‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 212 sur 454 · AMANDIER · texte numérisé non relu

AMANDIER

demande Dieu à son prophète. — Je vois un rameau d’amandier. — Tu as bien vu, lui réplique le Seigneur, parce que je me hâte ($6qéd) d'exécuter ma parole. » Jer., 1, 11-12. La Vulgate, pour conserver le jeu de mots, a traduit : «Je vois une verge vigilante (virgam vigilantem).» Et le Seigneur lui répond : « Τὰ as bien vu, parce que je: veillerai (vigilabo) sur ma parole afin que je l’accomplisse.»

Il n’y ἃ rien d'étonnant qu’un arbre commun en Palestine, remarquable entre tous comme étant le premier à fleurir, et produisant des fruits très appréciés, y portât. deux noms différents. Il est néanmoins possible que lüz soit un nom antique, qui ἃ été supplanté plus tard en Palestine par celui de $äqgéd, puisque ce dernier se trouvepartout dans l'Ancien Testament, excepté dans le plus: ancien passage de la Genèse. Rosenmüller y voit une autre: différence : il suppose que lüz désigne l’amandier sauvage, et säqéd l’amandier cultivé. Handbuch der biblischen Alterthumskunde, t. 1v, part. 1, p. 264. Encore aujourd’hui on trouve l’un et l’autre en Palestine. L'amandier sauvage croît sur le mont Carmel; l'amandier cultivé est, avec le pêcher, une des beautés de Naplouse, l'antique Sichem. Quand, au commencement du printemps, les fleurs roses du pêcher se mêlent aux fleurs relativement blanches de l'amandier, on ne peut rien voir de plus gracieux.

L'amande ἃ toujours été considérée comme l’un des fruits les plus estimés de la terre de Chanaan. Voir AMANDE. Quelques savants ont pensé que l’amandier n'était pas cultivé en Égypte du temps de Joseph, puisque Jacob y envoyait les fruits de cet arbre. W. H. Groser, Scripture natural History, 1888, p. 88. La raison n'est pas absolument coneluante, car rien n'empêche d'importer dans un pays les fruits qu'il produit lui-même, surtout lorsque ceux qui viennent de l'étranger sont « excellents ». Gen., XL, 11. Quoi qu'il en soit, l’amandier a été connu au moins plus tard en Égypte. M. Brugsch croit avoir

trouvé son nom sous la forme \. nes. Aegypt.

Würterbuch, Suppl., p.713. Cf. Ch. E. Noldenke, Ueber: die in altägyptischen Texten erwähnten Baime, 1886, p. 143. Il est vrai d’ailleurs que l’amandier ἃ été importé de l'Asie occidentale en Égypte, comme plus tard en Grèce et en Italie.

En dehors des passages déjà rapportés, l'amandier n'est nommé qu'une autre fois dans l'Écriture : c’est dans l'Ecclésiaste, où, dans la célèbre description de la vieillesse, nous lisons, ΧΙ, 5 : « L’amandier fleurira, » c’est-à-dire, d’après l'interprétation commune, la tête du vieillard se couvrira de cheveux blancs, par allusion aux fleurs de

| l’'amandier, qui au moment de sa floraison, n'ayant encore

aucune feuille, paraît tout blanc. Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, p. 1473, et un certain nombre de commentateurs à sa suite, rejettent cette explication, en disant que la fleur de l’amandier est rose, et ils traduisent : «(Le vieillard) méprise l’amande, » parce que, n'ayant plus de dents, il ne peut la manger. La raison sur laquelle s'appuient ces interprètes pour condamner le sens adopté par les anciennes versions et par la plupart des exégètes est fausse : il suffit d’avoir vu des amandiers en pleine fleur dans les pays où ils croissent en grand nombre, pour reconnaître que la comparaison que fait l'Ecclésiaste avec les cheveux blancs du vieillard est naturelle et fondée ; car à une certaine distance ces arbres fleuris ont l’aspect tout blanc, à la différence des champs de pêchers, qui paraissent tout roses. La fleur de l’amandier, d’un rose tendre et clair avant d'être tout à fait éclose, est pour la plus grande partie blanche quand elle est entièrement ouverte, et blanchit de plus en plus jusqu'au moment où elle tombe. Voir Celsius, Hierobotanicon, t. 1, p. 253, 297; Loudon, Arboretum et fruticetum Brilannicum, Londres, 1838, t. 11, p. 673; Strumpf, Handbuch der Arzneimittellehre, Berlin, 1848, t. 1, p. 93; Leng, Botanik, p. 705, F. VIGOUROUX.

