ABRAHAM HALLÉVI, BEN MEGAS (Ibn-Migäs
rabbin espagnol, auteur du Kebod Elohim, La gloire |
de Dieu, Ezech., 1x, 3, interprétation spirituelle du Pentateuque, in-4°, Constantinople, 1605.
17. ABRAHAM KALMANKAS, BEN JOSEPH, le plus célèbre des cabalistes allemands du xvie siècle, fit un commentaire sur la Genèse, Ha’é$él, Le tamaris. Lublin
18. ABRAHAM MAIÏMOUNI, né en 1184, mort en 1234, outre des gloses sur la Mischnah, composa, d’après les principes du célèbre Maimonide, son père, un commentaire arabe sur le Pentateuque dont la bibliothèque bodléienne conserve un manuscrit.
19. ABRAHAM OSTROH, BEN DAVID, auteur d'un commentaire sur le Targum, imprimé dans une édition du Pentateuque avec les trois Targums araméens. In-fe, Hanau, 1614; in-fo, Francfort-sur-l’Oder, 1681.
20. ABRAHAM SABBA, juif-espagnol, cabaliste, distingué comme exégète, se retira à Lisbonne à l’époque de l'expulsion des Juifs, en 1492; puis de là à Fez, dans le Maroc. Le plus connu de ses écrits est le Serôr hammôr, Bouquet de myrrhe, Cant., 1, 19 (12), commentaire sur le Pentateuque, où il n’use que modérément des doctrines de la cabale, etse renferme souvent dans la seule exégèse rationnelle. I fut publié à Constantinople, in-fv, 1514; à Venise, in-, 1513, 1546, 1566; à Cracovie, 1595.
21. ABRAHAM SEEB ou ZEEB, BEN BENJAMIN, mort en 1698, dans la Lithuanie, auteur d’un commentaire littéral et spirituel sur le Pentateuque, Zéra' ’Abrähäm, La race d'Abraham, Gen., xx1, 12, in-4°, Salzbourg, 1685.
22, ABRAHAM USQUE, né à Lisbonne, fut du nombre des émigrés qui, à l'époque de l'expulsion des juifs (1493-1506), allèrent se fixer à Ferrare. Il y établit une imprimerie et se rendit célèbre par la publication de la Bible des Juifs, ou Bible de Ferrare : Biblia en lengua española, traduzida palabra por palabra de la verdad Lebrayca, por muy excellentes letrados, con yndustria x diligencia de Abrahä Usque Portugues. Estampada en Ferrara, en 1% de Adar de 5313 (1553), in-f, goth. Elle était dédiée à doa Gracia Naci. Il parut en même temps une autre édition, qui ne diffère guère que par la dédicace et la suscription. Cette édition, à l'usage des chrétiens espagnols, est dédiée au duc Ilercule d’Este; etles noms d'Abraham Usque et ΤῸ] Atias, qu’on lit dans le titre de la Bible des juifs, sont remplacés par ceux de Duarte Pinel et Jéronimo de Vargas. La date est la même; mais au lieu d'être donnée par les années du monde, selon la coutume des juifs, elle l’est par les années du Christ, sous cette forme : le 1er mars 1553. Un examen très attentif découvre quelques petites divergences d'interprétation. Plusieurs passages sont traduits différemment dans ces deux Bibles, selon la croyance de ceux pour quielles furent imprimées. On n’a là cependant qu'un même ouvrage en deux éditions simultanées. D’après