‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 399 sur 454 · ARACH — ARAD · texte numérisé non relu

ARACH — ARAD

sur leur ennemi. Dieu les exauça, et ils exterminérent les Chananéens et détruisirent leurs villes. Num., ΧΧΙ, 2-3. Cependant, comme Moïse n'avait point l'intention de commencer la conquête de la Palestine par le sud, dont les montagnes rendaient l'accès fort difficile, le peuple ne poussa pas alors plus loin. — Quelques années après, il y avait de nouveau un roi à Arad, relevée de sa défaite. IL fut battu à son tour par Josué, x11, 14. (Dans ce passage, la Vulgate appelle la ville d’Arad Héred.) — Cette localité n’est plus nommée qu'une fois dans l'Écriture, Jud., 1, 16, pour indiquer que les Cinéens habitèrent au sud d’Arad, dans le désert de Juda, et nous ne savons plus rien de son histoire, si ce n’est qu’elle eut des évêques au vie siècle. Gams, Series Episcoporum, 1873, p. 454. Voir E. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Boston, 1841, t. 11, p. 473, 620-622; C. Ritter, Erdkunde, t. χιν, 1848, p. 120-122 ; W. Thomson, The Land and the Book, Southern Palestine, 1881, p. 286-9287; Schubert, Reise in

207. — Ruines d’Arach. D'après Loftus, Travels in Chaldæa, p. 167

Héred), ville chananéenne à l'extrémité méridionale de la Palestine, aujourd'hui Tell Arad, à environ vingt-cinq kilomètres au sud d'Hébron. Tell Arad est un monticule arrondi avec des traces de ruines antiques; 1] s'élève au milieu de collines plus basses, sur le plateau ondulé et sans arbres qui s'incline vers le sud-est de la mer Morte, et qui est séparé du désert de Pharan par des montagnes calcaires à pentes escarpées. On voit sur le sommet quelques débris de poteries: du côté sud est un réservoir ruiné.

Arad est nommé dans le Pentateuque. Pendant que les Israélites, à l'époque de la mort d’Aaron, étaient au pied du mont Hor, le roi chananéen d'Arad apprit qu'ils s'étaient ainsi approchés du sud de la terre de Chanaan, « par le chemin des kG'ütärim,» c'est-à-dire, selon la traduction de la Vulgate, qui est la plus probable, « par le chemin des espions, » ou par le désert de Sin. Craignant sans doute qu'ils ne voulussent s'emparer de son pays, le roi d’Arad résclut de les prévenir; il marcha contre eux, les battit et leur prit un certain nombre de prisonniers. Num., ΧΧΙ, 1. Les enfants de Jacob, humiliés de leur défaite, promirent de livrer à l'anathème (voir ANATHÈME, col.546,b) les villes du vainqueur, si Dieu leur donnait la victoire

das Morgentand, 3 in-8, Erlangen, 1839, t. 11, p. 457; C. W. M. Van de Velde, Narrative of α Journey through Palestine, t. 11, 2 in-&, Londres, 1854, p. 83-85; J. B. Roth, Reise durch die Araba, dans Petermann's Mittheilungen aus J. Perthes’ geographischer Anstalt, 4857, p. 261 ; C. Geikie, The Holy Land and the Book, 2 in-80, Londres, 1887, t. 1, p. 265, 352; Survey of Western Palestine, Memoirs, t. 11, p. 403, 419.

2. ARAD, ARADE, ARADUS (hébreu : ’Arvad, Ezech., xxvi, 8, 11; Septante : ᾿Αράδιοι, "Apaôoc; Vulgate : Aradii; Aradon), aujourd'hui Ruad, petite île phénicienne de la Méditerranée (fig. 208), à moins de trois kiloraètres de la côte de Syrie, à peu près à moitié chemin entre Latakiéh (Laodicée) et Tripoli, au nord de l'embouchure du Nahrel-Kebir (Éleuthérus). C'est, comme la décrit Strabon, XVI, 11, 13, un rocher qui s'élève au milieu des flots : il est de forme oblongue et mesure environ 800 mètres de long sur 500 mètres de large. Malgré son peu d’étendue, Arad jouit dans l'antiquité d'une grande prospérité et ne le céda en puissance, parmi les États phéniciens, qu'à Tyr et à Sidon, avec qui elle fonda, en fournissant son tiers de colons, la ville de Tripoli. Strabon, XVI, 11, 15. La

