Monnaie d’Hérode Archélaüs
HPQAOY. Grappe de raisin avec une feuille de vigne. —
à. EONAPXOY. Casque avec une double aigrette et deux paragnathides. Dans le champ, à gauche, un caducée.
railles d'Hérode, qu'il fit d'ailleurs magnifiques, il se fit reconnaître par les soldats, et il essaya ensuite de gagner la faveur des Juifs par une diminution d'impôts. Mais ceux-ci, rassemblés pour les fêtes de Pâques, sur le refus d'Archélaus de destituer le grand prêtre Joasar, fils de Boéthos, crurent le moment venu de se débarrasser de la famille d'Hérode, et se révoltèrent. Archélaüs réprima cruellement l'émeute : trois mille Juifs furent tués. Joséphe, Ant. jud., XVII, 1x, 1. Une députation juive alla à Rome demander à l'empereur Auguste de rattacher la Judée à la province de Syrie. De leur côté, Archélaüs et son frère Antipas se rendirent aussi à Rome, pour plaider chacun leur cause devant l'empereur. Quelques commentateurs ont cru que Notre-Seigneur avait fait allusion à ces événements dans une de ses paraboles, rapportée par saint Luc., xIX, 12-14: « Un homme de grande naissance [le fils d'Hérode] s'en alla en un pays lointain [à Rome] pour recevoir un royaume {la Judée] et revenir ensuite. Or ceux de son pays [les Juifs] le haïssaient, et ils envoyérent après lui une ambassade [à l'empereur Auguste}, disant : Nous ne voulons point que cet homme règne sur nous. » Les ambassadeurs juifs n’obtinrent pas gain de cause. Pendant leur absence, la Judée s'était révoltée contre l'autorité romaine.
Auguste confirma en partie le dernier testament d'Hérode, et Archélaüs eut en partage la Judée, la Samarie et l'Idumée, avec les villes de Césarée, Joppé et Sébaste ; il avait six cents talents de revenu. L'empereur lui accorda seulement le titre d'ethnarque, mais lui promit celui de roi, s'il s'en rendait digne. Il ne l'obtint jamais. C'est done dans son acception générale de (gouverner », que saint Matthieu, 11, 22, emploie le terme βασιλεύει en parlant d’Archélaüs. Josèphe cependant appelle Archélaüs βασιλεύς, Ant. jud., XNTIT, 1V, 3; mais les monnaies le qualifient toujours de ἐθνάρχης, Cethnarque ». De Saulcy, Recherches sur la numismatique judaique, p.133-188 ; Madden, History of Jewish Coinage, p. 91-95.
Aucun événement important ne signala le règne d’Archélaüs ; il fit rebätir avec magnificence le palais de Jéricho et fonda la ville d'Archélaüs. Malgré la défense de la loi mosaique, il épousa la veuve de son frère, Glaphyra, fille d'Archélaus, roi de Cappadoce, laquelle avait eu des enfants de son premier mari. Il se montra digne fils de son père Hérode par ses cruautés et sa tyrannie. Poussés à bout, ses sujets, Juifs et Samaritains, portérent plainte à l’empereur Auguste. Appelé à Rome, Archélaüs dut se défendre contre les accusations des premiers personnages de la nation, N'ayant pu se justifier, il fut dépouillé de ses biens, et envoyé en exil à Vienne, en Gaule. Il avait resné dix ans. .
C'est donc avec raison, et parce qu'il connaissait la cruauté d'Archélaüs, que saint Joseph, à son retour de
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l'Égypte, ne voulut pas, par crainte de ce fils d'Hérode, retourner en Judée. Instruit en songe, il alla demeurer à Nazareth, en Galilée, dans les États d'Hérode Antipas, dont le gouvernement était beaucoup plus doux. Matth., 1, 22-93. E. JACQUIER.
ARCHÉOLOGIE BIBLIQUE. C'est la science des choses anciennes qui se rapportent à la Bible, et dont la connaissance est nécessaire, ou du moins utile, à l'intelligence du texte sacré.