Fürst, les savants dont il est parlé dans le titre ne seraient autres qu'Abraham Usque et Duarte Pinel. Mais ces deux noms ne désignent qu'un seul et même personnage, comme l’a démontré M. Grätz, Geschichte der Juden, t. 1x, note 6, p. LXIv. Abraham Usque fit cette traduction avec le concours de plusieurs savants ; il la signa de son nom dans l'édition juive, et d’un pseudonyme dans l'édition adressée aux chrétiens. Cette version estestimable. Les auteurs, comme il est déclaré dans le prologue, ont eu sous les yeux bon
ABRAHAM HALLÉVI — ABRAM
nombre de traductions anciennes et modernes, en castillan ou dans une autre langue; et ils se sont servis des travaux des plus célèbres rabbins, tels que Kimchi, Raschi, Aben-Esra, etc. La Bible terminée fut soumise à l’examen de l'Inquisition ; aussi jouit-elle d'une grande autorité parmi les chrétiens aussi bien que parmi les Juifs. L'édition chrétienne s'écarte cependant de la Vulgate en beaucoup de points, mais sans gravité. Plusieurs passages sont obscurs, par le trop grand soin qu'on ἃ mis à traduire mot à mot. Enfin le style est rempli d'archaïsmes, ce qui lui donne un certain air d'antiquité à côté de la langue du xvie siècle. La Bible espagnole à l'usage des juifs a été réimprimée à Amsterdam en 5371 (1611) et en 5390 (1630), in-fo. Une dernière édition, corrigée par Joseph Atias, a été donnée au même lieu en 5421 (1661), ἴῃ - 89, La double édition de 1553 est très rare et très recherchée.
23. ABRAHAM ZAHALON ou TSAHALON, juif espagnol du xvre siècle, talmudiste, auteur d’un commentaire grammatical et pédagogique sur Esther, Yeÿa‘ ’Élohim, Le salut de Dieu, in-4°, Bagdad, 1595; Venise, 1621.
24. ABRAHAM ZANTI (hakkôhen, « le prêtre »), rabbin de Venise, né en 1670, mort en 1729, médecin, philosophe et poète. On ἃ de lui Kehunnat ’Abrähäm, Le sacerdoce d'Abraham, paraphrase poétique des Psaumes en cinq livres, in-4°, Venise, 1719. E. LEVESQUE.
1. ABRAM, nom porté par Abraham pendant la première partie de sa vie. Voir ABRAHAM 1.
2. ABRAM (Nicolas), naquit en 1589 à Xaronval, petit village des environs de Charmes-sur-Moselle, et entra dans la Compagnie de Jésus en 1606. Il conquit les grades de maitre ès arts et de docteur en théologie à l’université de Pont-à-Mousson, et y enseigna d’abord les humanités, puis pendant dix-sept ans l'Écriture Sainte. En 1695, il fut un des collaborateurs de Pierre Fourier dans la mission de Badonviller, qui provoqua la conversion d’un grand nombre de protestants; il gouverna aussi le noviciat des jésuites de Nancy, et professa quelque temps les sciences sacrées à Dijon. Mais la plus grande partie de sa vie se passa à l’université de Pont-à-Mousson, dont il écrivit l'histoire, et où 1] mourut, le 7 septembre 1655, enlevé par une fièvre typhoïde, à l'âge de soixante-six ans.
