I. Nom et situation. — « Le mont Moréh, » pour la
MORÉH (COLLINE DE)
donné aussi à ces monts. Voir Gei.boé, t. in, col. 157- 158. — L’identité de la fontaine de Harad avec l’actuelle 'ain Djâloud, ou Djalout dans la plupart des écrivains arabes, ne paraît pas contestable : sa situation est indiquée par les récits bibliques et la tradition locale semble l’avoir toujours désignée. Cf. Coran, ii, 250- 252; Maçoudi, Les prairies d’or, édit. Barbier do Meynard, Paris, 1864, 1. 1, p. 99-102, 108. Les Arabes, il est vrai, confondent Gédéon avec Saül qui campa aux mêmes lieux, I Reg., xxviii, 4; xxix, 1; et ce seraient les guerriers de ce dernier qui auraient été choisis quand ils buvaient l’eau à la fontaine. Cf. .(ud., vu, 3-6. Us confondent encore la campagne de Saül contre les Philistins dans laquelle David délit Goliath avec la campagne contre les Philistins dans laquelle le premier roi
version syriaque qui traduit son nom par ramta’, serait, comme pour la Vulgate, « le Haut-Mont » ou « le Grand- Mont »; ce serait à peu près l’équivalent de Maspha, « l’observatoire » comme d’autres interprètes l’ont rendu ailleurs. Pour quelques-uns ce serait « la montagne en état de braver les efforts des ennemis » ou « Mont fort » ou encore « le mont de l’Archer », « le mont du Maître; du Docteur. » Le targum de Jonathan y voit « la colline s’avançant sur la plaine ». — Cette plaine est « la vallée » dans laquelle ( bâ-êmêq ) ou sur la lisière de laquelle le texte et la plupart des versions, Jud., vu, 1, placent la colline de Môréh, c’est-à-dire la grande plaine de Jezraèl ou ct’Esdrelon, le Merdj ibn-'Amér actuel, appelé encore simplement le Merdj, où les Madianites, suivant l’indication positive de l’Ecriture, Jud., vi, 35, avaient établi leur camp. — La colline était peu distante de la fontaine de Harad près de laquelle Gédéon était venu, suivant le texte hébreu, camper avec les siens, au mont Gelboé, puisqu’il peut aller deux fois, dans un espace de temps nécessairement fort restreint, de son camp au camp des Madianites. Cf. Jud. vu, 1, 3, 8; et vu, 9-19. — Au lieu de Gelboé on lit dans le texte et la plupart des versions Galaad, c’est une erreur des copistes, à moins qu'on ne suppose que ce nom ait été
d’Israël fut défait et tué, et enfin la victoire de Gédéon sur les Madianites avec la victoire de Saül sur les Philistins et celle de David sur Goliath. Djdlout est le nom arabe de Goliath. Cette confusion est fort ancienne puisque en 333, on montrait au pèlerin de Bordeaux, près de Stradelon (Jezraèl, aujourd’hui Zéra in), « le champ où David tua Goliath. » Itinerarium a Burdigala Hierusalem usque, Pat. lat., t. vin, col. 790. Cette tradition, malgré la confusion des personnes et des faits ne témoigne pas moins de l’identité de Vain Djâloud avec la fontaine Harad de la Bible. — Le « champ » ainsi indiqué par cet itinéraire est Vouât a’ Djâloud, la partie orientale de la vallée de Jezraël dans laquelle était le camp des Madianites, et sur le bord de laquelle s’étendait la colline de Môrèh. L 'ouata’ ou « vallée basse », s’étend sur une largeur de cinq kilomètres, de 'A in Djâloud, au sud, jusqu’au Djebel Dahy (fig. 352) au nord, au pied duquel est Soldant, l’ancienne Sunam près de laquelle était le camp des Philistins, quand ils se préparaient à attaquer Saül. I Reg., xxvm, 4. — Les Madianites, au temps de Gédéon, avaient établi leur camp au même endroit près de Sunam, au pied du Dahy où viendront plus tard les Philistins, et le Djebel Dahy actuel est celui désigné comme l’antique colline Môréh.