‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 73 sur 454 · ACHIMÉLECH. Voir ABIMÉLECH 9 et ACHIS · texte numérisé non relu

ACHIMÉLECH. Voir ABIMÉLECH 9 et ACHIS

ACHIMOTH (hébreu : ’Ahimôt ; Septante : ᾿Αχιμώθ), fils d'Elcana, lévite de la famille de Coré. 1 Par., vi, 25.

ACHINOAM, hébreu : ’Ahinô'am, « mon frère est gracieux ; » Septante : ᾿Α χινοόμ, I Reg., XIV, 50; ᾿Αχινάαμ,; I Reg., xxv, 43.

1. ACHINOAM, fille d'Achimaas et épouse de Saül. I Reg., XIV, 50.

2. ACHINOAM, première femme de David. Elle était de Jezraël, ville de la tribu de Juda. 1 Reg., xxv, 43. Voir JEZRAËL 4. David, obligé de fuir la colère de Saül, l’épousa peudant qu'il menait une vie errante dans le désert de Juda, dans le voisinage de la ville de Carmel. Achinoam l'accompagna avec Abigail à la cour du roi philistin Achis, LReg., xxvI1, 3; l’une et l’autre furent emmenées captives par les Amalécites, lorsqu'ils pillèrent Siceleg, pendant que leur mari suivait les Philistins qui allaient combattre Saül dans la plaine d'Esdrelon, et l'une et l’autre furent délivrées par David à son retour. [ Reg., xxx, 5, 18. Elles participérent aussi toutes les deux aux honneurs royaux. Après la mort de Saül, (David monta, dit le texte sacré, avec ses deux femmes Achinoam de Jezraël et Abigail,.… et ils demeurèrent à Hébron, » IT Reg., 11, 2-3, où le nouveau roi passa les sept premières années de son règne. L'Ecriture ne nous apprend plus rien sur Achinoam, si ce n’estqu'elle fut la mère d'Amnon, le fils ainé de David. IT Reg., 11, 2; 1 Par., ΠΙ, 1.

ACHIOR, « mon frère est la lumière, »

Δ. ACHIOR, ami et parent de Tobie, de la tribu de Nephthali, fut emmené captif à Ninive par Salmanasar. Il vint féliciter Tobie et se réjouir avec lui de la bonté de Dieu à son égard. Tob., x1, 20. Les Septante l’appellent ᾿Αχιάχαρος, et en font un neveu de Tobie, le fils de son frère Anaël. Il aurait été grand échanson à la cour de Sennachérib et d'Assarhaddon. Septante, Tob., 1, 21, 22; τι. 10; x1v, 10. Voir ACHIACHARUS et NABATH.

2. ACHIOR, chef des Ammonites. Lorsque le général assyrien Holopherne eut envahi l'Asie Mineure, les provinces et les villes de Syrie se soumirent à l'envi au conquérant, pour essayer de fléchir sa fureur. Judith, 111, 1. Seuls les Israélites se préparèrent à la résistance. Judith, ιν, 1-17. À cette nouvelle, la colère d'Holopherne redoubla, et il fit appeler auprès de Jui les chefs de Moab et d'Ammon, pour apprendre d'eux à quel peuple il allait avoir affaire. Judith, v, 1-#%, Achior était à cette époque le chef supréme des Ammonites. Judith, v, 5. Au lieu d’exciter davantase Holopherne contre les Hébreux, comme on aurait pu $ y attendre de la part d'un fils d'Ammon, il prit à tâche d'inspirer au général assyrien une crainte salutaire, qui le détournerait de faire la guerre à Israël. Dans un discours que la Bible nous ἃ conservé, Judith, v, 5-95, il démontre la grandeur surnaturelle de ce peuple, qui était, aux yeux de ces barbares étrangers, une shnple tribu, n'occupant qu'une place imperceptible dans le monde connu. Achior apprend successivement à Holopherne Forigine chaldéenne des Hébreux, la vocation d'Abraham, le séjour en Égypte, le passage de la mer Rouge, le séjour au désert du Sinui et la conquête de la Palestine ; pendant son récit, ἢ] s'attache à démontrer ce fait, que Dieu donnait la victoire aux Israélites lorsqu'ils lui étaient fidèles, et qu'il ne permettait leur défaite que pour les châtier et les convertir. « Si donc, conclut-il, ce peuple est actuellement coupable

