ANAMÉLECH — ANAN BEN DAVID
ANAMIM (hébreu : ‘Anämim ; Septante : ᾿Ενεμετιείμ,, Gen., x, 18; ᾿Αναμιείμ,, 1 Par., 1, 11), peuple égyptien, mentionné le second parmi les descendants de Mesraïm. Gen., x, 13 ; I Par., 1, 11. Quelques-uns des anciens interprètes le plaçaient dans la basse Égypte : le pseudo-Tonathan, ou le Targum sur le Pentateuque, dans le nome Maréotique ; Rabbi Saadia, ou la version arabe, dans les environs d'Alexandrie, Les commentateurs modernes ont émis des hypothèses trop souvent basées sur des étymologies douteuses et des rapprochements chimériques. S. Bochart fait des Anamim une peuplade habitant Ja région du temple de Jupiter Ammon et la Nasamonite, Phaleg, Caen, 1647, 1. IV, ch. xxx, p. 922; dom Calmet les assimile aux Garamantes, indigènes du centre de l'Afrique, Commentaire sur la Genèse, Paris, 1707, p. 266; Gesenius compare le grec ’Eveuettelu à BENEMITC, nom d'une contrée citée par Champollion, Thesaurus linquæ heb., p. 1052. Knobel et Bunsen combinent le même mot des Septante avec emhit, Cle nord, » οἱ l'entendent des habitants du Delta. Cf. Crelier, La Sainte Bible, La Genèse, Paris, 1889, p. 15%. L'opinion d'Ebers, un peu plus fondée que la précédente, est elle-même bien ineertaine. D'après lui, le peuple dont nous parlons serait identique aux Aamû ou An-Aañü, pasteurs asiatiques élablis sur le bras bucolique du Nil, Acgypten und die Bücher Moses, t. 1, p. 98 et suiv.
Les principaux égyptologues français reconnaissent les Anamim dans les ’Anou. Cf. E. de Rougé, Recherches sur les monuments des six premières dynasties, dans les Mémoires de l'académie des Inscriptions, L. XXV, 1866, p. 228 et suiv.; G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, %e édit., Paris, 1886, p.14; ΤΕ, Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient, % édit, Paris, 1551, t.1, p. 269. «Les Anamim, dit ce dernier, sont les ’Anou des monuments égyptiens, population qui apparait, aux âges historiques, brisée en débris répandus un peu partout dans la vallée du Nil; elle ἃ laissé son nom aux villes d'Héliopolis (en égyptien An), Tentyris où Dendérah (appelée aussi quelquefois *An) et Hermonthis (An-res, la ‘An du sud); deux de ses rameaux gardérent pendant un certain temps, après les autres, une vie propre, Fun dans une portion de la péninsule du Sinaï, l'autre dans la Nubie; ce sont probablement les gens de ce dernier rameau, les ’Anou-Kens des inscriptions égyptiennes, que l'auteur du document ethnographique de la Genèse a eu en vue, » Il est probable que les Anou formérent l'avant-garde des populations primilives qui vinrent se fixer en Égypte, et qu'ils eurent ensuite à supporter le poids des tribus venues après eux. Refoulés en grande partie vers le midi, ils habitaient, sous la douzième dynastie, dans le désert et au delà de la seconde cataracte, errant avec cent tribus aux noms étranges, toujours prêtes aux razzias, toujours ballues ct jamais soumises. Les Pharaons, comprenant combien il leur était nécessaire de réduire ces peuples, tandis qu'ils étaient encore indécis et flottants, tournérent leurs armes contre eux, et, à force de persévérance, parvinrent à les dompter pour la plupart, à détruire ou à refouler vers le sud ceux qui s'obstinèrent à là lutte, Οἵ. Maspero, ouv. cité, p. 104-105. À. LEGENDPE.
1. ΑΝΑΝ (hébreu : ‘Ânän, « nuage ; » Septante : ᾿ἢνάμ), un des chefs du pe uple qui signerent avec Néhémie le renouvellement de l'alliance. IT Esdr., x, 26.
2, ANAN ben David, célébre docteur juif qui vivait au vie siècle dans l'école rabbinique de Sora, en Babylonie. Écarté la dignité de Gaon ou chef de cette école, à laquelle il aspirait, 11 fut blessé de cette exclusion. Aussi, par ressentiment contre ses collègues,
de
et peut-être aussi entrainé par l'exemple des Chiites, qui, dans l'islamisme, se déclaraient alors les adversaires de la tradition, Anan
‘secoua le joug de la hiérarchie rabbinique, et fonda, vers
760, la secte des Caraïites. Comme les rabbins et leur mé-
thode régnaient en maitres dans la Babylonie, il y eut peu de succès. Accompagné de son fils Saül, il alla à Jérusalem, où le rabbinisme était alors moins florissant, Il sut y acquérir une grande influence : il s’éleva contre les traditions .des rabbins et leurs interprétations artificielles, ramena à l'étude trop oubliée du texte de la Bible, et imprima à l'exégèse de Palestine une direction plus rationnelle. Voir Caraiïtes. Cf. Wogue, Histoire de la Bible et de l’exégèse, p. 196-197. E. LEVESQUE.
ANANI, hébreu : ‘Anäni, abréviation pour ‘Ânanyäh, « Jéhovah couvre, protège; » Seplante : ?Avav.
1. ANANI, septième fils d'Éliœnaï, descendant par Zorobabel de la famille de David. 1 Par. "11, 2%.