‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 315 sur 454 · ANNIVERSAIRE — ANNONCIATION · texte numérisé non relu

ANNIVERSAIRE — ANNONCIATION

Dès que la Vierge eut donné son consentement, Luc., 1, 38, (le Verbe se fit chair et habita parmi nous, » Joa., 1, 14 : c'est le sentiment unanime des théologiens. D'après saint Luc, 1, 26, ce grand événement s'accomplit au sixième mois : ce qui ne doit pas s'entendre du sixième mois de l'année juive, mais bien, suivant le contexte, du sixième mois depuis la conception de Jean-Baptiste. Le temps n'est indiqué que de cette manière générale et relative. Selon la croyance commune, ce fut le 25 mars. Voir S. Augustin, De Trinitate, 1v, 5,t. ΧΙ, col. 894. Marie était alors « fiancée » à Joseph. Luc., 1, 27, La cérémonie du mariage, qui consistait surtout en la réception solennelle de l'épouse dans la maison de son époux, n'avait pas encore été célébrée, d’après beaucoup de commentateurs, et Marie habitait la maison paternelle. C'était à Nazareth. Luc., 1, 25. L'évangéliste ne précise pas davantage le lieu. Les Grecs prétendent que Marie se trouvait près d'une fontaine, occupée à puiser de l’eau, quand l'ange la salua une première fois ; il ne lui aurait révélé le mystère qu'à son retour dans sa demeure. Sur le lieu présumé de cette première apparition, ils ont élevé une église à l'ange Gabriel. Mais rien n'autorise cette légende, puisée dans le Protévangile de Jacques. Migne, Dictionnaire des apocr yphes,t.T, col. 1019. L'Évangile ne parle pas de cette première salutation, qui parait d’ailleurs bien invraisemblable ; il insinue même que ce fut dans l’intérieur de sa demeure (εἰσελθὼν πρὸς αὐτήν, Luc., 1, 28) que Marie, étonnée et troublée, entendit la salutation et le divin message.

La maison où eut lieu le mystère de l’Annonciation était située, d’après une tradition ancienne, dans l'enceinte du couvent actuel des Franciscains, près de la grotte qui renferme l'église de l'Annonciation à Nazareth. C’est là que sainte Hélène, après avoir retrouvé la sainte maison, dont le souvenir avait dù se conserver à Nazareth (cf. Adrichomius, Theatrum Terræ Sanctæ, in-f°, Cologne, 1582, p.161), aurait fait élever une belle basilique, comme sur les lieux saints de Jérusalem et de Bethléhem. Nicéphore Callixte, H. E., vrir, 30, t. cxLvIr, col. 118. Les ruines trouvées au xvrie siècle, quand on voulut réédifier l’église et les quelques vestiges découverts de nos jours, portent, en effet, le cachet de l'architecture du 1v° siècle. Depuis son érection jusqu'à sa destruction en 1263, de nombreux pélerins ont visité cette basilique et forment une longue chaine de témoignages en faveur de l'authenticité du lieu. Au vis siècle, saint Antonin de Plaisance admire cette «grande basilique ». P.L., t. Lxxn1, col. 901, et Reland, De urbibus et vicis Palestinæ, lib. II, Nazareth. L'auteur de l’opuscule Liber nominum locorum ex Actis, attribué à saint Jérôme (Patr. lat., t. xx, col. 1309), signale une église à l'endroit où l'Ange entra pour annoncer à Marie la bonne nouvelle, et une seconde à l'endroit où Jésus enfant fut élevé. Au vire siècle, Arculfe constate également la présence de ces deux églises. Patr. lat.,t. LXXXVHEL col. 80%. À partir du vine siècle, un de ces deux monuments n’est plus mentionné : c'est l’église de la Nutrition, décrite par Arculfe, et dont les Dames de Nazareth, en 1885, ont vraisemblablement retrouvé l'emplacement. Voir dans La Terre Sainte, 1888, Les fouilles de Nazareth, p. 279, 299 et 322 ; et année 1889, Étude sur les sanctuaires de Nazareth, p.88, 99 et 122. Elle avait probablement été détruite par les musulmans. Cf. la description de l'higoumène Daniel, en 1114, et celle de Phocas, en 1185, dans Abraham de Noroff, Pélerinage en Terre Sainte de l'higoumène russe Daniel, in-4°, Saint-Pétersbourg, 1864, Ρ. 113-115; dans Léon Allatius, Evyyurzra sive opusculorum græcorum libri duo, in-12, Cologne, 1653, p. 11 et 12, et dans La Terre Sainte, 1889, p. 101, Etude sur les sanctuaires vénérés à Nazareth. Au vire siècle, saint Willibald nous apprend que les infidèles menaçaient de détruire aussi la basilique de l'Annonciation : ce n'est qu'à prix d'argent que les chrétiens les en détournérent. Acta Sanclorum ordinis S. Benedicti, in-f°, τι IV, p. 374 Pendant

le siège de Jérusalem par les croisés, elle fut saccagée, mais non détruite : car Sœvulf, en 1103, l'admire encore. Un archevêché fut érigé à Nazareth, et la maison du prélat fut adossée au mur septentrional de la basilique. Les croisés firent même à celle-ci des travaux d’embellissement, dont on voit quelques vestiges dans la cour du couvent. En 1213, saint François d’Assise; en 1251, saint Louis, allèrent y prier; mais, peu de temps après, en 1263, elle fut renversée par le sultan Bibars-Bondokhar et ses hordes sauvages.

D'après une tradition, dont les premières traces n'apparaissent qu’en 1525, la maison de la Vierge, qui y était renfermée comme dans un vaste reliquaire, serait restée debout. En 1291 pour la conserver à son Église, Dieu fait un grand miracle; les anges la détachent de ses fondements et la transportent à Tersacte en Dalmatie, puis à Lorette en Italie. C’est le fond du récit publié par l'historien principal de Lorette, Horace Torsellini, S. J. qui fit paraitre son volume, Laurelanæ historiæ libri quinque, en 1597. Il eut un immense

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