ANNE, ÉPOUSE DE TOBIE — ANNE, GRAND PRÊTRE
jours au temple, Jeûnes et la prière. Elle était âgée de quatre-vingt-quatre
conception, et le 95 juillet sa mort. L'Église latine célèbre sa fête le 26 juillet. Les artistes chrétiens l'ont souvent représentée enseignant à lire l'Ancien Testament à la sainte Vierge encore enfant. Cf. 1. Wessely, Iconographie Gottes und der Heiligen, in-8', Leipzig, 187%, p. 72. Voir Menologium Basiliarum, dans Assemani, Calendaria Ecclesiæ universalis, t VI, au 20 juillet; Legenda matronæ Annæ, Leipzig, 1502; Binerus, De Joachimo, Anna et Josepho, Anvers, 1638 ; Frantz, Versuch einer Geschichte des Marien und Annen-Cultus, Halberstadt, 1854 ; Acta Sanctorum, julii, t. vi, p. 233-261... K, VIGOUROUX.
5. ANNE, la prophétesse. Elle était fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Luc., 11, 36. Veuve, après avoir vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité, elle allait tous les et servait Dieu, nuit et jour, dans les
ans, lorsqu'elle survint dans le temple le jour de la présentation de Notre-Seigneur, à l'heure où le vieillard Siméon, bénissant Dieu, proclamait en face de tous que Jésus était le Messie attendu d'Israël. Anne aussi louait le Seigneur et parlait de l'enfant à tous les Juifs pieux qui passaient leurs jours dans le temple, et attendaient la rédemption d'Israël. Cest parce qu'elle annonçait la venue du Messie qu'elle est appelée prophétesse; elle forme ainsi la transition entre les pop mu de l'Ancien Testament, Exod., xv, 20 ; Jud., 1v, 4; IV Reg, ΧΧΙ, 14; Is, vin, 8, et celles du Neue ‘Act, XX1,10:
Bien que le texte affirme qu'Anne ne s'éloignait pas du temple, il n’est pas probable, comme l'ont pensé certains exégètes, qu'elle ait vécu dans une des annexes de cet édifice. Saint Ambroise et quelques commentateurs ont cru qu'Anne était restée veuve pendant quatre-vingtquatre ans, et qu'elle était âgée d'environ cent six ans lors de la Présentation de Notre-Seigneur ; mais le texte grec n'est pas favorable à cette opinion. On célèbre la fête de sainte Anne la prophétesse le 1° septembre.
E. JACQUIER
G. ANNE, grand prêtre juif (”’Avvxc dans le Nouveau Testament, et "Avavos chez Josèphe). Anne, fils de Seth, probablement d'origine non palestinienne, mais alexandrine (d'après Derenbourg), fut nommé grand prêtre par Quirinius, en l’an 6 ou 7, et exerca ses fonctions jusqu'en lañ 15, où le procurateur Valérius Gratus le remplaça par Ismaël, fils de Phabi. Quoiqu'il ne fut plus grand prêtre en fonction, Anne continua à jouir auprès des Juifs d'une grande influence, soit par ses richesses, soit par ce fait, inoui dans l'histoire judaique, qu'il vit cinq de ses fils et son gendre Joseph Caiïphe devenir grands prêtres. Josèphe rapporte que de son temps on regardait Anne comme l'homme le plus heureux de sa nation. Il vécut, dit-on, jusqu'à un âge avancé; mais on ignore la date de sa mort. Cependant, lors du siège de Jérusalem, il était mort, puisque Josèphe parle de son tombeau, situé à l'ouest de la ville,
A diverses reprises il est question du Ἵν prêtre Anne dans le Nouveau Testament. Saint Luc, 111, 2, date la prédication de saint Jean Baptiste du souverain pontificat d’Anneet de Caïphe. — C'est devant Anne que fut d'abord conduit Notre-Seigneur Jésus-Christ, Joa., XvHL, 13, οἱ ici encore 1] est appelé grand prêtre, ἀρχιερεύς, si toutefois on admet avec de nombreux exégèles, tels que saint Jean Chrysostome, Calmet, Olshausen, Bleek, Weiss, Schegg, Westcott, Fouard, Schanz, Holtzmann, ete., que l'interrogatoire sub! par Jésus devant le pontife, ἀρχιερεύς, Joa., xvi11, 19-2%, sur ses disciples et sa doctrine, eut lieu devant Anne, et non devant Caïphe, comme l'ont pensé d'autres exégètes ni moins nombreux ni moins savants, comme saint Cyrille, Maldonat, Jansénius, de Wette, Langen, Edersheim, Fillion. La premiére opinion ἃ en sa faveur le verset 2%, où saint Jean affirme qu'après cet interrogatoire Anne renvoya Jésus devant Caïphe. Les tenants de la seconde opinion supposent que l'évangéliste
aurait noté au verset 24 le changement de lieu qu'il avait oublié de mentionner auparavant ; ils font remarquer que si l’interrogatoire rapporté par saint Jean ἃ été fait devant Anne, il s'ensuit que les deux premiers reniements ont eu lieu chez celui-ci, tandis que, d'après les synoptiques et d’après saint Jean lui-même, ils se sont passés dans le même lieu et chez Caiphe.— Enfin, au chapitre 1v des Actes des Apôtres, saint Luc mentionne, en tête de ceux qui se réunirent pour juger Pierre et Jean, Anne, le grand prêtre, et Caïphe. Il est probable que le grand prêtre dont il est plusieurs fois question aux chapitres v et vi des Actes est Anne et non Caïphe.
