Antiochus V Eupator
Tête diadémée d'Antiochus V. — À. BAYIAEQËE ANTIOXOY
Jupiter, assis sur son trône, tient une Victoire dans la main droite, et s'appuie sur son sceptre de la main gauche.
I Mach., vi, 18-27. Ce dernier ne demandait pas mieux que de recommencer la guerre. Il croyait sans doute le pouvoir du nouveau roi suffisamment assis; il ne redoutait plus probablement ni Démétrius ni Philippe, qui n'étaient encore arrivés ni l’un ni l’autre. Il leva donc une armée formidable de cent mille fantassins, de vingt mille cavaliers et de trente-deux éléphants. 1 Mach., vr, 30 (II Mach., xx, 2, porte des nombres un peu différents, les chiffres ayant été altérés ici par les copistes, comme dans plusieurs autres passages de la Bible). Lysias et Eupator envahirent la Judée par le sud, en passant par l'Idumée. Le chef du parti hellénisant, Ménélas, n'eut pas honte d'aller rejoindre les ennemis de sa patrie, dans l'espoir de recouvrer le souverain pontificat; mais soit qu'il n’eût pas été véritablement plus fidèle à Antiochus qu'à son Dieu, soit pour toute autre cause inconnue, il n'eut d'autre récompense de sa trahison que la mort, parce que Lysias le considéra comme la cause de tous les maux qui s'étaient produits. II Mach., Χαπι, 3-8.
Judas Machabée n’hésita pas à tenir tête à des forces si redoutables. Il défendit d'abord Bethsur contre les Syriens, qui ne purent s'en emparer, ef il en sortit ensuite pour aller dresser son camp à Bethzachara, vis-à-vis de celui d'Antiochus Eupator, C'est là que Lysias l'attaqua.
Il était convaincu sans doute qu'avec tous ses fantassins, ses cavaliers et ses terribles éléphants, qu'on avait eu soin d'enivrer, il écraserait la petite troupe des Machabées ; mais il se trompa et 1] perdit six cents hommes.
I Mach., νι, 32-46 (d'après la lecon actuelle de IT Mach., ΧΠῚ, 15, quatre mille hommes). Cependant, malgré le courage et la bravoure de ses soldats, Judas comprit qu'il ne pouvait lutter contre de telles masses, et il se retira. 1 Mach., νι, 47; 1 Mach., ΧΠΙ, 16. Le roi porta alors son camp à Jérusalem et assiégea la ville. 1 Mach., vi, 48. La position devenait critique. La garnison juive de Bethsur fut obligée de capituler, réduite par la famine, parce que l’année sabbatique avait obligé de laisser cette année la terre sans culture. I Mach., νι, 49-50; II Mach., xx, 18-22. Jérusalem était mal approvisionnée pour la même raison, et bientôt, serrée de très près par les ennemis, elle fut réduite à la dernière extrémité. 1 Mach., vi, 51-54. Tout semblait perdu, lorsque la Providence vint au secours de ses fidèles serviteurs. Une diversion inespérée les sauva.
Philippe le Phrygien, frère de lait d'Antiochus IV, à quice prince mourant avait confié la tutelle de son fils et la régence, ne s'était pas sans doute immédiatement, après son retour de Perse, senti de force à arracher à Lysias le gouvernement qu'il avait en main, et il s'était réfugié en Égypte, à la cour de Ptolémée VI Philométor, II Mach, IX, 29, probablement dans le but de s'assurer son concours et d’épier l'occasion favorable pour s'emparer du pouvoir. Il crut le moment propice venu, tandis que Lysias était loin d'Antioche et occupé à combattre les Juifs. Il s’'empressa donc de retourner en Syrie et de rallier l'armée de Perse et de Médie, qui lui était restée fidèle, et était revenue vraisemblablement à petites journées. [ Mach., νι, 55-56. Il put ainsi devenir maitre de la capitale de la Syrie. I Mach., x, 29; cf. 1 Mach., νι, 63, On conçoit sans peine de quelle inquiétude fut saisi Lysias en apprenant ces nouvelles. Il se häta aussitôt de faire valoir au roi et aux généraux de l’armée la grande force
contre lui, à Antioche, auprès d'Eupator et de Lysias. | delasituation deJérusalemet la pénurie de vivres dont on
