‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 440 sur 454 · Tour des Quarante Martyrs, à Ramléh · texte numérisé non relu

Tour des Quarante Martyrs, à Ramléh

le témoignage d'Eusèbe, de saint Jérôme, de leur époque et de tout le royaume latin de Jérusalem. C'est la vieille et authentique tradition. » (L. Heidet.)

Enfin, on a aussi identifié Arimathie avec Neby-Samouil, colline au nord-ouest de Jérusalem, où, d'après quelques topographes, était bâti le bourg de Ramathaïm, patrie de Samuel. Voir RAMATHAÏM. E. JACQUIER.

ARIOCH, hébreu : ’Ary6k; babylonien : Éri-aku, « serviteur du (dieu) Lune; » Septante: ᾿Αριωχής»γ ᾿Αριώχ (et ’Erotwy, Juditn, 1, 6).

4. ARIOCH, roi mésopotamien allié de Chodorlahomor, dans son expédition en Palestine au temps d'Abraham. Gen., x1v, 1, 9. Chodorlahomor et ses confédérés, Amraphel, Arioch et Thadal, vainquirent les rois de Sodome et de la Pentapole; mais, comme 115. s'en retournaient chargés de butin, ils furent surpris à l'improviste et déf. aits par Abraham. Gen., x1v, 1-15. Voir AMRAPHEL et CHODORLAHOMOR.

Les textes cunéiformes anciens nous mettent sur la trace de cet Arioch. La Vulgate l'appelle roi de Pont, saint Jétôme ayant ici suivi la traduction de Symmaque; mais

nom, qui n'existait pas encore à cette époque et que sa situation géographique ne permet pas de mettre en relations avec Chodorlahomor, roi d'Élam, au sud-est du Sennaar. Les Septante et l’hébreu lisent d’ailleurs « roi d'Ellasar », c'est-à-dire non pas de la ville d’Assur, la première capitale du royaume assyrien, actuellement Kaléh- Schergat, sur le Tigre, dont on ne trouve encore aucune trace à cette époque reculée, et qui paraît d'ailleurs trop éloignée de l'Élam, mais, par un changement de lettres assez fréquent, Larsa, actuellement Senkéréh, très ancienne ville du Sennaar ou pays de Sumer, un peu au nord d'Ur, la patrie d'Abraham. Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies, p. 223-994. Nous savons, en eflet, qu'à cette époque reculée Larsa formait un royaume vassal des conquérants élamites (appelés Koudourides du nom du premier élément des noms royaux Chodor-lahomor, Koudour-Lagamar, Koudour-Nahoundi, Koudour-Maboug). Arioch paraît être précisément le dernier roi de Larsa, annexée ensuite à la Babylonie à l'époque de Hammourabi (ou Hammouragas) (2307 [21-2252 [?]); les deux groupes cunéiformes qui composent ordinairement son nom se lisent Rim-Aliu ou Riv-Aku, le syllabaire cunéiforme mésopotamien ne distinguant pas l'in du v; ils pourraient même se prononcer, d’après G. Smith et Eb. Schrader, Éri-Aku. Cet Arioc h, de race élamite, fut vassal de Koudour-Maboug, roi d'Élam, d'Ur, de Sumer, d'Akkad et de Syrie, et allié de Chodorlahomor, roi d'Élam. L'échec que lui infligea Abraham fut bientôt suivi de la prise de Larsa par les rois nationaux de Babylone, qui expulserent les Élamites de toute la Mésopotamie. Arioch fut donc le dernier roi de Larsa; mais sa capitale ne fut pas détruite, Flammourabi de Babylone y fit même réparer le temple de Samuë, « le soleil, » qui y resta en grande vénération jusqu à la fin de la monarchie babylonienne. Peut-être le livre de Judith, dans les Septante, a-t-il gardé le souvenir de la défaite d'Arioch par les Babyloniens dans la mention qu'il fait, 1, 6, de la plaine de Ragau, désignée ensuite comme « la plaine d'Érioch, roi des Élamites », c'est-à-dire de la dynastie élamite. (La Vulgate lit : « Dans la plaine d'Érioch, roi des Éliciens. » Judith, 1, 6). L'Arioch du livre de Daniel, 11, 14, montre que ce nom resta familier aux Babyloniens.

