ANTIOCHUS IV ÉPIPHANE
violence de la tempête, ils eurent la faiblesse de se soumettre au. persécuteur et de pratiquer les rites paiens. 1 Mach., 1, 45. Mais d'autres plus généreux préférèrent la ne à l’apostasie. 1 Mach., 1, 65; “ef. I Mach., vi, 18-31;
vit, 1-41. Ceux qui le purent échappérent à la violence en se cachant au fond des cavernes ou = eos dans le désert, I Mach., 1, 56 ; IL Mach., v, 2 111. δὲ enfin Mathathias et ses fils se levérent, et ἘΠῚ: et la puissance d'Antiochus Épiphane vinrent se briser contre la foi et l'héroisme des Machabées.
Les envoyés d’Antiochus IV arrivèrent un Jour à Modin, pour obliger les Juifs qui y habitaient à immoler aux idoles. Le vieux prêtre Mathathias exhorta ses frères à être fideles à leur Dieu, mais l'un d'eux s’avança aux yeux de tous pour sacrifier selon l'ordre du tyran. Le saint vieillard, à ce spectacle, ne put maîtriser son indignation ; il s’élança contre le coupable et le frappa mortellement ; il fit subir le même sort à l'émissaire d'Épiphane, et renversa avec horreur l'autel sacrilège. Après cet éclat, il se retira dans le désert avec les siens. Un grand nombre de Juifs fidèles ne tardérent pas à le rejoindre, et ainsi se forma le noyau de l’armée qui devait délivrer Israël. Mathathias, chargé d’ans, ne tarda pas à rendre à Dieu son àme généreuse ; mais il laissa après lui de dignes héritiers, ses cinq fils, cinq héros, et parmi eux Judas Machabée, «le lion » de Dieu. 1 Mach., 11, 7-70; 117, 4.
Apollonius ne tarda pas à s’apercevoir que la résistance était sérieuse. [Il marcha contre les Juifs à la tête d'une forte armée. Judas s'empressa d'aller à sa rencontre, le battit, le tua et s'empara de ses dépouilles, 1 Mach., ΠΙ, 40-12. Quand il reçut ces nouvelles, Séron, général en chef des forces syriennes, prit la roule de la Palestine ; il fut battu à son tour près de Béthoron. 1 Mach., 11, 13-24. On s'imagine aisément quelle dut être la colère d’Antiochus Épiphane en apprenant ces désastres. 1 Mach., ut, 26-927. Il résolut d'exterminer les Juifs, et comme il devait faire lui-même une campagne contre les Parthes, I Mach., 111, 31; Tacite, Hist., v, 8, il chargea Lysias, à qui était confiée l'éducation du prince royal, d'envoyer une armée considérable avec des éléphants en Judée, pour détruire jusqu'au nom d'Israël et repeupler le pays avec des étrangers. I! Mach., 111, 32-36. C'était l'an 147 de l'ère des Séleucides, 166-165 avant J.-C. Lysias envoya contre Judas trois généraux, Ptolémée, Nicanor et Gorgias. Ce dernier, avec ses troupes d'élite, fut complétement battu près d'Emmaüs. 1 Mach., τν, 1-22, Une armée nouvelle, conduite l’année suivante par Lysias en personne, essuya également une sanglante défaite. | Mach., τν, 23-35.
L'expédition d'Antiochus Épiphane contre les Parthes ne fut pas plus heureuse. Le tyran allait expier tout le mal qu'il avait fait au peuple de Dieu. I avait toujours besoin d'argent pour satisfaire à ses prodigalités et pour payer aux Romains les contributions qu'ils avaient imposées à son père Antiochus ΠῚ, et qui n'étaient pas encore complétement acquittées. IT Mach., vi, 10-11. Sa campagne à l'est de son royaume avait pour objet de remplir son trésor. I Mach., 111, 29-31; Joséphe, Ant. jud., XIE, vir; Appien, Syr., 45; Tacite, Hist., v, 8. Non seulement il ne devait pas atteindre son but, mais il devait y perdre la vie, Les richesses du temple de Nanée, la Diane et la Vénus élyméenne, tentèrent sa cupidité ; il voulut piller son sanctuaire, mais 1] échoua dans son dessein; les adorateurs de la déesse se soulevérent et l'obligérent à s'enfuir. 1 Mach., vi, 1-4; II Mach., 1x, 2; Josèphe, Ant. jud., XII, 1x, 1; Polybe, xxx1, 11; Appien, Syr., 66; 5. Jérôme, 1n Dan., x1, 44, 45, t. xxV, col. 573. Voir NANÉE, ÉLYMAÏDE, PER- SÉPOLIS.
