‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 112 sur 454 · AGATE — AGGÉE · texte numérisé non relu

AGATE — AGGÉE

chainement des idées dans le sens littéral. Voir Hurter, Nomenclator litterarius, t. 1, p. 368; Le Long, Bibliotheca sacra, t. 11, art. Agellius ; Richard Simon, Lettres critiques, lett. 26, édit. de 1730; Ugheli, Zéalia sacra, t. vIL. E. LEVESQUE.

AGENOUILLER (s’). Voir ADORATION, PROSTERNEMENT, AGES DU MONDE, Voir CHRONOLOGIE.

AGGÉE (hébreu : Haggai; Septante : ᾿Αγγαῖος), le dixième des petits prophètes.

L. Traditions sur Agyée.— Aggée, disent les traditions, serait né en exil en Chaldée, et serait venu en Judée avec Zorobabel. De concert avec celui-ci, il aurait aidé par ses exhortations et par ses prophéties à rétablir le temple. Il aurait fait partie de la grande synagogue. Il serait mort enfin très âgé, et aurait été enseveli parmi les prêtres avec les honneurs qui leur sont rendus. De tout cela, il n’y ἃ de certain que ce que rapporte l'Écriture, savoir : qu'il vécut après la captivité de Babylone, qu'il contribua efficacement à rebâtir le temple, 1 Esdr., v, 12; νι, 14, et qu'il écrivit le petit livre qui porte son nom.— Une méprise sur le sens d'Aggée, 1, 13 (« nuntius Domini, » male’ak [angelus] Yehôväh), fit croire autrefois à plusieurs qu'il était un ange sous forme humaine. De même, c’est en interprétant mal Aggée, 11, 4 (héb., 3), que H. Ewald, Die Propheten des Alten Bundes, Gæœttingue, 1868, p. 178, a voulu le ranger parmi ceux qui avaient vu le premier temple: c’est un sens qui n’est pas nécessaire.

Il. Mission d'Aggée. — Voici quelle fut la mission de ce prophète. Les soixante-dix ans de captivité prédits par Jérémie étaient passés. Cyrus, suscité de Dieu, avait porté son édit de retour. Très peu en profitérent, relativement parlant. A peine arrivés, ils relevèrent au milieu des ruines et des décombres l'autel des holocaustes. Puis ils se mirent en devoir de rebâtir le temple. Ils en posèrent bientôt les fondements. Après quoi il y eut un arrêt. « Les peuples des pays d’alentour, » les Samaritains surtout, leur firent opposition. Sous le coup de leurs menaces et de leurs intrigues à la cour persane, la jeune colonie « sentit ses bras tomber ». Ainsi contrariés, et déçus dans leur espoir d'une restauration qu'ils avaient rêvée splendide et glorieuse, les Juifs se laissèrent aller au découragement et ils ne firent rien pendant les dernières années de Cyrus et les règnes d’Assuérus et d’Artaxerxès, rois de Perse. Voir ASSUÉRUS et ARTAXERXES. Un décret fut même arraché à celui-ci, qui interdisait formellement la reconstruction commencée. I Esdr.,1v,17-22. Les choses en étaient là, lorsque la seconde année de Darius, fils d'Hystaspe (520) Dieu suscita l'esprit de deux prophètes, Aggée et Zacharie. Ces deux grands hommes, (magni spiritus prophetæ, » dit saint Jérôme, Conun. in Agyæum, Prol., ὃ. xxv, col. 1388, éveillèrent de leur torpeur les Judéens négligents. On reprit sous la direction de Zorobabel, satrape de Juda pour les Perses, et de Jésus, fils de Josédec, grand prêtre, l’œuvre interrompue. Les ennemis voisins auraient voulu encore y faire obstacle. Is écrivirent en ce sens à Darius. Mais Darius, revenant à la politique première de Cyrus, leur fit défense de molester les travailleurs. La reconstruction marcha dès lors à grands pas, et elle était achevée quatre ans après, grâce surtout aux prophètes. I Esdr., vi, 14. On fit la dédicace du nouveau temple le 4 du mois d’adar de l’an 516. 1 Esdr., νι, 14-15. Voir B. Neteler, Die Bücher Esdras, Münster, 1877, p. 9 et suiv. — On voit par là quelle fut en somme la mission d'Aggée. Il fut envoyé de Dieu pour rebätir le temple et relever les espérances messianiques qui tombaient. C'était une mission du premier ordre. On n'ignore pas, en effet, l'idée qui pour Israël s’attachait au temple : c'était le signe et le symbole de l'alliance passée entre lui et Dieu, le centre du culte et de la religion. Le temple rebâti, c'était à peu d'intervalle et les murs de la ville reconstruits, et la ville

