Elle est appelée
ACKERMANN Léopold, exégète catholique autrichien, né à Vienne le 17 novembre 1771, mort dans la même ville le 9 septembre 1831. Il entra en 1790 dans l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, et prit en religion le nom de Pierre Fourrier. Il enseigna dans son couvent les langues orientales et l'archéologie, et il devint en 1806 professeur d'exégèse de l'Ancien Testament à l’université de Vienne, où il succéda à Jahn et occupa sa chaire avec succès pendant vingt-cinq ans. On a de lui : Jntroduclio in libros Veteris Fœderis usibus acadedemicis accommodata, in-80, Vienne, 1895; c'est la troisième édition corrigée et rectifiée de l'Introductio de Jahn (voir JAHN); Archæoloqia biblica, in-8v, Vienne, 1826, nouvelle édition également corrigée de Jahn (elle a été réimprimée par Migne, dans son Cursus Scripturæ Sacræ, τι, 180, col. 823-1068); Prophelæ minores perpetua
ACHSAPH — ACRABATHANE
annotatione illustrati, in-&, Vienne, 1830, commentaire qui ne renferme pas des choses nouvelles, mais réunit ce qu'il y ἃ de meilleur dans les ouvrages plus anciens, en y joignant des observations philologiques ; l’auteur commente le texte hébreu original, qu'il reproduit; son travail est court, mais bon. — Voir V. Seback, P. F. Acker-
mann, biographische Skizze, in-80, Vienne, 1832.
F. VIGOUROUX
ACORE AROMATIQUE. Voir JONC ODORANT.
4. ACOSTA Gabriel, chanoine portugais, né à Torrevadras, mort en 1616, fut professeur à Coïmbre. Il composa sur le chapitre xLix° de la Genèse, sur Ruth, les Lamentations de Jérémie, Jonas et Malachie, des commentaires qui furent publiés après sa mort, in-f°, Lyon, 1641. Voir Nicolas Antonio, Bibliotheca hispana nova, 2 in-fo, Rome, 1672.
2. ACOSTA Uriel, Portugais, né à Oporto vers la fin du xvie siècle, mort à Amsterdam en 1047. Il était d'origine juive et reçut une éducation très soignée. Entrainé par ses passions, après avoir été d’abord chrétien, il devint matérialiste et athée; puis il se fit circoncire, professa la religion de ses ancêtres et alla en Hollande, où les Juifs d'Amsterdam lui firent bon accueil, mais le chassèrent bientôt de la synagogue, parce qu’il n’observait pas la loi mosaique ; ils le déférérent même ensuite aux tribunaux comme athée. Pour se défendre, Acosta publia, en 1624, son Examen dos tradicoens Phariseas conferidas con ἃ ley escripta, dans lequel, renouvelant les erreurs des Sadducéens, il nie l’immortalité de l'âme et l'existence d'une autre vie. [1 se réconcilia néanmoins avec ses coreligionnaires, mais pour se faire excommunier de nouveau plus tard. Il termina cette vie agitée par le suicide. Voir H. Jellinek, Uriel Acosta’'s Leben und Lehre, Zerbst, 1847; Uriel Acostas Selbstbiographie. Lateinisch und Deutsch, Leipzig, 1847; 1. da Costa, Israel en de volke, Haarb., 1849.
F. VIGOUROUX
ACRABATHANE (’Axpabartriyn), contrée où Judas a QE remporta une grande victoire sur les Iduméens.
I Mach., v, 3. La Vulgate distingue ici « les fils d'Ésaü qui habitaient " Idumée, et ceux qui étaient dans l’Acrabathane » ; mais le texte grec, suivi par la version syriaque, fait de cette dernière région une partie de la première : ἐπολέμει Ἰούδας πρὸς τοὺς διοὺς Ἡσαῦ ἐν τῇ "Boupaiæ τὴν ᾿Αχραδαττίνην, « Judas combattait contre ‘les enfants d'Ésaü, dans l’Idumée, l’Acrabattine. » On sait, en effet, que le pays des Iduméens à ce moment s’étendait, dans la Judée méridionale, au moins jusqu'à Hébron. I Mach., v, 69. Pendant la captivité de Babylone, une émigration considérable de la population édomite s'était abattue sur ces fertiles campagnes, restées sans maîtres. Cf. Τὶ Lenormant et E. Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, Paris, 1888, t. νι, p. 405.
L'Acrabathane devait 5 sans doute son nom à la montée d'Acrabim, dont il est question dans l’article suivant, et se trouvait ainsi au sud-ouest de la mer Morte. Les Iduméens, retranchés dans ces défilés comme dans une forteresse, étaient pour les Juifs des ennemis dangereux qui ne leur laissaient aucun repos. Judas Machabée les y attaqua et leur porta des coups terribles.
