‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 115 sur 454 · AGGI — AGNEAU DE DIEU · texte numérisé non relu

AGGI — AGNEAU DE DIEU

justement, dès les premiers temps du christianisme, un des emblèmes du Sauveur les plus chers aux chrétiens (fig. 43), et, dans son Apocalypse, il lui donne souvent le nom d’« Agneau », v, 8; χιν, 4; χχι, 14, etc.; il le représente immolé dans le ciel, v, 6; assis sur un trône, vu, 17; xxu1, 1, 3; adoré par les vingt-quatre vieillards, v, 8, et par tous les élus, vir, 9-10, qui chantent, avec les esprits célestes, « le cantique de l’Agneau, » xv, 3, un hymne de louanges à sa gloire. Les élus sont victorieux par sa force, ΧΙ, 11; xvir, 14; et ils seront sauvés parce qu'ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau,

43, — Jésus-Christ représenté sous l’image de l'Agneau portant 14 houlette et le vase à lait, attributs du Bon Pasteur. D'après Aringhi, tav. 1, p. 537.

vit, 14; il habite avec eux la céleste Sion, et ils le suivent partout où il va, XIV, 1-4, prenant part au festin nuptial de ses noces avec l'Église, son épouse, χιχ, 7, 9; xx1, 9. Il est le temple du ciel; il en est la lumière, xx1, 22, 24, et l’on ne peut y entrer qu’autant que l’on est inscrit « dans le livre de vie de l’Agneau », xx1, 27; cf. ΧΧΠΙ, 14. L'Église, à la suite de saint Jean, nous montre en Notre-Seigneur « le véritable Agneau », dont les victimes offertes en sacrifice dans l’ancienne loi n'étaient que la figure : Hic est verus Agnus, qui abstulit peccata mundi (Préface de Pâques), et, dans les Offices de l'Avent et du Carême, elle applique avec les Pères au divin Rédempteur les passages des prophètes où elle retrouve le nom de l'agneau : Emitte agnum, Domine, dominatorem terræ : « Envoyez, ὃ Seigneur, l'agneau qui doit devenir le maître de la terre. » Is., xvr, 1. Et ego quasi agnus mansuetus, qui portatur ad victimam : « Je suis comme un agneau plein de mansuétude que l’on porte [au boucher] pour le faire égorger. » Jer., ΧΙ, 19. Dans ce dernier passage, Jérémie parle de lui-même, mais il est une figure de Notre-Seigneur dans les persécutions qu'il endure de la part de son peuple. Quant aux paroles d'Isaïe, elles se lisent dans sa prophétie contre les Moabites, et font allusion, dans le sens littéral, au tribut considérable que le roi de Moab avait autrefois payé en brebis au roi d'Israël. IV Reg,

I, 4; elles doivent se traduire : « Envoyez [en tribut] vos agneaux, [ὁ roi de Moab], au maitre de la terre [du peuple de Dieu]. » Le mot: Domine, « Seigneur, » n’est pas dans le texte original. L'application de ce verset à Jésus-Christ n’est donc pas faite dans le sens primitif, mais elle n'en est pas moins très heureuse, et elle nous présente sous cette belle image de l'agneau, l’un des animaux les plus doux et les plus faibles, Notre-Seigneur devenant malgré sa douceur, Matth., xir, 20, et sa faiblesse apparente, le maître du monde. Les victoires des Hébreux sur leurs ennemis n'étaient que la figure des victoires plus grandes que devait remporter le Messie, et les peuples qui leur payaient tribut étaient le type des peuples qui devaient accepter un jour le joug du Christ.

F. VIGOUROUX

AGNEAU PASCAL., agneau mâle, sans tache, d’un an, que les Israélites devaient manger avec des rites particuliers dans la célébration de la fête de Pâques. Exod., ΧΙ, 3-11; Num., 1x, 10-12; Deut., xvi, 2-6. Voir PÂQUES.

AGONIE DE NOTRE-SEIGNEUR. Après la prière ‘qui termina le discours de la Cène, Jésus alla avec ses Apôtres dans un jardin appelé Gethsémani (voir GETHSÉ- MANI), et aussi jardin des Oliviers, situé au pied de la montagne qui porte le même nom, au nord-est de Jérusalem, dont il est séparé par le torrent de Cédron. C'est dans ce jardin qu'eut lieu l’agonie de Notre-Seigneur, et c’est là que commença la passion proprement dite du Sauveur.

Jésus n’y entra qu'avec les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean. Les huit autres, à qui le Sauveur avait dit : («Asseyezvous ici, tandis que j'irai là-bas pour prier, » Matth., XxXvVI, 36, se tinrent probablement à l'entrée du jardin. Dès que Jésus fut seul avec ses Apôtres privilégiés, il se mit à dire : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Matth., XXVI, 38. C’est une tristesse parvenue à son degré suprême. QI] y avait assez de douleur, dit Bossuet, Sermon du vendredi saint, pour lui donner le coup de la mort. Il serait donc mort par le seul effet de cette douleur, si une puissance divine ne l’eùt soutenu pour le réserver à d'autres supplices. »

Les commentateurs se sont demandé comment on peut concilier la tristesse de Notre-Seigneur avec la vision intuitive ou béatifique dont il jouissait en vertu de l'union de la nature divine avec la nature humaine, ou union hypostatique. Les uns, comme saint Ambroise et dom Calmet, admettent que la tristesse de Jésus au jardin des Oliviers était sans aucun mélange de joie. D'après eux, Dieu, par sa puissance, ἃ pu séparer l'effet de la cause; c’est-à-dire qu'en conservant à la très sainte âme du Sauveur la vision intuitive, il ἃ pu empêcher qu'elle n'y produisit la Joie, qui en est l'effet naturel. Les autres répondent que la joie et la tristesse se trouvent tout à la fois dans l'âme de Jésus au jardin des Oliviers. La contradiction, qui parait manifeste, n'existe en aucune facon; nous savons que deux causes différentes peuvent produire dans la même personne une grande tristesse ou une grande joie. C’est le sentiment de saint Thomas. « La joie de la béatitude, dit-il, n'est pas directement opposée à la douleur de la passion, par la raison que ces deux sentiments ne portent pas sur le même objet. Or rien n'empêche que les contraires ne se trouvent dans le même sujet, pourvu que ce ne soit pas sous le même rapport. » Sum. theol., 111, 46, 8, ad 1.

Après avoir fait connaitre à ses Apôtres sa tristesse mortelle, Jésus leur dit : « Tenez-vous ici, et veillez avec moi. » Matth., xxv1, 38. En parlant ainsi, il désignait un rocher assez bas, sur lequel plusieurs personnes pouvaient s'asseoir et se coucher commodément. Après cette recommandation, il s'éloigna d'eux à la distance d'un Jet de pierre. Luc., xx11, #1. Or, à cette distance du rocher, à soixante mètres, en s'avançant vers le nord, on trouve précisément une grotte dans laquelle Notre-Seigneur se serait retiré pour son agonie. Les trois Apôtres ne tardèrent pas à s'endormir sur le rocher.

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