‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 439 sur 454 · ARIMATHIE · texte numérisé non relu

ARIMATHIE

sons qu'il en donne dans un travail manuscrit qui nous a été communiqué. Eusèbe identifie Arimathie avec Ramatha ou Ramathaïm-Sophim, la patrie de Samuel, et la place dans le voisinage de Lydda. Saint Jérôme ajoute qu'elle était dans le district de Thamna. Ces deux écrivains nous assurent que de leur temps Arimathie était appelée Remphis (Eusèbe) ou Remphtis (Jérôme). Où est située Remphtis-Arimathie? Ce n'est pas Ramléh, pour les raisons qu'en ἃ présentées Robinson ; ni Beth-Rimah, comme l'avait soutenu van de Velde, Map of holy Land, Gotha, 1865. Rimah, avec l'article ha-Rimah, est sans doute identique à Ramah, Ramatha et Arimathie; de plus, cette localité est certainement dans la Thamnitique et dans la montagne d'Éphraim ; mais ce nom semble être le nom ancien : il était déjà connu lors de la rédaction du Talmud, et en tout cas il existait au temps d'Eusèbe et de saint Jérôme ; ce ne peut donc être la Remphtis indiquée par eux.

255, — Vue de δ] ἢ

la ville, on va visiter la mosquée Blanche et la tour des Quarante Martyrs (fig. 256), du haut de laquelle on a une vue splendide sur Jaffa et les montagnes de la Judée.

D'après la tradition citée plus haut, Ramléh aurait occupé l'emplacement de l'ancienne Arimathie. Mais si nous en croyons les écrivains arabes, Aboulféda en particulier, Tab. Syr., édit. Kôhler, p.79, elle aurait été fondée en 716 par Soliman, fils d'Abd el-Mélek; Guillaume de Tyr et Marinus Sanulus confirment ce renseignement. Robinson rejette l'identification de Ramléh avec Arimathie; les textes anciens, d'après lui, indiqueraient plutôt un emplacement au nord-est ou à l'est qu'au sud de Lydda. Biblical Researches in Palestine, 1re édit. 11, p. 40-43. En outre, dit-il: 4° la tradition sur Ramléh-Arimathie ne remonte qu'au 1x° siècle; les pèlevins plus anciens ont cité les villes voisines sans en parler, 2 Ramléh, ainsi que nous l'avons dit plus haut, n'aurait pas succédé à une ville ancienne, mais aurait été, d'apres les géographes arabes, fondée au vire siècle par Soliman, fils d'Abd el-Mélek, 3° Les deux noms Ramah et Ramléh sont, étymologiquement parlant, tout à fait différents : Ramléh signifie sable, et Ramah hauteur. Cette objection est réfutée par M. Guérin, Judée, t. 1, μ. 18-55.

M. L. Heidet, professeur à l'École biblique de Jérusalem, identifie Arimathie avec Rentis, localité située au nordest de Loudd, l'ancienne Lydda. Voici en résumé les rai-

d'après une photographie.

« Il est impossible, écrit M. Heïidet, de ne pas reconnaître ce nom dans la localité actuelle de Rentis. Le ©, ph, est ici pour l'euphonie, comme dans εθραμφθά ou Bethromplta de l'Onomasticon, pour Beth-Ramtha. Le mot vrai est donc Remtis. La suppression du ἔ dans le texte d'Eusèbe peut être le fait des copistes, à moins qu'il n'ait été supprimé pour raison d'euphonie. Le changement de m en n est ordinaire chez les Arabes. Rentis est un village où se voient de nombreuses ruines, des citernes et des tombes anciennes. On y remarque en particulier les débris d'une église dans le village même, et au dehors, à peu de distance, les habitants signalent les restes d'une grande et belle mosaique, qu'ils disent être les restes d'une autre église. Le village est sur une hauteur au sommet allongé, s'élevant de 220 mètres au-dessus de la Méditerranée, et dominant tous les environs et la grande plaine. Rentis est à trois lieues au nord-est de Lydda, à deux lieues à l'ouest de Beth-Rimah. Tous les caractères spécifiques de Ramathaim lui conviennent. Un document officiel vient attester que, pour les croisés de Terre Sainte, Rentis était Arimathie, patrie de Joseph : c'est un chapitre des Assises de Jérusalem. Le voici en français moderne : « Quels « sont les suflragants de Saint-Georges de Lydda. — «νων L'abbé de Saint-Joseph d'Arimathie, laquelle est main- « tenant appelée Rantis... » Les autres documents de cette période sont rares. On trouve un pélerin anonyme de 1120,

qui indique Arimathie à quatre milles de Lydda. Deux

ARIMATHIE — ARIOCH

chartes de 1160 citent l'abbé Herbert des Saints-Joseph- | il ne peut s’agir évidemment du royaume classique de ce

et-Abacuc (E. de Rozière, Cartulaire du saint Sépulcre, nos 64 et 65). Guillaume de Tyr nomme Amalric, un autre « abbé de Saint-Abacuc et de Saint-Joseph surnommé « d'Arimathie » (Hist., xvI1, 26). Il ne peut être douteux qu'il s’agit de Rentis, et ces documents supposent la

croyance susdite. La situation de Rentis, loin de toutes les routes suivies par les pèlerins, explique leur silence sur Arimathie et celui des chroniqueurs de la première croisade. Il n'est pas douteux non plus que les croisés expriment là une tradition qu'il ont trouvée existante chez les chrétiens du pays, que cette tradition remonte au 1ve siècle. Rentis a donc, en dehors des titres intrinsèques,

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