La monnaie frappée. — i. son invention. — La difficulté qui naissait de l’obligation de peser à chaque fois l'or, l’argent ou le cuivre qui servaient aux échanges donna l’idée de marquer sur les lingots un signe qui en fixerait la valeur. Ce signe ne pouvait être accepté en garantie qu’à la condition qu’il y fût placé par le souverain ou l’État. La monnaie fut donc frappée par les rois et les cités. Aristote, Politique, I, ni, 14, édit. Didot, t. i, p. 190. Gygès, roi de Lydie, est l’auteur de cette invention. Hérodote, i, 94; G. R;,det, La Lydie au temps des Mermades, in-8°, Paris, 1892, p. 158-169; E. Babelon, Les origines de la monnaie, p. 215-232. Mais Gygès ne fit qu’estampiller des lingots. Crésus fit de la véritable monnaie et frappa le fameux statère d’or qui avait le poids du sicle babylonien d'or et d'un statère d’argent correspondant au sicle d’argent. B. Head, Hist. Numorum, in-8°, Oxford, 1887, p. 546. Darius, fils d’Hystaspe, fut le premier qui frappa des monnaies perses. E. Babelon, Catalogue des monnaies de la Bibliothèque nationale. Les Perses Achéménides, in-4°, Paris, 1893, p. il. Le statère d’or portait dans le langage courant le nom de darique, la Bible les désigne en hébreu sous celui de àdarkemôn, darkemôn, que les Septante traduisent par vo p.ta'jj.a ypé^cov, g.va, et la Vulgate par solidus ou drachma. Voir Darique, t. u.

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col. 1204. Il est question de cette monnaie dans I Esd., vm, 27; II Esd., vu, 70-71. Le darique et la monnaie de poids un peu supérieur, le sicle d’argent, circulèrent dans la Palestine.

11. MONNAIES AYANT COURS EN JUDÉE SOUS LA DOMINA- TION grecque. — Quand Alexandre s’empara de la Palestine, il y trouva en circulation la monnaie de Tyr, de Sidon, de Gaza, établie d’après le système phénicien (fîg. 315). Le sicle ou statère qui en était l’unité pesait en-

315. — Double sicle de Sidon. — Navire surmonté de ses mâts et entouré d’un grenctis. — R). Le roi de Perse dans un char avec son cocher, à gauche.

viron 14 grammes. Le roi de Macédoine essaya d’y introduire le système monétaire attique, mais ses successeurs y renoncèrent. Les Ptolémées rétablirent le système phénicien (fig. 316). Head, Hislor. Num.,p. 711;

diadémée, à droite; grenetis. — riTOAEMAIOr BAEIAEQE, M. Aigle sur la foudre.

Hultsch, Métrologie, 2« édit., p. 646; R. S. Poole, British Muséum, Catalogue of gr. coins, The Ptolemies, in-8°, Londres, 1883, p. xxm-xxiv. Tyr, qui était passée sous la domination des Ptolémées, frappa des monnaies portant au droit l’Hercule syrien (lig. 317). Sidon, Ptolé-

317. — Tétradrachme d'or de Tyr. — Tête de l’Hercule syrien lauré, à droite. — R). Aigle à gauche sur un gouvernail, portant une palme sur l’épaule gauche. TrPOT IEPAE KAI AEfAOr. Dans le champ, date B et une massue.

maïde, Gaza, Joppé furent les monnaies royales où se fournirent les Juifs. E. Babelon, Ca,tal. des monnaies de la Bibliothèque nationale, Les rois de Syrie p. cliv-cxciv, 48-52, 218-220, 228-247, 290-294. Josèphe’ Ant. jud., XII, iv, i, indique le total du tribut payé par Onias II à Ptolémée III Evergète, il se montait à vingt talents d’argent, soit 120000 drachmes. Dans le système ptolémaique l’or valait 12 fois 12 l’argent; 8 drachmes d’or équivalaient à une mine ou à 100 drachmes d'argent. Hulstch, Métrologie, 2= édit., p. 646. La drachme

