ADDO (hébreu: ‘dd; Septante : ‘A3Gt). Voir ADaïa
215 ADDO —
2. ADDO (hébreu : ‘Iddô’; Septante : Exd0w), père d'Ahinadab, à qui Salomon confia l'intendance de la contrée de Manaïm (hébreu : Mahänaim). LI Reg., 1V, 14.
8. ADDO (hébreu: Yé'dôi; Keri : γό αὖ; Septante : Ἰωήλ, ᾿Αδδώ), prophète du royaume de Juda au temps de Roboam et d'Abia. Il écrivit sur ces deux règnes. IT Par., ΧΗ, 15; ΧΠΙ, 22. Il fit contre Jéroboam, fils de Nabat, des prophéties où il touchait quelques points de la vie de Salomon. IT Par., 1x, 29. Ces ouvrages sont perdus, mais ont servi à l’auteur du deuxième livre des Paralipomènes.
4. ADDO (hébreu : ‘Iddô’; Zach., ‘Idd6; Septante : ᾿Αδδώ), père de Barachie et grand-père du prophète Zacharie. Zach., 1, 1, 7. Dans 1 Esdr., v, 1, et vi, 14, Zacharie est dit fils pour petit-fils d'Addo. D'après II Esdr., ΧΙ, 4, il revint de Babylone avec Zorobabel et était prêtre.
ADDON, ville de la Chaldée. II Esdr., vu, 61. Voir ADON.
ADDUS, ville de Palestine, I Mach., ΧΠῚ, 13. Voir ADIADA.
ABELKIND Corneille, Juif d'une famille originaire d'Allemagne et fixée à Venise, fut chargé par deux célèbres imprimeurs de cette ville, Dan. Bomberg et Ant. Justiniani, de donner ses soins à plusieurs éditions de la Bible hébraïque, que chacun d'eux voulait publier. On lui doit ainsi Fa 8e et la 5° édition de la Bible hébraïque, in-#°, imprimée chez Dan. Bomberg, en 1528 et en 154#. Il prépara la {re édition in-#, 1551-1552, de la Bible hébraïque imprimée chez Ant. Justiniani. Celui-ci en fit paraître en même temps une édition en petit format, 4 m-18, 1552, et en donna une 3° édition, in-#%, en 1563. Ces Bibles n'ont que le texte hébreu. Adelkind s'occupa également d'une Bible enrichie de targums et de commentaires des rabbins les plus célèbres. C’est la seconde et la meilleure édition de la Bible hébraïque rabbinique, en 4 in-f0, imprimée chez Dan. Bomberg, en 154. Elle a conservé la préface de R. Jacob-ben-Chaïm, qui avait été chargé de la première édition, en 1526. Le Long, dom Calmet, etc., appellent notre éditeur Adil; mais le nom complet, tel qu'il se trouve en caractères hébraïques sur les Bibles mentionnées, doit se lire Adelkind. Voir Bibliotheca sacra de 4. Le Long, continuée par Masch, part. I, p. 20, 29, 102. E. LEVESQUE.
ADÉODAT, guerrier mentionné dans l’histoire de David. II Reg., xxr, 19, et I Par., xx, 5. La Vulgate, en ces deux endroits, ἃ traduit les noms propres qu'on lit dans le texte hébreu, au lieu de les reproduire dans leur forme originale. 1° Le vrai nom du héros de David était Elchanan (hébreu : *Ethänän). Saint Jérôme en ἃ formé Adeodatus, en expliquant le mot hébreu, comme signifiant « Dieu ἃ donné ». Plus loin, I Reg., xx, 24, il a conservé un nom semblable sous sa véritable forme Elchanan.— % Le père d'Elchanan s'appelait Jair ; c'est par suite d’une traduction analogue à la première que la Vulgate dit: « Adeodatus, filius Saltus, » en traduisant la signification de Jaïr : « bois. » — Saint Jérôme a expliqué, dans ses Quæst. hebr., τ. XXII, col. 1361, pourquoi, contrairement à son habitude, il n'a pas conservé dans ces passages les noms hébreux sous leur forme primitive: c'est parce que le second livre des Rois dit qu'Elchanan (Adéodat) tua le géant Goliath; or nous savons par 1 Reg, ΧΗ, 49-51, que ce fut David qui terrassa Goliath; d'ou il conclut que David et Elchanan sont un seul et même personnage, ce qu'il cherche à prouver par la signification du nom d’Adéodat et par quelques autres considérations. Mais le saint docteur ne prend pas garde que David tua Goliath sous le règne de Saül, tandis que l'exploit raconté IT Reg., xx1, 19, eut lieu sous le règne de David. La solution de la difficulté que présente le texte des Rois est la suivante : ce texte