ACHIMÉLECH — ACHIS

devant Dieu, Dieu vous le livrera; sinon vous ne pourrez lui résister, et nous deviendrons la risée de toute la terre. » Ces paroles ne firent qu'exciter davantage la colère d'Holopherne et de ses officiers; Achior, pour avoir dit la vérité, fut regardé comme un traître et chätié comme tel. € Puisque tu as une telle confiance en ce peuple, va le retrouver, » lui dit en substance le général assyrien. Judith, vi, 5-6. Et il le fit saisir et mener vers Béthulie, qu'il se disposait à assiéger. Là les serviteurs d'Holopherne attachent Achior à un arbre, et ils se retirent, le laissant pieds et mains liés à la merci des Hébreux, pour qui les Ammonites étaient des ennemis héréditaires. Bientôt trouvé par les [Israélites, Achior est mené à Béthulie, comparaît devant Ozias et Charmi, chefs de la ville, et leur rapporte ce qu'il avait dit à Holopherne et le châtiment qui avait suivi ses courageuses paroles. Judith, vi, 11-13. Dès ce moment, Achior reçoit la récompense de sa bonne action : il est admis au droit de cité, bien que ce privilège ne füt généralement accordé aux descendants d’Ammon qu'à la dixième génération, cf. Deut., ΧΧΠΙ, 3, et un grand festin est donné en son honneur dans la maison du prince de la ville. Judith, vi, 19-20. Quelque temps après, lorsque Judith est revenue du camp d'Holopherne, on appelle Achior pour lui montrer la tête du général ennemi : « Voici, lui dit l'héroïne, voici la tête de celui qui ta menacé de mort en disant : « Lorsque le peuple d'Israël sera vaincu, j'or- « donnerai que tes flancs soient traversés par le glaive. » Judith, x11, 27-28. À cette vue, Achior est tellement saisi, qu'il tombe la face contre terre; mais il se relève bientôt pour bénir Judith, pour adorer son Dieu, Judith, xux, 29-31, et pour renoncer au culte des idoles. Judith, x1v, 6. Une exception à la loi fut faite en sa faveur, cf. Deut. ΧΧΠῚ, 3: il fut admis à se faire circoncire et se trouva ainsi incorporé au peuple de Dieu. Judith, x1v,6. Ὁ. DUPLESSY.

ACHIS (hébreu: ’Aki$, appelé aussi Abimélech, Ps. XXXIV, 1, hébreu, et Achimélech, Ps. xxx, 1, Vulgate), contemporain de David, roi de Geth, ville royale des Philistins. Il avait succédé sur le trône à son père Maoch. I Reg., xxvii, 2. Le nom d’Achis est peut-être un titre commun à tous les seranim ou rois de cette région. C'est vers ce prince que David se réfugia après avoir reçu à Nob l'hospitalité du grand prêtre Achimélech. I Reg., xxt, 10. Achis ne fit que l’entrevoir; car, ayant été reconnu par les courtisans eomme le vainqueur de leur fameux guerrier Goliath, le fugitif feignit la folie pour échapper à leur vengeance, ce qui amena le roi à le congédier avec mépris. 1 Reg., xx, 12-15. Quelques années plus tard, Achis eut l'occasion de revoir David. C'était après les événements du désert de Ziph. Saül, un instant touché de la grandeur d'âme de son rival, l'avait béni; puis, sa passion reprenant le dessus, il avait recommencé ses poursuites, et David, à bout d’expédients, s'était décidé à passer avec ses six cents hommes chez les Philistins, et à demander un refuge au roi de Geth. 1 Reg., xxvI. Il n’y ἃ aucune raison de douter que cet Achis ne soit le même que celui du chapitre xx1. La manière différente dont il se conduit. à l'égard de David est conforme à la différence d'état du proscrit. Naguère celui-ci venait seul, maintenant il est à la tête d'une petite armée; autrefois sa réputation était surtout celle d'un ennemi des Philistins, aujourd'hui il est surtout célèbre par ses différends avec Saül. À ce dernier titre, Achis l'accepte comme un auxiliaire, et lui permet d'habiter Siceleg, au sud de Juda; peut-être même lui donne-t-1l cette ville et son territoire en toute propriété. l Reg., xxvir, 6. De là David faisait, dans les régions voisines et confinant à Israël, des expéditions et des razzias qu'Achis croyait dirigées contre les sujets de Saül. Les réponses ambiguës de David l’entretenaient dans cette pensée, et de plus en plus il croyait posséder en lui un puissant allié contre Saül. Il arriva cependant que, les Philistins entreprenant eux-mêmes une campagne contre Israël, Achis voulut que David et les siens ÿ prissent part.

