‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 394 sur 454 · ARABAH — ARABE · texte numérisé non relu

ARABAH — ARABE

Cambridge, 1871, t. 11, p. 429-461, 517-529; duc de Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, 3 in-4 et 1 vol. de planches, Paris, t. 1, p. 213-317; Lortet, La Syrie d'aujourd'hui, 1884, p. 434; E. Hull, Mount Seir, Sinai and Western Palestine, in-8&, Londres, 1889, p. 75-84, 85-107, 178-184, gravures et cartes; Chauvet et Isambert, Syrie et Palestine, Paris, 1887, p. 38 et suiv. Pour ja géologie, voir le t. 11 de l'ouvrage de M. le duc de Luynes, dù à M. L. Lartet; E. Hull, Memoir of the Geology and Geography of Arabia Petræa, Palestine, in-%°, Londres, 1889; pour l'histoire naturelle, H. Chichester Hart, À naturalist's journey to Sinai, Petra and south Palestine, dans Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1885, p. 252 et suiv. M. Vignes, lieutenant de vaïsseau, aujourd'hui vice-amiral, ἃ dressé une grande carte de l’Arabah au 240 000, avec les cotes d'altitude, Paris, 1865, une feuille grand - aigle ; réduction dans l'ouvrage de M. le duc de Luynes. A. LEGENDRE.

4. ARABE (hébreu: ‘Ardbi, Is., χπι, 20; Jer., 111, 2; ‘Arbi, Il Esdr. (Neh.), 11, 19; vi, 1; pluriel : ‘Arbim, Il Par., xvir, 11; xx1, 16; xx, 4: xxvi, 7; II Esdr., ιν, 1 (LXX et Vulg., 7), Septante : "Αραόες; dans les Machabées : ”’Apat, 1 Mach., x1, 17; "Αραόες, V, 39; ΧΙ, 39; x, 31, II Mach., v, 8; x, 10, 11; dans le Nouveau Testament : "Αραόες, Act., 11, 11), nom ethnique des tribus nomades qui habitaient l'Arabie. Il a, dans l’Écriture, un sens qu'il est nécessaire de préciser, et les populations qu’il désigne ont avec les Hébreux, au point de vue ethnographique et historique, des rapports dont il est utile d'offrir un aperçu.

I Nom. — Ce nom, qui n'apparaît dans la Bible qu’à l'époque d’Isaïie, xn1, 20, n’a pas l'extension qu'on lui donne aujourd'hui. Il n'indique ni tous les peuples issus de la grande famille arabe, ni tous les habitants de la péninsule arabique, mais les tribus qui, campées à l’est et au sud-est de la Palestine transjordanique, occupaient les contrées situées au nord et jusque vers le centre de l'Arabie proprement dite. On le trouve avec le même sens restreint et local dans les inscriptions assyriennes, et il correspond aux Arabes Σχηνίται, « vivant sous la tente, » que Strabon, XVI, 1, 27, place au sud de la Mésopotamie. C'est la même signification que lui attribuent Joséphe, Ant. jud., 1, χπ, 4; XIV,1, 4, et le Nouveau Testa- . ment. Act. 11, 11; Gal., 1, 17.

Dans les textes les plus anciens, Is., ΧΠῚ, 20; Jer., 111, 2, il est synonyme d’ « habitant du désert », suivant l’étymologie qu’on lui assigne généralement : ‘&rab, « aride, stérile; » d’où ‘äräbäh, « plaine déserte. » Cf. Gesenius, Thesaurus linguæ heb., p. 1066. Appliqué d’abord aux nomades des régions qui se déroulent entre l'Euphrate et la mer Morte, le mot ‘ärdbi a pu s'étendre, dans la suite des temps, aux populations de la presqu'ile arabique, dont l'aspect, en beaucoup de points, est bien celui de l'arabah ou « désert ». Dans les monuments littéraires on

trouve 5221, ‘éräb, avec le sens d’ (Arabes nomades », ΞΕ

par opposition à ᾧτε" ‘arab, qui indique « les habi-

tants des villes ». Cf. Freytag, Lexicon arabico-latinum, Halle, 1830, t. πὶ, p. 129-130. L'Arabe biblique ἃ donc pour survivant le Bédouin actuel, dont le nom ἃ d’ailleurs une dérivation toute semblable : GX, bedäoui,

vient de SNS « désert, » Freytag, Leæicon, t. 1, p. 98,

d'où οι, bäâdiet, nom que portent certaines contrées, comme bädiet eë-Sam, « désert de Syrie ; » bädiet et- Tih, « désert de l'Égarement. » Les Égyptiens, distinguant les Arabes du sud de ceux du nord, appelaient les premiers Puntiû , « habitants du Punt, » et les seconds, c'est-à-dire les nomades, Sasü, «les pillards; » racine row, Säsâh, « piller, exercer le brigandage. »

Avant Isaie, les Arabes étaient désignés par l'expres-

sion générale de bené-Qédém, « fils de l'Orient, » Jud., vi, 3, 93; νι, 12; var, 10; Job, 1, 3; IL Reg., v, 10; Is., ΧΙ, 1%; Jer., xLIX, 28; Ezech., χχν, 4, correspondant au mot Sarrasin, arabe : &-&, scharqi, « oriental. » Aussi Josèphe, Ant. jud., V, vi, 3, rend-il par “Αραόας les bené-Qédém de Jud., νι, 3.

