‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 94 sur 389 · MYRE · texte numérisé non relu

MYRE

du talion, la loi mosaïque ne prescrit qu’une seule mutilation. Si, au cours d’une rixe entre deux hommes, une femme, même pour défendre son mari, saisit les parties indécentes de l’adversaire, les juges doivent lui couper la main sans aucune pitié. Deut.. xxv, 11, 12. — 3° Ces deux cas exceptés, toute espèce de mutilation était sévèrement interdite, surtout celle qui atteint la génération. Voir Castration, t. H, col. 343; Eunuque, t. il, col. 2045. Celui qui avait subi une mutilation de cette espèce ne pouvait faire partie du peuple d’Israël. Deut., xxiii, 1. — 4° Certaines mutilations rendaient impropre au sacerdoce. La loi excluait le harûm et le èârû'a. Le premier mot signifie le « fendu » et le second 1’ « allongé ». Les Septante rapportent ces qualificatifs l’un au nez, l'autre à l’oreille, et la Vulgate tous les deux au nez. Lev., xxi, 18. Il est probable que ces deux qualificatifs ne doivent pas être ainsi spécialisés et qu il faut traduire simplement : le « mutilé » et le « monstrueux », celui qui a quelque membre coupé, et celui qui a un membre développé anormalement. Cf. Rosenmüller, ln Levit., Leipzig, 1798, p. 123; de Hummelauer, In Exod. et Lev., Paris, 1897, p. 505. Le rituel babylonien exclut également du service des dieux celui qui n’est pas accompli dans sa forme et dans ses proportions, qui est louche, édenté, a un doigt coupé, etc. Cf. Martin, Textes religieux assyriens et babyloniens, Paris, 1903, p. 235. — 5° Notre-Seigneur abolit la loi du talion; il n’est donc plus permis de mutiler celui par qui on l'a été soi-même. Matth., V, 38, 39. La peine du talion ne devait être appliquée que par les juges, mais les rabbins en avaient étendu le droit aux particuliers. Quand le Sauveur ajoute qu’il faut s’arracher l’œil, se couper la main ou le pied qui portent au mal, Matth., v, 29, 30; xvm, 8, 9; Marc., ix, 46, il ne veut pas parler de mutilations corporelles. 11 fait entendre seulement que, pour éviter le péché grave, son disciple doit être prêt à sacrifier même les choses qui lui sont les plus agréables ou les plus utiles. Cf. Itnabenbauer, Evang. sec. Matth., Paris, 1892, t. I, p. 224.

II. Les faits. — Il est assez souvent question de mutilations dans la Sainte Écriture. — 1° La tête coupée ne constitue pas une mutilation strictement dite, puisque la mort s’ensuit instantanément. Voir Tête. — 2° D’autres mutilations laissent l'homme vivant. Telles sont celles de la langue, II Mach., vu, 4, voir Langue, col. 73; de l’oreille, Matth., xxvi, 51; Marc., xiv, 47; Luc., xxii, 50; Joa.. xvm, 10; du nez, Ezech., xxiii, 25; la perforation des yeux, IV Reg., xxv, 7; la section de l’épaule, II Mach., xii, 35; celle des mains et des pieds, II Mach., vu, 4; xv, 30, 32; celle des doigts, Jud., i, 6, 7 ; les incisions diverses, voir Incision, t. m, col. 868, etc.

H. Lesètre.

MUTINENSIS (CODEX). - Manuscrit oncial des Actes, du ixe siècle, conservé à Modène, Diblioth. d’Este, IL G. 3. Manquent : Act., i, 1-v, 28; ix,39-x, 19; xm, 36-xiv, 3; xxvii, 4-xxvm, 31. Ln dernière lacune est suppléée par une main du Xe siècle, les autres par une écriture cursive. Ce même codex contient les Épitres catholiques et celles de saint Paul en cursive du XIIe siècle. Le manuscrit, d’importance secondaire, a été collationné par Scholz; puis, avec plus de soin, par Tischendorf en 1843 et par Tregelles en 1846. On désigne la partie onciale par la lettre H, plus exactement Hact. La partie cursive porte le n. 112 pour les Épitres catholiques et le n. 179 pour saint Paul. Von Soden désigne tout le codex par le sigle a 6. F. Prat.

MYNDE ( grec: MôvSoç; latin : Myndus), petite ville maritime de la province de Carie, siiuée entre Milet et Halicarnasse (fig. 384). Mynde est citée dans I Mach., xv, 23, parmi les villes auxquelles fut envoyée la lettre du consul Lucius en faveur des Juifs. Le port de Mynde est mentionné par Strabon, XIV, n, 28. Hérodote, v, 33,

parle de ses navires. Mynde était protégée par de fortes murailles, qui lui permirent de résister à Alexandre le Grand, Arrien, Anab., i, 21. Diogène Laerte, vi, 2, 57, cite un mot de Diogène le Cynique, qui comparant la grandeur des portes à la petitesse de la ville, disait :

Page 1