ARA — ARABAH
ὁ Βαρδιαμίτης; IT Reg., ΧΧΠΙ, 81 ; 6 Ταραθαιθ', I Par., ΧΙ, 22), c’est-à-dire «natif d'Arabah », s'applique à Abialbon, un des héros (gibbôrim) de David. [I Reg., xx111, 31; I Par., ΧΙ, 32. Arabah est une ville de la tribu de Benjamin, Jos., XVI, 22, sur la frontière nord-est de Juda, Jos., xv, 6, appelée Beth Araba, mais nommée aussi simplement Arabah. Cf. Jos., xv, 6, et xvirr, 18. Voir BETH ARABA. : A. LEGENDRE.
ARABAH (hébreu : h'Aräbäh, avec l'article, Deut., n, ὃ; 1, 17; 1V, 19; Jos., 111, 16; vint, 14; x1, 2, 10; x, 1, 8; xvut, 18; Il Reg., τν, 7; IV Reg., xxv, 4; Jer., XXXIX, 4; LI, 7, Ezech., χύνῃ, ὃ; hd‘Aräbätah, avec hé local, Jos., ΧΥΠῚ, 18; — Septante : "Αραόα, Deut., 11, ὃ; Π|, 17; τιν, 49; Jos., 111, 16 ; x1, 2; x, 1, 3; IV Reg., XXV, 4; Jer., xxxIX, 4; LIT, 7; ’Apaëta, Ezech., XLVII, ὃ; Βχιθάραδα, Jos., XVIII, 18; πρὸς δυσμαῖς, Jos., χι, 16; χχτὰ δυσμάς, 1 Reg., 1v, 7; — Vulgate : campestria, Deut., 11, 8; IV Reg., xxv, 4; Jos., ΧΥΠῚ, 18; planilies, Deut., ΠΙ, 17; 1, 49; Jos., xvi11, 18 ; plana deserti, Ezech., XLVII, 8; solitudo, Jos., χα, 1, 3; desertum, Jos., vit, 14; Il Reg., 1v, 7; Jer., xxxIx, 4; eremus, Jer., Lu, 7), nom donné, dans le texte hébreu, à la vallée profonde qui s'étend du lac de Tibériade à la mer Morte, et de la mer Morte au golfe Élanitique.
1. Nom et signification. — 1° Dans l'Écriture. Ce nom ne se trouve, dans la Vulgate, que sous la forme composée de Beth Araba, hébreu : Bét-hà‘Aräbäh, « la maison de l'Arabah ; » Septante : Βαιθάραδα, ville de la tribu de Ben- Jamin, Jos., ΧΥΠΙ, 22, sur la frontière nord-est de Juda, Jos., XV, 6; mais, dans l’hébreu, il se rencontre assez fréquemment, tantôt avec un sens général, tantôt avec un sens restreint.
Plusieurs écrivains sacrés de l’Ancien Testament, principalement les poètes et les prophètes, emploient le mot ‘ärâäbäh avec l'idée générale de « région déserte, stérile, inhabitable ». Cf. Job, xxxix, 6; Is., xxx1I1, 9; xxXV, 1; XL, 3; Li, 9; Jer., 11, 6; xvI1, 6; L, 12; 11, 43. Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p. 1066, le rattache à la racine ‘âäräb ou ‘âréb, « être stérile, aride. » Les Septante le rendent de différentes manières : 46avos, (inaccessible, » Jer., L, 12; LI, 43; ἔρημος, « désert, » Job, xxxix, 6; Is., Χχχν, 1; LI, 3; Jer., XvI1, 6; Ein, « terrain bas, » Is., xXxXII, 9; ἄπειρος (y), ((terre) inculte, » Jer., 11, 6; γῇ διψώσα, « terre altérée, » Is., xxxv, 6. La Vulgate met de même, tantôt desertum, Is., xxxI11, 9; ΧΙ, 19 ; Jer., xvI1, 6; Li, 43; tantôt solitudo, Job, xxxIX, 6; Is., xxx v, 1; XL, 9; XXXV, 6; tantôt inhabitabilis (terra), Jer., 11, 6.
