ANNE, GRAND PRÊTRE — ANNEAU
avec Caïphe, grand prêtre en fonction. Le premier aurait été le représentant de l'autorité civile, et le second, de l'autorité religieuse. Il est possible aussi, comme l'ont cru quelques-uns, que les Juifs attachés à leur loi, d’après laquelle le pontificat était à vie, aient honoré Anne comme le grand prêtre légal, et refusé de reconnaître les pontifes transitoires, que leur imposait l’autorité romaine ou le caprice des rois hérodiens.
Quoi qu'il en soit, il est certain que ni saint Lue ni saint Jean n'ont ignoré que Caïphé était le grand prêtre en fonction, Luc., 111, 2; Joa., xvint, 13, et s'ils ont appelé Anne ἀρχιερεύς, 5115 l'ont placé au premier rang, c’est que celui-ci avait droit à ce titre et à cette place.
E. JACQUIER
ANNEAY. Il est question dans la Bible d'anneaux de différentes sortes : 1° d’anneaux servant d'ornement pour les personnes ; 2 d’anneaux faisant partie de la construction ou du mobilier du tabernacle ; 3° d'anneaux destinés à conduire les animaux.
L ANNEAUX D'ORNEMENT — Les Hébreux se servaient d’anneaux pour orner les oreilles, le nez, les doigts de la main. Nous laissons ici de côté les premiers (voir PEN- DANTS D'OREILLES), pour ne nous occuper que des anneaux de nez et des anneaux de doigt.
19 L’anneau de nez porte un nom spécial en hébreu :
nézém. Plusieurs passages ne laissent aucun doute sur 2 destination du nézém. « Je plaçais un nézém à son nez, dit Éliézer en parlant de Rébecca. Gen., χχιν, 47; Is., 111, 21; Ezech., xvi, 12. De plus nous avons vivant commentaire de ces passages chez plusieurs peuples orientaux, et en particulier chez certaines tribus bédouines vivant en Palestine et à l’est du Jourdain, où les femmes portent encore des anneaux passés dans un des cartilages inférieurs du nez (fig. 151). Van Lennep assure qu'il ἃ remarqué cette coutume surtout dans les basses classes et les populations rurales, depuis l'Arménie inférieure jusqu'à l'Égypte. Bible Lands, their modern customs, 1875, p. 581. — Cependant le nézém devait ce nom plutôt à sa forme particulière qu'à la partie du visage qu’il ornait ; aussi est-il question de nézém pour les oreilles, Gen., XXXV, # : c'étaient des nézém d'oreille que Jacob fit enterrer auprès du térébinthe de Sichem, comme étant des objets idolätriques ou des amulettes superstitieuses ; il en était de même des nézém d'or que le beRpIS donna à Aaron pour fondre le veau d'or. Exod., xxxII, 2, 3. En d’autres passages, Exod., χχχν, 22; Judie,, vit, 24; Job, XLH, 11 ; Prov., xxv, 12; Ose., 11, 15 (13), le contexte ne montre pas d'une facon évidente si l’on y parle d’anneaux de nez, cependant l'emploi du singulier fait penser qu'il en est question plutôt que de pendants d'oreilles.
Les traducteurs grecs et latins ont méconnu la véritable destination des anneaux de nez. D'une part, ils paraissent avoir ignoré une coutume qui, de leur temps, avait disparu des villes et des hautes classes; d'autre part, en certains
cas, l'expression nézém nt certainement des pendants d'oreilles, les Septante l'ont rendue toujours par ἐνώτια ; Ce qui donne lieu à des confusions. La langue grecque ne pouvait avoir un mot spécial pour un objet que les Grecs ne connaissaient pas; il fallait donc ou bien se servir du nom de l’ornement qui avait le plus de ressemblance avec le nézém et y ajouter un déterminatif caractéristique, comme l'ont fait les Septante dans Ezech., XVI, 12: ἐνώτιον ἐπὶ τὸν μυχτήρα, « une boucle d'oreille pour le nez; » ou bien 1] fallait forger un mot nouveau, comme Symmaque : ἐπιρρίνον dans Job, ΧΙ, 11, et ἐπιρρίνιος, dans Ezech., xvi, 12, d'après S. Jérôme, Comment. in h. L.,t. χχν, col. 13%. — La Vulgate à presque partout suivi les Septante en traduisant nézém par inaures, et parfois elle est forcée de recourir à des paraphrases pour ramener le passage à ce sens. Ainsi dans Gen., XXIV, #7, que nous avons traduit : &un nézém à son nez, » elle tourne ainsi la difficalté : inaures ad ornandam faciem ejus ; dans Ezech., xvi, 12, un nézém sur son nez ὁ ὦ
inaures super os suum ; dans Isaïe, 111, 21, « des nézèm de nez : » gemmas in fronte pendentes.
Le nézém était porté, chez les Hébreux, par les femmes ; il donna lieu à un proverbe au trait acéré. Prov., x1, 22. Voici la traduction exacte de l'original : « Un nézém d'or au nez d’un porc (be‘af hüzir), telle est une femme belle mais sotte. » — L'anneau de nez était-il aussi porté par