‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 69 sur 454 · ACHAN — ACHAZ · texte numérisé non relu

ACHAN — ACHAZ

pensent que ce procédé, aussi bien pour la première investigation que pour les suivantes, fut la consultation mystérieuse par l’urim et le thummim, si fort en usage parmi les Juifs dans les dangers et les difficultés. Voir URIM ET Taummim. il est à remarquer que dans ce passage, Jos., vi, 14-18, notre même terme latin tribus, répété quatre fois, est rendu en hébreu trois fois par le mot $ébet, ὃ. 14 et 16, et une fois par celui de mattéh, ὃ. 18, l'auteur se servant de l’un ou de l'autre selon le point de vue du moment; Car $ébet désigne plutôt la tribu dans sa cohésion politique, tandis que mattéh vise surtout la multiltude des éléments qui la composent. Cf. Jos., XI, 33; ΧΥΠΙ, 2-4. Cette remarque, faite au passage, réduit à néant le système des rationalistes, qui prétendent donner au livre de Josué deux auteurs différents, parce que, d'après eux, plusieurs expressions, et entre autres celle de $ébet à l'exclusion de mattéh, et réciproquement, seraient des caractéristiques de deux fragments du livre essentiellene distincts. Cf. Nachtigal, dans Heukes Magasin, IV, 1, p. 302 et suiv.; Bertholdt, £inleitung, t. 111, p. 849 et ns Van Heverden, Disputatio de libro Josue, etc. Achan découvert confessa humblement sa faute, et l'on trouva, enfouis dans le sol de sa tente, les objets qu'il s'était appropriés. Il n’y avait plus qu’à exécuter sur le coupable la sentence prononcée par Dieu. À quelque distance de là, dans le voisinage de Galgala, s’étendait une large vallée, sur les collines de laquelle pouvait s’étager tout un peuple de spectateurs. Il s’y trouvait aussi, et en grande quantité, des pierres descendues des hauteurs voisines ou roulées par le torrent. Ce fut l'endroit désigné par Josué pour le lieu de l'exécution. Achan y vint, conduit par le peuple, avec ses fils et ses filles, ses troupeaux de bœufs, d’ânes et de brebis. On y apporta aussi sa tente, tous les objets à son usage, enfin le manteau de Sennaar, les sicles d’argent et la règle d'or, qui furent accumulés en une seule masse avec les victimes. Alors Josué donna le signal, en prononçant une courte formule imprécatoire, dans laquelle, par le changement d’une lettre en une autre (γι, 2, changé en 7", 7, à la fin du nom d’Achan), il tira du nom même du coupable la signification de son châtiment : ‘Akartänû ya‘ekorkä Yehoväh. « Tu nous as troublés, Jéhovah te troublera. » Jos:, vir, 25. À ces paroles, une grêle de grosses pierres tomba sur le coupable et les autres victimes vouées à la mort, et bientôt, leurs cadavres avec les ohjets destinés à la destruction ayant été consumés par le feu, il ne resta d'Achan et des siens qu'un monceau de cendres sur lequel les Juifs élevérent un amas de pierres, pour demeurer le mémorial du crime et du châtiment. La vallée elle-même reçut le nom de cet événement; elle s'appela « vallée d’Achor », ‘Akôr, € troublant ». Cf. Osée, 11, 15; Is., Lxv, 10. A l’époque où l’auteur du livre de Josué racontait cet épisode, le monument était encore debout, Jos., 11, 26. Le châtiment d’Achan ἃ souvent servi d'exemple aux saints Péres et aux auteurs spirituels pour faire ressortir la gravité du péché de sacrilège. Ρ, RENARD.

ACHAR (hébreu : ‘Éger, se dit d’une plante déracinée et transplantée; au figuré, étranger établi dans un pays; Septante : ἀρὴν troisième fils de Ram, de la tribu de Juda: 1 Par., 11, 27%.

ACHAT. Voir ÉCHANGE, COMMERCE.

ACHAZ (hébreu : ᾿Δ μᾶς, « possesseur, » ou plutôt, en sous-entendant Yo ou Yeho, «Jéhovah posséde ; » Septante : "Ayat), roi de Juda de 744 à 7928 avant J.-C., fils et successeur de Joatham. Il était âgé à son pe au trône de vingt ans d'après la Vulgate, de vingt-cinq d’après le keri du texte hébreu, les Septante, s syriaque et arabe et quelques manuscrits latins, IT Par., ΧΧΥΠΙ, 1; ce qui parait se concilier mieux avec les vingt-cinq ans qu'avait Ezéchias, fils d'Achaz, quand 1] succéda à son père, qui en avait régné seize ; autrement il faudrait dire,

