ARARAT — ARATUS
possibilité de marcher de l’est à l’ouest pour aller d’Arménie aux plaines du Sennaar. Or le cours du Mourad trace de l’est à l’ouest, sur une longueur de plus de trois cents kilomètres, la route naturelle d'Arménie en Babylonie. De plus, pour trouver une objection dans le chapitre x1 de la Genèse, il faut admettre, contrairement à de fortes probabilités, que cette émigration vers les plaines du Sennaar fut le fait du genre humain tout entier, et non pas seulement d'une fraction des Noachides. Quant aux légendes aryennes, les mythes du Mérou et du Harà- Berezaiti n’ont plus aucun caractère primitif. Rien n’est moins défini, ni plus obscur que la géographie des Pouränas et du Boundehesh. Il n’y ἃ aucune raison pour faire de l'Ararat un vocable aryen, car le prétendu terme d’Airyäratha est fabriqué de toutes pièces. — 30 Si l’anthropologie conduit à placer en Asie la première apparition de l'espèce humaine, M. de Quatrefages la déclare: incompétente pour préciser davantage la solution du point de départ des Noachides. Enfin l'archéologie préhistorique, en faisant connaître les premiers foyers de l'industrie métallique, nous laisse complètement libres, d'attribuer les plus anciennes exploitations de l’étain pour la fabrication du bronze, soit aux filons métallifères de l'Ibérie caucasique, soit à ceux du Paropamise. Or, en arrétant son choix sur les premiers, on se trouve précisément dans les limites tracées par l'opinion traditionnelle. Et les plus récents travaux de larchéologie autorisent pleinement ce choix en faveur des régions arméniennes. Cf. E. d’Acy, L'origine du bronze, dans le Compte rendw du Congrès scientifique international des catholiques, Paris, 1891. Section d'anthropologie, p. 200-9206.
En résumé, si l’on ne peut établir avec une entière certitude que l'arche s’est arrêtée au sommet du mont Massis, le moderne Ararat, il est cependant plus probable que le premier séjour des Noachides, sauvés du déluge, doit être placé en Arménie. L'hypothèse qui fait aborder Noé sur les hauteurs de l'Hindou-Kousch est inadmissible, et les. essais qui tendent à reculer si considérablement à l'est le théâtre de l’ancienne histoire génésiaque doivent être rejetés. J. VAN DEN GHEYN.
ARARI, ARARITE (hébreu : hardri, ou, avec l’article, hâharäri), surnom signifiant «le montagnard », donné à trois guerriers de David : à Semma (Septante : 6 ’Apouχαῖος; Vulgate : de Arari, IT Rois, xxi1, 11, et de Orori, ἡ. 33; à Sagé (Septante : ’Apwôirnc; Vulgate : Arariles. I Par., χι, 33; à Sachar, ou plutôt à Ahiam, son fils (Septante : ὁ ’Apapt; Vulgate: Ararites). [ Par., x1, 34. Voir ARORITE 1. Cependant ce nom désigne plus vraisemblablement le lieu d'origine de ces guerriers, Harar, localité inconnue.
ARATOR, poète chrétien, né au vi siècle dans la Ligurie, et officier de la cour de l'empereur, avait quitté le monde et était devenu, en 5#1, sous-diacre de l'Eglise: romaine, sous le pape Vigile. On ἃ de lui une Historia apostolica ex Luca expressa, poème en vers hexamètres, divisé en deux livres. Il fut d’abord présenté au souverain pontife dans l'église vaticane, le 6 avril 5##, puis lu en lecture publique à Saint-Pierre-aux-Liens, à la demande de tous les amis des belles-lettres, tant ecclésiastiques que Jaïques, de la ville de Rome. Cette lecture dura quatre jours, et le poème fut ensuite envoyé, avec une lettre, à un ami dans les Gaules, où il reçut une nouvelle publicité. Les Actes des Apôtres y sont assez bien rendus, et Arator y ἃ ajouté quelques circonstances tirées principalement du Nouveau Testament. Il fait mourir saint Pierre et saint Paul le même jour, mais non la même année. Ce poème a été imprimé à Milan, in-8°, 1469. Voir Migne, Patr. lat., t. LXvur, col. 45-252; Ceillier, Histoire des auteurs ecclésiastiques, ἴτε édit., τ. XVI, p. 356.