‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 79 sur 389 · MUET · texte numérisé non relu

MUET

MUIS

éclater leur reconnaissance, chacun à sa manière. Le psalmiste souhaite que les lèvres menteuses deviennent muettes. Ps. xxxvn (xxxvm), 14. Isaïe, xxxv, 6, dit qu’aux temps messianiques « la langue du muet tressaillera de joie ». Dans sa réponse aux envoyés de Jean-Baptiste, Notre-Seigneur ne signale pas la guérison des muets parmi les merveilles qu’il opère; mais il parle de l’ouïe rendue aux sourds, et ce miracle suppose ordinairement que la parole est aussi restituée au sourd-muet qui en a perdu l’usage. Matth., xi, 5; Luc., vu, 22. De fait, Notre-Seigneur guérit souvent des muets. Saint Matthieu, xv, 30, 31, dit que des foules nombreuses lui amenaient des muets et qu’elles étaient ensuite dans l’enthousiasme en voyant les muets parler. Plusieurs guérisons de muets sont racontéesavec quelque détail. Un jour, le divin Maître a devant lui un muet qui est possédé du démon; le démon chassé, le muet parle aussitôt et les témoins du miracle manifestent leur admiration. Matth., ix, 32, 33. Le mutisme de cet homme était donc causé parle démon et ne datait probablement pas de la naissance. Aussitôt délivré, cet j

Les mauvais pasteurs sont comparés à des « chiens muets, qui ne savent pas aboyer ». Is., lyi, 10. Le Messie ira à la mort comme une brebis muette, qui ne bêle pas quand on la mène à la boucherie. Is., liii, 7. Une bête naturellement muette, l’ânesse de Balaam, a adressé la parole au faux prophète. II Pet., n, 16. Saint .lude, 10, compare les impies à des bêtes sans raison, aXoya. La Vulgate traduit ce mot par muta , muettes. Le grec aXoyoç signifie en effet « sans parole », qui ne parle pas, mais bien plus fréquemment « sans raison ». Les deux sens conviennent ici, mais le second est plus expressif et s’applique communément aux animaux. Cf. Sap., xi, 15, 16. — 4° Plus encore que les animaux, les idoles sont muettes, incapables d’entendre et de répondre. Bar., vi, 40; Ilab., n, 18; I Cor., xii, 2.

H. Lesètre.

MUIS (S iméon Marotte de), né à Orléans en 1587, mort à Paris en 1614. Il fut nommé de Muis, ou plutôt du Muis, par son père, qui possédait un vignoble dans le territoire du Muis, entre Orléans et Saint-Mesmin. Dès l’âge de vingt-sept ans, il fut choisi pour enseigner

372. - Soldats assyriens faisant cuire un mouton. D'après Layard, Monuments of Nineveh, t. n, pl. 35-26.

homme se met à parler, ce qu’il savait sans doute faire avant sa possession. S’il n’avait jamais parlé auparavant, le miracle serait encore plus grand. Une autre fois, il s’agit encore d’un possédé, qui est à la fois aveugle et muet. Le Sauveur le guérit de même par l’expulsion du démon. Matth., xii, 22; Luc., xi, 14. Saint Marc, vii, 32-31, raconte la guérison d’un sourd et muet qui n’es, pas possédé du démon. Le Sauveur le prend à part, rnet ses doigts dans ses oreilles et de la salive sur sa langue; puis levant les yeux au ciel et soupirant, il dit : Ephphetlia, « ouvre-toi. » Aussitôt l’homme entend, « le lien de sa langue est dénoué et il parle comme il faut. » Cet homme était p.oyt),x).o;, mot qui signifie « parlant difficilement », mais qui, dans le grec des Septante, désigne aussi le muet, ’illêm. Is., xxxv, 6. Notre-Seigneur lui touche la langue avec de la salive, ce qui indique bien que l’organe de la parole avait besoin de guérison, et que la surdité n’était pas ici l’unique cause du mutisme. Ensuite cet homme parle comme il faut, locution qui n’implique pas la simple disparition d un bégaiement, mais l’acquisition d’une faculté qui manquait précédemment à ce malheureux. En vertu du miracle, non seulement il peut parler, mais encore il sait parler. C’est ce que suppose l’admiration de la foule, proclamant que le Sauveur fait parler les muets, àXâXovç, ceux qui ne parlent pas. — 3° Les animaux sont muets, mais ils ne sont pus aphones.

l’hébreu au collège Royal (Collège de France), à la place de Victor Cayet ; ses provisions lui furent données à Tours le 24 juillet 1614. Il exerça durant trente ans ces fonctions de « lecteur et professeur royal des Lettres sacrées et hébraïques ». Il reçut le sacerdoce seulement en 1620 ou 1621 : il avait été un peu auparavant nommé chanoine de l’Église de Soissons, et devint plus tard archidiacre de la mêmeÉglise. Les contemporains louent, outre son érudition, sa piété et l’aménité de son caractère.