I Reg., xxix, 2. Mais les autres princes philistins ne furent pas de cet avis, et sur leurs représentations Achis dut congédier l'Hébreu et ses soldats. La bataille fut engagée sans eux, et Dieu, qui n'avait pas permis que le patriotisme de David fùt démenti par sa conduite, voulut que les Philistins missent en déroute l'armée de Saül. Ce fut la fameuse bataille du mont Gelboë, où périrent Saül et ses fils. Il n’est plus question d’Achis dans la Bible, sinon III Reg., 11, 39, pour nous apprendre que des serviteurs fugitifs de Séméi s'étaient réfugiés auprès de lui.

Dans ce dernier passage, Achis est mentionné comme fils de Maacha, tandis que, 1 Reg., XXII, 2, son père est nommé Maoch. Mais il ne répugne pas que ces deux noms soient des formes différentes du même mot. Il ne répugne pas davantage que le règne du même personnage occupe l'intervalle de cinquante ans écoulés entre la première fuite de David à Geth et celle des serviteurs de Séméi. Quelques interprètes ont voulu voir dans les deux récits du séjour de David près d’Achis un seul et même fait raconté diversement. Les notables différences entre l'un et l’autre rendent cette interprétation inadmissible. C'est aussi ce qui ressort du titre du Psaume ΧΧΧΠῚ, qui rappelle explicitement le trait distinctif du premier séjour : Quand David changea son visage devant Achimélech.1Reg., ΧΧΙ, 13.

Dans les passages où il est question de Jui, Achis apparait comme un homme indécis et facile à se laisser influencer. Un autre que lui aurait pu sans doute deviner, sous la folie simulée de David, le fin stratagème d’un homme très sensé, et, plus tard, saisir la vraie disposition de son hôte à travers ses réponses indécises. 1 Reg., xxvI1, 10; xxvir, 2. Les autres princes philistins furent plus clairvoyants. Sa simplicité partait d’ailleurs d'un bon naturel, et ses excès de confiance manifestent la loyauté de son cœur. P. RENARD.

ACHISAMECH (hébreu: ’Ahisämäk, « mon frère est un appui; » Septante : ᾿Αχισαμάχ), père d'Ooliab, de la tribu de Dan, Exod., xxx1, 6; XXXV, 834; XXXVIII, 29.

ACHITOB, hébreu : ’Ahîtäb, « mon frère est bon; » Septante : ᾿Α χιτώδ.

1. ACHITOB, fils de Phinées, le fils d'Héli, et père d'Achias et d'Achimélech, lesquels furent grands prêtres sous Saül. [ Reg., xiv, 3; xxi1, 9, 11, 12, 20.

2. ACHITOB, fils d'Amarias et grand-père de Sadoc, souverain pontife du temps de David. IT Reg., virr, 17; 1 Par., vi, 7-8. Il était de la maison d'Éléazar et fut grand prêtre lui-même. La Vulgate le qualifie expressément de « pontife de la maison de Dieu », I Par., 1x, 11; youμένου οἴχου τοῦ Θεοῦ, traduisent les Septante, dans le même sens que saint Jérôme. On objecte contre cette interprétation que 16 texte original ne dit point qu'il fut kôhen ou « prêtre de la maison de Dieu », mais nägid, « chef, » mot qui n'a pas un sens aussi précis. De là vient que la Vulgate elle-même rend ce même passage des Paralipomènes, reproduit dans II Esd., x1, 11, par princeps domus Dei. — Il est certain que le terme de nägid est plus général que celui de kôhen ou « prêtre »; mais le sens qu'y attache l'auteur des Paralipomènes ne peut guère être mis en doute, car, II Par., xxx1, 13, il se sert de cette expression de nägid pour faire connaitre la qualité d’Azarias, qui était certainement souverain pontife des Juifs, sous le règne d'Ézéchias. — Dans le second livre des Rois, vil, 17; dans le premier divre des Paralipomènes, vi, 8, 53; XVII, 16, et dans le premier livre d'Esdras, vit, 2, Achitob est nommé comme père de Sadoc; mais en hébreu « pére » a souvent le sens de grand-père, et « fils » le sens de petit-fils. Le premier livre des Paralipomènes, 1x, 11, et le second livre d'Esdras, x1, 11, qui nous donnent une généalogie plus complète de la lignée sacerdotale de Sadoc, nous apprennent que ce dernier pontife était fils de Mé-