ADIADA 216 a été altéré. Nous en trouvons une première preuve dans la variante que présentent certains manuscrits hébreux, où on lit: ’Ethänän ben-ya'arê ’6rgim, « Elchanan (ou Adéodat), fils des bois de tisserands. » Ces mots offrent un sens si peu naturel, qu'on les ἃ corrigés en lisant : ’Elthânân ben Yä‘ir, et en supprimant le mot ’érgim, € tisserands, » qui se lit à la fin du verset, et qu'on a supposé avec beaucoup de vraisemblance avoir été répété un peu plus haut par distraction. L’exemplaire sur lequel a traduit saint Jérôme portait d'ailleurs cette faute, puisqu'il ἃ traduit : « Adeodatus.. polymitarius. » Une seconde preuve de l'altération du texte des Rois, c'est la leçon différente de I Par., xx, 5, qui résout simplement toutes les difficultés. La Vulgate porte : « Adéodat, fils du Bois (Saltus), Bethléhémite, frappa le frère de Goliath. » On voit que le mot Ctisserand », polymitarius, ἃ disparu, et que le géant vaincu par Elchanan n'est pas Goliath, mais son frère. Autant 1] est peu probable, comme on ἃ essayé de le dire pour résoudre la difficulté, qu'il ait existé à si peu d'intervalle deux géants philistins portant le même nom, autant, au contraire, il est naturel que, si Goliath a eu un frère, ce frère ait été lui aussi un géant. Mais saint Jérôme, qui a traduit fidèlement cette partie du texte des Paralipomènes, n’a pas rendu exactement une autre partie importante de ce passage. Pour le mettre d'accord avec celui des Rois, il a dit qu'Adéodat était Bethléhémite. L'auteur des Paralipomènes ne dit point cela, il écrit: « Elchanan frappa Lachmi, frère de Goliath. » Les mots ’et-Lahni, que devait avoir primitivement le texte des Rois, ont été changés par un copiste dans ce livre en bét hallahmi, « Bethléhémite. » E. DUPLESSY.
ADER Guillaume, médecin de Toulouse, mort en 1630. Il publia: Enarrationes de ægrotis et morbis in Evangelio, in-4°, Toulouse, 1620. Il montre que les maladies guéries par Jésus-Christ, n'ayant pu l'être par des moyens naturels, l'ont été nécessairement d’une manière miraculeuse. E. LEVESQUE.
ADÈS, lieu où habitent les morts. Voir HADËS.
ADFORMANTES, nom donné dans la grammaire hébraïque aux flexions qui s'ajoutent à la fin du verbe hébreu pour marquer la distinction des personnes et des temps. Voir VERBE HÉBREU.
ADIADA (᾿Αδιδά). ville de la Séphéla, fortifiée par Simon Machabée. 1 Mach., ΧΙ, 88. C'est la même ville que celle qui, 1 Mach., xt, 13, est appelée Addus, car le texte grec porte ᾿Αδιδά dans les deux endroits. Nous admettons également son identité avec l'Hadid (hébreu : Hädid, ᾿Αδίδ), mentionnée dans le livre d'Esdras, 11, 33, et dans celui de Néhémie, vit, 37; χι, 34. Esdras, en effet, nous apprend que sept cent vingt-cinq hommes de Lod, Hadid et Ono, revinrent de la captivité, sous la conduite de Zorobabel. Il est vrai que les Septante ne font ici qu'un seul mot de Lod et de Hadid, comme s'ils ne représentaient qu'une seule localité : “ΥἹοὶ Aodaët καὶ ᾿Ωνώ, 1 Esdr., 11, 33; «Υἱοὶ Δοδαδὶδ χαὶ ᾿Ωνώ, IE Esdr., ΝΠ, 37; mais il y ἃ là une confusion évidente, car dans le second passage de Néhémie ces deux noms sont séparés par d’autres ; d'où il résulte clairement qu'ils désignaient deux villes différentes : ᾿Α δὼδ, Σεθωεὶμ, Ναθαλὰτ, Αὐδδα, « Hadid, Seboïm, et Neballat, Lod. » II Esdr., x1, 34. On peut donc justement identifier l'Aû6 et l’’AGtà des traducteurs grecs avec l'’Aûtôa des Machabées. Du reste le rapprochement de Hadid et de Lod, et les données historiques tirées des Livres Saints euxmêmes, confirment notre assertion, et nous permettent de retrouver sans difficulté l'emplacement de notre ville.