Les ouvrages qu'il publia sur les matières de ses cours donnent une haute idée de son enseignement. Ses travaux exégétiques sont : 10 Nonni Panopolitani Paraphrasis sancti secunduin Joannem Evangelii, in-8, Paris, 1693. Une traduction en beaux vers latins accompagne le texte grec ; l'épisode de la femme adultère, Joa., vin, 3-11, omis ou à peine mentionné par Nonnus, est suppléé en soixante-treize hexamètres grecs de la composition de l’éditeur. 2 Une dissertation sur les quatre fleuves et l'emplacement du paradis terrestre, ajoutée au commentaire des Géorgiques : Commentarii in P. Virgilii Maronis Bucolica et Georgica. Accessit diatriba de quatuor fluviis et loco paradisi ad explicationem versus 290 libri quarti Georgicon, in-8°, Pont-à-Mousson, 1636. 30 ÆEpitome rudimentorum linquæ hebraicæ versibus latinis breviter et dilucide comprehensa, in-%°, Paris, 1645. 4° Pharus Veteris Testamenti, sive sacrarum quæstionum libri xv, quibus accesserunt ejusdem auctoris de Veritate et Mendacio libri 1v, in-fo, Paris, 1648. C'est le principal ouvrage exégétique du P. Abram, où sont élucidées les difficultés scientifiques, historiques, géographiques et chronologiques de l'Ancien Testament. L'Hexaméron, l'emplacement du paradis terrestre, les bénédictions de Noé à ses fils, la confusion des langues, l'origine des royaumes, l'histoire des Assyriens, d'Abraham, de Pharaon, la durée du séjour des Hébreux en Égypte, la chronologie hébraïque depuis les Juges jusqu’à la construction du temple, la captivité de Bubylone, Darius le Mède, Judith, la venue du
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Messie et les soixante-dix semaines de Daniel, sont successivement étudiés. « Cet ouvrage, dit dom Calmet, Bibliothèque sacrée, 1v° partie, art. 1v, est bien écrit, savant, solide et fort estimé. L'auteur y traite les questions à fond. » Les textes de l'Écriture et des docteurs, les citations des poètes et des écrivains profanes se pressent sous sa plume, et, tout en concourant à l'explication des Saintes Lettres, révèlent la profonde érudition de l'exégète. La forme rend la lecture du Phare facile et intéressante. Le P. Abram est un humaniste : il veut, à l'exemple de Cicéron, répandre sur des questions ardues les charmes du dialogue, et les quinze traités dont se compose l'ouvrage portent, comme ceux de l’auteur de Brutus, un double titre, tiré et du principal interlocuteur et du sujet; par exemple : Philoctistes, ou de la Création ; Théophraste, ou du Site et des fleuves du paradis. Quelques idées particulières du P. Abram méritent d'être signalées. Il admet dans la création une sorte d'évolution. A l'origine du temps, Dieu ἃ créé simultanément la substance de toutes les choses du monde; seule l’âme humaine a été l'objet d'une création spéciale au sixième Jour. Les substances ont produit, par émanation naturelle, les qualités et les perfections dues à leur nature. Cette évolution ἃ eu lieu plus ou moins vite, et sa vitesse était proportionnée à la nature de chaque substance ; de là vient la distinction des jours. Le paradis terrestre était situé en Palestine, et le Jourdain l'arrosait avant de se séparer en quatre branches. L'Amérique était connue d'’Aristote, et les Américains sont fils de Cham. La forme dialoguée du Phare continue dans les quatre livres de la Vérité et du Mensonge. Les mensonges réels où apparents, mentionnés dans la Bible, sont expliqués dans les troisième et quatrième livres. D'après dom Calmet, le collège de Pont-à-Mousson possédait manuscrites des Commentationes in epistolas D. Pauli du P. Abram. Nous ignorons ce qu'est devenu ce commentaire. Voir Bibliotheca scriptorum S. J., Rome, 1676; D. Calmet, Bibliothèque lorraine, art. Abram; Carayon, L'université de Pont- -Mousson, introd., p. XxXI-LIV; Hurter, Nomenclator litterarius, Insprück, t. 1, p. 806-807; Eug. Martin, Le P. Abram historien de Pont-à-Mousson et ses deux traducteurs, Nancy, 1888. E. MANGENOT.