Au temps où se passaient les événements racontés dans les Evangiles et les Actes, il y avait au moins quinze ans qu’Anne n'était plus grand prêtre en fonction. Comment les écrivains du Nouveau Testament ont-ils pu appeler Anne grand prêtre, lui faire remplir des fonctions qui paraissent réservées au pontife, et surtout l’appeler en deux endroits ἀρχιερεύς, à l'exclusion de tout autre, d’abord au chap. 1v, 6, des Actes ; puis au ch. ΠΙ, 2, de l'Évangile de saint Luc? Dans ce dernier passage, la Vulgate ainsi que le tertus receptus ont, l'une principibus sacerdotum Anna et Caïpha, l'autre ἀρχιερέων, mais ce pluriel est une correction récente ; car tous les onciaux grecs et les principales versions ont ἀρχιερέως au singulier. Tischendorf, edit. octava major, t.1, p. 442. En outre il semblerait, d'après saint Luc et aussi d'après saint Jean, qu'il y avait deux grands prêtres à la fois.
On ἃ émis diverses hypothèses pour expliquer ces expressions. Anne et Caiphe auraient exercé le souverain pontificat alternativement, chacun une année (Maldonat, Beza, Hug), ou même ils l’auraient exercé ensemble (Zumpt) ; Anne aurait été le sagan des prêtres, c'est-àdire le vice-grand prêtre (Lightfoot, Grotius, Wolf) ou le nasi, président du Sanhédrin (Selden, Wiesel, Reischl ). Ces hypothèses ne concordent pas avec ce que nous savons des institutions judaïques ; ou bien, en s'appuyant sur les enseignements talmudiques, elles transportent aux temps anciens ce qui est relativement moderne.
I n'y ἃ d’abord nullement à s'étonner qu'Anne ait été appelé grand prêtre par les évang.listes. Ce titre ne désignait pas exclusivement le grand prêtre en fonction ; soit le Nouveau Testament, soit Josèphe appellent de ce nom tous ceux qui ont été grands prêtres, ainsi que les membres des trois ou quatre familles dans lesquelles on choisissait les grands prêtres. Certaines personnes sont désignées comme étant de famille archi-sacerdotale, ἀρχιερατιχοῦ. Act., IV, 6. Il est douteux cependant qu'on ait donné le titre α᾽ ἀρχιερεύς aux chefs des vingt-quatre familles sacerdotales. Or Anne était de famille aærchi-sacerdotale ; il avait été grand prêtre, il était même resté en charge beaucoup plus longtemps que les autres grands prêtres ; il avait conservé un très grand crédit et | jouissait d’une réelle influence sur les affaires ; il touchait même encore de près au souverain pontificat par ses cinq fils, qui furent tous grands prêtres, et par son gendre Caïphe, en fonction au temps dont il est question ici.
Les écrivains du Nouveau Testament paraissent avoir fait d'Anne le président du Sanhédrin; fonction réservée, dit-on, au grand prêtre. Jésus, il est vrai, fut conduit d’abord chez Anne, Joa., ΧΥΠῚ, 13; mais il s'agissait ici d'un conseil privé, et non du Sanhédrin, qui fut réuni plus tard chez Caïphe. Au chapitre 1V, 6, des Actes, Anne est nommé le premier, parmi ceux qui se réunirent pour juger Pierre et Jean; mais il n'est pas dit qu'il ait présidé. D'ailleurs il n’est pas certain que le président du Sanhédrin ait été nécessairement le grand prêtre. La tradition rabbinique est même opposée à cette hypothèse. Ce président est, dans le Nouveau Testament, appelé ἀρχιερεύς ; mais ce titre, nous venons de le voir, ne désigne pas exclusivement le grand prêtre. Il est donc possible qu'Anne ait été le président du Sanhédrin, et ceci nous expliquerait pourquoi saint Luc le nomme conjointement