ACHIS — ACHITOPHEL

raioth et seulement petit-fils de Sadoc. Les critiques de l'école rationaliste prétendent, il est vrai, que c’est par suite d’une erreur que le nom de Méraioth a été introduit dans ces passages, et ils soutiennent qu’Achitob était véritablement le père de Sadoc; mais leur opinion ne s'appuie sur aucune raison sérieuse. Les tables généalogiques des familles sacerdotales existaient certainement à l’époque d'Esdras et de Néhémie, et l’auteur des Paralipomènes et du second livre d'Esdras ne les ont pas altérées volontairement en les reproduisant. Il ἃ pu arriver sans doute que dans les nombreuses transcriptions des listes de noms propres, faites par les copistes de la Bible, quelque nom ait été inséré çà et là par erreur, comme un nom à pu être omis dans d’autres cas; cependant rien ne montre qu'il en soit ainsi dans la généalogie de Sadoc : son père Méraioth n’a pas été nommé partout, parce qu’il était moins connu, cf. un exemple semblable dans I Esd., ν, 1, οἱ Zach., 1,1,7; maisil n'en ἃ pas moins existé et il est le fils d’Achitob. Quant à celui-ci, il vécut avant le règne de David ; on ne peut déterminer exactement à quelle époque, à cause de l'incertitude de la chronologie hébraïque dans ces temps reculés. Pour l'Achitob mentionné 1 Par., vi, 11-12, voir ACHITOB ὃ. τ, VIGOUROUX.

3. ACHITOB, fils d'un autre Amarias, prêtre sous Josaphat et père d’un autre Sadoc. I Par., νι, 11-12; cf. II Par. xXIX, 11.

4. ACHITOB, un des ancêtres de Judith, fils de Melchia, de la tribu de Siméon. Judith, vx, 1.

ACHITOPHEL (hébreu : ‘Ahïtôfel, « mon frère est folie (?) » Septante : A χιτόφελ), conseiller de David. Il était de Gilo, probablement la Djala actuelle, dans les montagnes de Juda. L'Écriture dit que c'était « sa ville », II Reg., xv, 12, et c'était sans doute aussi celle de sa famille, puisqu'on y voyait le tombeau de son père, dans lequel il fut lui-même enseveli. II Reg., xvir, 29, Il avait là une maison, et il devait y faire sa résidence habituelle, autant que le lui permettaient ses fonctions; du moins il s'y trouvait au moment de la révolte d'Absalom. C’est ce qui explique comment il put se rendre si promptement et sans que David en füt informé auprès du rebelle, lorsque celui-ci l'appela à Hébron. 11 Reg., xv, 12, 31. Gilo, en effet, était dans le voisinage d'Hébron.

Telle était l'opmion qu'on avait de la prudence et de la sagesse d'Achitophel, que ses avis étaient accueillis à la cour comme des oracles divins. II Reg., xvI, 23. Aussi la nouvelle qu'il était entré dans la conjuralion causat-elle à David, parmi tant de sujets d'inquiétude, plus de crainte que tout le reste; ii comprit quel redoutable secours allaient apporter à son fils l'habileté et le crédit d'un tel homme, et il adressa aussitôt à Dieu cette pricre : « Rendez insensés, Seigneur, les conseils d'Achitophel ! » IT Reg., xv, 31. La trahison de celui dont il avait fait son conseiller et son confident, qu'il admettait à sa table comme son plus intime ami, blessa en même temps profondément le cœur de David, comme nous le voyons dans les psaumes qu'il composa à cette occasion, Ps. XL, 10, et surtout Ps. τιν, 13-15: «Si mon ennemi m'avait outragé...; mais toi, que Je regardais comme un autre moiméme! » etc.