Lod est incontestablement l'ancienne Lydda des Actes des Apôtres, 1x, 32, l’ancienne Diospolis, aujourd'hui Loudd, au sud-est de Jaffa; de même qu'Ono est actuellement Kefr ‘Ana, à l’est de Jaffa et au nord de Loudd.
Or, dans l'Onomasticon, édit. P. de Lagarde, Gættingue, 1870, p. 220, au mot ᾿Αδιαθαΐμ, Eusèbe place un village nommé Adatha à l’est de Diospolis, χαὶ ἄλλη ᾿Αδαθὰ καὶ περὶ Διόσπολιν ἐν ἀνατολαῖς, ce que saint Jérôme reproduit exactement, sauf le changement d’Adatha en Aditha. Lib. - de situ et nominibus locorum heb., t. XXI, col. 871. C’est donc dans le voisinage de Lydda que nous devons chercher l'emplacement actuel de la ville appelée Hädid par Esdras et Néhémie; Adida, Addus et Adiada par les Machabées; Adatha par Eusèbe, et Aditha par saint Jérôme. Effectivement, à quatre kilomètres au plus à l’est de Loudd, se trouve une localité qui a conservé presque intacts les noms précédents : c’est Haditéh. Ce village couronne une haute colline dont les pentes sont assez raides : ainsi porte-t-il bien la dénomination de Hädid, « pointu, » suivant l'étymologie donnée par Gesenius, Thesaurus linguæ μοῦ. et chald., p.446; et sa position répond exactement à la description de Joséphe, qui nous le montre « placé sur une éminence et dominant la plaine de Judée ». Ant. jud., XIII, vi, 4. « Les maisons sont grossièrement bâties, et quelques-unes sont à moitié renversées.. [ De l’ancienne localité 1 il ne subsiste plus actuellement qu'une quinzaine de citernes, un petit birket de forme oblongue, ainsi que plusieurs tombeaux et caveaux pratiqués dans le roc, Quelques pierres de taille, d'apparence antique, sont également éparses çà et là. » V. Guérin, Description de la Palestine, Samarie, t. 11, p. 69.
Queiques auteurs, entre autres Grove, Smith's Dictionary of the Bible, Londres, 1861, t. 1, p. 735, au mot Hadid, repoussent pour Adiada ou Adida l'identification que nous venons d'établir, sous prétexte que la Séphéla, où, d’après I Mach., ΧΙ, 38, se trouvait la ville, ne s'étendait pas si haut vers le nord. Mais beaucoup de critiques, après Eusèbe et saint Jérôme, donnent comme ligne de démarcation entre la plaine de Saron et la plaine de Séphéla «les environs de Joppé (Jaffa) et de Lydda » : « Saron omnis circa Joppen Lyddamique appellatur regio, » S. Jérôme, Comment. in Isaiam, t. xxIV, col. 365; « Saron est la contrée qui s'étend de Césarée à Joppé, » Eusèbe, Onomasticon, p.296. Voir SÉPHÉLA et SARON. En plaçant donc Adida à Haditéh, à une faible distance de Lydda, nous ne nous éloignons pas de cette ligne de séparation, qui d’ailleurs, remarquons-le, n'avait pas une rigueur mathématique, et nous ne voyons rien qui nous empêche de dire, comme l’auteur sacré : « Adida dans la Séphéla. » I Mach., xl, 38. Du reste, la situation que nous venons d’assigner à la ville est parfaitement d'accord avec les événements historiques qui s’y rattachent.
