AGGÉE
versions, elles ne diffèrent pas essentiellement du texte, οἱ en établissent ainsi l'intégrité dogmatique. La Vulgate est très fidèle : très peu d’additions et d’omissions ; une traduction précisant parfois un sens plus large dans l’original; exemple : δα ἢ hémdat, «venient desiderium », 11, 7 (Vulgate : «veniet desideratus, » 11, 8). Moins littérale est la version grecque : on y voit plus d’additions, 11, 10-15, plus d'omissions dont une, 11, 6 (5), très considérable; plus de traductions inexactes ou forcées, plusieurs mauvaises leçons, comme 1,13, bemale’äké, ἐν ἀγγέλοις, au lieu de bemale’äküt, «in legatione, » etc. Assez fidèle est la version syriaque; notons seulement deux mots que ses auteurs ont lu autrement que ne porte l'hébreu actuel : héréb, « glaive, » au lieu de hôréb, « sécheresse, » 1, 11, et héby'ù ou ἐᾶι ἃ, « pour qu'ils apportent, » au lieu de τι ρα ἢ, Cet ils viendront, » 11, (7). Le Targum, qui est, comme on sait, de Jonathan-ben-Uziel, rend moins le texte qu'il ne le paraphrase, selon son habitude. En somme, l’examen des versions fait voir que leurs auteurs avaient sous les yeux un texte hébreu identique à celui que nous avons. Voir à cesujet L. Reinke, Der Prophet Haggai, p. 23 et suiv.
L'hébreu pur, sans chaldaïismes, — quelques-uns en signalent cependant quelques traces, — est la langue de ce petit livre. Le style en est simple et grave. Il ne dépasse pas cependant le niveau d'une bonne prose : on dirait celui d'un homme qui fait effort pour parler une langue qu'il sait, mais qui tend à tomber. Quelques interrogations, 1, 4, 9; 11, 4 (8), 13 (12), 14 (18), 20 (19), brisent la monotonie des phrases. Avec les pensées, le style s'élève et devient rythmique, 1, 6, 9-11 ; 11, 5-7 (6-8) ; 29, 93 (91, 29). Une de ses particularités est de condenser en un mot final toute l’idée qui précède, 1, 2», 19; 11, 6°, « ne craignez pas, » (5b), ’al tira'ü ; 20», «à partir de ce jour, je bénirai, » (1%), min hayyôm hazzéh ‘abärék. Expressions favorites d'Aggée : 1,5, 7, 11, 16, 19, «appliquez vos cœurs; » 11, 5, 5, 9, 10, 19, 24, « dit le Dieu des armées ; » 1, 12, 14%: 17, 3, 9, € Zorobabel, Jésus, et le reste du peuple. » Répétition des mots : Cesprit, » 1, 14; (prends courage, » 11, 5, dans le même verset. — Ajoutons que le livre n’est pas exactement divisé : le premier oracle doit finir 11, 1, certainement, ou du moins 11, 15, après les mots «le sixième mois ». Le reste fait partie du second oracle : le texte hébreu et la critique lexigent ainsi. Cf. J. Knabenbauer, ouvr. cit., p. 183.
V. Psaumes attribués à Aggée. — On attribue en outre à Aggée, comme à Zacharie du reste, les psaumes ΟΧΙ et CXLV, qui portent ces noms dans le titre. Mais c’est à tort; car ni l'hébreu, ni les autres versions, ni la tradition, ne justifient cette attribution. La présence de ces noms a plutôt ici un sens liturgique; elle indiquerait, selon plusieurs, que c’est par ces prophètes que les psaumes dont il s’agit ont été appliqués au service religieux après l'exil. Suivant le pseudo-Épiphane, De Vitis prophetarum, t.XLINT, col. 411, c’est Aggée qui aurait le premier chanté Alleluia dans le second temple. D'où l'inscription : (Alleluia. Du retour d'Aggée et de Zacharie. » Cette explication convient également pour les Septante, où les psaumes GXxXVII, CXLV-CXLVIIT ont ces mêmes noms, et pour la Peschito, qui les porte dans les psaumes CXXV, CXXVI, CLXV-CXLVIII. On ἃ dit aussi qu'Aggée avait écrit une partie du livre actuel d'Esdras, 1 Esdr., 111, 2 - νι, 22; ce n'est pas probable, parce que cette partie n’est pas de son style.
VI. Prophéties messianiques d'Aggée. — Il y a deux prophéties messianiques dans le livre d'Aggée : — 1° Dans la première, Agg., 11, 1-10, le prophète prédit au nouveau temple une gloire supérieure à celle de l’ancien. En voici la traduction d'après l'hébreu, τι, 7-8:
Ainsi parle le Dieu des armées,
Encore une fois, et c'est dans peu, et j’ébranlerai le ciel, la terre, la mer et les continents;
J'ébranlerai tous les peuples,
Et elles viendront, les richesses de tous les peuples,
Et je remplirai de gloire cette maison,
Dit le Dieu des armées; ΄