Mais, avec l’article défini, kd‘Aräbäâh possède, notamment dans les livres historiques, comme le Deutéronome, Josué et les Rois, un sens local bien déterminé. Il indique une contrée parfaitement connue des habitants de la Palestine, c’est-à-dire cette dépression si remarquable qui s'étend des pentes méridionales de l'Hermon au golfe d'Akabah, par la vallée du Jourdain, la mer Morte et l'ouadi Arabah, qui en conserve encore le nom. 1] suffit, en effet, d'un coup d'œil sur les principaux passages des livres que nous venons de citer, pour constater que ce mot, au temps de la conquête et de la monarchie, s’appliquait à la vallée dans toute sa longueur, aussi bien dans sa partie septentrionale que dans sa partie méridionale. Ainsi : 1° la région appelée plus spécialement aujourd'hui El-Ghôr, et qui va du lac de Génésareth à la mer Morte, est clairement indiquée dans Deut., 1v, 49; Jos., x1, 2; xI1, 1, 3. — 9 Dans Jos., vu, 14; XVI, 18; 11 Reg., 11, 29; IV, 7; IV Reg., xxv, #4; Jer., ΧΧΧΙΧ, 4; 111, 7, il s’agit de la plaine du Jourdain qui se trouve au nord de la mer Morte, et, avec ce sens, ces différents passages, embarrassants pour certains commentateurs, deviennent facilement intelligibles. — 30 L'Arabah , Jos., ΧΙ, 16; x11, 8, compte parmi les grandes divisions de la Palestine, et est ainsi distinguée de «la montagne », kar; de « la plaine », Seféläh; du « midi », hannégéb; de « la plaine du Liban ou de Cœlésyrie », δίη αἱ hallebänôn. — 45 La mer Morte, occu-
pant le point le plus profond de la vallée, portait, en raison de cette particularité, qui n'avait pu échapper aux Hébreux, le nom de yäm hà‘Aräbäh, «mer de l'Arabah, » Deut., 111, 17; 1v, 49; Jos., 11, 16; χα, ὃ; IV Reg., χιν, 95, en même temps que celui de yäm hammélah, « mer de sel. » Jos., 111, 16. — 50 Enfin le début du Deutéronome, 1, 1; 11, 8, nous transporte dans la partie méridionale, entre le lac Asphaltite et la mer Rouge. Ajoutons à cela le pluriel ‘Arbôt, qui, souvent uni à δ᾽ ἂρ, Num., xxn1, 1; XXVI, 3, 63; xxxI, 12; xxxIII, 48, 49; χχχν, 1; XXXVI, 13; Deut., xxx1v, 1, 8; Jos., ΧΠῚ, 82, et à Yerih6, « Jéricho, » Jos., IV, 13; v, 10; IV Reg., xxv, 5; Jer., xxxIX, 5; 111, 8, désigne certainement la plaine qui, d'un côté, vers l’ouest, avoisine cette dernière ville, et de l’autre, vers l’est, touche au pays de Moab. ‘Arbôt Mo'äb est toujours distingué de Sedéh Mô’äb, ou les hauts plateaux cultivés qui se déroulent à l'orient.
Ce second sens dérive du premier. Le fond de cette grande vallée, plat et uni entre deux rangées de hauteurs latérales, ressemble à une plaine étroite, longue et souvent aride. L'ensemble de cette région extraordinaire mérite bien le nom de « désert » ou « solitude », attribué par les Hébreux à toute contrée plus ou moins dépourvue de villes ou d'habitations. La partie inférieure le portait à plus juste titre, et l’a conservé jusqu'à nos jours; mais la partie supérieure elle-même pouvait le recevoir. Très peu de villes se sont formées dans la vallée du Jourdain, que l'extrême chaleur rend presque inhabitable; et aujourd'hui encore à peine y trouve-t-on quelques chétifs villages sur la pente extrême des montagnes qui la bordent.
2% Dans les versions. La signification restreinte que nous venons de donner, avec l'Écriture, au mot ‘Aräbäh, semble avoir échappé à plusieurs des anciennes versions et aux commentateurs anciens. La Vulgate, comme on peut le voir par l'énumération des textes cités au commencement de cet article, le rend indistinctement par campestria, planities, solitudo, desertum, tous mots qui lui servent de même pour exprimer les termes hébreux : Misôr, Big'äh, Midbär, Seféläh, Yesimôn. On peut voir, pour la distinction de ces termes, Stanley, Sinai and Palestine, Londres, 1866, Appendix, p. 484-488. Les Targums mettent partout Mésra’, correspondant à l'hébreu Misôr, excepté Jos., xvrir, 18, où le texte est strictement reproduit par Gharabatha. Aquila, même avec sa littéralité excessive, emploie, au lieu du nom propre, son expression favorite ἣ ὁμαλή, «la plaine ». Pour les Septante, on se demande si c'est avec intention qu'ils ont, dans plusieurs endroits, traduit par "Apaëax et ’Apa6wb, ou 515. n'ont point plutôt cédé à leur habitude de transcrire littéralement les mots qu'ils ne comprenaient point, comme IV Reg., 11, 14, ἀφφώ ; ΠΙ, 4, νωχήδ; IV, 39, ἀριώθ, etc. Cf. Grove, dans Smith’s Dictionary of the Bible, Londres, 1861, t. 1, p. 87, note e. Nous croyons que les traducteurs grecs ont bien saisi la portée de ce mot. En effet, ils ont mis "Αραόα et ’Apaëw dans la plupart des passages mentionnés, et au lieu de reproduire, dans les autres, l'expression générale ἔρημος, ἄῤατος où ἔλη, ils ont toujours traduit par πρὸς δυσμαῖς, χατὰ δυσμάς, ἐπὶ δυσμιών., « ἃ l'occident, » ce qui prouve simplement une lecture fautive, ma‘räbäh (de ma‘äräb, «contrée occidentale, » avec hé local) pour ba’äräbäh, «dans l'Arabah, » rien n'étant plus facile que la confusion entre le =, beth, et le 5, nnem. Dans certains cas même, ils ont accentué l'idée en mettant l'article, τὴν "Apaëa, Deut., 11, 8; IV, 49; IV Reg., xxv, 4, ou τὴν γῆν "Apx6x, Jos., x11, 1. La version syriaque donne ‘Araba dans tout le Deutéronome, puis le nom général de « plaine » dans les autres livres, La version arabe emploie quatre fois le nom spécial d'El-Ghôr, γκὰ }, Deut., 1, 7: 111, 17: 1v, 49; χι, 30.
3° Dans 165 historiens et les géographes. Josèphe appelle la vallée du Jourdain μέγα πεδίον, Ant. jud., IV, vi, 1, cic., dénomination qu'il applique également à la plaine