‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 114 sur 454 · AGGÉE · texte numérisé non relu

AGGÉE

Car l'argent, c'est à moi, et l'or, c'est à moi,

Dit le Dieu des armées;

Plus grande sera la dernière gloire de cette maison que la première,

Dit le Dieu des armées;

Et en ce lieu je donnerai la paix,

Dit le Dieu des armées.

On s'accorde à tenir la prophétie pour messianique. On se divise quand il s’agit de l'interpréter et de l'appliquer. Nous l’entendons dans son sens le plus large. Selon nous, il faut y voir : 1° une commotion universelle du ciel et de la terre; 2 puis un ébranlement général de toutes les nations venant successivement au temple et à l'Eglise dont il est la figure, avec des présents, et 3° enfin une grande manifestation de la gloire promise à ce temple par l’effusion des grâces et des dons surnaturels, dont le mot € paix messianique » est le résumé. Autrement, c'est la prédiction de l'origine, du progrès et de la consommation du royaume de Dieu au milieu des bouleversements de la nature et du monde moral, à partir du premier siècle chrétien jusqu'à la fin du monde, et au delà dans l’éternité. Que cette prédiction ait cetle largeur de sens, c’est ce que prouvent le contexte, les textes parallèles et l'histoire : le contexte, car les termes employés sont très étendus, et ce n’est pas la mention du temple nouveau, — puisqu'il figure l'Église universelle et immortelle, — qui peut les restreindre ; les textes parallèles, car les trois idées exprimées ici, — idées messianiques du reste, — se trouvent déjà ailleurs, Joel, 11, 30, 31; Is., Χχιν, 19-93; τι, 16; παν 11; LXvI, 225011, 12 et.suiv.: xIx, Οἱ; Mich., v, 10: IS 2x, 9-7, 11: 11, J'etisuiv.; XIV, 1 xXLIxX, 17 et Suiv; Lx, 4-16; Mich., 1v, 1; Is., 1x, 6 (cf. Gen., xLix, 10); Ps. ΤΧΧΙ; Is., 1x, 7; Mich., v, 1, etc.; l'histoire : elle témoigne, en eflet, que l'Église s’est ainsi établie. Préparée dès 16 temps d'Aggée, car on peut considérer les quatre siècles qui suivirent comme un prélude, elle s'est fondée et développée dans les miracles et les commotions physiques et politiques, commotions qui finiront au dernier Jour, quand le ciel et la terre passeront pour faire place à de nouveaux cieux et à une terre nouvelle. Il Petr., πὶ, 10, 13. D'autre part, les peuples se sont ébranlés peu à peu et sont entrés en foule dans l'Église. Ils y entrent encore, y apportant des adorations et des présents. Elle-même enfin a été glorifiée d’abord dans le temple nouveau, où Jésus-Christ a parlé, enseigné, opéré des miracles; puis dans le monde entier, par les biens de la grâce et les espérances célestes qu'elle y répand. Telle est l'extension que nous donnons à cette prophétie. Il serait trop long d'exposer les autres opinions sur cet objet. On les trouvera dans L. Reinke, ouvr. cit., p. 77 et suiv., et dans J. Knabenbauer, ouvr. eu ΕΠ, Ὁ- Ἰοῦ; 109:

Voici quelques explications du texte : 1° dans Agg., 11, 7v, les versions anciennes différent. À nous en tenir 8 l'hébreu, nous pensons qu'il faut traduire : &« Encore une fois, [16 temps] est court, » et cette traduction se justifie par la grammaire et en partie par les Septante. — 2 Agg., 11, 8: Et veniet desideratus cunctis gentibus, «et le désiré de toutes les nations viendra. » Ainsi traduit la Vulgate, que suit une certaine tradition. L'hébreu actuel se traduit autrement. Il porte ρα ὦ hémdat κοί haggôim ; mot à mot : ef venient desiderium ommium gentium, « et viendront le désir de toutes les nations. » Desiderium, « le désir, » s'entend au sens collectif de ce que désirent tous les peuples ; je veux dire les richesses, les choses précieuses. Telle est l'opinion du P. Knabenbauer. Et il l'appuie sur les Septante, le chaldéen et le syriaque, sur le contexte, 11, 8, sur un endroit parallèle, Is., LX, 5, et surtout sur le mot hémdat, sujet singulier du pluriel b&’ü, «ils viendront. » Nous souscrivons à cette opinion. Le seul inconvénient qu’elle offre est la suppression d'un argument messianique communément donné. Mais, outre que la prophétie ne cesse pas pour cela de se rapporter au ternps du Messie, quoique non à sa per-

