‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 76 sur 454 · vi, 59. Un grand ᾽ ΕἸ · texte numérisé non relu

vi, 59. Un grand ᾽ ΕἸ

miracle opéré par saint Pierre, assisté de saint Jean, devient le signal de nombreuses conversions et d’une persécution violente, 111, 1-1v, 31. La mort tragique d’Ananie et de Saphire sert d'exemple aux fidèles pour les maintenir dans la ferveur, 1v, 32-v, 11. De nouveaux accroissements de l'Église provoquent une nouvelle. persécution : les Apôtres sont jetés en prison, délivrés par un miracle, défendus par Gamaliel, v, 12-42. Institution des diacres : Étienne, le plus illustre d’entre eux, devient le premier martyr de la foi de Jésus, vi, 1-vir, 59. — Troisième section. Propagation de l'Église dans la Palestine, la Samarie, la Syrie, vi, 1-1x, 43. La persécution, dont saint Étienne fut la victime, disperse les fidèles et propage ainsi la foi dans la Judée et la Samarie, νΠ|. 4-40. Elle est aussi l’occasion de la conversion de saint Paul, 1x, 1-30. Pierre visite les Eglises fondées en Judée, et y opère deux miracles insignes, ΙΧ, 31-43.

Deuxième partie, x, 1- χχνπι, 31. — Première section. Les débuts de l'Église parmi les Gentils, x, 1-x11, 25. Pierre, averti par une vision céleste, reçoit dans l'Église le centurion Corneille et sa famille : ils deviennent les prémices de la gentilité, x, 1-x1, 18. Bientôt s'établit à Antioche une Église composée de païens convertis, x1, 19-26. Ceuxci viennent en aide, par leurs aumônes, aux fidèles de Jérusalem, ΧΙ, 27-x11, 25. — Seconde section. Dissentiment entre les fidèles convertis du judaïsme et ceux de la gentilité, x, 1-χν, 34. Premier voyage apostolique de saint Paul, en compagnie de saint Barnabé ; ses fruits abondants pour l'Évangile, xur, 1-x1v, 27 (28). Après leur retour, quelques judéo-chrétiens d'Antioche troublent l'Église en voulant soumettre les Gentils à la circoncision. Leurs prétentions sont écartées par les Apôtres, assemblés à Jérusalem, xv, 1-34. — Troisième section. Propagation de l'Église parmi les Gentils de la Macédoine, de l'Achaïe et de TAsie, XV, 36-xx1, 15. Saint Paul, dans son second voyage apostolique, visite les Églises qu'il a fondées, xv, 86-xv1, 5, et, conduit par l'Esprit-Saint en Macédoine, il y établit les Églises de Thessalonique et de Philippes, XVI, 6-XVIT, 15. De là il passe en Achaïe, et fonde l'Église de Corinthe, xv1, 46-xvir1, 28. Enfin, dans son troisième voyage, il prêche la foi à Éphèse et la répand au loin par toute l'Asie proconsulaire, xx, 1-20, et, en repassant par la Macédoine et l'Achaïe, il retourne à Jérusalem, xIX, 21-xXx1, 15. — Quatrième section. Captivité de saint Paul, nouveau moyen de propagation de l'Évangile, xx1, 16-xxvIIr, 31. Saint Paul, fait prisonnier à Jérusalem, est conduit à Césarée, XXI, 16-xx111, 35. Retenu deux années en captivité, il prêche la foi devant les gouverneurs romains et devant le roi Agrippa, xXXIV, 1-xxvI, 32. Envoyé à Rome sur sa demande, il y arrive après avoir subi un naufrage, xxvI, 1 - ΧΧΥΠῚ, 15. Captif à Rome, il y prêche le royaume de Dieu à tous ceux qui viennent à lui, XXvIt, 16-31.

Les événements racontés dans les Actes remplissent un espace d'environ trente-cinq ans, depuis le printemps de l'an 29 jusqu'au printemps de l'an 64.

VI. Véracité des Actes des Apôtres. — Elle est attaquée surtout par l'école rationaliste de Tubingue. D'après elle, l'auteur de cet écrit l'a composé dans un but polémique, celui de réconcilier le parti ethnico-chrétien avec le parti des judaïsants. À cette fin, il ἃ arrangé son récit, historique en apparence, de maniere que les faits, en partie réels, en partie inventés, fissent apparaître Pierre et Paul comme également favorables aux idées des deux factions, et unis entre eux par les liens d'une concorde fraternelle. Ce n'est pas ici le lieu de démontrer que tout le système des Tubinguiens ne repose sur aucun fondement solide. ΤΙ suffit de faire voir comment l'authenticité du livre des Actes conduit à en admettre la véracité.