Il venait de subir cet échec humiliant quand à son retour, aux environs d'Ecbatane, lui arrivèrent les nouvelles du désastre de ses troupes en Judée. 1 Mach., νι, 5-7; I Mach., IX, 2. Ce message porta son irritation à son comble, Il voulut précipiter son voyage, mais il ne devait plus revoir Antioche : 11 fut pris de violentes douleurs d’entrailles,
609 ANTIOCHUS IV ÉPIPHANE II Mach., 1x,5; un accident de voiture aggrava son état, il se blessa dans sa chute, les vers et la gangrène se mirent à ses plaies. IT Mach., 1x, 5, 7. Il reconnut alors, mais trop tard, la main du Dieu qui le frappait; ille pria et implora sa miséricorde, I Mach., νι, 10-12 ; IT Mach.,
, 12-13; il promit d’adorer le vrai Dieu, de réparer le mal qu'il avait fait aux Juifs et de les rendre égaux aux Athéniens, dont il avait embelli et enrichi les temples. I Mach., 1x, 14-17. Cette conversion était sans doute trop intéressée pour être sincère; il sentit bientôt que tout était fini pour lui, et il chercha à assurer du moins son trône à son fils. La crainte qu'il ne puüt lui succéder augmenta encore les angoisses de ses derniers moments. Son fils n'était encore qu'un enfant en bas âge, incapable de placer lui-même la couronne sur sa tête. De plus, il n'y avait point droit : elle appartenait légitimement à son cousin Démétrius, sur qui son père l'avait usurpée. Épiphane ne pouvait se dissimuler que son neveu mettrait sa mort à profit pour essayer de saisir le pouvoir qui lui avait été injustement ravi; il s’efforça donc d'assurer des partisans au Jeune Antiochus, et à cette heure suprême, rendant comme malgré lui hommage à la fidélité des Juifs, dont ses prédécesseurs avaient eu plus d’une fois l’occasion d'avoir des preuves, ce roi qui les ayait si cruellement persécutés leur écrivit une lettre pour leur recommander son fils. IT Mach., 1x, 18-27. Peu après il expirait « dans les montagnes », dit l’auteur sacré, II Mach., 1x, 28; à Tabès, en Perse, comme nous l’apprennent d’une manière plus précise Polybe, ΧΧΧΙ, 11, et Porphyre, dans ὃ. Jérôme, In Dan., x1, 4%; t. xxv, col. 573. C'était l'an 149 de l'ère des Séleucides, 164-163 avant J.-C. I Mach., νι, 16.
Antiochus IV, en mourant, avait nommé l’un des généraux qui l'avaient accompagné, Philippe le Phrygien, son ami d'enfance, régent du royaume et tuteur de son fils Antiochus V Eupator; mais Lysias, à qui il avait laissé le pouvoir à Antioche en partant pour la Perse, ne tint aucun compte de ses dernières volontés : il garda la personne du jeune roi pour régner réellement sous son nom, et Philippe, qui était revenu en hâte, emportant avec lui le corps du souverain défunt, fut obligé d'aller chercher un asile à la cour du roi Ptolémée VI Philométor. 1 Mach., νι, 14-17; IT Mach., 1x, 29; Josèphe, Ant. jud., XII, 1x, 2. Voir PHILIPPE et Lysias.
Les circonstances principales de la mort d’Antiochus IV Épiphane, rapportées par les écrivains sacrés, sont confirmées, comme on l’a vu, par les historiens profanes. Mais on ἃ prétendu que les auteurs des deux livres des Machabées n'étaient pas d'accord entre eux, 1 Mach., νι, 1-16; IT Mach., 1x, 2-98, et que celui du second livre se contredisait lui-même et rapportait cette mort de deux pure tout à fait différentes, [I Mach., τ, 13-16, et 1x, 2-98. Des critiques catholiques mêmes ont admis que ces 2: derniers récits, qui sont en effet inconciliables, étaient l’un et l'autre relatifs à la mort d'Épiphane, et ils prétendent quon doit considérer le premier, II Mach., 1, 13-16, comme erroné, parce qu'il est contenu dans une lettre non inspirée, insérée simplement dans son livre par l’hislorien de la persécution d’Antiochus. Quelques-uns soutiennent, au contraire, que l'Antiochus de IT Mach., 1, 13-16, est Antiochus VII Sidètes ; mais cette opinion ne saurait être acceptée. Voir AnTIocHUS ΝΠ. Tout porte à croire que le roi dont la lettre des Juifs, I Mach., 1, 13-16, raconte la fin violente est Antiochus ΠΠ le Grand. Voir ANTIOCHUS IT, col. 691-692. Il n'existe donc aucune contadiction entre les deux passages II Mach., 1, 13-16, et IX, 2-98. Il n'en existe pas davantage entre Mach. ., VI 1-16, et II Mach., 1x, 2-98.