I. Son objet. — En principe, cette science devrait comprendre tout ce qui concerne la doctrine philosophique et théologique de la Bible, l'histoire, la géographie, la linguistique, etc., en un mot tous les ordres de connaissance impliqués par le texte sacré. Mais plusieurs de ces matières sont si importantes, qu'elles forment à elles seules des sciences à part. L'archéologie restreint d'autant son domaine, ce qui lui permet de l’étudier plus à fond. Les objets dont elle s'occupe sont les suivants : 1° Antiquités domestiques : la famille, le mariage et ses conditions, les enfants, la santé et les soins qu'on lui donne, la mort et les funérailles, le vêtement et la parure, l'alimentation: et les festins, la chasse et la pêche, les travaux de l'agriculture, de l'élevage et des métiers mécaniques. — 25 Antiquités sociules : les lieux habités, villes et villages, les relations amicales, hostiles (guerre et armées) et commerciales, les monnaies, les poids et mesures, la division du temps, les institutions politiques et les fonctionnaires, les lois et leur sanction. — 3° Antiquités religieuses : le culte du vrai Dieu et des idoles, le culte primitif, patriarcal et mosaique, les lieux du culte (tabernacle, temple de Salomon, de Zorobabel, d'Hérode, synagogues), les jours de fête, le sacerdoce (ses droits, ses pouvoirs, ses fonctions, ses vêtements), enfin les corporations d'ordre religieux, prophètes, sectes, etc. — 4° Antiquités littéraires et artistiques : écriture, poésie, musique et instruments, peinture, sculpture, architecture, épigraphie, étude et restitution des monuments anciens, etc. La géographie biblique, tant physique qu'historique, forme une science indépendante. Mais la configuration du pays est si nécessaire à connaitre, pour se rendre compte des mœurs et des usages de la population et s'expliquer une foule de particularités du texte sacré, qu'on en joint ordinairement l'étude à celle de l'archéologie proprement dite. Du reste, il est souvent impossible de trouver à la topographie une autre base que l’épigraphie et l'examen des monumenis. Enfin le peuple juif n'a été isolé ni géographiquement ni historiquement. Nous le voyons en relations tantôt amicales, tantôt hostiles, avec les Égyptiens, les Arabes, les Chananéens, les Phéniciens, les Assyriens, les Perses, les Grecs et les Romains. L'archéologie biblique doit done, pour être complète, faire les emprunts indispensables aux archéologies de ces différents peuples. Sans nul doute la doctrine révélée est suffisamment claire par elle-même, indépendamment de toute notion archéologique; mais du moment que la révélation ἃ eu un cadre historique, il y a un intérêt majeur à connaître par le détail tous les éléments qui composent ce cadre : le texte n’en est alors que mieux compris, et son authenticité trouve un point d'appui inébranlable dans l'impossibilité où sont les rationalistes d'adapter convenablement l'histoire sacrée à un milieu différent de celui que lui assigne la tradition.
