‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 241 sur 454 · AMOMUM — AMORRHÉENS · texte numérisé non relu

AMOMUM — AMORRHÉENS

où de tout temps se sont livrés des combats importants, depuis les Égyptiens et les Assyriens jusqu’à Napoléon Ier; la cité d'Amona est la ville de Mageddo, qui fut appelée plus tard par les Romains Legio (aujourd’hui el-Ledjoun), nom presque synonyme d’Amona, «multitude. » On objecte contre cette explication que la mer dont parle le prophète ne saurait être la Méditerranée, parce que, dans ce cas, les mots « à l’est de la mer » n'auraient aucun sens, puisque toutes les vallées de la Palestine étaient à l’est de la Méditerranée.

Le Targum et un certain nombre de commentateurs pensent que la mer dont il est ici question est celle de Génésareth, c’est-à-dire le lac de Tibériade, que les Hébreux désignaient sous le nom de mer. Beaucoup de modernes croient qu’il s’agit de la mer Morte, et que les mots : « la vallée des voyageurs, » indiquent la grande route commerciale de Damas à la péninsule de l'Arabie, correspondant probablement à la route actuelle des pèlerins (Derb el-Hadj), allant de Ia même ville à la Mecque (voir la carte, col. 490). « La vallée où le carnage s’accomplit est au delà de la mer Morte, c’est-à-dire en un lieu profane, » dit M. Le Hir, Les trois grands prophètes, in-19, Paris, 1877, p. 347. D’après son explication, qui est celle d’un grand nombre d’autres interprètes, (tous ces noms, Amona, etc., sont symboliques. Les efforts que l’on ἃ faits pour appliquer cette prophétie à la chute des Chaldéens (Ewald), de l’armée de Cambyse (dom Calmet) ou d’Antiochus Épiphane et de ses armées (Jahn), sont superflus et contredisent l'histoire, ou ne s'accordent pas avec le texte d'Ézéchiel. » 1bid. ILest plus probable, en effet, qu'Amona ne désigne pas une ville réelle, mais est un nom figuré de la nécropole où devaient être ensevelies les armées de Gog.

" F. VIGOUROUX

AMORAS ou AMORAÏM. Comme les Tannaïtes avaient pris la Bible pour base de leurs explications, et formé peu à peu le recueil appelé Mischna, ainsi les Amôraim, Cinterprètes, » leurs successeurs, travaillèrent sur la Mischna, et de leurs commentaires, élaborés à Tibériade et dans les écoles de l'Iraq, résultèrent deux ouvrages parallèles, portant chacun le nom de Ghemara, « supplément » (de la Mischna) ou de Talmud : le Talmud de Jérusalem, œuvre des docteurs palestiniens, et celui de Babylone, œuvre des docteurs de lIraq. Sur les Amôraïm, voir Chiarini, Théorie du judaïsme, 11° partie. Le catalogue des principaux docteurs amôraïm qui parlent dans le Talmud est donné dans un autre ouvrage du même auteur : Le Talmud de Babylone traduit en langue française et complété par celui de Jérusalem et par d’autres monuments de l'antiquité judaïque, 2 vol. in-18, Leipzig, 1831. Au premier volume, p. 120-196, il en cite soixantedix-huit, qui pour la plupart ne sont connus que de nom. Un manuscrit hébreu de la Bibliothèque nationale, 187, 90, 11, contient les noms des auteurs de la Mischna…., du Talmud de Jérusalem et du Talmud de Babylone. Sur quelques-uns des principaux Amôraim, tels qu'Abba Aréka, R. Abina, R. Aschi, R. Chiya, on peut voir des détails spéciaux à l’article qui leur est consacré. Voir Bacher, Die Agada der babylonischen Amoräer, in-8, Strasbourg, 1878. E. LEVESQUE.

1. AMORRHÉENS (hébreu : *Émôri; toujours avec l'article et au singulier, h&’émôri ; Septante : ᾿Αμοῤῥαϊοι), tribu chananéenne, mentionnée la quatrième parmi les onze qu'énumère la table ethnographique, Gen., x, 16, et la plus importante de celles qui occupaient le pays avant l’arrivée des Israélites.

Ι. Nom. — Plusieurs auteurs, acceptant l’étymologie proposée par J. Simonis, Onomasticon, donnent à *Émôri le sens de « montagnard », d'un mot perdu ’Emôr, « élévation, mont, » et d'après la signification primitive d'’ämar, «élever, » cf. Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p. 122 : c’est ainsi que le mot "mir, Is., xvn1, 6, 9, est généralement traduit par cacumen, « sommet ; » les Sep-

tante en ont même fait le nom propre ᾿Αμοῤῥαῖοι. Les Amorrhéens auraient ainsi été les « Highlanders » de la Palestine, ou habitants des pays hauts, tandis que les Chananéens proprement dits en auraient été les « Néerlandais » ou habitants des pays bas. Cette explication semble appuyée par certains passages de l'Écriture. Ainsi les explorateurs envoyés par Moïse pour examiner la Terre Promise, revinrent en disant : « Amalec habite au midi, l'Héthéen et le Jébuséen et l'Amorrhéen dans les montagnes ; le Chananéen habite près de la mer (la plaine des Philistins) et du Jourdain (vallée du Ghôr). » Num., ΧΠΙ, 90. Nous lisons dans Josué, v, 1 : « Lorsque tous les rois des Amorrhéens qui habitaient au delà du Jourdain, vers la plage occidentale, et tous les rois de Chanaan qui possédaient les contrées voisines de la grande mer, eurent appris que le Seigneur avait desséché les flots du Jourdain, etc. » Cf. Deut., 1, 44; Jos., x, 6; x1, 3. De là l’expression de « montagne des Amorrhéens » employée pour désigner le massif méridional de la Palestine. Deut., 1, 7, 20.

