C. SOMMERVOGEL
ALCENSIA Nicolas, carme allemand, vivait vers 1495. On a de lui Commentarius in Exodum Commentarius in Apocalypsim, et des sermons. Voir P. Lucius, Carmelitana Bibliotheca, in-4°, Florence, 1593, p. 64 ὃ.
ALCHEIK ou ALCHECH, rabbin de Galilée, dont le nom s'écrit aussi Alscheich. Voir ALSCHEICH.
ALCIME (grec : "Ἄλχιμος, « vaillant »), Juif infidèle, contemporain de Judas Machabée, qui avait grécisé son nom hébreu, pour mieux marquer son adhésion aux mœurs et aux coutumes des Syro-Macédoniens. ἔδλχιμος ὁ χαὶ Ἴαχειμος, « Alcime, qui s'appelait aussi Joachim, » dit Josèphe. Ant. jud., XII, 1x, 7. Son véritable nom, dans sa langue maternelle, était donc Joachim, « Jéhovah élève, » ou Éliacim, « Dieu élève, » car ces deux formes, qui ne diffèrent que par le nom divin, Yah et El, s’employaient l’une pour l’autre chez les Juifs. Alcime, dévoré d'ambition, s’attacha au parti helléniste, et à l'époque de la persécution d’Antiochus Épiphane «il se souilla », II Mach., x1v, 8, avec les Gentils, en participant à leur culte idolätrique. Il espérait arriver, avec l’appui des rois séleucides, au souverain pontificat. Par sa naissance, il était de race sacerdotale et prêtre du vrai Dieu, I Mach., ΝΠ, 14; mais, quoique descendant d’Aaron, il n’appartenait pas à la famille des grands prêtres : ce n'était donc qu'en foulant aux pieds la loi mosaique, et en s'imposant de vive force à ses compatriotes, avec le secours des armées syriennes, qu'il pouvait arriver à ses fins. Il Jui fallait par conséquent gagner à tout prix les bonnes grâces des ennemis de son peuple et se débarrasser de Judas Machabée, qui devait naturellement s’opposer à la réalisation de ses desseins impies. [l réussit dans ses intrigues.
La dignité qu'il convoitait lui fut conférée par Lysias, qui gouvernait sous le nom du jeune Antiochus V Eupator (164-162 avant J.-C.). Ménélas venait d'être mis à mort; son neveu Onias aurait dù lui succéder dans ses fonctions pontificales, mais il ne pouvait lutter contre la puissance
syrienne; il fut obligé de se réfugier en Égypte, où, de dépit, il construisit plus tard le temple d'Héliopolis. Ces détails nous sont connus par Josèphe, Ant. jud., XII, 1x, 7, et le second livre des Machabées y fait allusion, σιν, 3. Alcime paraît n'avoir pu prendre possession du souverain pontificat avant la mort d’Antiochus V. Ce roi périt avec Lysias, par l’ordre de Démétrius Ier Soter, fils de Séleucus IV, qui, s'étant échappé de Rome, où il était retenu comme otage, remonta sur le trône de ses pères (fin de l’année 162 avant J.-C.). 1 Mach., vu, 1-4. Alcime n'hésita pas à aller demander au meurtrier d’Antiochus Eupator la faveur qu'il avait déjà obtenue de ce dernier. A la tête des principaux chefs du parti helléniste en Judée, il se présenta à Démétrius, et n’eut pas honte d’accuser auprès de lui Judas Machabée et tout le peuple fidèle. Le nouveau roi, pour le récompenser de sa conduite, lui accorda le souverain sacerdoce, et chargea Bacchide, l’un de ses généraux, d’aller, avec une armée considérable, le mettre en possession de sa charge. Bacchide eut recours à la ruse avant d'employer la force. Tout le monde ne connaissait pas encore la méchanceté d’Alcime. Des scribes et des Assidéens crurent qu'un prêtre de la race d’Aaron ne pouvait pas les tromper, et ils se rendirent avec une confiance aveugle au camp des Syriens. Ils payèrent cher leur simplicité : soixante d’entre eux, malgré les promesses qu’on leur avait faites, furent massacrés en un seul jour. Bacchide se rendit maître de Jérusalem, il fit périr un grand nombre de Juifs, et il ne quitta la Judée qu’en en laissant le gouvernement à Alcime, avec des troupes qui devaient faire respecter son pouvoir usurpé. I Mach., vir, 5-20. Tous les Juifs mécontents et infidèles allèrent se réunir à Alcime, mais ils se livrèrent avec leur chef à de tels excès, que Judas Machabée résolut d'y mettre un terme : il les battit en plusieurs circonstances, et il leur infligea de telles défaites, qu'Alcime fut réduit à quitter Jérusalem et à aller une seconde fois réclamer le secours de Démétrius. I Mach., vu, 21-95. Pour en obtenir ce qu’il souhaitait, il lui apportait en présent une couronne d’or, une palme d’or et des rameaux d'oliviers du temple de Jérusalem. IT Mach., x1v, 4. I] dénonça au roi avec véhémence Judas Machabée, et obtint de lui qu'il envoyàt une nouvelle armée en Judée. 1 Mach., vu, 25-26; 11 Mach., xiv, 5-13. Cette armée était commandée par Nicanor. Ce général, aimant mieux s'entendre avec Judas que risquer une lutte périlleuse, se montra bienveillant pour lui, et lui témoigna les meilleures dispositions. 1 Mach., ΝΠ, 27-29; II Macn., XIV, 14-95. Mais une telle conduite inquiéta Alcime ; 1] alla accuser Nicanor auprès de Démétrius Soter. Le roi, irrité, envoya à son général l’ordre de lui expédier à Antioche Judas chargé de fers. Nicanor ne songea pas à résister; mais, trouvant plus facile de recourir à la ruse qu'à la force, il voulut tendre un piège au héros juif et s'emparer de sa personne. Son projet avorta : Judas le devina et se mit en süreté. I Mach., vir, 200-90; II Mach., xIV, 28-30. Nicanor, ayant ainsi échoué, se laissa aller à tous les excès de son caractère violent, II Mach., xiv, 30-40, et il poursuivit avec rage l'intrépide Machabée. Battu deux fois, le général syrien périt lui-même dans le second combat sur le champ de bataille. 1 Mach., vu, 31-43; II Mach., xv, 1-98. Sa mort ne laissa cependant que peu de repos aux Juifs. Alcime ne voulait renoncer à sa dignité qu'avec la vie. Le roi Démétrius le confirma dans ses fonctions, 1 Mach., 1x, 1. et il envoya une seconde fois Bacchide en Judée, à la tête d’une armée considérable, pour venger la défaite de Nicanor. Judas ne put résister à de si grandes forces ; il succomba glorieusement les armes à la main. I Mach., 1x, 1-18. Alcime triomphait avec Bacchide ; désormais il pouvait jouir en paix du souverain pontificat, grâce à la défaite de son peuple, 11 continua à s'en montrer indigne, et ne profita de ses fonctions usurpées que pour tenter de modifier le culte légal, Mais Dieu ne tarda pas à le punir de tant d’infidélités. Comme il travaillait à faire renverser « le mur de la