ANNÉE SABBATIQUE. Voir SABBATIQUE (ANNÉE
ANNIVERSAIRE (de naissance), natalis, γενέθλια. — L'usage de célébrer par une fète l'anniversaire du jour de naissance était très répandu dans l'antiquité. Les anniversaires des rois étaient plus nombreux encore. On fétait non seulement le jour de leur naissance, mais celui de leur couronnement. Telle fut la coutume à l'égard des Pharaons (Josèphe, Ant. jud., I, v,3; Philon, De Joseph, p. 940 ο; cf. Erman, Ægypten, p.101); des rois de Perse (Hérodote, 1x, 110 ; cf. 1, 133; Platon, Alcibiad., 1, p. 121. Plutarque, Artaxerx., IH); des Ptolémées (décret de Canope, dans le Journal des savants, 1883, p. 214 et suiv., 1. # et 26; décret de Rosette, Corpus inscript. græcarum , n° 4697, 1. 46 et suiv.); des Séleucides (Corpus inscript. græcarum, n° 3995, 1. 16; Bulletin de correspondance hellénique, 1885, p. 387, 1. 2); des Attalides (Dittenberger, Syllog. Inscript. græe., n° 249, 1.35 ; Corpus inscript. græc., n° 3068, 1. 17; 8069, 1. 36); des rois de Commagène (Humann et Puchstein, Reisen in Kleinasien und Nordsyrien, p. 27%, IL b., 1. 15 et 16), et plus tard des empereurs romains (Corpus inscriptionum latinarum, t. 1, 2:0), etc. Tant que le roi était vivant, l'anniversaire de naissance se nommait en grec γενέθλια ; il prenait le nom de γενέσια après sa mort. La Bible mentionne la célébration des anniversaires de naissance du Pharaon contemporain de Moise, Gen., XL, 20; d'Antiochus Épiphane,
Paie δε
II Mac., vi, 7, et d'Hérode, Marc., vr, 21; Matth., χιν, 6. Celui d’Antiochus Épiphane , dit l'auteur du second livre des Machabées, était célébré chaque mois. Ce retour mensuel de l'anniversaire, contraire aux usages romains, n'a pas été compris du traducteur de la Vulgate, qui ἃ supprimé les mots χατὰ μῆνα, «chaque mois. » Les textes que nous avons cités plus haut, à propos des rois grecs : Ptolémées, Séleucides, Attalides et rois de Commagène, prouvent, au contraire, que le retour mensuel de la fête était une coutume constante. Les cérémonies usitées aux anniversaires des rois étaient les mêmes qu'aux fêtes des dieux. C’étaient des jeux de toute espèce, luttes, pugilats, courses, combats d'animaux; des processions dans lesquelles l'image du roi était portée avec celles des dieux ; des distributions de vivres et de vin au peuple, des sacrifices offerts aux dieux pour le roi et au roi lui-même, comme à un dieu. Voir les textes cités plus haut. Le texte des Machabées fait mention spéciale de ces sacrifices dans les anniversaires d'Antiochus Épiphane. IF Mac., νι, 7. E. BEURLIER.
ANNONCIATION. Message de l'ange Gabriel à la Vierge Marie pour lui annoncer qu'elle serait la mère de Jésus- Christ. Saint Luc, 1, 26-38, est le seul des Évangélistes qui nous ait raconté les circonstances de ce mystère, sans doute d'après les indications fournies par Marie ellemême.
L'ange du Seigneur se présente à elle sous une forme humaine pour remplir son message. I1 la salue en lui reconnaissant trois prérogatives exceptionnelles : « elle est pleine de grâce, » χεχαριτωμένη, C'est-à-dire enrichie de tous les dons célestes; «le Seigneur est avec elle » d'une manière spéciale pour l’accomplissement du grand mystère de l'Incarnation, auquel le messager divin vient lui proposer de coopérer; enfin elle est « bénie entre toutes les femmes », c'est-à-dire élevée au-dessus de toutes par ses glorieux privilèges. ἃ la vue de l'ange (texte recu : ἰδοῦσα) et plus encore en entendant ses paroles, l'humble jeune fille se trouble, ne sachant quels peuvent être le sens et le but d'une telle salutation. L'ange la rassure; elle n’a rien à craindre, car elle ἃ trouvé grace devant Dieu. I lui révèle alors la dignité à laquelle elle est appelée par un résumé rapide des principales prophéties messianiques : « Voici que vous concevrez en votre sein et enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, il sera le Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. » Cf. Is., vit, 14; 1x, 7 Dan., vit, 44-27; Mich., 1v, 7; Ps. cxxx1, 11. La Vierge, familiarisée avec les prophéties, comprit bien qu'il s'agissait du Messie promis à Israël et qu'elle était appelée à l'honneur d'être sa mère. Devant une telle proposition, sa foi ne fut pas hésitante, comme celle de Zacharie, Luc., 1, 18-20; mais simple et ferme. Luc., 1, #5. Cependant, dans sa surprise, elle demande humblement de quelle manière cela peut se faire, puisqu'elle est vierge et veut rester vierge. L'ange lui apprend aussitôt comment sa virginité et sa maternité peuvent se concilier dans ce mystère. C'est l'Esprit-Saint, la puissance du Très-Haut qui viendra en elle former le corps très pur du Fils de Dieu. Le saint formé en elle sera tout ensemble le vrai Fils de Dieu et le sien : sa virginité sera couronnée par la maternité divine. La conscience alarmée de la Vierge est rassurée; elle ne demande pas de signe d’une telle merveille, mais l'ange lui en donne un : la fécondité miraculeuse d'Élisabeth, sa cousine, restée stérile jusque dans sa vieillesse. Rien n'est impossible à Dieu. Marie le sait, aussi s'incline -t-elle en disant : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. » Lue., 1, 33. Et elle s'abandonne à la divine Providence pour la réalisation de cette annonce et toutes ses conséquences, L'ange s'éloigne aussitôt; sa mission remplie.
est heureusement