Cu vO γα;

AM

AMARAL (Pierre de), commentateur portugais, né à Zurara en 1621, entra au noviciat de la Compagnie de Jésus le 10 janvier ou juin 1636, professa les humanités et la rhétorique à Braga, la philosophie et l'Écriture Sainte à Coïmbre, fut recteur du collège de Braga, et mourut à Lisbonne le 29 décembre 1711. Il a commenté le Magnificat : Canticum Marianum, hoc est sanctissimæ Dei Genitricis Mariæ canticum, nempe ejus Magnificat litteralibus pariter ac mysticis illustrationibus investigatum, in-4°, Évora, 1709. C. SOMMERVOGEL.

AMARIAS ou AMARIA, hébreu : "Amaryäh et ’Amaryähü, « Jéhovah a parlé, » c'est-à-dire « promis » ; Septante : ᾿Αμαρία et ᾿Αμαρίας.

1. AMARIAS, grand prêtre, fils de Méraioth et père d'Achitob. 1 Par., vi, 7, 52. Voir GRANDS PRÊTRES.

2. AMARIAS, grand prêtre du temps de Josaphat, successeur d'Azarias et père d'un autre Achitob. 1 Par., vi, 11; ΤΙ Par., xix, 11; L'Esdr., vir, 3. Josèphe, Antiq. jud., IX, 1, Tappelle Amaziah.

8. AMARIAS, fils d'Hébron ou Jahath, et chef d'une famille des lévites de la branche de Coré, au temps de David. 1 Par., xxx, 19; xx1v, 98.

4. AMARIAS, lévite préposé à la distribution des dons entre les lévites, sous le roi Ezéchias. IL Par., Xxx1, 15.

5. AMARIAS, prêtre chef d'une famille, qui revint à Jérusalem avec Zorobabel du temps du grand prètre Josué. IT Esdr., x11, 2. Il signa avec Néhémie le renouvellement de l'alliance avec Dieu. II Esdr., x, 3.

G. AMARIAS, nom d'une famille de prêtres dont Johanan était le chef sous le grand prêtre Joacim. II Esdr., ΧΙ, 13. Probablement c’est la même famille qui est appelée Ermmer, 1 Par., xxIV, 14.

7. AMARIAS, père de Godolias, aïeul du prophète Sophonie. Soph., 1, 1.

8. AMARIAS (Septante : Σαμαρία), descendant de Pharès, de la tribu de Juda. IT Esdr., x1, 4.

9. AMARIAS, un des fils de Bani, sous Esdras. Il fut un de ceux qui se séparèrent de leurs femmes après les avoir prises contre la loi. 1 Esdr., x, 42.

AMASA, hébreu: ‘Amäsà, « charge; » Septante : ᾿Αμεσσαΐ.

1. AMASA, fils d'un homme inconnu, nommé Jétra ou Jéther, et d'Abigail, sœur de David. Plusieurs commentateurs ont pensé qu'Amasa était le fruit d’une union illégitime, d'après ce qui est dit, II Reg., xvI1, 25, des rapports de Jéther et d’Abigail. Mais cette interprétation est contestable, puisque l'expression qu'on relève dans ce passage est prise en bonne part dans plusieurs autres : Gen., XVI, 2, et xxx, 3; Deut., xx11, 14, etc. Un autre point qui parait plus probable, c'est que le père d’Amasa était de nationalité étrangère. En effet, si Jéther est donné comme étant de Jesraël, Π Reg., xvir, 25, il est appelé ailleurs Ismaélite par la Vulgate elle-même, L Par., 11, 17, et la diversité actuelle des leçons fait supposer avec raison qu'il était qualifié de la même manière dans le texte primitif de 11 Reg., ΧΥΙ 95.

C'est peut-être ce qui expliquerait l'éloignement dans lequel David parait avoir tenu son neveu. Malgré ses grands talents militaires, auxquels Absalom et David rendirent témoignage à la fin, en le choisissant l'un après l'autre pour leur général en chef, et malgré son étroite parenté avec le roi, on ne voit figurer nulle part Amasa

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comme exerçant un commandement important dans les armées d'Israël ; il n’est pas même compté parmi «les vaillants de David », énumérés II Reg., ΧΧΠῚ, et 1 Par., ΧΙ et XII, à moins qu'on ne l'identifie, comme le font quelques-uns, avec cet Amasaïi, un des principaux entre les officiers appelés $alifim, qui vint rejoindre David à Siceleg, vers la fin du règne de Saül. 1 Par., x11, 16-18.

Si telle était en réalité la situation d'Amasa vis-à-vis de David, il dut se laisser gagner sans peine à la cause d'Absalom. Il embrassa, en effet, le parti de ce prince, lorsqu'il se révolta contre son père. Placé par lui à la tête de son armée, il passa le Jourdain et alla établir son camp au pays de Galaad, dans la forêt d'Éphraïm ; il y fut attaqué et complètement battu par Joab, qui commandait, avec Abisaï et Éthai, les troupes de David. II Reg., xvir, 25-96; XVII, 6-8.

