‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 85 sur 389 · MURMURE · texte numérisé non relu

MURMURE

contre Moïse et Aaron et contre Dieu à Mara, Exod., xv, ! 24, dans le désert de Sin, xvi, 1-12; Num., xx, 6; à Ra- I phidim, Exod., xvn, 1-3 ; à Tabêrah (Embrasement), Num., xi, 1-3 ; dans le désert de Pharan, Num., xm, 31 ; xiv, 2-36, etc., et c’est à cause de leur manque de soumission et de confiance en Dieu qu'ils en lurent punis. Ps. lxxi, 30. — Le livre de la Sagesse, i, 11, recommande de ne pas se laisser aller aux murmures ; saint Paul les condamne, en rappelant les châtiments qu’ils attirèrent sur les Hébreux dans la péninsule du Sinaï. I Cor., x, 10. Cf. Phil., il, 14.

MUSACH , mot hébreu, mûsak, que la Vulgate reproduit sans le traduire : « Le musach du sabbat, qu’il (Achaz) avait bâti dans le Temple, et l’entrée extérieure du roi, il les transporta dans le Temple du Seigneur, à cause du roi des Assyriens. » IV Reg., xvi, 18. Achaz en était à cette période de son règne, où, pour plaire au roi d’Assyrie, il s’efforçait d'introduire dans le Temple de Jérusalem les formes cultuelles en usage dans les temples des dieux d’Assur. Voir Achaz, t. i, col. 135. Le mot hébreu mûsa k vient du verbe sâkak, ft couvrir, protéger. » Il désigne donc quelque chose qui couvre et protège, non une simple tente, puisqu’il est question de construction, mais un ouvrage de maçonnerie, un portique. La Vulgate suppose que cette construction était l’œuvre d’Achaz; l’hébreu aSér bânû, « qu’ils construisirent, » attribue la construction à d’autres. Le texte peut se traduire ainsi : « Il changea le portique du sabbat, qu'on avait construit dans la maison, et l’entrée extérieure du roi dans la maison de Jéhovah, par égard pour le roi d’Assyrie. » On n’a aucun renseignement sur ce portique et sur cette entrée royale, et l’on ne voit pas comment leur modification pouvait flatter le roi assyrien. Le portique servait pour le sabbat, comme son nom l’indique. Il avait sans doute été construit pour ménager l’ombre au roi quand il venait ce jour-là prier dans le Temple ou assister aux cérémonies. L’en trée extérieure était probablement celle qu’avait fait pratiquer Salomon. III Reg., x, 5. Un passage d’Êzéchiel, xlvi, I, 2, mentionne un portique du parvis intérieur, à l’orient, ouvert seulement les jours de sabbat ou de néoménie, et un vestibule dans lequel le prince arrive du dehors pour pénétrer dans le portique.

Il est à croire que ce vestibule et ce portique sont ceux que modifia Achaz. Ils étaient à l’orient, c’est-à-dire du côté de l’entrée du parvis des femmes et du parvis d’Israël. Le porti que, sans doute situé dans ce dernier parvis, devait donner sur le parvis des prêtres, dans lequel le roi avait fait changer l'autel et modifier la mer d’airain et ses bassins. IV Reg., xvi, 10-17. De cet endroit, il pouvait assister aux sacrifices et aux cérémonies que les prêtres accomplissaient. L’hiphil hêsêb, employé par le texte, ne signifie pas « détruire », mais « changer », comme on change un nom en un autre,

IV Reg., xxiv, 17, et aussi « changer de place », comme traduit la Vulgate. L’une et l’autre opération étaient possibles; la première est plus probable, le roi ayant dû procéder pour le portique comme il avait fait pour l’autel et la mer d’airain. Il modifia les édicules dans le goût assyrien. L’hébreu porte en ketib mîsak. La leçon n’était donc pas assurée. Les Septante ont lu massad, 6ep.É).iov, « fondement : » « Il bâtit le fondement du siège dans la maison du Seigneur. » La traduction n’est pas vraisemblable, car, dans tout ce passage, il n’est question que de modifications apportées par Achaz aux choses existantes, et l’on ne peut dire de quel siège il serait fait mention. La Vulgate, ne comprenant pas le sens du mot, à préféré le reproduire tel quel. — Mûsak a donc un sens analogue à celui de rndsdk, qui revient souvent pour désigner le rideau qui fermait l’entrée du Tabernacle, Exod., xxvi, 36; xxxix, 38; xl, 5, et ceux du parvis, Exod., xxxv, 12, *

Page 1