On s'est demandé à quels motifs il fallait attribuer une trahison dans laquelle on ἃ justement vu le type de celle de Judas, et l'acharnement qu'Achitophel fit paraître dans sa lutte contre son roi, II Reg., ΧΥΙ, 21; xvir, 1-3; on a cru les trouver dans la parenté d’Achitophel avec Bethsabée, femme d'Urie. Elle était sa petite-fille, la fille de son fils Éliam, II Reg., xx, 34, le même qui est appelé ailleurs Ammiel, par le renversement des syllabes de son nom. 1 Par., 111, 5. Par son adultère avec Bethsabée et par le meurtre d'Urie, IT Reg., ΧΙ, David avait porté dans la famille d'Achitophel le deuil et le déshonneur; le vieux

conseiller vit dans la révolte d’Absalom l’occasion la plus favorable pour tirer de ce double crime une vengeance éclatante : il voulut arracher au roi la couronne et même la vie, en travaillant au triomphe de son fils. Plusieurs même, rapprochant ces antécédents des circonstances de son intervention dans le complot, ont pensé qu'il en avait été le promoteur.

Il débuta dans son entreprise par un coup d’abominable mais très habile politique : à peine Absalom était-il rentré à Jérusalem, qu'il lui conseilla de déshonorer son père publiquement, dans la personne des épouses du second rang, restées dans la capitale. Il voulait par là rendre impossible toute réconciliation entre David et Absalom, en même temps qu'il assouvissait sa haine; mais c'était en réalité les desseins de Dieu qu'il exécutait, il accomplissait sans s’en douter la prophétie de Nathan à David après sa chute. IT Reg., χα, 11-12.

Α ce conseil, que le jeune prince osa suivre, en succéda un autre qui aurait ruiné la cause de David et aurait perdu le roi lui-même, si on avait voulu l'écouter. Achitophel soutenait qu'il fallait se mettre à la poursuite du roi sur-le-champ et sans lui laisser le moindre répit; il offrait de conduire en personne l'expédition, se faisant fort de battre et de disperser l’escorte de David, et de le frapper dans cet abandon. Il aurait certainement réussi; mais Dieu, qui avait résolu la défaite et la mort d'Absalom et le rétablissement de la fortune de David, ne permit pas qu'on prit ce parti, le seul auquel on püt raisonnablement s'arrêter. Π Reg., xvir, 14. Absalom en reconnut la sagesse; il ne voulut toutefois rien faire sans consulter Chusaïi. C'était un ami de David, 11 Reg., xv, 37, qui avait feint, par son ordre, de le trahir pour s'attacher à Absalom. Il avait pour mission de contre - balancer l'influence d'Achitophel et de faire échouer ses plans. Il persuada, en effet, à Absalom et à tous les siens qu'il n'avait point encore assez d'hommes avec lui et qu'il valait mieux attendre l'arrivée de nouvelles troupes, et ce délai sauva David, en lui donnant le temps de s'éloigner et d'aller au delà du Jourdain pour former une armée et préparer sa victoire.

Achitophel fut humilié et irrité du peu de cas que, pour la première fois, on faisait de ses conseils. Il vit en même temps quelles conséquences allait avoir pour lui-même la ruine de la cause d’Absalom, inévitablement perdue par ce retard : la fin de son crédit, le déshonneur attaché à son nom, le châtiment que pouvait lui attirer l'infamie de sa trahison et de ses conseils. Le désespoir s’'empara de lui. Il sella son âne et s'en retourna à Gilo. Arrivé dans sa Maison, il eut soin, par un dernier trait de cette prudence humaine que saint Paul appelle une prudence de mort, Rom., vin, 6, de mettre ordre à ses affaires, et, oubliant la seule nécessaire, celle de son salut, il se pendit. Il Reg., xvnr, 23. Ἐν PALIS.

ACHOBOR, hébreu : ‘Akbôr, « mulot ou souris; » Septante : ᾿Αχοθώρ.