L'identification d’Arioch et de Rim-Aku, proposée par G. Smith, Notes on the early history of Assyria and Babiylonia, Londres, 1872, p.10 et 29, acceptée par Eb. Schrader, Lenormant, etc., regardée comme très vraisemblable par Delitzsch, Wo lag das Paradies, p. 99%, a été combattue par Tiele, Babylonisch-Assyrische Gesclachte, tx, p. 12%, sous prétexte que les groupes cunéiformes en question peuvent aussi se lire Arad-Sin, le sens du nom propre restant le même, « serviteur du dieu Lune ». Mais une variante dans laquelle ce nom royal est écrit, non plus idéographiquement, mais phonétiquement, affirme la lecture Rim-Aku, et corrobore l'identification proposée par Smith. Lenormant, Choix de textes cunéiformes, CUITS 164; The cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. 1, pl. n, ἢ. 8; pl. v, n° 16. — Voir Schrader- Whitehouse, The cuneiform Inscriplions and the Old Testament, t. 1, Ὁ. 120; t. 11, p. 296-301; G. Smith, Early History of Babylonia, dans les Records of the Past, 1το série, t. v, p. 64-70; Sayce, ibid., 2e série, 1.1,

10 ; t. nr, p. 19-20; Vigouroux, La Bible et les vertes modernes, 5° édit., t. 1, p. 485-487; Lenormant, La langue primitive de lu Chaldée, p. 57% et suiv.; Lenormant-Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, 1, p. 94- ε Pate Histoire ancienne de l'Orient, 1880, 4e édit., p. 188; J. M. Price, Lilerary Remains of Rim- Sin ἘΣ h), King of Larsa, in-4°, Chicago, 1904.

E. PANNIER

2. ARIOCH, officier à la cour de Nabuchodonosor, roi de Babvlone. Dan., 11, 14, 15, 24, 95. Les rationalistes cherchaient autrefois à ce nom une étymologie perse,

décou-

sanscrite, etc., Gesenius, Thesaurus linguæ hebrææ, 1829, p. 148; cf. Keil, Daniel, 1869, p. 78; Hitzig, Daniel,

Leipzig, 4850, p. 26, dans l'intention plus ou moins avouée de renvers ser l'autorité et le caractère historique de Daniel; mais présentement on y reconnait un nom

babylonien, soit Ariku, «le long, » soit Rim ou Riv-Aku, « serviteur du dieu Lune, » forme analogue à Sidrach, Sucur-Aku, «envoyé du dieu Lune, » Dan., 1, 7. Arioch remplissait à la cour la charge de « chef de la milice royale », non pas de chef de l'armée babylonienne, mais de chef des gardes du corps, comme porte le texte chaldéen, rab tabbähayà’, « chef des satellites ; » au ÿ.14, il est chargé d'exécuter les devins, incapables de découvrir le songe du roi; au ÿŸ. 2%, c’est lui qui introduit Daniel auprès de Nabuchodonosor. Ces fonctions sont souvent confiées, en Orient, aux mêmes officiers. II Reg., ιν, 12; 1, 15. Les bas-reliefs nous montrent que quelquefois même les rois exécutaient en personne leurs prisonniers.— Voir Schrader-Whitehouse, The cuneiform Inscriptions and the Old Testament, t. 11, p.127; Lenormant, La divination chez les Ghaldéens, p. 198, où il propose l'étymologie Ariku, « le long », nom propre, certainement usilé aussi en Assyrie et en Babyÿlonie, mais rendant peut-être moins bien compte de la présence du ναῦν et du iod dans la transcription chaldéenne. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 5e édit., t. 1V, p. 456. E. PANNIER.

ARISAI (hébreu : ’Arisai ; Septante : ‘Povpaïos), huitième fils d'Aman. Esth., 1x, 9.

ARISTARQUE (’Abiotaoyoc, « excellent chef »), chrétien de Thessalonique, Act., XX, 4, qui accompagna saint Paul dans son troisième voyage de missions. Avec Gaïus, il fut entrainé dans le théâtre d'Éphèse, par la foule irritée contre l'Apôtre, Act., xIx, 29, et faillit être massacré. Aristarque suivit saint Paul en Macédoine, puis en Grèce, et alla avec lui en Judée, Act., xx, 4, par la Macédoine, la Troade, Milet, la mer Méditerranée, Tyr et Césarée. Il monta avec l'Apôtre captif sur le navire d’Adrumète, Act., xxVII, 2, qui les conduisit le long des côtes de la province d'Asie, d'où ils partirent pour Rome. Dans cette ville, 11 fut le fidèle compagnon de captivité et de travail de saint Paul. Coloss., 1v, 10; Philémon, 24. On perd ensuite ses traces. D'après les Grecs, il fut évêque d'Apamée, en Phrygie; d'après le martyrologe romain et Adon, de Thessalonique. Il aurait été décapité à Rome sous Néron avec saint Paul ; sa fête est fixée au 4 août. E. JAcQUIER.