ABRAN (hébreu : ‘Ebron ; Septante : ᾿Ελθών, ᾿Α χράν), ville de la tribu d'Aser, mentionnée une seule fois dans la sainte Ecriture, Jos., ΧΙΧ, 28, et citée entre Cabul et Rohob. Eusèbe, Onomasticon, et saint Jérôme, Lib. de situ et nominibus locorum heb., t. ΧΧΠῚ, p. 878, ne font que l'indiquer sous le nom d'Achran. Faut-il, avec certains critiques, voir dans ce mot une faute de copiste, et au lieu de ‘Ebrôn lire ‘Abdôün, comme au chapitre xx1, 30, du même livre, et [ Par., vi, 74? C'est possible, puisque rien n'est plus facile que de confondre, en hébreu, le daleth,s,et le resch, 7; mais ce n'est pas certain. Si nous consultons les manuscrits, nous les trouvons en nombre à peu pres égal pour les deux leçons : vingt-cinq portent Ebrôn, et dix-neuf ‘Abdôn. Cf. B. Kennicott, Vet. Testam. heb., Oxford, 1776, t. 1, p. 470, et J.-B. de Rossi, Var. lect. Vet. Testam., Parme, 1785, t. 11, p. 94. Mais la première leçon ἃ pour elle, outre le texte massorétique et le Targum de Jonathan, l'unanimité des plus anciennes versions syriaque, latine, arabe, qui maintiennent le resch. On ne saurait, en faveur de la seconde, alléguer qu'Abdon, ville lévitique, devait être dans la liste des principales villes d'Aser, Jos., xx, 24-31, puisqu'on n'yrencontre pas d’autres cités non moins importantes , telles qu'Accho, Ahalab et Achazib, jud., 1, 31.
M. de Saulcy avait cru retrouver cette localité dans le village actuel d'‘Abillin, à peu de distance de la route qui conduit de Saint-Jean-d'Acre à ne. Voyage autour de la mer Morte, Paris, 1853, t. 1, p. 73, note. Mais plus tard, dans son Dictionnaire Ho antiquités bibliques, Migne, 1859, p. 31, il se montre « fort tenté d'abandonner cette hypothèse, qui, il faut bien le dire,
n'a pas de grandes probabilités en sa faveur ». M. V. Guérin se demande s’il ne serait pas permis de reconnaitre Abran dans le village de Berouéh, un peu à l’est de Saint-Jeand'Acre, Description de la Palestine, Galilée, t. τ, p. 432. L'identification, comme on le voit, est encore à l’état de problème, et le parti le plus sage est d'attendre de meilleures découvertes. A. LEGENDRE.
ABRAVANEL. Voir ABARBANEL, col. 15.
ABREK (hébreu : ’abrek; les Septante ont omis ce mot, ou plutôt l'ont rendu par κήρυξ, (héraut, » comme la version samaritaine). Quand Joseph eut expliqué au pharaon les songes qui ἘΣ les sept années d’abondance et de stérilité, celui-ci le combla d’honneurs, le fit monter sur son second char, et l’on cria devant lui : ‘abrek! Gen., xL1, 43. Plusieurs tentatives ont été faites pour trouver une explication satisfaisante de ce mot.
1° Les uns y ont vu le verbe hébreu bérak, € plier les genoux. » C'est ainsi qu'ont traduit : la Vulgate, Cut om= nes coram 60 genuflecterent; » Aquila, γονατίζειν ; la traduction grecque dite de Venise, γονυπετεῖν. Ce serait l’impératif 2 pers. du sing., ou l'infinitif absolu mis pour l'impératif. Mais dans cette hypothèse il faut recourir à une sorte d'aphel, forme très irrégulière de l'hiphil, ’abrek pour habrek ; et l'on aurait d’ailleurs le sens causatif, « faire agenouiller : » ce qui ne s'explique pas dans la bouche du héraut précédant Joseph.
