‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 34 sur 454 · ABEILLE — ABEL · texte numérisé non relu

ABEILLE — ABEL

Le nom hébreu de l'abeille était employé par les Israélites comme nom de femme. Voir DÉBORA.

F. VIGOUROUX

1. ABEL (hébreu : Hébel; Septante : "A6:1), second fils d'Adam et d'Éve. Les rabbins et, à leur suite, les Pères et les commentateurs ont donné à ce nom le sens de «souffle, vanité », cf. Eccle., 1, 2, ou de « deuil ». Adam et Êve auraient ainsi appelé leur fils par une sorte de vue prophétique ou par un simple pressentiment de sa mort prématurée. Payne Smith et d'autres modernes rejettent cette explication gratuite, et lui en substituent une autre, qui n’a aucun fondement dans le texte biblique : d’après eux, le second fils d'Adam aurait porté de son vivant un autre nom, dont nous ne trouvons de trace nulle part, et on lui aurait donné ce nouveau nom ou ce surnom d’Abel seulement après qu'il aurait disparu comme un souffle ou une vapeur. Ces explications et d’autres encore, tirées de la même étymologie, manquent de vraisemblance et de solidité, et ont en outre le défaut de faire d’Abel un nom abstrait, et par conséquent une exception unique, un cas isolé au milieu des noms de la famille d'Adam, qui sont tous des appellatifs concrets.

Le déchiffrement des inscriptions assyriennes nous ἃ révélé le vrai sens de ce nom, en nous en fournissant une interprétation philologique aussi simple que satisfaisante. Nous trouvons dans ces inscriptions le mot « Habel » sous la forme hablu, habal, et avec la signification de « fils ». C’est avec le même sens que ce mot entre dans la composition de noms propres célébres : Assur-ban-habal (Sardanapale), Tuklat-habal-asar (Téglathphalasar), etc. On ne peut pas dire que c’est là une ressemblance fortuite, telle qu'on en constate parfois entre deux langues étrangères l'une à l'autre. L'assyrien et l’hébreu sont deux langues sœurs; chacune d'elles ἃ même avec l’autre plus d'affinité qu'avec les autres membres de la famille sémitique. En effet, l’assyrien n'est, sauf de légères différences, que l’ancien chaldéen apporté dans la vallée du Tigre par les émigrants ou les conquérants venus de la vallée de l'Euphrate; or c'est dans la Chaldée qu'Abraham et ses ancêtres ont parlé l'hébreu dans sa forme ancienne.

Il fallait donc s'attendre à rencontrer dans ces deux idiomes de nombreux éléments communs, et à voir te! mot perdu par l'un des deux dialectes et conservé par l'autre. C'est ce qui est arrivé. On trouvera dans M. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5° édit., t. 1, p. 403 et suiv., une longue liste de ces noms communs aux deux langues ; Aabal, «fils, » y représente l'hébreu habel, supplanté dans l'usage de cette dernière langue par son synonyme ben. Il est même à remarquer que la parenté, qu'on ne conteste pas entre certains de ces mots assez différents par leur orthographe, est encore plus visible et plus incontestable pour habal et habel, hébel, entre lesquels il y a identité plutôt que ressemblance. On ne saurait donc récuser celte étymologie.

Nous ignorons à quelle époque naquit Abel. Voici tout ce que la Genèse nous apprend de lui. Il fut le frère cadet de Caïn, et il devint pasteur de brebis, tandis que Cain son frère cultiva la terre. Gen., 1v, 2. Or, après bien des jours (hébreu : « à la fin des jours; » peut-être après la récolte), Caïn offrit au Seigneur des fruits de ses champs ; Abel, de son côté, « lui offrit des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. Et le Seigneur regarda favorablement Abel et ses présents. » Gen., 1v, 3-4. Saint Paul nous dit que c’est sa foi qui rendit Abel si généreux dans son offrande, et qu'à cause de cette foi Dieu témoigna qu'il agréait ses présents. Hebr., ΧΙ; 4.

De quelle manière Dieu manifesta-t-il sa complaisance pour Abel et l'acceptation de ses dons? D'après la version de Théodotion, ce fut en les embrasant d’un feu céleste : ἐνεπύρισεν. La plupart des Pères sont de ce sentiment ; d’autres disent que c’est par les bénédictions répandues sur les biens d’Abel que Dieu rendit ce témoignage dont | parle saint Paul. Quel qu’ait été le signe de cette accep-

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