ARISTÉE, ’Aptotaioc, auteur prétendu d'une lettre relative à l’origine de la version grecque des Septante. Il se dit Égyptien d’origine, paien de religion, devenu prosélyte Juif, ὑπερασπιστής, € 'est-à-dire officier des gardes de Ptolémée Philadelphe (284-247), et très aimé de ce prince. Quand celui-ci, sur le conseil de Démétrius de Phalère, voulut faire traduire en grec la loi de Moïse, pour placer cette version dans la bibliothèque qu'il avait fondée à Alexandrie, Aristée fut un des messagers envoyés au grand prêtre Éléazar, à Jérusalem. Dans sa lettre à son frère Philocrate, il raconte les événements dont il est censé avoir été témoin, Voir SEPTANTE. Son récit trouva créance. Josèphe, Ant. jud., VIT, 11, 2 et suiv., le reproduit presque mot pour mot. Philon, Vita Mosis, 11, 6, l'a accepté aussi, mais sans nommer Aristée. Les anciens admettaient unanimement la lettre d'Aristée comme authentique. Louis Vivès, dans une note sur saint Augustin, De Civilale Dei, Xvur, 42, émit le premier des doutes sur son authenticité, 11 fut suivi par Joseph Scaliger, Ad chronicon Eusebii, Patr. lat., t. ΧΧΥΠ, col. 485. Dès lors la plupart des critiques ont tenu cette lettre pour apocryphe. I. de Valois, In L. y, c. 8 Eusebii H. E.; Léon de Castro, ln Isaiam, proæm.; Salmeron, Comment. in Evang.,

ARIOCH — ARISTOBULE

proleg., v1; Montfaucon, Prælimin. in Hexapla Origenis, 11, 9, Patr. gr., t. xv, col. 62-66, etc. Son authenticité a cependant été soutenue par Ussérius, De græca LXX interpretum versione syntagma, Londres, 1655; Isaac Vossius, De LXX interpretibus eorumque translatione, La Haye, 1661; Appendix ad librum de LXX interpretibus, 1663; Responsio ad objecta nuperæ criticæ sacræ, dans Variarum observationum liber, Londres, 1685, p. 301-304; B. Walton, Prolegom., 1x, 4; Le Nourry, Bibliotheca maxima Patrum, t. x1, p. 295; Simon de Masistris, Daniel secundum LXX, Roine, 1772, p. 309-633 ; Const. Oikonomos, Περὶ τῶν ὁ ἑρμιηνευτῶν τῆς παλαῖας θείας γραφῆς βιόλία, Athènes, 1844; Grinfield, An apology for the Septuagint., Londres, 1850. On pense généralement aujourd’hui que cette lettre est l'œuvre d'un Juif pieux, qui ἃ voulu, en la composant, donner de l'autorité à la version grecque de l'Ancien Testament, et glorifier son peuple et sa législation aux yeux des Grecs. Il ἃ pris le nom d’Aristée, qui était celui d'un écrivain, auteur d'un livre sur les Juifs, que mentionne Alexandre Polyhistor. Voir Eusèbe, Præpar. Ev., 1x, 25, t, xx1, col. 728. Cf. Nœldeke, Histoire littéraire de l'Ancien Testament , trad. franç., Paris, 1873, p. 160-169.

L'Epistola ad Philocraten ἃ été éditée par Jac. Middendorpius, Historia Aristeæ, Cologne, 1578; par Garbitius, Aristeæ historia de legis divinæ ex hebræa lingua in græcam translatione, Francfort, 1610; par Hody, De Bibliorum textibus originalibus, Oxford, 1705; par Van Dale, Dissertatio super Aristea de LXX interpretibus, Amsterdam, 1705. Une édition critique a été publiée par Schmidt, dans Archiv für wissenschaftliche Erforschung des Α. T. de Merx, Halle, 1868, t. ur.

