APOCALYPSES APOCRYPHES — APOCRYPHES (LIVRES
| que les Apocalypses palestiniennes nous ont révélé le messianisme des Juifs du premier siècle avant notre ère, de l'époque asmonéenne et du temps des Hérodes, de même que les Actes apocryphes des Apôtres, l'éthique des gnostiques chrétiens de la fin du second siècle. Là est l’intérêt théologique et historique de cette littérature pseudépigraphe et extracanonique : Origène est seul à l'avoir pressentie.
Aux yeux de la plupart des écrivains de l’ancienne Église, au contraire, toute cette littérature de mensonge ne pouvait être que dangereuse et condamnable. Origène lui-même était trop clairvoyant pour ne le point marquer : « Ces écrits sont appelés apocryphes, parce qu’on y trouve beaucoup de choses corrompues et contraires à la vraie foi. » In Gantic., prol., t. ΧΙ], col. 83. Apocryphe était synonyme de bätard et de faux. S. Augustin, De Civitate Dei, χν, 23, 4, t. xLI1, col. 470 ; 5. Irénée, Contra hær., 1, 20,t. vir, col. 654; Tertullien, De pudicit., 10, t. 11, col. 1000. Et ainsi s'explique la proscription dont | l'ancienne Église les ἃ frappés. Voir Le Hir, Études bibliques, Paris, 1869, t. 11, p. 90 et suiv.
« Si quelqu'un lit, approuve ou défend les fictions im- | pies que les hérétiques ont mises, pour confirmer leurs erreurs, sous le nom des patriarches, des prophètes ou | des apôtres, qu'il soit anathème. » Ainsi s'exprime le dixseptième canon du concile de Braga, en 563. Mansi, Conciliorum collectio, t. 1x, col. 776. Voyez au contraire l'apo logie des apocryphes dans le traité nouvellement retrouvé d'un hérétique du 1ve siecle, Priscillien, De fide et apocryphis, édition Schepss dans le Corpus scriptorum eccl. latin., t. XVIII, Vienne, 1889, p. 44-56.
Les anciens catalogues des livres canoniques seront étudiés à propos de l'histoire du canon. Nous n'avons à mentionner ici que ceux de ces catalogues qui nous fournissent des listes étendues et anciennes des livres apocryphes, et qui sont la documentation de cette proscription dont l'Église entendait frapper ces productions pseudépigraphes. Le plus étendu, le plus important de ces catalogues nous est fourni par l'Église romaine. C’est le catalogue des livres canoniques, des livres recommandés et des livres condamnés soi-disant par le pape saint Gélase, dans un concile tenu à Rome en 495-496. En réalité, ce catalogue est composé de pièces rapportées, en partie plus anciennes que saint Gélase ; c'est un catalogue anonyme, quoique officiel, dont la compilation définitive ἃ dü être fixée au début du vre siècle. Le voici d'après Mansi, Conciliorum collectio, t. vin, col. 150-151. Cf. Jaffé, Regesta pontificum romanorum, 2 édition, t. 1, p. 91, n° 700; Maassen, Geschichte der Quellen und der Literatur des canonischen Rechts in Abendlande, t. 1, p. 283. (Les chiffres entre crochets renvoient aux paragraphes ci-après, où chacun de ces apocryphes est individuellement étudié.}
Notice des livres apocryphes qui ne sont pas reçus :
νον Itinéraire au nom de Pierre, apôtre, qui est appelé de saint Clément, huit livres, apocryphe [1].
Actes au nom d'André, apôtre, apocryphe [1].
Actes au nom de Thomas, apôtre, dix livres, apocryphe [1].
Actes au nom de Pierre, apôtre, apocryphe [1].
Actes au nom de Philippe, apôtre, apocryphe [1].
Évangile au nom de Thaddée, apocryphe [4].
Évangile au nom de Mathias, apocryphe [4].
Évangile au nom de Pierre, apôtre, apocryphe [4].
Évangile au nom de Jacques, apôtre, apocryphe [4].
Évangile au nom de Barnabé, apocryphe [4].
Évangile au nom de Thomas, dont se servent les Manichéens, apocryphe [4].
Évangile au nom de Barthélemy, apôtre, apocryphe [4].
Évangile au nom d'André, apôtre, apocryphe [4].
Évangiles falsifiés par Lucien, apocryphes [4].