10 Saint Luc ἃ été parfaitement renseigné sur les faits qu'il raconte. À partir du chapitre xx, 1] est présent à tous les événements. Compagnon de saint Paul pendant douze années, il a eu toutes les occasions désirables d'apprendre les détails du ministère apostolique de son maitre. Quant

aux faits du ministère de saint Pierre, dont il s’agit au commencement de l’histoire, il s’en est informé exactement auprès de ceux « qui ont tout vu dès le principe », ainsi qu’il nous en avertit lui-même dans le prologue de son Evangile. Saint Luc connaissait donc parfaitement tous les événements racontés dans ses mémoires.

20 Saint Luc a exposé fidèlement les choses comme il les savait. Il nous est connu, en effet, comme un homme d'une probité irréprochable ; d’ailleurs la candeur et la sincérité se laissent toucher au doigt dans ces pages écrites avec une simplicité où rien ne sent la recherche ni le parti pris. Enfin, quand même l'écrivain eùt voulu tromper ses lecteurs, il n'y aurait pas réussi; car les faits dont est tissue son histoire sont pour la plupart des faits publics, illustres, accomplis devant des témoins nombreux. La fraude, s’il y en avait eu, n'aurait pas tardé à être connue et dénoncée.

VII. Difficultés soulevées contre la véracité du livre. — Pour convaincre saint Luc de fausseté, on ἃ tâché de le mettre en contradiction avec saint Paul.

40 On prétend qu'il y ἃ contradiction entre Act., XVII, 43-15 ; xvur, 5, et 1 Thess., 111, 1-6. L'Apôtre écrit aux Thessaloniciens que, ne pouvant aller les trouver en personne, il s’est décidé à rester à Athènes, et à leur envoyer Timothée, pour les aider de ses exhortations dans leurs tribulations. Selon le récit des Actes, les Juifs de Thessalonique, ayant excité des troubles contre saint Paul à Bérée, en Macédoine, les fidèles conduisirent l'Apôtre à Athènes, tandis que Silas et Timothée demeurèrent seuls à Bérée. Saint Paul, après un court séjour à Athènes, se rendit à Corinthe, et c’est là seulement que Silas et Timothée, partis de Macédoine, vinrent le rejoindre. Timothée ne se serait donc point trouvé à Athènes avec son maitre; d'où il suivrait que celui-ci n'aurait pas pu l'envoyer de là à Thessalonique.

Nous pouvons répondre d'abord à cette objection d’une manière indirecte. Le récit des Actes et les Épitres de saint Paul se rencontrent à chaque pas, relativement aux détails les plus minutieux de la carrière évangélique de l'Apôtre. Or, s'il y a quelque chose de remarquable, c’est la concordance parfaite que l’on constate entre l'historien d'un côté et l'autobiographe de l'autre. Nous sommes done en droit de supposer, à priori, qu'en l'endroit spécial objecté, cette concordance existe comme ailleurs; et, examen fait, si nous ne parvenions pas à la découvrir, le parti le plus sage serait encore d'avouer notre ignorance. Mais nous ne sommes pas réduit à cette extrémité. Pour faire concorder saint Luc et saint Paul, il suffit de suppléer quelque chose à leurs renseignements incomplets. Voici une hypothèse probable qui concilie tout. Saint Paul, arrivé à Athènes, donne ordre à Silas et à Timothée de venir le rejoindre en cette ville. Act., xvi1, 15. Ils y viennent. L’Apôtre, avant de quitter Athènes, envoie Timothée à Thessalonique, et Silas dans une autre ville de Macédoine. Pendant que l'un et l’autre remplissent leur mandat, Paul va à Corinthe, où il est de nouveau rejoint par ses deux disciples, revenus de Macédome. — Il peut encore se faire que l'Apôtre, révoquant l'ordre qu'il avait donné d'abord, ait enjoint à Timothée d'aller de Bérée à Thessalonique sans venir à Athènes, et à Silas d'attendre à Bérée le retour de Timothée.

2% On veut aussi trouver des contradictions dans les trois récits de la conversion de saint Paul, qui sont tous trois donnés dans les Actes, 1x, 7; XXII, 9; xxvI, 14. Au premier endroit, il est dit que les compagnons de Saul, lorsqu'ils entendirent la voix céleste, demeurèrent debout, frappés de stupeur; au troisième endroit, tous sont couchés par terre au moment où la voix se fait entendre. Il est rapporté aussi, dans le premier récit, que les compagnons de Saul entendirent la voix sans voir personne ; dans le second, au contraire, que ces hommes virent la lumière, mais n'entendirent pas la voix de celui qui parlait avec Saul.