Ses ouvrages sont, par ordre de dates : 1» Commentant hebræo-lalini R. Davidis Kimhi et R. Salumonis Jarhi in Malacliiam, interprète S. M. de Muis... Accedit R. D. Kimlü in Psalm. cxu commentarius, in-4°, Paris, 1618. Sous ce titre général on trouve réunies dans un même volume, dont la pagination n’est pas continue, les publications suivantes : le texte hébreu de Malachie et des commentaires de Kimchi et de Jarchi; la traduction latine de Malachie et des deux commentaires ; le texte hébreu et la traduction latine du psaume cxu et du commentaire de Jarchi sur ce Psaume; 2° In Psalmum xix trium erudilissimorum rabbinorum [D. Kimchi, Aben- Ezra, S. Jarchi] commentarii, hebraïce cum latina interpretatione Simeonis de Muis, in-80, Paris, 1620; 3" Roberti Bellarmini Institutions linguæ hebraïc» ; accessit ejusdem exercitatio in Psalmum xxxiv, taia cum Simeonis M *sii annolalionibus : quibus adjecla est Silva.

MUIS — MULET

radicum hebraicarum, autore J. B. Martignac, S. ,7. : omnia per eumdem Musium recognita, in-8°, Paris, 1622; les notes ajoutées par S. de Muis sont distinguées par les initiales S. M. ; 4° Commentarius litteralis et historiens in 50 Psalmos Davidis priores, in-8°, Paris, 1623. Essai du commentaire complet; 5° Varia sac) a rariis e rabbinis contexta, in-8°, Paris, 1629. Cet ouvrage, désigné aussi sous le titre de Varia sacra in Pentateuchum , contient des notes tirées des rabbins sur le Pentateuque et sur quelques passages des Juges et de Samuel (I et II Reg.). Il a été reproduit dans les Critici sacri d’Angleterre; 6° Commentarius litteralis et historiens in omnes Psalmos et selecla Veteris Testamenti cantiea, cum versione nova ex hebraico, in-f°, Paris, 1630. Il faut signaler la réédition donnée par Paquot, 2 in-4°, Louvain, 1770, où l’on a réuni les notes de Muis et celles de Bossuet; 7° Asserlio veritatis t hebraicæ adversus Joan.-Morini Exercitaliones in ulrumque Samaritanorum Pentateuchum, in-8°, Paris, 1631; 8° Asserlio veritatis hebraïcæ altéra, in-8°, Paris, 1634; 9° Epislola ad C. M. qua defenditur lxx et Vidgatæ interpretatio versas 10 Psalmi xix sive xx : Domine, salvum fac regem, adversus Joannem Dal- i liæum, in-8°, Paris, 1636. Ejusdem Epislola altéra ad eumdem super litteris ad ipsum a Joanne Dalliæo dalis de interpreto.tione versus ejusdem, in-8°, Paris, 1636. Ces deux lettres, souvent jointes au n° 8, font ensemble 32 pages. Il y a un post-scriptum qui ne se trouve pas dans toutes les éditions; 10° Castigatio animadversionum M. Joannis Morini Blesensis in censuram exereitationum ecclesiasticarum ad Pentateuchum samaritanum, sive hebraicæ veritatis asserlio tertia, in-8°, Paris, 1639; 11 0 Notæ ad librum 1 Criticæ sacræ Ludovici Capelli. Publiées dans l’édition de Capel de 1650, pages 635-646. — On cite encore quelques opuscules de S. de Muis publiés dans les ouvrages d’autres écrivains, par exemple : des vers hébreux, en tète du commentaire de Ivimchi sur quatre Psaumes publiés par Bourdelot en 1619; une approbation du dictionnaire hébraïque-rabbinique de Philippe d’Aquin, en 1629; des vers hébreux sur la prise de La Rochelle, dans un recueil de poésies en plusieurs langues composées pour célébrer cet événement. — En 1650, Claude d’Auvergne, successeur de Muis au Collège de France, donna une nouvelle édition de ses principaux ouvrages, sous ce titre : Simeonis cle Muis opéra omnia in duos tomos distributa, Paris, 2 en 1 in-f°. — Outre ces ouvrages imprimés, S. de Muis a laissé un manuscrit de 500 feuillets sur les fautes qui se trouvent dans la Polyglotte de Le Jay. Ce travail avait été entrepris par ordre de Richelieu, piqué de ce qu’on ne lui avait pas dédié la fameuse Bible, et désireux de la décrier avant même j qu’elle fût livrée au public. Il pourrait être intéressant : de rechercher ce manuscrit. Voir les renseignements ! donnés par le P. Le Long. Biblia Parisiens, polygl., j § 15 (dans la Bibliotheca sacra, édit, de 1733, p. 34). On conservait aussi dans la bibliothèque de l'ancienne abbaye de Saint- Victor un manuscrit intitulé Libellas de benedictionibus Patriarcharum, attribué à S. de Muis. — Tous les ouvrages de Muis témoignent d’une grande érudition, mais que l’auteur sait mettre en œuvre avec beaucoup de méthode et de clarté. Dans la discussion avec le P. Morin, il se fit le défenseur du texte hébreu, que son adversaire disait très corrompu et décriait au profit du Samaritain, des Septante et de la Vulgate. Les arguments donnés de part et d’autre contribuèrent à faire avancer la question de la valeur et de ' l’autorité relative des versions et des textes anciens.

