‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 362 sur 454 · APOCRYPHES (LIVRES) — APOLLINAIRE DE LAODICÉE · texte numérisé non relu

APOCRYPHES (LIVRES) — APOLLINAIRE DE LAODICÉE

tionne le catalogue gélasien, ἃ été publié par le cardinal Mai, Scriptorum veterum nova collectio, Rome, 1825- 1838, t. vir, p. 180-191. Ce texte grec, où est racontée, avec l'histoire de Job, celle de ses trois filles, est un récit chrétien empreint ‘de gnosticisme : il pourrait remonter au 115 siècle. Il n’a encore été étudié par personne.

9. Livres apocryphes ecclésiastiques. — Le Livre de Népos, Liber Nepotis, du catalogue gélasien, est, conjecture-t-on, à identifier avec quelque œuvre de cet évêque égyptien du 11e siècle qui s'appelait Népos, et dont Eusèbe nous apprend qu'il avait composé un recueil de psaumes chrétiens, lesquels jouirent longtemps d'une grande vogue dans les églises de l'Egypte intérieure. Népos était millénariste. Eusèbe, H. E., vu, 24, t. xx, col. 092, — Les Sorts des Apôtres ne sont pas connus autrement que par la mention du catalogue gélasien ; de même la Louange des Apôtres. Voir Lipsius, Die apokryphen Apostolgeschichten, t. 1, p. 34 — Le Livre des Proverbes, cité par le catalogue gélasien, n'est autre que le recueil des sentences du pythagoricien Sextus. On sait que cet ouvrage fut traduit au 1ve siècle par Rufin, comme étant du célèbre pape martyr Sixte Il, erreur grossière qui fit pour une bonne part la fortune du livre. On en ἃ une version syriaque, la version latine de Rufin, et le texte original grec publié dernièrement, avec le latin en regard, par M. Ant. Elter dans l’Index scholarum de l’université de Bonn, 1891- 1892. Voir principalement J. Gildemeister, Sexti sentenliarum recensiones, Bonn, 1873. — La Pénitence d’Origène du catalogue gélasien est à identifier avec le petit traité intitulé Planctus sive lamentum Origenis translatum ab Hieronymo presbytero, lequel est aussi peu d'Origène que de saint Jérôme. On en trouvera le texte dans l'édition par Merlin des œuvres d'Origène, Paris, 1512; dom Delarue, reproduit par Migne, ne l’a pas donné. — La Pénilence de Cyprien du catalogue gélasien est vraisemblablement cette confession de saint Cyprien le magicien, martyrisé avec sainte Justine à Damas, sous Dèce, confession qui forme le second des trois livres des Acla Cypriani et Justinæ, publiés par Martène et Durand, Thesaurus novus anecdotorum, Paris, 1717, t. ur, p. 1629 et suiv. — Le livre du Fondement du catalogue gélasien est, croit-on, un livre manichéen; de même et plus sûrement le livre du Trésor, lequel est cité comme tel, sous le titre de Trésor de la vie, ὁ Θησαυρὸς τῆς one, par Timothée de Constantinople. Patr. gr., t. LXXXVI, p. =, col. 21. Rappelons en eflet que les Manichéens n'étaient pas rares à Rome à la fin du ve siècle : dans la notice consacrée à saint Gélase par le Liber pontificalis, il est rapporté que ce pape (trouva des Manichéens dans la ville de Rome, qu'il les en fit expulser, et qu'il fit bruler leurs livres devant les portes de la basilique de Sainte-Marie-Majeure. » Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. 1, p. 255. Le Fondement et le Trésor seraient de ces livres.

On peut consulter avec fruit l’article de M. Dillmann, Pseudepigraphien, dans la Realencyclopädie für protestantische Theologie, t. x, p. 341-367, Leipzig, 1883. M. Dillmann ἃ une grande autorité dans la matière ; mais sa dissertation commence d'être ancienne. Le livre de M. William Deane, Pseudepigrapha, Edimbourg, 1891, ne traite que de quelques apocryphes et n'a pas grande valeur. Le meilleur livre à signaler est peut-être celui de O. Zückler, Die Apokryphen des A. T., nebst einem Anhang über die Pseudepigraphenliteratur, Münich, 1891. Un article spécial est consacré chaque année aux publications concernant les apocryphes dans le Theologischer Jahresbericht que publie, depuis 1880, M. Lipsius. Voyez aussi E. Kozak, Bibliographische Uebersicht des biblisch-apokryphen Literatur bei den Slaven, dans les Jahrbücher für protestantische Theologie, 1891, p. 127-158 ; travail important. P. BATIFFOL.