ACTES DES APOTRES

Notons avant tout que le premier récit est le seul que saint Luc donne en son propre nom; dans les autres passages, il reproduit le récit donné par saint Paul lui-même. Tout ce qu'on est en droit de lui demander dans ces deux passages, c’est qu'il ait rendu fidèlement les discours de l'Apôtre. Quand même ces discours seraient, en quelques circonstances secondaires, en désaccord avec la narration de l'historien, on pourrait tout au plus en conclure que, à plusieurs années de distance, les souvenirs de l'Apôtre ne lui seraient pas restés tout à fait fidèles touchant quelques menus détails, et que saint Luc n’a pas cru nécessaire de rectifier cette légère méprise. Piisqu'il n'est pas certain que l'Apôtre fût inspiré dans ces deux récits, il ne répugne pas absolument que ses souvenirs l’aient trompé touchant des détails qui n’altèrent pas la substance du fait. Mais il n'est pas même nécessaire de recourir à cette supposition. Rien n'empêche d'admettre que les compagnons de Saul, terrassés d'abord par l'éclat de la lumière, se soient relevés aussitôt et aient écouté debout et dans la stupéfaction la voix du ciel. Saul lui-même, terrassé par la lumière, vit Jésus et entendit seul distinctement sa voix. Mais, après le colloque avec le Sauveur, il se leva aveuglé, ne voyant plus rien, quoiqu'il eüt les yeux ouverts. Ainsi s'explique la première antilogie. Pour avoir raison de la seconde, on peut dire que la voix qui interpella Saul fut entendue par tous les voyageurs (c'était peut-être d’abord un bruit inarticulé), mais non celle qui engagea un dialogue avec le seul chef de la troupe.

90 On signale une erreur historique dans la harangue de Gamaliel, Act., v, 36, lorsque celui-ci mentionne comme un fait passé la révolte de Theudas, chef de quatre cents rebelles. D'après ΕἸ. Josèphe, Antiq. jud., XX, v, 1, Theudas fut puni de mort pour crime de rébellion par le gouverneur C. Fadus, c’est-à-dire quatorze ans après le discours de Gamaliel.

Pour qu'on fut en droit d'accuser d'erreur l'écrivain sacré, il faudrait qu'on démontràät : premièrement, que le Theudas de Gamaliel est le même que celui de Joséphe ; secondement, que, cela étant supposé, l'exactitude historique en ce point est plutôt du côté de Josèphe que du côté de saint Luc. Josèphe écrivit son histoire vingt ans après saint Luc, et il n'avait pas eu, comme celui-ci, des relations avec un des disciples de Gamaliel. Or c’est un principe constant en critique que, lorsque deux historiens également sérieux se contredisent dans les circonstances d'un événement, on préfère la relation de celui des deux qui est contemporain de cet événement, et qui se rapproche davantage des personnes mélées au fait rapporté. Nous serions donc, dans le cas présent, en plein droit de rejeter la relation de Josèphe, et de nous attacher à celle de saint Luc. Mais il y a plus: les deux relations ne se refusent pas à une conciliation. Vers l'époque dont parle Gamaliel, Josèphe place la révolte d'un certain Mathias. Antiq. jud., XVII, vi, 4. Ce Mathias pourrait bien être le Theudas ou Théodas de saint Luce. Car les noms de Mathias, en hébreu, et de Théodas (abrégé de Théodoros), en grec, ont la même signification : « don de Dieu. » Ils peuvent donc avoir été portés à la fois par un même individu, d'après un usage assez fréquent chez les Juifs. ᾿

ἄσ On relève dans le discours de saint Etienne des inexactitudes relativement à l'histoire du peuple d'Israël, Act., VII, 4, 6.

C’est à tort qu'on impute ces inexactitudes, si elles existent, à l'auteur des Actes; elles sont le fait de l'orateur dont saint Luc rapporte les paroles. Le martyr, quoique rempli du Saint-Esprit, n'était pas nécessairement inspirè dans sa harangue. 1] pouvait donc se tromper sur quelques points indifférents à la substance des choses, comme l’on! remarqué le V. Bède et plusieurs commentateurs.