E. MANGENOT.

1. ARISTOBULE (᾿Δριστόθονλος), Juif d'Alexandie, de famille ee AOAleS διδασχάλος, maitre ou conseiller du roi d'Égypte Ptolémée. II Mach., 1, 10. Le peuple de Jérusalem, le conseil de un certain Judas, lui adressèrent une lettre, II Mach., 1, 10-11, 19, pour l'engager, lui et les Juifs d'Égypte, à re grâces à Dieu, qui avait délivré la nation de grands dangers par la mort d’Antiochus, Il Mach., 1, 11-17, et à célébrer, de concert avec leurs frères de Jérusalem, la fête de la purification ou fête du feu sacré, découvert par Néhémie. Il Mach.,

, 15 et 1, 36. L'Antiochus dont cette lettre rapporte la mort parait bien être Antiochus IT le Grand et non Antiochus IV Épiphane, qui périt dans des circonstances différentes, Cf, col. 692. Le récit de cette mort semble avoir été écrit peu après l'événement (187 avant J.-C.); la lettre doit donc être datée de l’an 187 ou 186 avant J.-C., non pas de Fan 12% avant J.-C. (188 de l'ère des Séleucides), comme le ferait croire la ponctuation défectueuse du ÿ. 10 de IT Mach., 1. Cette date se rapporte à la lettre précédente ; elle la termine, comme c'était l'usage. I Mach. xi, 21, 33, 98. Le Ptolémée dont Aristobule fut le maitre ou conseiller serait donc Ptolémée V Épiphane (204-181 ). Dans cette hypothèse très vraisemblable, notre Aristobule pourrait très bien être le même personnage que le philosophe péripatéticien qui dédia à Ptolémée VI Philométor (185-146) une exposition allégorique du Pentateuque. Eusèbe, Præp. Ev., vi, 9, t. ΧΧΙ, col. 636. Rien ne s'oppose à ce qu'il ait vécu sous les deux règnes. Le but de son commentaire, intitulé ᾿Εξηγήσεις τῆς Μουσέως: γραφῆς Où τοῦ Μουσέως νόμον, était de prouver que les anciens poètes et philosophes grecs avaient largement puisé dans les livres de Moïse, en sorte que le Pentateuque était la source de la philosophie et de la sagesse païenne. Cf. ALEXANDRIE (ÉCOLE EXÉGÉTIQUE D'), col. 360. Manquant de preuves, il forgea un bon nombre de passages de poètes et d'historiens. Ainsi il en fit sous le nom de Linus, de Musée, d'Orphée, d'Homère, d'Hésiode, etc., et il le fit si habilement, qu'il trompa plusieurs écrivains profanes et certains Pères de l'Eglise. Les fragments qui nous restent d'Aristobule ont été réunis par Eichhorn, dans l'Allge-

meîne Bibliothek der biblischen Lilteratur, t. v, p. 253- 259 ; l'authenticité en ἃ été démontrée par Walckenaër, Diatribe de Aristobulo Judæo, contre les négations de R. Simon, Hody, Eichhorn, etc. Aristobule avance qu'avant la version des Septante, certaines parties des livres de Moïse avaient été traduites en grec. Eusèbe, Præp. Ev., 12, t. xx1, col. 1097. Mais le but que poursuit cet auteur dans son commentaire rend son témoignage suspect. On a voulu lui attribuer la composition du livre de la Sagesse, mais on n'apporte pas de raisons sérieuses ; et ce n'est pas ainsi qu'aurait parlé ce favori des rois d'Egypte. — Voir L. G. Walckenaër, Diatribe de Aristobulo Judæo, in-4°, Leyde, 1806; Gfrôrer, Philo, 2e édit., in-8°, Stuttgart, 1835, p. 71 et suiv.; Haneberg, Révélation biblique, 2 in-8, Paris, 1856, t. 11, p. 84; F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4e édit., t. 1V, p. 625-640. E. LEVESQUE.

2, ARISTOBULE. Saint Paul, dans son Épitre aux Romains, xvi, 11, ordonne de saluer les gens (chrétiens) de la maison d’Aristobule. Celui-ci était-il Romain ? Était-il mort ou absent de Rome, lorsque l'Apôtre éerivit sa lettre, ou même était-il chrétien, puisque saint Paul ordonne de saluer seulernent ceux de sa maison ? Toutes questions sur lesquelles on ἃ fait des conjectures, mais auxquelles on n'a aucune réponse à faire. Les ménologes grecs font d'Aristobule un des soixante-dix disciples, le frère de Barnabé, et rapportent qu'il prêcha l'Evangile en Grande-Bretagne ; ils fixent sa fête au 15 et 16 mars ou au 31 octobre. E. JACQUIER.

ARIUS (Αρεύς). roi de Sparte. Un roi de ce nom écrivit une lettre à un grand prêtre du nom d'Onias. IMach., x11, 7, 22 (20). Le texte reçu des Septante déforme ce nom ; au Ÿ. 7, il l'appelle Δαρεῖος; au Ÿ. 22, ᾿Ονιάρης.

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