d’or valait donc environ 1 125 francs, III Mach., I, 4; la drachme d’argent valait environ 0*90, le talent 5450 francs, soit 109 000 francs pour vingt talents. III Mach., iii, 28. Le revenu total des possessions asiatiques des Ptolémées montait à 8 000 talents, soit à 43 millions 800 000 francs. Josèphe, Ant. jud., XII, iv, 4. Le sicle ptolémaique étant équivalent au statère ou didrachme, terme par lequel les Grecs désignèrent le tétradrachme lorsque le didrachme ne fut plus en usage, on comprend pourquoi les Septante traduisirent dans le Pentateuque le mot sicle par didrachme alors que tétradrachme serait plus exact. (Ce dernier terme ne se trouve que dans Job, xlii, 11). De même le mot béqa ' est traduit par ôpayjj.A Gen., xxiv, 22; Exod., xxxvm, 26; Sept., xxxiv, 2. Lorsque la Palestine devint province de la Syrie en 198 avant J.-C., tes Séleucides, à côté des monnaies du système attique, adoptèrent bientôt celles du système phénicien qui furent frappées à Antioche, à Sidon, à Tyr, à Ptolémaïde,à Ascalon, et dans d’autres cités. Cf. F. Babelon, Les rois de Syrie, p. Clxxxiii; P. Gardner, British Muséum , Catalogue of greek coins, The Seleucicl Kings of Syria, in-8°,

318. — Demi-chalque d’Antiochus Sidètes. — Fleur de lotus sur sa tige. Grenetis. — R). BAEIAEQE ANTIOXOr Eï’EPrETOl’. Ancre.

Londres, 1878; B. Ilead, Historia numor., p. 637. Antiochus III fit remise aux Juifs d’une partie des impôts et donna 20000 drachmes pour le service du Temple, Josèphe, Ant. jud., XII, ni, 3. Sous Antiochus IV Épiphane, Jason, pour obtenir le souverain sacerdoce de ce prince, lui offrit 440 talents d’argent et lui en promit 150 autres s’il obtenait la permission d’établir un gymj nase et une éphébie et d’inscrire les habitants de Jérusalem parmi les citoyens d'Antioche. Cette somme ne futpayée que trois ans après. II Mach., iv, 8-9,24. L’envoyé de Jason, Ménélas, surenchérit et obtint le souverain sacerdoce pour 300 talents d’argent de plus. D’autres sommes sont mentionnées en talents d’argent, I Mach., xi, 28; xm, 16, 19; xv, 31, 35; II Mach., vm,

319. — Monnaie d'Antiochus Grypbus. — Tète diadémée d’Antiochus Gryplius à droite. Grenetis. — R]. BAE1AE.QE ANTIOXOr Eni<t>ANOrs. Rose avec deux boutons sur sa tige.

10, 11; en talents d’or et d’argent, II Mach., iii, 11; en drachmes d’argent. II Mach., iv, 19. Dans ce passage, la Vulgate met des didrachmes. Judas Machabée lorsqu’il demanda au Temple un sacrifice expiatoire pour les morts, envoya une somme en drachmes d’argent. II Mach., xn, 43. Sous Antiochus VII Sidétes, des demichalques furent frappées à Jérusalem. Elles portent au droit une (leur de lotus et au revers le nom d’Antiochus. Elles sont datées des années 181-182 de l’ère des Séleucides, 131-132 av. J.-C. E. Babelon, Les rois de Syrie, p. cxliii, p. 151, n. 1166-1167, pl. xxii, n. 1 (fig. 318). Antiochus VIII Gryphus frappa également à Jérusalem des monnaies de bronze à la lleur de lotus. Le Cabinet des médailles possède une pièce de deux leptes de cette frappe. E. Babelon, Les rois de Syrie, p. cxliii, 188, n» 1448, pl. xxv, fig. 15 (fig. 319).

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