APOLLINAIRE DE LAODICÉE (1v: siècle). Deux

écrivains grecs du 1ve siècle, le père et le fils, portent ce même nom d'Apollinaire,

Apollinaire l’ancien, Alexandrin de naissance, grammairien de profession, avait enseigné les belles-lettres d’abord à Béryte (aujourd'hui Beyrouth), finalement à Laodicée de Syrie ou Laodicée ad mare, la Ladikiyéh actuelle. 11 y fut fait prêtre, et son fils, Apollinaire le jeune, lecteur. Ensemble ils enseignèrent, le père la grammaire, et le fils la rhétorique : ceci dès avant 335. Apollinaire l’ancien vivait encore à l’époque du règne de Julien (361-363). On lui ἃ attribué longtemps la tragédie chrétienne qui ἃ pour titre Christus paliens, mais qui est en réalité un centon de l’école de Théodore Prodrome, xre siècle. Voir Bulletin critique, 1886, p. 371-373. L'historien Socrate, H.E., 111, 15, t. LxvIr, col. 417, et après lui Sozomène, H.E., v, 18, t. LxvIT, col. 1270, attribuent à Apollinaire l’ancien une adaptation en vers hexamètres du Pentateuque et « des autres livres historiques de l'Ancien Testament jusqu’à Saül », en vingt-quatre chants, adaptation à laquelle il avait donné le titre d'Archéologie hébraique. Ce vaste poème soi-disant homérique est perdu. Au dire des historiens déjà cités, Apollinaire avait tiré aussi des Saints Livres des sujets de compositions soit lyriques, soit dramatiques, dans la manière de Pindare et d'Euripide. Il ne nous en est rien resté. D’après Socrate, Julien ayant défendu aux chrétiens l'usage des auteurs profanes, H.E., 11,16, t. LXVII, col. 417, Apollinaire et son fils voulurent suppléer au défaut des classiques paiens par la confection de classiques sacrés. La loi de Julien ayant été bientôt abolie, toute l'œuvre de ces rhéteurs chrétiens périt sans retour.

Apollinaire le jeune, disciple et collaborateur de son père, avait, dans la même vue que lui, composé des hymnes ou cantiques pour être chantés par les fidèles, même dans les réunions liturgiques, où généralement le psautier davidique seul était admis. Cette innovation n'eut pas de succès, et rien ne nous a été conservé de ces «idylles », comme les appelle Sozomène. Il ne nous reste rien non plus des Évangiles et Épitres mis par Apollinaire en forme de dialogues à la manière de Platon, adaptation que l'historien Socrate est seul à mentionner. Par contre, on possède sur les Psaumes une paraphrase, en vers hexamètres, qui porte le nom d’Apollinaire, le seul ouvrage poétique que nous aurions de l’école de Laodicée. C’est, dit Tillemont, « une traduction ‘fidèle, exacte et noble, de tous les Psaumes, et les plus habiles en parlent avec estime. » Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique, t. VIT, p. 613. Mais l'authenticité de cette Metaphrasis psalmorum n'est plus admise aujourd'hui, et, depuis Godefroy Hermann, on est porté à y voir plutôt une œuvre de l’école de Nonnus, ve-vie siècle. Le texte, publié depuis 1552, ἃ été reproduit par Migne, Patr. gr., t. xxx, col. 1313- 1538. Voir A. Ludwich, Die Psalter-Metaplhrase des Apollinarios, dans l’Hermes, t. ΧΠῚ, 1878, p. 339-350. Saint Jérôme a paru à quelques critiques donner à entendre qu'Apollinaire le jeune était auteur d'une version en prose de l'Ancien Testament ; mais on est plus autorisé à croire qu'il s’agit d'interprétations toutes personnelles données par Apollinaire au texte de l'Ancien Testament, qu'il affectait de citer d'après la recension de Symmaque. S. Jérôme, συ. Rufinum, τι. 34, t. xx, col. 456. Ce sont là les travaux d’Apollinaire le jeune sur la Sainte Écriture : nous n'avons qu'à rappeler ici que l'œuvre capitale d’Apollinaire a été une œuvre, non point de poète ni d'exégète, mais de théologien dogmatique et de dogmatiste platonicien ; c'est à ce titre surtout qu'il doit d'être connu, et à ce titre seul qu'il doit d'avoir été condamné à Rome en 378, à Antioche en 379, à Constantinople en 381. Il était alors évêque de Laodicée, où il mourut hérétique impénitent peu avant 392. — Voir labricius, Bibliotheca græca, édit. Harless, t. vint, p. 584-594; Tillemont, Mémoires Pour servir à l’histoire ecclésiastique, t. vi, p. 602-637. M. Dräseke, qui a réussi à identifier parmi les apocryphes

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