On signale d'abord une contradiction sur le nom du lieu dont Antiochus IV voulait piller le temple : c'était Élymais, ὧν de Perse, d’après la leçon reçue et la traduction de
ei ce Ἰ Mach., vi, 1; c'était Persépolis, d'après " Mach., 1x, 2; mais les deux textes sont faciles à éclaircir. La “ξεν: : « Elymaïs, ville de Perse, » est fautive ; les
ANTIOCHUS V EUPATOR 700 meilleurs manuscrits grecs portent : ᾿Εστὶν ἐν Ἐλυμαΐδι ἐν τῇ Περσίδι πόλις ἈΡῈ «Il y ἃ en Élymaïde, en Perse, une ville célèbre. » Cette lecture est la seule vraie, Car on ne trouve aucune trace de l'existence d'une ville appelée Élymaïs. L'auteur sacré ne nomme donc pas la ville dont Épiphane voulut piller le temple; il dit seulement qu’elle était située dans la province de l'Élymaïde, dans le royaume de Perse, la désignant ainsi de la même manière que l'ont fait Polybe, xxx1, 11, édit, Didot, p. 72, et Appien, Syr., 66, édit. Didot, p. 208. Le second livre des Machabées, dans sa forme actuelle, nomme la ville où était le temple de Nanée « Persépolis ». II Mach., 1x, 2. Cet ouvrage ἃ été composé en grec. On peut supposer avec vraisemblance que Persépolis signifie, dans ce passage, non pas la ville qu'on appelait de ce nom, mais, en traduisant le nom grec, « la ville ou la capitale des Perses, » c'est-à-dire probablement Suse, en Élymaïde, l’une des principales résidences royales des rois de Perse, et l’une des plus connues des Juifs à cause de l’histoire d'Esther et d’Assuérus.
Après sa tentative infructueuse du pillage du temple, Antiochus [IV apprend le désastre que Judas Machabée ἃ fait subir à ses armes ; il l'apprend « en Perse », dit I Mach., Vi, 5; Cprès d'Ecbatane, » par conséquent en Médie, dit IT Mach., 1x, 3.— On ἃ voulu découvrir là encore une contradiction, mais les deux textes disent la même chose en termes différents : le premier entend par la Perse toute l’Ariane, qui comprenait la Médie, puisque cette province faisait partie du royaume de Perse; le second est plus précis et indique nommément le lieu où lui parvinrent les nouvelles de Judée. Ce qu'il dit est confirmé indirectement par les historiens profanes, qui, comme on l'a vu, col. 699, nous apprennent qu'Épiphane mourut à Tabès, entre Echatane et Persépolis. — Voir J. Chr. C. Hoffmann, De bellis ab Antiocho Epiphane adversus Ptolemæos gestis, Erlangen, 1835; J. γα. Hoffmann, Antiochus IV Epiphanes, Künig von Syrien, Leipzig, 1873; Grätz, Geschichte der Juden, t. IT, 2 (1876), p. 436-443; Wiederholt, Antiochus IV Epiphanes nach der Weissagung Dan. ΧΙ, 21-X111, 83, und der Geschichte, dans la Theologische Quartalschrift de Tubingue, année 1874, p. 267-631. + F. VIGOUROUX.
4. ANTIOCHUS V EUPATOR, neuvième roi de Syrie (164-162 avant J.-C.; de l'ère des Séleucides, 149-151), fils et successeur d’Antiochus IV Épiphane (fig. 175). Eupator signifie « qui ἃ un noble père ». Il n'avait que neuf ans lorsqu'il monta sur le trône, d’après Appien, Syr., 46, 66; douze ans, d’après Porphyre, dans Eusèbe, Chron. arm., 1, 40, t. xIx, col. 261. Son père avait désigné Philippe, un des généraux qui l'avaient accompagné en Perse, comme régent du royaume et tuteur du nouveau roi, 1 Mach., v1, 14-17; II Mach., 1x, 29; mais Lysias, qui avait tenu la place d'Épiphane en Syrie, pendant son absence, n'eut garde d'abandonner le pouvoir qu'il avait entre les mains et de se dessaisir du jeune prince, dont il fit l'instrument de ses volontés. 1 Mach., vi, 14-15 ; 11 Mach. 1x, 29. Après avoir été battu par Judas Machabée, il était retourné à Antioche. 1 Mach., 1V, 34-35 ; II Mach., x1, 12. Il se préparait à venger son affront et à recommencer la campagne contre les Juifs, I Mach.,1v, 35, lorsqu'il apprit la nouvelle de la mort d’Antiochus IV et ses dernières dispositions. Ces événements l’obligèrent de modifier sa politique envers les Juifs. Il fallait d'abord qu'il assurât la possession du trône à son pupille ; il fallait aussi qu'il maintint lui-même son pouvoir contre Philippe.