Il est bon cependant de ne presser ni l’étymologie ni les textes, et il faut reconnaitre à ce mot Amorrhéen un sens large et un sens strict, qu'il est important de distinguer pour ne pas prêter de contradictions aux auteurs sacrés. Comment se fait-il, en effet, que les Chananéens de Num., x1v, 45, sont appelés Amorrhéens, Deut., τ, 44 ; que la ville d'Hébron est attribuée aux Amorrhéens, Jos., X, 5, tandis qu’elle appartenait aux Chananéens d’après Jud., 1, 10; que 1 « hévéen » de Gen., xxx1v, 2, devient amorrhéen, Gen., xLvirr, 29, etc.? Ces difficultés tombent d’elles-mêmes, si l’on assigne au mot Amorrhéen la triple signification suivante, qui ressort du reste tout naturellement des différents passages où nous le lisons dans l’Ancien Testament.

1° Il a le sens général de Chananéen. Après la conquête de la Terre Promise, Josué, dans un dernier discours, demande au peuple s'il entend préférer au Seigneur « les dieux de ces Amorrhéens dont il occupe la terre ». Jos., xXxIV, 15, 18; Jud., νι, 10. Sous Samuel on fait remarquer qu'à une certaine époque « la paix existait entre Israël et l’'Amorrhéen ». I Reg., vir, 14, etc. Ce sens large est surtout employé quand il s’agit des idoles et de limpiété des peuples vaincus par Israël, et dont il ne suivit que trop souvent les funestes exemples. ΠῚ Reg., ΧΧΙ, 26; IV Reg., xx1, 11; Ezech., xvi, 3, 45. Il est possible du reste que ce nom, appliqué d’abord à une tribu ou à une région déterminées, ait pris plus tard dans l'usage une plus grande extension, et ait fini par désigner l'ensemble des populations chananéennes ; c’est ainsi que 165 Alemanni ont donné leur nom à l'Allemagne, et que le continent africain doit le sien à la province septentrionale d'Afrique. Cette explication est d'autant plus admissible, que les Amorrhéens paraissent avoir été le plus important des peuples chananéens.

2 Ce nom indique plus strictement les principaux habitants de la Palestine méridionale, Avant comme pendant la conquête, nous voyons les Amorrhéens établis sur les points les plus avantageux de la contrée, à Asasonthamar ou Engaddi, dominant ainsi tout le rivage occidental de la mer Morte, Gen., xiv, 7; à Hébron, Gen., χιν, 13; à Lachis, à Jérimoth et à Églon, Jos., x, 5, dominant la Sephéla, et défendant l'accès de leurs montagnes. Ils sont mentionnés avec les Héthéens et les Jébuséens comme occupant le sud de Chanaan. Num., x, 30. Iest à remar-quer d’ailleurs que, dans les vingt endroits où l'Écriture énumère les différents peuples de ce pays, elle distingue formellement l'Amorrhéen du Chananéen.Cf.Gen., xv, 21; ΠΟ ΠῚ Θ᾽ EXT D ὙΧΠῚ, 295 XXII 125 XXXIV, 11:

Num., x, 30; Deut., vir, À ; xx, 17; Jos., 111, 10; v, 1; 1x, 1 ΧΙ 8; x, 8; xxiv, 11; Jud., 111,5; I Esdr., 1x, 1; IT Esdr., 1x, 8; Judith, v, 20.

39 Enfin ce nom désigne positivement les deux royaumes de Séhon et d'Og, « les deux rois des Amorrhéens, » à

AMORRHÉENS

lorient de la mer Morte et du Jourdain. Deut., π|, 8, 9; IV, 46, 47 ; Jos., 11, 10 ; 1x, 10; xxiv, 12.

IT. Pays. — Le pays des Amorrhéens, appelé par Josèphe ἡ ᾿Αμωρῖτις, Ant. jud., IV, νι, 3; ἣ ᾿Δμοραῖα, ibid., N, 1, 1, était connu des Égyptiens sous le nom

de RE NE De Amar, ou encore Amar. Cf.

P. Pierret, Vocabulaire hiéroglyphique, Paris, 1876, p. 24. Il comprenait deux contrées distinctes, de chaque côté du Jourdain. Voir la carte (fig. 422).

Nota: ds noms modernes somt erd en carartères maigres.

Echelle 50 200 Kil

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