II. Son développement. — A vrai dire, les écrivains sacrés ont été les premiers à se préoccuper de fournir des éléments à l'archéologie. S'ils supposent beaucoup de choses connues de leurs lecteurs, il en est un grand nombre d'autres sur lesquelles ils prennent soin de les renseigner. Malheureusement ils ne pouvaient guère répondre qu'aux besoins de leurs contemporains, et n'avaient pas à prendre souci des détails qui seraient ignorés de longs siècles après eux. C'était l'enseignement oral qui suppléait chez les Juifs à l'insuffisance des connaissances
archéologiques. Mais cet enseignement portait surtout sur la doctrine et son interprétation. Josèphe s’en fait l'écho dans ses ouvrages, spécialement dans ses Antiquités judaiques, ᾿Αρχαιολογία ᾿Ιουδαϊχή. Son œuvre n'apprend presque rien en dehors de ce qui est connu directement par la Bible, et encore les préjugés nationaux et personnels de l’auteur cbligent-ils à n'accepter ses dires qu'avec réserve. Philon, qui ἃ écrit sur la création, la vie de Moise, le Décalogue, la circoncision, les sacrifices, etc., n'est pas non plus un guide sûr, à cause de la tendance qui le porte à chercher une crigine juive à ses idées platoniciennes. Cf. Siegfried, Philo von Alexandria als Ausleger des alten Testaments, in-8, Iéna, 1875. Les Talmuds sont des archéologies à leur manière. La Mischna traite des semences (agriculture, dimes, année sabbatique, etc.), des fêtes, des femmes (mariage, famille, divorce, etc.), des dommages (législation civile et criminelle, idolâtrie, sanhédrin, ete.), des choses saintes (sacrifices et description du temple) et des purifications. Avec la Mischna, les Ghémaras de Babylone et de Jérusalem sont riches en renseignements sur l'antiquité juive. Mais les compilateurs de ces recueils se sont fait une conception trop arbitraire de l'archéologie. Tantôt ils sont l'écho fidèle des traditions anciennes, tantôt ils présentent comme antiques des usages tout récents, tantôt même ils inventent de toutes pieces, de sorte qu'il est toujours difficile de savoir à quoi s’en tenir avec eux. Néanmoins, quand ils n'ont pas intérêt à inventer ou à vieillir les choses dont ils parlent, ils peuvent être reçus comme des témoins utiles.
Les premiers siècles chrétiens eurent autre chose à faire que de l'archéologie. Après Constantin, on commença à s’en préoccuper dans l'explication de la Sainte Écriture. Mais les Pères d'Occident manquaient des éléments voulus pour l'étudier avec grand fruit. Aussi saint Augustin, dans la Cité de Dieu, fait-il surtout de l'archéologie grecque et romaine. Parmi les Pères grecs, ceux d'Alexandrie étaient trop épris de l’allégorie pour attacher une importance suffisante aux choses tangibles. Les Pères de l’école d'Antioche s’en préoccupèrent davantage, et consignèrent dans leurs écrits bien des détails que leur voisinage des pays bibliques les mettait à même de connaitre. Les deux écrivains anciens qui firent accomplir le plus de progrès à la science archéologique furent Eusèbe de Césarée et saint Jérôme ; vivant tous les deux en Palestine, ils purent interroger, examiner et contrôler avec soin. Après eux et durant tout le moyen àge, l'archéologie biblique ne fut guère alimentée que par les récits des pèlerins de Terre Sainte. Ceux-ci avaient habituellement plus de piété que de critique, et acceptaient volontiers comme vrai tout ce qui était édifiant. Les savants de l'époque, absorbés par le travail de la spéculation philosophique ou théologique, laissérent à faire aux siècles suivants un travail en vue duquel, il faut le reconnaitre, ils n'étaient pas suffisamment outillés. L’occupation de la Palestine par les croisés fut trop précaire et trop agitée pour permettre une étude à fond du pays. Ce fut seulement quand on put parcourir la Terre Sainte avec plus de facilité et de sécurité que l'archéologie prit son essor. À la fin du xvi® siècle, avec Arias Montanus, chapelain de Philippe Il, elle commença à devenir une science à part. L'étude des anciens monuments écrits lui fournit un premier aliment. L'institut du Caire, fondé par Bonaparte pendant sa campagne d'Égypte, contribua puissamment à développer le gout des recherches archéologiques dans les pays orientaux, et montra ce qu'on pouvait attendre de travaux scientifiques exécutés sur les lieux mêmes. L'archéologie biblique profita de cette impulsion. Dans notre siècle, l'étude directe des pays bibliques, les fouilles nombreuses pratiquées sur l'emplacement des lieux célébres de Palestine et des anciennes cités de l'Égypte et de l'Assyrie, les découvertes vraiment merveilleuses et inespérées qui ont récompensé les ellorts