1. ACHOBOR, père de Balanan, roi d'Idumée. Gen., XXXVI, 38; I Par., 1, 49.

2. ACHOBOR, fils de Micha et père d'Elnathan. 1] fat un des premiers ofliciers du roi Josias, qui l'envoya consulter la prophétesse Holda, au sujet du livre de la Loi, trouvé par le grand prêtre Helcias. IV Reg., xx11, 12, 14; Jer., xxvr, 22; xxxvI, 12. 1] est nommé Abdon, IL Par., XXXIV, 20,

ACHOR (Vallée 4) (en hébreu : ‘Êmeqg ‘Akôr; en grec: ‘Eusxaywp), vallée de la Palestine où Achan tut, par ordre de Josué, lapidé avec toute sa famille, pour s'être réservé, contrairement aux prescriptions du Seigneur, une part de butin dans le sac de Jéricho. Jos., vir. C’est même à cet événement que 16 lieu doit son nom : racine ‘éliur, (troubler. » Josué dit au coupable : « Parce que tu

ACHITOPHEL — ACHSAPH

nous as troublés (‘äkartänü), que le Seigneur te trouble (ya'ekorkä) » ou t'extermine en ce jour..; et ce lieu fut appelé et s'appelle encore aujourd’hui la vallée d’Achor, » Jos., vit, 25-26, c'est-à-dire « vallée du tumulte ou des troubles », suivant l'interprétation de saint Jérôme. Liber de situ et nominibus loc. heb., t. xxur, col. 868.

Cette vallée est indiquée, Jos., xv, 7, comme formant, vers l’est, l’une des limites septentrionales de la tribu de Juda. Or, de ce verset, traduit littéralement de l'hébreu, il semble résulter que l'endroit qui nous occupe doit être cherché au sud de Galgala. « La frontière (de Juda) monte vers Debéra, depuis la vallée d'Achor, vers le septentrion regardant Galgala, qui est vis-à-vis de la montée d’Adommim, laquelle est au midi du torrent. » On est done, d’après cela, tout naturellement amené à identifier la vallée d’Achor avec l'Oued el-Kelt (Carith}, qui serpente précisément au sud de Galgala (Tell-Djeldjoul). Cf. V. Guérin, Descript. de la Pal., Samarie, t. 1, p. 195-126. Nous préférons, à la suite de beaucoup d'auteurs, cette opinion à celle d'Eusèbe, Onomasticon, et de saint Jérôme, loc. cit., qui placent la vallée d’Achor au nord de Jéricho. Il faudrait alors la reconnaitre dans l'Oued en-Nou‘aimeh, et ce serait mettre beaucoup trop haut la limite septentrionale de Juda. Avec l'identification proposée, au contraire, au sud-ouest de Jéricho, le chapitre xv s'explique très facilement. Voir la carte de la tribu de Benjamin. Cette dernière ville et Galgala devaient être moins élevées que la vallée ; car, au Ÿ. 24 du chapitre vir, au lieu de : «ils les conduisirent vers. », on lit en hébreu : vayya‘älû, «ils les firent monter. » C.F. Keil, Biblischer Commentar über das Alte Testament, Josua, Leipzig, 1874, p. 60.

La vallée d’Achor était restée dans l'esprit des Hébreux comme un lieu de malédiction; aussi, pour donner une idée du changement que la rédemption devait apporter au monde, les prophètes disaient qu'elle serait convertie € en parc de troupeaux », Is., LXV, 10, la vie pastorale étant le symbole de la paix et de la tranquillité, et « en porte d'espérance », Osee, 11, 15, après avoir été, pour le peuple qui entrait dans la Terre Promise, une porte d'affliction. Voir CARITH. A. LEGENDRE.

ACHSA (hébreu: ‘Aksäh; Septante : Acya), fille de Caleb, fils d'Hesron. 1 Par., 11, 49. Π ne faut pas la confondre avec la fille du célèbre Caleb, nommée Axa dans la Vulgate (hébreu : ‘Aksäh). Jos., xv, 16, 17; Jud., 1, 19, 13. Le Caleb, père d'Achsa, 1 Par., 11, 49, était fils d'Hesron, et vivait avant Moïse; le Caleb du livre des Juges et de Josué était fils de Jéphoné et contemporain de Josué.

ACHSAPH (hébreu : ’Akëäf ; Septante : ’At:o, Jos., χι, 1; x11, 20; Kedo, Jos., ΧΙΧ, 25; Vulgate : Achsaph, Jos., x1, 1; χα, 20; Axaph, Jos., ΧΙΧ, 25), ancienne cité royale chananéenne, qui fit plus tard partie de la tribu d'Aser. Jos., xIX, 25. Un de ses rois fut appelé par Jabin, roi d'Asor, à entrer dans la ligue formée contre Josué, et fut vaincu comme les autres princes du nord. Jos., ΧΙ, 1; XII, 20;

