Tombeau d'Absalom. D'après une photographie
ordres disparates d'architecture superposés : chacune des quatre faces latérales, large de près de sept mètres, est ornée de deux colonnes ioniques et de deux demi-colonnes engagées dans les antes et dans la face du monument ; au-dessus s'étale un entablement dorique complet. Cette masse, qui forme comme le soubassement de l'édifice, est monolithe ; elle ἃ appartenu à la base rocheuse du mont des Oliviers, dont on l'a isolée. C'est ce bloc énorme qui constitue :e tombeau, car la chambre sépulcrale ἃ été creusée dans la partie supérieure du rocher. Une petite porte carrée, ménagée dans la façade sud, au-dessus de la corniche, s'ouvre sur un escalier de quelques marches, par lequel on y descend. On voit dans cette chambre, au-
jourd'hui vide, trois arcades sous lesquelles ont dù trouver
place autrefois trois sarcophages
La tradition actuelle, qui identifie cet édifice avec le monument que la Bible dit avoir été élevé par Absalom, n'est appuyée sur aucun document authentique. Bien plus, si nous remontons assez haut dans le passé, Jusqu'au commencement de l'ère chrétienne, par exemple, nous rencontrons une autre tradition toute différente ; car, du temps de Josèphe, on désignait sous le nom de monument d'Absalom une simple stèle de marbre blanc, située à deux stades de Jérusalem. Antig. jud., VII, x,3. D'un autre côté, les sculptures grecques et égyptiennes du soubassement du prétendu tombeau d'Absalom ne permettent pas de le faire dater de l'époque des rois.
Il ne nous reste donc pas d'autre monument authentique
d’Absalom que son histoire, telle qu’elle est racontée au |
livre II des Rois, et c'est l'histoire d'un prince heureusement doué, habile et prudent autant qu'énergique et résolu, affable, gracieux, ayant l’art de gagner les cœurs par le charme de ses manières séduisantes ; mais en même temps ambitieux, dissimulé, haineux et violent jusqu’au crime. Il fut surtout un mauvais fils. Il brisa le cœur de son père par l'assassinat de son frère aîné; il chercha plus tard à décrier David et à le perdre dans l'esprit du peuple par ses intrigues et ses calomnies; il le blessa cruellement dans son honneur domestique, et il ne recula pas même devant l'idée d'un parricide, lorsque Achitophel proposa d'aller frapper David dans sa fuite. Et cependant cet ambitieux, qui ne craignait pas d'acheter la couronne au prix de la vie de son père et de tant de citoyens qui pouvaient être victimes de la guerre civile allumée par lui, n’avait pas même pour excuse l'espoir de fonder une dynastie : ses trois fils étaient morts, Il Reg., ΧΥΠΙ, 18, et il ne lui restait plus qu'une ou deux filles. IT Par., x1, 20. Voir THAMAR ὃ et Maacya 3. Aussi, sans approuver la dureté du langage de Joab, serait-on du moins tenté d'abord de blämer et de trouver excessive la douleur de David se désolant de la perte d’un tel fils, et répétant sans cesse, à la nouvelle de sa mort : « Mon fils Absalom ! Absalom mon fils! qui me donnera de mourir à ta place, mon fils Absalom ! Absalom mon fils ! » II Reg., ΧΥΠῚ, 33. Mais on ne peut s'empêcher de le plaindre, quand on songe qu'Absalom, malgré ses défauts et ses crimes, avait de grandes qualités, capables de le faire regretter; qu'il était devenu son fils ainé et devait être naturellement son héritier, et surtout que David voyait en lui une nouvelle victime de ses propres péchés, et dans la mort de ce fils un nouveau chätiment de la justice divine qui poursuivait le père. Cf. Il Reg., xvi, 10-11. E. PaLIs.
2. ABSALOM, père de Maacha, femme du roi Roboam, IT Par., x1, 21, 22, dont le nom est écrit Abessalom, III Rec, χν, 2, 10. C’est probablement le même qu’Absalom 1, le mot père étant pris ici dans le sens de grand-père. Voir ABESSALOM.
3. ABSALOM (Septante : ᾿Αδεσσάλωμος), père d’un Mathathias et d’un Jonathas dont il est question I Mach., ΧΙ, 70, et xx, 11 (Vulgate, dans ce dernier passage : ABSOLOM).
ABSEL (Guillaume van), APSEL ou ABSÉLIUS, prieur de la Chartreuse de Bruges, né à Bréda (ancien Brabant), mort près d'Enghien (Belgique), le 4 août 1471. Il composa de nombreux ouvrages, entre autres : Opus super Genesim, Psalterium et Canticum canticorum (écrit en 1441); Tractatus de Oratione dominica (en vers). Aucune de ses œuvres n’a été imprimée. Voir Fr. Sweert, Athenæ belgicæ, in-fo, Anvers, 1628, p. 196; J. Paquot, Mémoires pour servir à l’histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, 18 in-12, Louvain, 1765-1770, t. 1v, p. 411.
ABSINTHE, en hébreu la‘anähk (dans l'Apoculypse, Vi, 11, ἄψινθος), plante du genre armoise, à racine vivace, comprenant diverses espèces. La tige herbacée de l'absinthe commune atteint un mêtre environ de hauteur. Ses feuilles sont très découpées et d'un vert argenté. Elle se termine par une grappe peu touflue de petites fleurs jaunes (fig. 11). Elle se plait dans les terrains montueux et arides, L'odeur est pénétrante et très aromatique, le gout très amer, Les Hébreux désignaient sous le nom commun de la‘anäh les espèces diverses qui croissent spontanément en Palestine. On en connaît sept. Tristram, The Survey of Western Palestine, Fauna and Flora, in-%°, Londres, 188%, p. 331. Voici les trois principales :
19 L'Artemisia romana, qu'Hasselquist trouva sur le mont Thabor et en grande abondance sur la côte de la Phénicie, depuis Saint-Jean-d’Acre jusqu'à Tyr. C’est