Antiochus IV Épiphane, en mourant, avait tout lieu de craindre que sa couronne ne passàt point sans difficulté sur la tête de son jeune fils, parce qu'il l'avait usurpée lui-même sur son neveu Démétrius, et qu'il devait s’attendre à ce que ce dernier revendiquât ses droits à la première occasion favorable. Plusieurs historiens croient, d’après le récit de Porphyre, dans Eusèbe, CAron. arm.,
τ, 10, t. x1x, col. 261, qu’afin d'assurer sa succession à son héritier naturel, il l'avait associé au trône, en 166, avant de partir pour la Perse. Mais cette association ne pouvait empêcher les revendications de Démétrius. Lysias put apprendre bientôt que le fils de Séleucus IV Philopator, détenu comme otage à Rome, réclamait, en effet, l'héritage de son père. Polybe, xxx1, 12; Appien, Syr., 46. La nécessité d’être prêt à toute éventualité exigeait qu'il demeuràt à Antioche et qu'il n'entreprit aucune guerre au dehors. ΤΙ devait être là, soit pour repousser Démétrius, soit aussi pour résister à Philippe et sauver sa propre situation, si son rival, comme cela ne pouvait manquer, venait, à la tête de l'armée qu'il ramenait de Perse, demander l'exécution des dernières volontés d'Épiphane. Son propre intérêt le porta donc à conclure un traité de paix avec les Juifs et à leur permettre le libre exercice de leur religion. II Mach., x1, 13-26. L'intervention des Romains ne fut pas non plus étrangère à la conclusion de la paix. II Mach., x1, 34-58. Lysias ne pouvait rien leur refuser; car il voulait leur faire retenir en Îtalie le jeune Démétrius, et l'empêcher ainsi de disputer le trône à son pupille.
Cependant, au moment même où Lysias accordait aux Juifs ce qu'ils demandaient, II Mach., x1, 16-21, et se faisait adresser à lui-même, par le roi enfant, une lettre qui les autorisait à pratiquer le culte mosaique, Il Mach., x1, 22-96, 1] iavorisait ouvertement les apostats. Il écrivait, au nom d'Eupator, à la nation Juive une lettre qui lui concédait des privilèges commerciaux, mais cette concession était faite pour relever le prestige des adversaires de Judas Machabée, et sur la demande formelle, comme l'attestait le document royal, du chef du parti helléniste, du pontife usurpateur Ménélas, qui était chargé en même temps de parler au peuple au nom du roi. II Mach., x1, 27-33. Cette politique double montre bien que, si la nécessité avait imposé la paix à Lysias, il n’en conservait pas moins l'espoir de venger un jour sa défaite et de reprendre les projets d'Antiochus [V, puisque, loin de décourager le parti opposé à Judas Machabée et aux Juifs fidèles, 1] accordait des gräces en son nom et s'eflorçait de maintenir à Jérusalem l'influence de son chef. L'événement prouva bientôt, en effet, que le traité conclu avec Judas n'avait été pour Lysias qu'un moyen de gagner du temps. Les Syriens laissérent les Juifs tranquilles pendant l'année courante (164), de sorte qu'ils purent cultiver leurs champs et récolter leurs moissons. II Mach., χα, 1. Judas profita de l’occasion avec ses frères pour combattre les villes et les tribus voisines dont il avait à se plaindre. 1 Mach., v, 1-68 ; IT Mach., χα, 2-56. Mais l'année suivante (163), I Mach., vi, 20; IT Mach., x111, 1, la guerre recommença plus terrible que jamais.
Les instigateurs de cette nouvelle campagne furent les enfants apostats de Jacob qui composaient le parti helléniste. Ils n'hésitèrent pas, poussés par la cupidité et l'ambition, à trahir leur patrie et à appeler l'étranger. Judas avait tenté de s'emparer de la citadelle de Jérusalem, parce que la garnison syrienne qui l'occupait avait fermé les avenues des lieux saints, faisait subir toute sorte de vexations aux vrais Israélites et soutenait ouvertement les paiens ; le chef Machabée avait de plus réparé les fortifications de Bethsur. Ce furent les deux principaux griefs que les émissaires du parti helléniste firent valoir
EYTIAYOPOE,