AIGLE
en se dirigeant du côté du soleil. C’était vers midi. Ils firent d’abord de petits cercles, et les jeunes oiseaux les imitèrent, les parents se reposèrent ensuite sur leurs ailes, en attendant que leurs petits eussent terminé leur premier vol; ils firent ensuite un second cercle plus grand ; ils s'élevaient toujours dans la direction du soleil, an élargissant la circonférence de leur vol de manière à tracer une spirale graduellement ascendante. Les aiglons les suivirent encore, lentement; ils paraissaient mieux voler à mesure qu'ils montaient. Les aigles et leurs petits continuérent cet exercice, s'élevant toujours, jusqu'à ce qu'ils ne parurent plus que comme des points dans l'air, et que les aiglons d'abord, leurs parents ensuite, échappèrent complètement à nos regards. »
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56. — Divinité assyrienne à tête et à ailes d'aigie, Bas-relief du Musée assyrien du Louvre.
Quand l'aigle recherche sa proie, il fait entendre quelquefois un cri rauque, qui remplit de terreur les autres oiseaux. La Vulgate ἃ vu une allusion à ce cri dans Osée, vi, 1: « Que dans ta bouche soit une trompette comme l'aigle, » c'est-à-dire un cri comme celui de l'aigle. On traduit communément l'hébreu en coupant autrement la phrase : € Crie comme si tu sonnais de la trompette. L'ennemi vient comme un aigle contre la maison de Jéhovah. » La comparaison est tirée de l'impétuosité avec laquelle l'aigle fond sur sa proie. — Le Psalmiste dit que la jeunesse de celui que Dieu bénit (sera renouvelée comme celle de l'aigle ». Ps. C1 (hébreu, ct), 5; cf. Is., XL, 91, dans le texte hébreu. Le sens de ce passage est assez obscur. Comme l'aigle vit longtemps et peut dépasser un siècle, il courait chez les anciens des fables d'apres lesquelles l'aigle pouvait renouveler ses forces dans sa vieillesse. Un poète, même inspiré, pouvait assurément rappeler ces croyances populaires. Cependant les commen tateurs modernes expliquent généralement les paroles du psaume cu en disant, les uns : « Ta jeunesse sera renouvelée de telle sorte que tu auras la force de l'aigle; » les autres : « Tu rajeuniras comme l'aigle, qui est plein d'une activité nouvelle, après l'époque de la mue. »
Chez les prophètes de la captivité, l'aigle joue un rôle nouveau : il entre comme élément important dans les visions dont Dieu les favorise. Les Juifs captifs à Babylone y virent les œuvres de l’art chaldéen, dans lesquelles
l'aigle occupait une place considérable, soit qu’il fût peint ou sculpté comme oiseau de proie, soit surtout qu'il figuràt dans les représentations symboliques chères aux Orientaux, dans les bas-reliefs où l’on voit des génies et des divinités à tête et à ailes d'aigle (fig. 56), des taureaux et des lions avec une tête humaine et des ailes d’aigle, ete. Ces images des arts plastiques des Babyloniens entrent alors dans les livres sacrés. Ézéchiel nous montre ses chérubins ayant des ailes d’aigle, 1, 10; x, 14; voir CHÉRUBINS; il nous décrit aussi, XVI, 3, 7, deux grands aigles qui figurent le roi de Babylone, Nabuchodonosor, et le roi d'Égypte. Daniel voit à son tour, ΝΠ, 4, un lion à ailes d'aigle (Vulgate : une lionne) qui représente également le roi de Babylone. La similitude entre un aigle, le roi des airs, et un roi de la terre est toute naturelle, et on la trouve dans toutes les langues, en particulier dans Jérémie, parlant de Nabuchodonosor, xLVIII, 40; XLIX, 22; mais chez les