Aussitôt après sa défaite, un singulier revirement de fortune le fit succéder à Joab, son vainqueur, comme général en chef de David. Joab, qui depuis longtemps faisait trop sentir au roi son caractère dominateur, venait d'achever de s’aliéner son esprit en donnant, contre ses ordres formels, la mort à Absalom. Il Reg., ΧΥΠῚ, 14-15. David profita de cette occasion pour s'affranchir de l'espèce de dépendance dans laquelle Joab prétendait le tenir. Il Reg., 11, 24-25, 39; χιχ, 5-7. Il fit donc des avances à Amasa, et lui promit avec serment le commandement suprême de ses troupes. [IT Reg., xix, 13. C'était du reste le moyen de décapiter en quelque sorte la sédition, en lui ôtant son général pour se l’attacher irrévocablement, et de faire rentrer en même temps beaucoup de révoltés dans le devoir à la suite d’Amasa.

Le nouveau général eut immédiatement à exercer ses fonctions. Le retour triomphal de David, auquel «le peuple de Juda » avait eu la principale part, venait de réveiller avec une extrême vivacité les vieux dissentiments entre la tribu de Juda et les autres tribus d'Israël. Il Reg., xIX, 41-43. Israël en masse se déclara contre David, à l’instigation du Benjamite Séba, et la révolte pouvait devenir plus redoutable encore que celle d'Absalom. IT Reg., xx, 1-6. Il fallait done se hâter, et ne pas laisser aux rebelles le temps de se rendre maitres de quelques places fortes et de s’y établir. David ordonna à Amasa d'aller convoquer tous les hommes de Juda, et de se rendre avec eux dans trois jours à Jérusalem, où il venait lui-même de rentrer.

Amasa dut éprouver des difficultés imprévues dans l'exécution de cet ordre, peut-être à cause de la défiance d'un grand nombre pour ce nouveau chef, qui était la veille encore le général des révoltés; car il ne put accomplir sa mission dans les trois Jours, et arriver à Jérusalem au moment indiqué. Il y serait toutefois revenu, quoique en retard, d’après les Septante, et en serait reparti à la tête des troupes, ayant sous ses ordres Abisaï et les soldats de Joab. IT Reg., xx, 6-7. Mais cette manière de présenter les faits ne parait guère s’accorder avec ce qui est dit au Ÿ. 8, qu Amasa Q vint au-devant d'eux »; cette rencontre s'explique au contraire tout naturellement, si l'on admet, comme semblent le supposer l'hébreu et la Vulgate, que David ne voulut pas attendre le retour d'Amasa, et qu'il chargea Abisai (ou Joab, selon le syriaque et Josèphe) de prendre le commandement des troupes présentes, et de se mettre incontinent à la poursuite de Séba. Amasa, qui revenait enfin, les rencontra aux environs de Gabaon, la moderne El-Djib.

Ce fut le moment que choisit Joab pour assouvir sa vengeance; la façon dont est décrit son équipement donne ἃ entendre qu'il avait prémédité et préparé à l'avance l'assassinat de son cousin. « Salut, mon frère! » lui dit-il en lui prenant la barbe de la main droite, à la maniere orientale, comme pour l'embrasser, tandis que de la main gauche il lui plongeait son épée dans le flanc, I continua aussitôt sa route, après avoir laissé un de ses soldats à la garde d'Amasa, étendu mort au mileu du chemin : c’est du moins ce que semblent dire l'hébreu, les Septante et

443 AMASA — le chaldéen. Cet homme, voyant que le peuple s’arrêtait pour regarder le cadavre, le transporta dans un champ voisin, et le couvrit d’un manteau. II Reg., xx, 6-13. Une fois de plus le glaive de la justice divine frappait, selon la prophétie de Nathan, IT Reg., ΧΙ, 10, sur la maison de David, et cette fois encore c’est de cette maison même que partait le coup, car Joab et Amasa étaient l’un et l’autre neveux du roi. Cf. II Reg., χα, 28; XVII, 14.

Ainsi périt Amasa, au moment où David venait de le tirer du long oubli dans lequel il paraît l'avoir laissé jusqu'alors, pour lui conférer la plus haute charge du royaume, et le traiter désormais comme un des membres les plus chers de sa famille. « N'es-tu pas l'os de mes os, et la chair de ma chair? » lui avait-il fait dire après la mort d'Absalom. II Reg., xix, 13. Joab empêcha par son crime l'entière réalisation de ce dessein. David voulut du moins venger la mort d’Amasa, et s’il ne put le faire immédiatement, parce que les services de Joab, devenu d’ailleurs plus puissant que jamais, lui étaient nécessaires, il confia en mourant ce soin à Salomon. III Reg., 11, 5, 34.

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