Il ne faut pas confondre l'Acrabathane dont nous parlons avec l'Acrabatène, que les historiens anciens mentionnent parmi les toparchies de la Judée, et qui était la cinquième, d'après Pline, v, 14; la troisième, selon Josèéphe, Bell. jud., IT, 11, 5; cf. Reland, Palæstina ex monumentis veteribus illustrata, Utrecht, 1714, τ. 1, p.176, 191-192. Le texte grec cité plus haut place dans l'Idumée le lieu de la victoire du héros juif. Or, d’après nos deux historiens, l'Idumée était une toparchie distincte de l'Acrabatène, la huitième suivant l'un, la neuvième selon l'autre: — on croit, en effet, que l'Orine de Pline indique le pays montagneux où se trouvaient Hébron et les villes
méridionales de la Judée, occupées, nous l'avons vu, par les descendants d'Ésaü. — Située plus haut, l'Acrabatène, au rapport d'Eusébe, Onomasticon, et de saint Jérôme, comprenait la région qui s’étendait entre Néapolis (Naplouse) et Jéricho, ayant pour ville capitale Akrabbim, aujourd'hui ‘Agrabéh, et pour villes principales Edouma (Daouméh), Ἰαπὸ (Khirbet-Yanoun) et Silo (Khirbet- Siloun). Si l'on doit se garder de confondre deux contrées distinctes, il n’est pas plus juste de dire, avec Boettger, Topographisch - Historisches Lexicon zu den Schriften des Flavius Josephus, Leipzig, 1879, p. 8, que l'Acrabatène « est vraisemblablement ainsi appelée de la montée de ‘Agrabbim, Num., xxx1v, 4, et ailleurs ». Il serait difficile de comprendre que la passe Es-Safah (voir ACRABIM) eùt donné son nom à une contrée située sur les confins de la Samarie. À. LEGENDRE.
ACRABIM (Montée d’), hébreu : Ma‘äléh ‘agrabbim ; Septante ἁνάδχσις ᾿Αχραδίν, Num., xxxiv, 4; Jud. 1, 80; προσαναθάσις ᾿Αχραδίν, Jos., XV, 3; Vulgate : ascensus Scorpionis, « montée du Scorpion » ou « des Scorpions », suivant le texte original. Défilé ou passage indiqué comme frontière méridionale de la Terre Sainte, Num., XXXIV, 4, et de la tribu de Juda, Jos., xv, 3, et comme limite du pays des Amorrhéens, Jud., 1, 36. Cet endroit, d'après les mêmes témoignages scripturaires, devait se trouver entre le sud de la mer Morte et le désert de Sin. C'est pour cela que nous ne saurions, comme l’a fait M. de Saulcy, l'identifier avec la longue et raide montée de l'ouadi Ez-Zououeira, au - dessus de Djébel - Ousdoum. Voyage autour de la mer Morte, Paris, 1853, t. 11, p. 77. Le savant explorateur ἃ pu y trouver des scorpions en assez grande quantité; mais il place trop haut la limite méridionale de Juda, et s'écarte ainsi de la ligne qui, partant du Ghôr, au sud du lac Asphaltite, passait par Sin et Cadèsbarné, dont l'emplacement, quel qu'il soit, était certainement plus au midi.
Disons tout de suite que les scorpions sont assez nombreux dans ces parages. Armés de palpes-pinces, dont ils se servent pour saisir leur proie, ces animaux venimeux font, à l’aide du crochet terminal de leur queue, des blessures graves. Cependant, l'espèce la plus commune en Syrie ne dépassant guère cinq ou six centimètres, leur piqüre, quoique très douloureuse, est rarement mortelle pour l'homme. Voir SCORPION.
Robinson place, « à défaut de meilleure indication, » la montée d'Acrabim dans cette ligne de collines qui, au sud de la Sebkhah, forment une courbe irrégulière, croisant le Ghôr à peu près comme un segment de cercle dont la corde aurait environ six ou sept milles de longueur, et s'étendant obliquement du nord-ouest au sud-est. Biblical Researches in Palestine, 1856, τ. 11, p. 120. La plaine marécageuse du Ghôr est, en effet, fermée de ce côté par une chaine de collines calcaires, de couleur blanchâtre, composées de craie tendre ou de marne durcie, hautes de vingt à vingt-cinq mètres en moyenne, mais par endroits de quarante à cinquante mètres. Les bords de l’ouadi El-Djeib sont presque à pic, et le fond de la vallée monte insensiblement.
Cependant avec Riehm, Handwürterbuch des Biblischen Altertums, au mot Akrabbim, et Grove, Smith's Dictionary of the Bible, 1. 1, p. 42, nous croyons que les textes cités plus haut, aussi bien que la topographie et le sens ordinaire attaché au mot ma‘älôh, favorisent davantage l'identification d'Acrabim avec le défilé d'£s-Safah, au nord de l'ouadi Figréh. De ce dernier point, en suivant la route de Pétra à Hébron, on arrive en trente-cinq minutes, par un chemin raboteux, mais en quelques endroits poli ot glissant, au pied d'un massif montagneux qu'on peut franchir par trois passes, distantes l’une de l'autre d’une heure environ. La plus orientale est appelée par les Arabes Es-Soufei, et celle de l'ouest El-Yémen, « la droite, » l\ plus fréquentée, parce qu'il y ἃ de l'eau à la partie