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sonne, du moins directement, la vérité doit toujours prevaloir sur l'intérêt de l’apologétique. — 3° Agg., 11, 10. L'hébreu peut être rendu comme dans la Vulgate; il peut aussi se traduire par « major erit gloria domus istius novissima quam prima ». Le temple, en ce cas, serait pris en général, comme un ensemble, et ce qui serait mis en comparaison, ce ne sont pas alors les deux temples, mais les deux gloires, celle de l’origine et celle de la fin d’un seul et même temple. On a l'avantage, dans ce dernier sens, d’écarter la discussion si vieille de l'identité matérielle existant entre le temple de Zorobabel et le temple d'Hérode. Cf. Pusey, The minor Prophets, 1875, p. 497. Voir, sur toute cette prophétie : J. Knabenbauer, ouvr. cit., t.11, p. 183-199; L. Reinke, ouvr. cit., p.68 et suiv.; J. Corluy, Spicilegium dogmatico-biblicum, &. 1, p. 515-524; F. Keil, Die zwülf kleinen Propheten, 2% édit., p. 501-514 [très substantiel ].

20 La seconde prophétie messianique, Agg., 11, 21-24, concerne Zorobabel, à qui Dieu promet son appui et sa faveur. Plusieurs attribuent à cet oracle un sens littéral et un sens spirituel. Au sens littéral, il s'entendrait, selon eux, de ce prince devenu parmi les troubles de son temps l'élu de Dieu, comme l'anneau de sa main, Eccli., XLIx, 14. Au sens spirituel, il se rapporterait au Messie, dont Zorobabel fut par plus d’un trait la figure. Mais d’autres ne pensent pas ainsi. Il n'y aurait, disent-ils, en cet oracle qu'une seule espèce de sens, le sens littéral, qui se rapporterait en somme aux chefs du peuple de Dieu, et notamment au Messie. Je le crois volontiers, car: 10 l'unité étroite des versets qui le composent, 2 la largeur de sens qui en caractérise les mots, et 3° l'histoire connue s’opposent à ce qu'on l'explique du seul Zorobabel, et exigent, au contraire, qu'on l'interprète de la race de David, et spécialement du Messie. Réalisé partiellement en Zorobabel et dans tous les princes de sa lignée, cet oracle ἃ atteint son suprême accomplissement en Jésus, fils de David par Zorobabel, Matth., 1, 12; Luc., 111, 27. Les empires sont tombés successivement pour lui ouvrir la voie; ils tombent encore. Dans toutes ces ruines, il fonde luimême son royaume, le royaume de David son père, qui doit durer éternellement. Dan., 11, 4%; Heb., xI1, 28. Il est ainsi sous la protection de Dieu, qui en ἃ fait, par l'union hypostatique, comme l'anneau de sa main, et cela (parce que 16 l'ai choisi», dit le Dieu des armées, ki bekä bäharti. Cf. F. Keil, Die zwôlf kleinen Propheten, p. 521 et suiv.; J. Knabenbauer, ouvr. cit., t. 11, p. 206 et suiv.

VII. Auteurs principaux ayant spécialement écrit sur Aggée. — J. Elkius, Comment. super Hagg. prophet., in - ἀο, Salignac, 1538 (texte hébreu, version grecque, Vulgate); κα. Wicelius, Enarratio in Haggæum, in-8, Mayence, 1541; "1. Mercier, Scholia et versio ad prophet. Haggæum, Paris, 1551; 4. 4. Grynæus, Commentatio in Haggæum , in-80, Genève, 1581; * Tarnov, 7n Haggæum comment., Rostock, 1624; "Ἢ. Varenius, Æxercitationes duæ in Hagyæum, Rostock, 1648, et Trifolium propheticum, seu Tres prophetæ explicati, ibid., 1662; * H. Reinbeck, Exercitationes in prophet. Hagg., in-4°, Brunswick, 1092; * D. Pfeffinger, Notæ in prophet. Haggæum , in-4°, Strasbourg, 1703; *F, Woken, Adnotationes exegeticæ in prophetiam Haggæi. Adduntur vindiciæ histaricæ, Leipzig, 1719; ἘΝ, Heplen, Vaticinia Hagyæi vertit, illustravit, Lund, 1799 ; “1. ἃ. Scheibel, Observationes criticæ et exegelicæ ad vaticinin Παρ.» cum prolegomenis, in-4#°, Breslau, 1822; κα, Kohler, Die Weissagung Haggaïs, Erlangen, 1860; L. Reinke, Der prophet Haggai, in-8, Munster, 1868 ; * W. Pressel, Commentar zu die Schriften des prophet. Hagqai, Sacharya und Maleachi, Gotha, 1870 ; * T. T. Perowne, Hagqai and Zechariah, in-12, Cambridge, 1888. E. PHILIPPE.