IT. Histoire. — Laissant de côté l'histoire particulière de chacun des peuples arabes (voir ISMAËLITES, NABA- TÉENS , DÉDAN, etc.), nous n'avons qu'à indiquer ici les faits qui se rapportent au nom ethnique, au seul point de vue de l'Écriture Sainte. Voir, à l’article ARABIE, l'ensemble des événements qui se rattachent à l'histoire générale de ce pays, aux différentes époques babylonienne, assyrienne, perse et gréco-romaine.

Les relations des Arabes avec les Israélites sont celles d'une perpétuelle hostilité. Trop faibles pour soutenir seuls la lutte, ils eurent toujours le rôle d’auxiliaires. Nous les trouvons, au début, tributaires de Josaphat en même temps que les Philistins ; et, tandis que ceux-ci font leurs présents en argent, ils apportent la contribution du nomade, c'est-à-dire des troupeaux, «sept mille sept cents béliers et autant de boucs. » IL Par., xvir, 11. Bientôt après, révoltés contre Joram, avec les mêmes alliés, Qils entrèrent dans la terre de Juda, la dévastèrent, et s’'emparèrent de tous les biens qui appartenaient à la maison du roi, ainsi que de ses fils et de ses femmes, et il ne lui resta plus que Joachaz, qui était le plus jeune. » IL Par., xx1, 16-17. Ozias eut à combattre les mêmes ennemis ; c'étaient des « habitants de Gurbaal ». II Par., XXVI, 7.

Après la captivité, les Juifs, de retour à Jérusalem, rencontrèrent parmi leurs adversaires les plus acharnés certaines tribus arabes ayant à leur tète un chef nommé Gosem, qui s'unit à Sanaballat l'Horonite et à Tobie l'Ammonite. Les princes ligués commencèrent par tourner en dérision et par accabler de leur mépris Néhémie, qui voulait relever les murailles de la ville sainte. IT Esdr., 11, 19. Quand ils virent les travaux poussés avec activité, et € la plaie du mur cicatrisée », ils passérent du dédain à la colère, et se rassemblèrent pour combattre contre Jérusalem, en dressant des embüches. Mais, voyant leurs projets découverts et les dispositions que prenaient les Juifs pour la résistance , ils renoncérent momentanément à leur entreprise. II Esdr., 1v, 7-15. Après avoir jugé la violence inutile, ils employèrent la ruse, en proposant à Néhémie, à cinq reprises différentes, une entrevue qui n'était qu'un guet-apens. Celui-ci, justement défiant, refusa, résistant même à la peur que cherchait à lui inspirer un faux prophète, Sémaias, payé par Sanaballat. Enfin, apprenant que la restauration, objet de leur jalousie et de leur fureur, était accomplie, ils se prirent à trembler et « reconnurent que cette œuvre avait été faite par Dieu. » IT Esdr., vi, 1-16.

La grande lutte des Machabées devait réveiller leurs sentiments d'hostilité. Judas, après avoir tiré vengeance des habitants de Joppé et de Jamnia, fut attaqué, non loin de cette dernière ville, par une troupe d'Arabes, composée de cinq mille fantassins et de cinq cents cavaliers. Après un rude combat, où Dieu donna la victoire à son peuple, les assaillants, que l'Écriture appelle ici Νομάδες, demandérent à Judas de leur tendre la main, promettant de l’indermniser avec les ressources dont ils disposaient, c'est-à-dire leurs troupeaux, et de lui prêter leur concours. Celui-ci, sachant quel parti il pourrait tirer de ces nouveaux alliés, accéda à leur demande, et ils s’en retournérent dans leurs tentes. II Mach., x11, 10-12. Cependant Judas, combattant contre Timothée, au delà du Jourdain, trouva encore dans l’armée ennemie des Arabes salariés comme troupes auxiliaires. 1 Mach., v, 39-43.

Alexandre Balas, vaineu par son beau-père Ptolémée VI Philométor d'Égypte, alla se réfugier chez les Arabes, croyant trouver auprès d'eux abri et protection; mais leur dynaste, nommé Zabdiel, pour faire sa cour à Ptolémée

ARABE

et à Démétrius, viola les lois de l'hospitalité, fit décapiter son malheureux hôte et envoya sa tête au roi d'Égypte. I Mach., x1, 16-17. Alexandre laissait un jeune fils, Antiochus, dont l'éducation fut confiée à un chef arabe, nommé Émalchuel, Etparzovat, ou Malchus, suivant certains textes. I Mach., x1, 39. Voir ÉMALCHUEL.

Jonathas, après avoir mis en fuite, dans les environs d'Emath, les troupes de Démétrius, € marcha vers les Arabes appelés Zabadéens, et les frappa et prit leurs dé-pouilles. » 1 Mach., x11, 31. Le nom et le contexte font supposer que ces Zabadéens étaient une tribu qui habitait la contrée où se trouve actuellement Zebdani, gros village de l'Anti-Liban, au nord-ouest de Damas, non loin de la source du Barada, l’ancien Abana.

IL. Type physique, caractère, mœurs. — À ces données historiques répondent exactement et la physionomie

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