La meilleure gloire de Muis est dans son commentaire sur les Psaumes. L’auleur s’ellorce surtout d’établir le sens littéral par l’étude directe de l’hébreu et par les explications des rabbins. Les Pères et les auteurs chrétiens sont peu cités. Cependant Muis, très attaché au

sens catholique, se sert fréquemment de son érudition hébraïque pour défendre la traduction et les interprétations traditionnelles. En regard de la Vulgate est placée une traduction latine nouvelle, œuvre de S. de Muis. Cette version, tout en s’écartant très peu de la Vulgate elle-même, permet de constater toutes les différences dignes d’attention entre celle-ci et l’hébreu : les variantes sans importance sont seulement notées en marge. L’ouvrage de Muis a été très loué par Godeau, Ellies du Pin, Calmet, etc. Valérien de Flavigny exprime bien son mérite en disant dans son Approbation « doctus, facundus, catholicus ». Bossuet écrit au P. Mauduit (lettre du 7 mars 1691), à propos des commentateurs des Psaumes : « Parmi les catholiques, Muis emporte le prix, à mon gré, sans comparaison. »

Voir R. Simon, Histoire critique du Vieux Testament, 1. III, c. xviii, p. 425; 1. III, c. xvm, p. 470-471 (édit. 16S5); Ellies du Pin, Bibliothèque, xvne siècle, seconde partie, p. 320 sq. (édit. 1708). On s’est surtout servi, pour rédiger le présent article, de la notice manuscrite de dom Geron sur S. de Muis. Notices manuscrites de dom Geron, Bibliothèque publique d’Orléans, ms. 467, t. n, f° 73 sq. R. de la. Broise.

MULET (hébreu : pèréd, pirdâh, « mule ; » Septante : -qpLtovoç ; Vulgate ; mulus, mula), produit hybride de

l’âne avec la jument ou du cheval avec l’ànesse. De là le nom grec du quadrupède, ÿiu'ovo;, « demi-âne. » — 1° Histoire naturelle. - Le mulet est un produitdû à l’intervention de l’homme. Par sa conformation générale, il tient des deux animaux dont il provient, ayant plus spécialement les jambes du cheval et les oreilles de l’âne (fig. 373). Comme tous les produits issus de croisements entre espèces différentes, le mulet est impropre à la reproduction; cependant l’incapacité de la mule 90us ce rapport ne parait pas être absolue. Le mulet a des qualités qui, dans certaines circonstances, le font préférer au cheval. Il est plus robuste et plus sobre, supporte mieux la chaleur, a la marche plus sûre dans les chemins escarpés et gravit plus aisément les sentiers de montagnes, même avec de pesantes charges. Il vit aussi plus longtemps. Son nom assyrien, puridu, le rapide, le courrier, indique à quel usage on l’employait. Les premiers mulets orientaux durent naître dans les contrées qui s’étendent entre le Gange et le littoral méditerranéen de Syrie, quand les chevaux asiatiques se rencontrèrent avec les ânes africains. Cf. Piètrement, Les chevaux dans les temps préhistoriques et historiques, Paris, 1883, p. 718-728. On les trouve représentés

MULET

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