Robinson a cru retrouver cette ville dans les ruines connues sous le nom de Xhirbet- Ksäf ou Iksäf, et situées au sud de l'angle formé par le Léontès, quand, descendant du Liban au nord-est, il prend tout à coup la direction de l’ouest. Biblical Researches in Palestine, 2° édit., Londres, 1856, 1. 111, p.55. «Ces ruines, dit M. V. Guérin, consistent en de nombreux amas de matériaux plus ou moins considérables, restes de maisons ou d'édifices renversés, épars ou accumulés au milieu d’un épais fourré de broussailles. De tous côtés, on rencontre des citernes antiques creusées dans le roc. » Description de la Palestine, Galilée, t. 11, p. 269. L'identification proposée paraît également probable au savant explorateur français, et il y a, en effet, une ressemblance assez frappante entre les deux noms; mais plusieurs resons nous empêchent de l'admettre. C’est d'abord

la place qu'occupe Achsaph dans l'énumération des villes frontières de la tribu d’Aser, Jos., xx, 25-96; celles qui la précèdent et la suivent immédiatement appartiennent à la région sud-ouest des montagnes de Galilée : Halcath (Yerka), Chali (Alia), Béten (El-Banéh}), Amaad (Khirbet el-Amoud), Messal (Mouslih}). Voir la carte de la tribu d’Aser, Nous trouvons ensuite que le ÿ. 2 du chapitre ΧΙ distingue formellement les rois de Madon, de Sémeron et d'Achsaph des « rois du nord, qui habitaient dans les montagnes ». Enfin Josèphe nous dit que la tribu d’Aser occupait la plaine ou partie basse, τὴν κοιλάδα, qui, pat tant du Carmel, se dirige vers Sidon, Ant. jud., Vs 1, 22, en sorte que Khirbet- Ksaf semble bien plutôt appartenir par sa position à la tribu de Nephthali. Ajoutons que l'ordre d'après lequel Achsaph est mentionnée dans la liste des noms géographiques de Thoutmès ΠΠ suffit, aux yeux de M. Maspero, pour exclure le site proposé par Robinson, site qui « nous porterait trop au nord ». G. Maspero, Sur les noms géographiques de la liste de Thoutmès IIT qu'on peut rapporter à la Galilée, extrait des Transactions of the Victoria Institute, or philosophical Society of Great Britain, 1886, p. 9.

Il faut donc, croyons-nous, placer la ville dont nous parlons au sud-ouest de la tribu d'Aser. Nous ne saurions cependant y voir, avec quelques auteurs, Accho ou Saint- Jean-d’Acre, dont nous aurions ici un autre nom. J. Kitto, Cyclopædia of Biblical Literature, 1862, t. 1, p. 48. — Grove, dans Smith's Dictionary of the Bible, τ. 1, p. 17, a supposé que c'était Khaïfa, qui semble se retrouver dans le Kedo des Septante. Nous aimons mieux cependant, à la suite des explorateurs anglais, identifier Achsaph avec Kefr-Yasif, dont le nom correspond assez exactement à la transcription des traducteurs grecs, ’Atio. Palestine Exploration Fund, Quart. St., 1876, p. 76.

Situé à quelque distance au nord-est de Saint-Jeand'Acre, ce village est assis sur une colline dont les pentes inférieures vers l’ouest sont soutenues par un puissant mur d'appui, aux blocs réguliers, la plupart de grand appareil et antiques. Les habitants, au nombre de six cents, appartiennent presque tous à la religion grecque schismatique. On y remarque surtout une sorte de petite tour carrée, bâtie avec des pierres très régulières, et renfermant une chambre voütée qu'éclaire un æil-de-bœuf audessus duquel une croix ἃ été sculptée au dehors. Elle faisait partie autrefois d'un bätiment plus considérable, qui a été démoli et remplacé par des maisons toutes modernes. On voit aussi au bas de la colline, vers l'est, un beau puits, très profond et d'apparence antique. Il est construit en pierres de taille. Le réservoir et les auges qui l'environnent sont aussi bâtis avec des pierres de même appareil. V. Guérin, Description de la Palestine, Galilée, t. 11, p. 4.

À. LEGENDRE

ACHZIB, ville de Juda. Jos., xv, ἀξ. Voir ACHAZIB 2.

ACHZIBA, ville d'Aser. Jos., xIx, Achazib, Jud., 1, 31. Voir ACHAZIB 1.

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