souffrait dans ce pays, qui ἢ ναὶ pas été cultivé; sous ce prétexte il fit conclure la paix avec les Juifs, à qui l’on assura de nouveau le libre exercice de leur religion. Les Syriens n'étaient pas de bonne foi; ils le prouverent tout de suite après en détruisant les murs de la ville, contrairement au serment royal. Cependant la crainte que Philippe ne réussit à s'emparer du pouvoir les obligea à quitter précipitamment la Palestine, et Jérusalem fut ainsi délivrée, I Mach., vi, 57-63; II Mach., x, 23-26. La guerre entreprise par Mathathias et ses fils, pour la liberté religieuse, se termina de la sorte par un glorieux triomphe pour les Juifs. Le droit de pratiquer leur religion, reconnu à Israël par Antiochus V Eupator, ne leur fut plus contesté par aucun roi de Syrie. La folle entreprise d'Épiphane d’«helléniser » les serviteurs du vrai Dieu avait complétement échoué. Désormais les Juifs devaient avoir encore à combattre contre les Séleucides, mais seulement pour leur indépendance politique et non plus pour leur indépendance religieuse. Les maux qu'ils avaient endurés leur étaient venus d’un usurpateur, du père d'Eupator, à qui le trône n'appartenait pas, et, par une conséquence imprévue, c'étaient les suites mêmes de cette usurpation qui, en introduisant pour longtemps la division dans la famille des Séleucides, devaient permettre aux Machabées, habiles à profiter de la rivalité des rois qui se disputaient la couronne, de recouvrer leur autonomie et de s'affranchir pleinement du joug étranger.
Lysias, de reiour en Syrie, après avoir calmé à Ptolémaide les citoyens de cette ville, qui s’indignaient d'avoir été soumis à Judas, IT Mach., ΧΙ, 24-96, ne parait pas avoir eu de peine à écraser son rival Philippe et à garder ainsi en son pouvoir le jeune roi Antiochus V. 1 Mach., vi, 63; cf. IT Mach., xur, 23-926. D'apres Josèphe, Ant. jud., XI, 1x, 7, Philippe fut non seulement vaincu, mais mis à mort (163 avant J.-C.).
Cependant Eupator et Lysias ne devaient pas rester longtemps paisibles possesseurs du pouvoir, Un ennemi plus redoutable que celui qu'ils venaient d’abattre surgit tout à coup, Démétrius, fils de Séleucus IV Philopator. Les Romains avaient servi les intérêts du tuteur d'Antiochus V en retenant Démétrius comme otage en Italie, et en l'empêchant de faire valoir ses droits à la couronne, parce qu'ils aimaient mieux voir le trône de Syrie occupé par un enfant; mais le fils de Séleucus IV parvint à tromper leur surveillance et à se rendre en Syrie. Les soldats mémes de Lysias se rangérent sous ses ordres. II Mach., χιν, 1 ; Eusebe, Chron. arm.,1, 4, τ. xix, col, 261 ; Syncelle, édit. Dindorf, t. 1, p. 150; Justin, xxxIvV, 3. Eupator et Lysias furent livrés au nouveau roi par leurs propres troupes. « Ne me montrez point leur face, » dit Démétrius, qui voulait venger sur leur personne le mal que lui avait fait Antiochus Épiphane. Et l'armée les fit mourir aussitôt l'un et l'autre (162 avant J.-C.). 1 Mach., vit, 2-4. Cf. II Mach., χιν, 2; Appien, Syr., 46. Antiochus V Eupator avait régné deux années pleines. Josèphe, Ant. jud., XII, x, 1; Polybe, xxx1, 19. F. Vicouroux.
5. ANTIOCHUS VI DIONYSOS, roi de Syrie, en compéütion avec Démétrius IT Nicator (145-vers 142 avant J.-C.; de l'ère des Séleucides, 167-170. Les dates 167-170 sont données par les monnaies de ce prince). 1] était fils d'Alexandre [er Balas et de Cléopâtre (fig. 176). Son pére, ayant été vaincu par Ptolémée VI Philométor, s'était vu obligé de s'enfuir en Arabie et y avait péri assassiné. Antiochus n'était encore qu'un enfant, 1 Mach., x1, 5%; Appien, Syr., 68; Tite Live, Epit. 50, et hors d'état de disputer la couronne à Démétrius IT Nicator, le rival de son pére, qui se trouva ainsi quelque temps unique maitre du royaume de Syrie. Mais Démétrius IT se fit détester de ses sujets par sa cruauté, et un des officiers d'Alexandre [er Balas, Diodote, plus connu sous le nom de Tryphon, mettant à profit ces circonstances favorables, alla chercher en Arabie, où il était resté depuis la mort de son père,