population s’accumula sur ce rocher isolé (Pomponius Méla, 11, 7, 6); et comme il n’était pas assez grand pour contenir tous ses habitants, les Aradiens imaginèrent de bâtir, contrairement à l’usage oriental, des maisons à plusieurs étages, Strabon, XVI, 11, 13; ils débordèrent aussi sur le continent, dans la Phénicie septentrionale. On voit encore le long du littoral, sur un espace continu de plus de quinze kilomètres, les ruines des «filles d’Arad », depuis Marathus (Amrit) jusqu’à Antaradus (Tortose). Voir Targum Hieros., sur Gen., x, 18.

208. — Statère d'Arad, antérieur à Alexandre le Grand. Tête laurée du dieu Melkart. — À. Y ΝῸ (N2 — d'Afrad]),

Y marque d'émission. Galère phénicienne, ornée d’une figure de patèque.

Sa puissance s’étendit au loin, et l'on dit que Tarse fut une de ses colonies. Dion Chrysostome, Orat. xxxIII, édit. Teubner, t. 11, p. 14.

L'ile d’Arad avait l'avantage d'être alimentée, non seulement par des citernes et par les fontaines du continent, mais aussi par une source d’eau douce que ses habitants avaient découverte en pleine mer dans le voisinage, et qui leur fournissait de quoi boire en temps de guerre. Strabon, XVI, τι, 18; Lucrèce, vi, 888; Pline, H. N., 11, 103; ν, 31; Geoponica, τι, 6. Les habitants de Ruad connaissent encore aujourd’hui des sources sous-marines. F. Walpole, The Ansuryii, with Travels in further East, 3 in-8, Londres, 1851, t. 111, p. 391. Dans l'ile même, on voit les nombreuses citernes que l’on avait creusées autrefois dans le rocher et qui continuent à servir. ἃ l'ouest et au sud de l'ile subsistent encore des restes d'un double mur phénicien. [ls sont composés d'énormes blocs qui reposent sur les arasements naturels des rochers. Ces blocs ont la forme de prismes quadrangulaires de deux mètres de hauteur sur quatre ou cinq mètres de longueur. Ils étaient superposés, sans aucune trace de ciment. Du côté de la terre, les murailles de la ville formaient un port en demilune, divisé en deux bassins par une jetée. E. Renan, Mission de Phénicie, ἴῃ - ἴο, Paris, 186%, p. 39-40.

Arad, fondé par les descendants de Chanaan, Gen., X, 18; 1 Par., 1, 16 (voir ARADIEN), dut sa prospérité à son commerce et à l'habileté de ses marins, dont Ézéchiel, xXXVII, ὃ, 11, fait l'éloge, de même que les auteurs profanes. Strabon, XVI, 11, 14. Aujourd'hui encore les matelots et les plongeurs de Ruad sont renommés, et les barques qu'on y construit sont considérées comme les meilleures de la Syrie. Voir ἃ. Ebers et H. Guthe, Palüstina, 2 in-4°, Stuttgart, 1883-188%, t. 11, p. 42.

Les habitants d'Arad furent d'abord indépendants et eurent des rois particuliers, comme les autres cités phéniciennes. Les inscriptions cunéiformes nous ont fait connaitre les noms de plusieurs de ces rois. Voir Eb. Schrader, Die Keilinschriften und das alte Testament, 2 édit., p. 10%-105. La région qui s'étendait depuis Paltus jusqu'à Shnyra parait leur avoir été soumise. Du temps du prophète Ézéchiel, xxvur, 8, 11, vers 590 avant notre ère, ils élaient assujettis à Tyr; du moins lui fournissaient -ils des rameurs et des soldats, mais peut-être à titre d’alliés ou de mercenaires. Quand la Phénicie tomba au pouvoir cles rois de Perse, Arad partagea le sort commun. Son roi Gérostrate servait dans la flotte perse, à l'époque de la campagne d'Alexandre le Grand. Straton, fils de ce prince, qui gouvernait à sa place, se soumit volontairement au

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