2» On ne réussit pas mieux en recourant “ἃ l'assyrien, comme Friedr. Delitzsch. Abarakku signifie «père du roi » : ce serait un titre de premier ministre ou conseiller du roi. Voir Assyrische Wôrterbuch, Leipzig, 1888, p. 68-70 ; Nôüldeke, Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, t. XL, p. 734. Cette explication est fort invraisemblable : on ne comprend pas qu'un nom assyrien ait été employé alors en Égypte, ni que Moïse ait traduit un titre égyptien par un titre étranger. Les auteurs des Targums, il est vrai, ont rendu abrek par « père du roi » ; ces interprètes, éloignés de l'Égypte, ignorant la vraie signification de ce terme, ont tout naturellement cherché à l'expliquer par l’araméen ou l’hébreu, si voisins de l'assyrien, et y ont vu un composé où entrait le mot ’«b, « père. » Cf. version syriaque : « père et chef. »
3° N’est-il pas plus naturel, dit-on, de voir ici un mot égyptien, puisque l’histoire de Joseph a une couleur locale très marquée, et nous est racontée dans un style tout parsemé de mots égyptiens? Ceux qui pensent que le terme est égyptien ont recours, les uns au copte, les autres à l'ancien égyptien. Keil et Franz Delitzsch rapprochent notre terme du copte abork (a, signe de l'impératif; bôr, « jeter en bas, » et k, signe de la deuxième personne), d'où abork, « jette-toi à terre, prosterne-toi. » Voir Benfey, Verhaltniss der ägyptischen Sprache zum semitischen Sprachstamm , p. 302. Mais abork signifierait « jette », plutôt que « jette-loi », et encore moins « prosterne-toi ». Pour donner ce dernier sens, il faudrait ajouter quelque mot comme « ἃ terre », où « sur ton ventre », selon l'expression usitée : « Il se mit sur son ventre, » pour «il se prosterna, » Erta-nef su her hatef.— Les autres essais d'étymologie par le copte sont encore moins heureux. Pfeiffer, Opera philologica, t. 1, p. 9%, propose l'explication suivante : afrek, verbe copte composé de rek, Cincliner, » et af, marque de la 3° personne du prétérit ; d'où afrek, « s'inclina » (sous-entendu chacun). Cette explication est inadmissible, parce que ce prétérit n'a pas le sens optatif; de plus, af n'eüt jamais été transcrit ab. — Pour Ign. Rossi, Etymologiæ ægypliacæ, p.7, abrek serait un composé de ape, « tête, » et rek, « incliner ; » d'où le mot copte aperek, aprek et abrek, « inclinez la tête. » Cet ordre d'incliner la tête ne parait guère conforme au cérémonial égyptien : on se prosternait jusqu'à terre. Puis, en égyptien, le régime se met après le verbe et non avant. De même, en copte, « incliner la
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tête » ne se dit pas abrek ou aprek, mais rekdjô. Cf. Novum Testamentum copticum, édit. Wilkins, Oxford, 1716, Joa., vi, 8; x1x, 30; Peyron, Lexicon linguæ copticæ, et Peyron, Graminatica linquæ copticæ, ch. xvI, p.74.
4° On a pensé être plus heureux en expliquant abrek directement par l’égyptien, et en le considérant comme un composé de ap, « premier, » et de reh, « savant. » Apreh signifierait donc « premier savant », titre analogue pour la forme à celui de « premier prophète ». Ap pourrait encore se traduire par « chef », d’où «chef des savants ». Les savants du pharaon, suten rehu, n’ont pu interpréter son songe ; Joseph y réussit. N’est-il pas naturel qu’on lui donne le titre de « premier savant », ou « chef des savants » ὁ La transcription ne souffre pas de difficulté ; le ὃ hébraïque est souvent mis pour le p égyptien, et le αὶ pour le (heth égyptien, équivalent au καὶ grec, 4). Voir Harkavy, Les mots égyptiens de la Bible, dans le Journal asiatique, mars -avril 1870, p. 177. Malheureusement l’adjectif, en égyptien, se place après le nom; «premier savant » se disait donc rehape; de plus ap, dans le sens de « chef », n’est pas connu dans les titres, et encore faudrait-il rehu au pluriel.