VIII. Commentaires principaux. — 19 Commentaires anciens. Saint Jean Chrysostome a écrit sur les Actes un commentaire homilétique; Cassiodore (ve siècle), Complectiones in Acta Apostolorum ; V. Bède, Exposiiio super

Acta Apostolorum, et Liber retractationis in Actus Apo- Stolorum; Théophylacte (x1° siècle), In Acta Apostolorum.— 2 Conunentaires modernes. Catholiques: Érasme, Adnotationes, Bàle, 1516; Vatable, Adnotationes, Paris, 1545 ; Gagnæus, Scholia in Actus Apostolorum, Paris, 1552; Arias Montanus, Elucidationes in Acta Apostolorum , Anvers, 1579; Lorinus, S. J., In Acta Apostolorum commentaria, Lyon, 1605 ; Gaspard Sanchez, S. J., Commentarii in Actus Apostolorum, Lyon, 1616; Fromond, Actus Apostolorum.…. illustrati, Louvain, 1654. — Protestants : Van Limborgh, Rotterdam, 1711; Pearce, Londres, 1777. — 3° Commentaires récents. Catholiques : Beelen, Commentarius in Acta Apostolorum , 2% édit., Louvain, 1864; Patrizi, In Actus Apostolorum commentari, Rome, 1867; Bisping, Exegetisches Handbuch, Munster, 1871; Crampon, Les Actes des Apôtres, 1872; Crelier, Les Actes des Apôtres, dans la sainte Bible de Lethielleux, Paris, 1883. — Protestants : 4. ἃ, Rosenmuüller, Scholia in Novum Testamentum, 1821-1835 ; Baur, Paulus der Apostel, 1867; Baumgarten, Apostelgeschichte, Halle, 1852; Lekebusch, Die Composition und Entstehung der Apostelgeschichte, Gotha, 1854. J. CORLUY.

ACTES APOCRYPHES DES APÔTRES. Sous les noms divers de πράξεις, actus, acta, περίοδοι ou «voyages », martyria, passiones, etc., on ἃ retrouvé les restes ou les traces de documents prétendant nous raconter les missions apostoliques. Originaires pour la plupart de milieux asiatiques ou phrygiens, à une époque où les communautés chrétiennes de ces régions étaient infestées de gnosticisme et de manichéisme, ils ont été de bonne heure exclus de l'usage catholique ou expurgés. Voir ABDIAS 0. Le pape saint Léon écrivait, en 447 : « Il faut veiller, et c'est surtout au zèle des prêtres que nous en faisons un devoir, à ce que les livres falsifiés et en désaccord avec la sincère vérité ne soient point lus parmi les catholiques. Mais les Écritures apocryphes, qui, sous le couvert du nom des Apôtres, contiennent le germe de tant d'erreurs, non seulement doivent être interdites, mais complètement supprimées et brülées. Si, en effet, elles renferment quelques pieux éléments, jamais elles ne sont exemptes de venin, et le charme de leurs fables ἃ cet effet caché de séduire par le merveilleux du récit pour mieux envelopper le lecteur dans les rets de leurs hérésies, » Epist. xv, 15, t. Liv, col. 688. Le peu qui nous reste de cette littérature, négligé dés hagiologues du xvri et du xvine siècle, n'a été recueilli et étudié convenablement que de nos jours. Mais on ἃ vu alors que ces pièces apocryphes et fabuleuses constituent une contribution d'une haute valeur à l'histoire des trois premiers siècles. La critique, qui ἃ beaucoup démoli, reconstruit aussi: ce chapitre de l’histoire littéraire chrétienne sera l’une de ses plus ingénieuses et durables reconstructions. On la doit aux publications de J. C. Thilo, C. Tischendorf, W. Wright, auxquels il faut ajouter MM. Malan, Zahn, Usener, Bonnet, Guidi et les Bollandistes, mais très particulièrement aux recherches de M. Lipsius, professeur de théologie à l'université d'Iéna, dont le travail, Die apokryphen Apostelgeschichten und Apostellegenden, ein Beitrag zur altchristlichen Literaturgeschichten, Brunswick, 1883-1890, encore qu'on y trouve trop de traces des idées rationalistes démodées de l'école de Tubingue, ne laisse pas d'être le gros œuvre de cette reconstitution. Le présent article ἃ pour objet d'inveutorier les Acta anciens que nous possédons sur les Apôtres, el de résumer aussi brièvement que possible les résultats acquis sur l’origine de ces Acta.

I. Acta S. Johannis. — Des fragments grecs (tous nos Acta anciens ont été originairement grecs) des Acta de l'apôtre saint Jean, publiés par Thilo, Fragmenta Actuum S. Johannis a Leucio Charino conscriptorum , Halle, 1847; puis de nouveau par Tischendorf, Acta Apostolorum apocrypha, Leipzig, 1851, p. 266-276, ont été reproduits par M. ΤῊ. Zahn dans une monographie de valeur,

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