elle-même habitée de nouveau ; et, celle-ci repeuplée, c'était Israël vivant de sa vie propre, vie sociale indépendante, et par conséquent pouvant au temps marqué donner naissance au Christ, selon les promesses faites à Abraham et à David. Or Aggée remplit cette mission pour sa part en secouant les Juifs de leur torpeur, en les animant au travail, malgré le réveil d'anciennes hostilités, 1 Esdr., v, 1-17, et en faisant des prophéties qui annonçaient au nouveau temple une gloire prochaine, la venue du Messie comprise dans la conversion des Gentils, et assuraient au trône humilié de David une perpétuité que son état présent ne permettait pas de prévoir. Tel est le sens de la vocation et de la mission d'Aggée. Voir J. Knabenbauer, In Prophetas minores, t. 11, p.170-173. Cf. Ε΄ Keil, Die zwôlf kleinen Propheten, Leipzig, 1873, p. 492, 493 ; P. Schegg, Geschichte der letzten Propheten, Ratisbonne, 485%, t. 11, p. 153-160.

III. Analyse de la prophétie d'Aggée. — Nous avons de lui, dans le petit livre qu'il a laissé, quatre prophéties datées, dont voici le sujet : — 1° Il engage Zorobabel, Josué le grand prêtre et le peuple à reprendre les travaux du temple. Qu'ils ne disent pas que le temps n’est pas venu; il est venu, au contraire. Si la moisson ἃ été médiocre, si la famine s’est fait sentir, si la sécheresse ἃ frappé le pays, c’est qu'ils ont négligé la reconstruction de la maison de Dieu. Qu'ils s’y mettent enfin, et Dieu sera avec eux. Aggée est écouté par la jeune colonie, qui reprend l'œuvre abandonnée. La prophétie est datée du premier jour du sixième mois de la seconde année de Darius; on peut y voir un exorde, 1, 3; un corps de sujet, 1, 4-11, et une note historique sur l'effet produit, 1, 12-11, 15, — 2 1] console Zorobabel, Josué et le peuple, et affermit leur âme; ils s’attristent de voir la médiocrité du nouveau temple : par rapport à l'ancien, « 1] est comme s'il n’était pas. » Qu'ils se consolent. Le Dieu des armées n’en sera pas moins fidèle à l'alliance, et 1] fera luire sous peu les temps messianiques où ce temple recevra par les adorations des Gentils une gloire supérieure à sa gloire passée. La prophétie, qui comprend un exorde, 11, 1-3, et la prédiction même, 11, 4-10, eut lieu le vingt et unième jour du septième mois, en pleine fête des Tabernacles. — 3 Il montre, par deux décisions tirées de la loi rituelle, comment Dieu ἃ dù, malgré les sacrifices qu'ils lui offrent, punir et châtier les Juifs. Ils ont négligé les travaux du temple, c’est pourquoi il y ἃ eu parmi eux disette de blé, de vin et d'huile; ils les ont repris: désormais Dieu les bénira. Prophétie, 11, 11-20, prononcée le vingt-quatrième jour du neuvième mois. — 4° Enfin autre prophétie faite le ième jour. Aggée s'adresse à Zorobabel, l'élu de Dieu. Il lui prédit que le Dieu des armées le protégera et le mettra comme un anneau à son doigt, le jour où il bouleversera le ciel et la terre et renversera les empires avec ce qui fait leur force et leur gloire, 21-24.

IV. Authenticité de la prophétie. — ΠῚ n’est pas douteux qu'Aggée lui-même ne soit l’auteur inspiré des quatre prophéties dont il s’agit. Qu'il les ait écrites et rédigées, c’est ce que prouvent et la tradition tant juive que chrétienne, sans exceplion, et le livre même : par son contenu, en eflet, il ne répugne aucunement à cette attribution; au contraire, il semble l’exiger; car le style, les pensées qu'on y remarque conviennent au temps et à la condition du prophète. Qu'il les ait écrites par inspiration, saint Paul, sans parler des deux auteurs de l'Ecclésiastique, XLIX, 18, cf. Agg., 11, 24, et d'Esdras, 1 Esdr., v, 1; vi, 14, le dit suffisamment ; il cite, Heb., ΧΙ, 27, comme manifestement inspiré un verset célèbre de notre petit écrit, Agg., 11,7: « Encore une fois.» Toute la tradition, du reste, est constante à cet égard. — Le texte primitif n'a pas été aliéré. S'il est divergent dans les manuscrits, ces divergences sont rares, dix ou douze en tout, et encore sont-elles de celles qui viennent de copistes. J. Knabenbauer, ouvr. cit., p. 177, 181,182, 185, 190; de Rossi, Variæ lectiones, Vet. Test., t. 11, p. 210; Supplementa, p. 92. Quant aux

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