5° L’explication la plus satisfaisante donnée jusqu'ici est encore celle de M. H. Brugsch. Abrek est, d'après lui, un mot d'origine sémitique égyptianisé. Il est certain que, à l’époque des rois pasteurs, des mots sémitiques ont pénétré en Égypte. A Thèbes ou à Memphis sans doute, ces mots n'entraient pas dans le langage populaire; mais à Tanis, lieu de l'épisode raconté par la Genèse, ΧΙ], il y avait une population mêlée, où les Sémites étaient nombreux, surtout à l’époque des rois pasteurs. Il n’est pas étonnant que dans cette ville des racines sémitiques aient revêtu des formes égyptiennes, et soient passées dans le langage courant. Bark signifie « être agenouillé » (Chabas) ; de là est venu «€ adorer » (Brugsch). L’a initial est la marque de l'impératif égyptien. La simple racine du verbe avec «, sans aucun suffixe personnel, ni pour le singulier ni pour le pluriel, est un impératif très usité. Abrek a donc le sens de « agenouillez-vous, prosternez-vous ». N'est-ce pas ce mot, avec une simple modification de voyelle, qu'emploient les Arabes d'Égypte, pour inviter un chameau à se coucher, lorsqu'il doit recevoir sa charge: Abrok? Chabas, Etudes sur l'antiquité historique, 2e édit., p. 418 - 419.
E. LEVESQUE
ABRICOTIER, arbre de la famille des Rosacées, qui atteint de trois à six mètres de hauteur. Ses fleurs sont précoces et se développent avant les feuilles ; leurs pétales sont blancs à l’intérieur et rosés à l'extérieur. Les feuilles sont glabres, luisantes, largement ovales et dentelées sur les bords (fig. 9). Le fruit, l’'abricot, se compose d'un noyau ovale, autour duquel est la chair ou pulpe, d’une saveur sucrée aromatique, recouverte d’une peau jaune ou rougeatre, finement veloutée.
Vois l'abricot naissant, sous les yeux d’un beau ciel, Arrondir son fruit doux et blond comme le miel. (ANDRÉ CHÉNIER, Zdylle 111.)
I n'est pas certain qu'il soit mentionné dans la Bible. Quelques savants croient cependant le reconnaître dans le tappüah du Cantique, τι, 3,5; vir, 8; vin, 5; des Proverbes, xxv, 11, et de Joël, 1, 12. « L'abricot, dit M. Tristram, est commun dans toute la Palestine. C'est peutêtre, si l’on en excepte seulement la figue, le fruit le plus abondant du pays. Sur les montagnes et dans les vallées, sur les rives de la Méditerranée et sur les bords du Jourdain, dans le nord de la Judée, sur les hauteurs du Liban, dans les gorges de la Galilée et dans les vallons de Galaad, l’abricotier est florissant et donne des fruits en abondance. L'arbre et les fruits répondent parfaitement à tout ce que l'Écriture nous dit du fappüah. « Je «ne suis assis avec délices à son ombre, et son fruit était « doux à ma bouche. » Cant., 11, 3. Près de Damas et sur les rives du Barada, nous avons dressé nos tentes et
étendu nos tapis à son ombre, et nous y avons été complètement à l'abri des rayons du soleil. « L’odeur de ton « haleine est comme le fappüah.» Cant., vit, 8. Il n’y a guère de fruit plus délicieusement parfumé que l’abricot. Et à quel fruit peut mieux convenir l’épithète de Salomon : « des pommes d’or dans des vases d'argent, » Prov., xxv, 11, qu’à ce fruit doré, lorsqu'il fait fléchir sous son poids, dans son cadre de feuillage brillant mais pâle, les branches qui le portent. » H. B. Tristram, The Land of Israel, in-8, Londres, 1865, p. 605. Voir Id., Fauna and Flora of Palestina, in-4°, Londres, 188%, p. 294. Aujourd'hui, en Chypre, on appelle encore l’abricot « la pomme d’or », τὸ χρυσόμελο(ν). W. A. Groser, The Trees and Plants in the Bible, in-12, Londres, 1888, p. 92. On ne saurait nier que les caractères que l'Écriture attribue au fappüah ne puissent convenir à l’abricotier et