AGGI (hébreu : Jagqi, «joyeux, en fête; » Septante : ᾿Αγγίς), second fils de Gad et petit-fils de Jacob, Num.

XXvI, 15. Son nom est écrit Haggi dans la Vulgate, Gen., XLVI, 16. Ce nom paraît être une abréviation de Haggiyah, «Jéhovah est ma joie de fête. »-Cf. I Par., vi, 15.

AGGITE (hébreu: Hahaggi; Septante : ὁ Αγγί), famille dont Aggi, fils de Gad, fut le père. Num., xxvI, 15.

AGGITH. Voir HAGGITH.

AGIER Pierre-Jean, magistrat, né à Paris en 1748, député suppléant de la capitale aux états généraux pour le tiers état, nommé en 1802 vice-président du tribunal d'appel, exerça cette fonction avec grande équité et droiture jusqu'à sa mort, en 1823. En même temps que certains ouvrages de jurisprudence, il composa plusieurs écrits relatifs à l'Écriture Sainte, publiés à un petit nombre d'exemplaires, et à peu près oubliés aujourd'hui : 1° Psaumes nouvellement traduits sur l'hébreu, et mis dans leur ordre naturel, avec des explications et des notes critiques, et auxquels on ὦ joint les Cantiques évangéliques et ceux des Laudes, selon le Bréviaire de Paris, également avec des explications et des notes, 3 in-®%, Paris, 1809. Les Psaumes sont divisés en trois parties : ceux qui contiennent des prophéties relatives à la venue de Jésus-Christ, ceux dont les prophéties concernent l'Église, et les psaumes moraux. 2 Psalmi ad hebraicam veritatem translati et in ordinem naturalem digesti; accesserunt Cantica tum evangelica, tum reliqua, in Laudibus, juxta Breviarium parisiense decantata, in-16, Paris, 1818. C'est l'abrégé du précédent. 3 Prophéties concernant Jésus-Christ et l'Eglise, éparses dans les Livres Saints, avec des explications et des notes, in-80, Paris, 1819. 40 Les Prophètes nouvellement traduits de l’hébreu, avec des explications et des notes critiques, 9 vol. in-8°, Paris, 1820-1822. 50 Commentaires sur l’Apocalypse, par l’auteur de l'explication des Psaumes et des prophéties, 2 in-8, Paris, 1829, Dans ces ouvrages, Agier soutient le Millénarisme, et l’ardent janséniste s'y manifeste presque à chaque page. Directement ou par des allusions malignes, il attaque le pape, les évêques et surtout les jésuites. La préface de ses Prophéties éparses contient contre eux une seule phrase, mais une phrase curieuse de deux pages et demie. Ces ouvrages n'étaient pas sans valeur à l'époque où ils parurent ; toutefois ils ne méritent pas maintenant d'être tirés de l'oubli où ils sont tombés. E, LEVESQUE.

AGNEAU. Voir BREBIS.

AGNEAU DE DIEU, nom symbolique donné à Notre- Seigneur Jésus-Christ. Isaïie, 11Π|, 7, compare le Messie souffrant à un agneau à cause de sa résignation. Dans le Nouveau Testament, le Sauveur est appelé « agneau de Dieu », parce qu'il est la victime, chargée de nos péchés, qui s'offre à Dieu pour les expier. Joa., 1, 29, 36; Apoc., v, 6, etc. L'agneau pascal, dont le sang servit à marquer lies portes des maisons où habitaient les Israélites en Égypte, au moment de la dixième plaie, Exod., χα, 7, et mit ainsi les enfants de Jacob à l'abri des coups de l'ange exterminateur, Ÿ. 13, était la figure de cet agneau divin qui devait s’immoler à la dernière Päque pour nous sauver de la mort éternelle : « Agnus redemit oves, chante l'Église dans la prose de la fête de Pâques, Christus innocens Patri reconciliavit peccatores. » Saint Jean, dans son Évangile, xIx, 36, nous montre expressément dans le rite de l’immolation de l'agneau pascal chez les Juifs, Exod., x11, 46; Num., 1x, 12, une prophétie figurative d’une des circonstances de la passion de Notre-Seigneur : « On ne lui brisa point les jambes. » Joa., ΧΙΧ, 33. Le quatrième évangéliste, qui avait appris de saint Jean- Baptiste à voir en Jésus « l'agneau de Dieu chargé des péchés des hommes », Joa., 1, 29, 36, se plut toujours à considérer son maitre sous cet emblème, qui est devenu

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