les version

d'après la Vulgate, qu’Achaz avait eu un fils dès l’âge de onze ans, ce qui est inadmissible. Achaz arriva au pouvoir après les règnes glorieux d'Ozias ou Azarias et de Joatham. Tout était prospère en Juda, à l’intérieur comme dans les relations avec l'étranger : l’organisation militaire achevée, Jérusalem bien fortifiée; partout, dans les bois, sur les hauteurs, des tours de défense construites, le commerce florissant, le nom de Juda respecté parmi les peuples voisins. IT Par., xxvII, 3-6. Malheureusement avec cette prospérité matérielle s'étaient introduits des germes de dissolution : un luxe exagéré, Is., 11, 7-16, et une déplorable immoralité. Is., 11-v; Os., 1V, 15. On avait même vu, sous le couvert de la tolérance royale, se manifester un retour au culte des idoles, si fatal pourtant aux Hébreux, mais toujours séduisant pour leurs grossiers instincts. IV Reg., xv, 4; Is., 11, 6-8. Tel est le milieu, telles sont les circonstances dans lesquels Achaz avait été élevé. Même avec un bon naturel, il devait se ressentir de ces influences malsaines; quoi donc d'étonnant si, étant d'un tempérament pervers, il devint la personnification des vices de son époque? (Il ne fit pas ce qui était agréable au Seigneur son Dieu, » IV Reg., xvi, 2; mais plutôt « 1] marcha dans la voie des rois d'Israël », ÿ. 3, c'està-dire dans l’impiété et l’idolätrie, et tout particulièrement dans l’abominable culte du dieu des Phéniciens, Baal, auquel 1] éleva des statues. II Par., xxvIIT, 2. Au milieu des bosquets délicieux qui se trouvaient au midi de Jérusalem, dans la vallée des fils d'Hinnom, déjà trop célèbre par les abominations qu’elle avait vues, Jos., Χν, 8; IV Reg., xxint, 10 ; Jer., xix, 2, il offrait de l’encens aux idoles. IL Par, xxvIH, 3. Un jour même, soit pour conjJurer un danger imminent, soit pour tout autre motif, Qil consacra, » ou, comme porte l'hébreu, Gil fit passer » (hé‘èbir) son fils par le feu, IV Reg., xvi, 3, expression dont le sens est déterminé par le passage parallèle, IL Par., XXVIII, 3, vayyabe‘ér, Cet il fit bruler. » Faire passer des enfants par le feu en l'honneur de Moloch, « l’abomination des Ammonites, » III Reg., ΧΙ, 5, avait lieu, il est vrai, à deux degrés : où bien par une simple et rapide translation de l'enfant au travers des flammes, Lev., ΧΥΠΙῚ, 21, ou bien en le déposant dans les mains étendues du dieu, dont la statue de métal recélait un brasier ardent dans lequel l'enfant roulait et était consumé; c'est ce dernier mode qu'on appelait hé‘ëbir b&’é$. Théodoret, Quæst. in IV Reg. cap. XVT, t. Lxxx, col. 779, pense que le péché d’Achaz ne dépassa pas la simple purification ; mais Josèphe ne laisse aucun doute : ἴδιον ὁλοχαύτωσε παῖδα χατὰ τὰ Χαναναίων ἔθη, Ant.jud., IX, xI1; et son sentiment a été adopté par l'universalité des interprètes. ἃ noter, dans le passage parallèle des Paralipomènes, le pluriel «ses fils » (hébreu : bänäv), ce qui manifestement est mis pour le singulier.

Dieu, pour punir Achaz de son impiété, suscita contre lui deux princes qui déjà sous Joatham avaient commencé les hostilités, IV Reg., xv, 37: Rasin, roi de Syrie, et Phacée, roi d'Israël. Selon l'ordre naturel des choses, Rasin et Phacée auraient dù toujours demeurer ennemis, tandis qu'au contraire le roi de Juda et celui d'Israël, à cause de la communauté de race et d'intérêts, auraient du rester toujours amis. Rasin était peut-être jaloux de la prospérité de Juda. Quoi qu'il en soit, ayant résolu de s'unir pour attaquer Achaz, ces deux princes opérérent d’abord séparément; car, bien que selon IV Reg., xv1, 5, le siège de Jérusalem par les troupes réunies de Rasin et de Phacée soit mentionné avant les campagnes séparées de l’un et de l'autre, il est manifeste que ce n'est pas là l'ordre chronologique des événements. Le siège de Jérusalem, en effet, fut interrompu par l'invasion de Téglathphalasar en Syrie, ce qui força les assiégeants à quitter brusquement les remparts pour tenir tèle chez eux à l’envahisseur, et nous savons que leur résistance n'aboutit qu’à une défaite, Done il ne put y avoir d'attaque ni de l'un ni de l’autre contre Achaz après cet événement, et les cam-

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