Habitée par les Benjamites à leur retour de la captivité, IT Esdr., x1, 34, Hadid fut, au temps des Machabées, fortifiée par Simon, qui, après avoir occupé les villes maritimes, Ascalon et Joppé, mit ses soins à augmenter la résistance de cette place. I Mach., x11, 38. C'était donc un point stratégique important pour défendre la plaine, garantir en même temps l'entrée des montagnes de la Judée et la route de Jérusalem. C'est ce que confirme le second passage des Machabées, ΧΠΙ, 13, où nous voyons le même héros juif venir camper à Addus pour barrer le passage à Tryphon, qui, partant de Ptolémaide (Accho), à la tête d'une puissante armée, et trainant à sa suite Jonathas prisonnier, se proposait d'envahir et de dévaster la terre de Juda. Tryphon avait dû suivre le littoral, et il s'apprétait à prendre la route bien connue de Jaffa à Jérusalem, lorsqu'il rencontra Simon; c’est alors que, ne pouvant pénétrer de ce côté dans les montagnes de Judée, il fit un long détour et tächa d'arriver à la ville sainte par l'Idumée, « par la voie qui mène à Ador, » à l'ouest d'Hébron. I Mach., x, 20; Ant. jud., XIII, vi, 4. Simon avait donc admirablement choisi son poste de défense. — Arétas, roi des Arabes, appelé au royaume de Cœlé-Syrie, et se mettant en marche pour gagner sa nouvelle capitale, passa par la Judée. Alexandre Jannée essaya aussi de lui barrer la route; mais il fut battu près d'Adida, et un traité étant
ADIADA — ADITHAÏM
intervenu entre le vainqueur et le vaincu, Arétas s’éloigna. Ant. jud., ΧΗ, xv, 2. — Enfin Vespasien, faisant le siège de Jérusalem, et voulant l'enfermer de tous côtés comme dans un cercle de fer, établit des forts et des avant-postes à Jéricho et à Adida, imposant aux deux villes une garnison composée de Romains et de troupes auxiliaires. Bell.
jud., IV, 1x, 1. Adida avait donc dans l’ouest la même
importance que Jéricho dans l’est.
Hadid est mentionnée dans la Mischna, Erakhin, 1x, 6; Talm. de Bab., même traité, 32 a, comme une ville fortifiée par Josué. À. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 85. Faut-il la voir aussi dans l’Hatita des listes géographiques de Karnak (n° 76)? Mariette le croit, cf. Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 4 série, t. 11, 1874, p. 255; et, en effet, il ya correspondance exacte entre les deux mots. Cependant, si l'on examine l'ordre d'énumération dans lequel les noms sont rangés, on hésite à admettre cette identification; car on est en droit de se demander pourquoi les auteurs de ces listes, partant de Jalfa (Jopou), et suivant, dans la direction du sud-est, une ligne assez bien marquée, n'ont pas mentionné Hatita auprès de Lod (Louten) et Ono (Aounäou), qu'ils unissent, aux n°5 6% et 65, absolument comme les livres d'Esdras et de Néhémie. On est donc tenté de placer cette ville plus au sud, et de l'identifier ainsi avec Adithaïm. Voir ADITHAÏM.
À. LEGENDRE
ADIAS, descendant de Bani. I Esdr., x, 39. Voir ApAïA 6.
ADIEL, hébreu : ‘Âdÿél, « Dieu ἃ orné. »
1. ADIEL (Septante : ᾽[εδιήλ), chef d'une des familles de la tribu de Siméon sous Ézéchias. 1 Par., IV, 36.
2. ADIEL (Septante : ᾿Αδιήλ), prêtre, père ou ancêtre de Maasai. 1 Par., 1x, 12. Il semble être le même que Azréel, père d'Amasai. II Esdr., x1, 13. Il habita Jérusalem après le retour de la captivité de Babylone.
8. ADIEL (Septante : Ὀδιήλ), père d'Azmoth, qui fut trésorier du roi sous le règne de David. 1 Par., XXII, 25.
ADIN (hébreu : ‘Adin, « délicat, tendre; » Septante : ᾿Αδδίν, ᾿Αδίν, "Hôtv), chef de famille dont les descendants revinrent de Babylone au nombre de quatre cent cinquantequatre, 1 Esdr., 11, 15, ou de six cent cinquante-cinq, IL Esdr., vit, 20. C’est peut-être le même dont il est question II Esdr., x, 16. Il est nommé Adan, 1 Esdr., vur, 6, dans la Vulgate.
ADINA (hébreu : ’Adinä’, « flexible, pliant; » Septante : ᾽Αδινά), fils de Siza et chef des Rubénites, un des braves capitaines de David. 1 Par., χι, 42.
ADINO L'HESNITE, nom d'un des plus vaillants guerriers de David dans IT Sam., ΧΧΠΠ, 8, texte hébreu. La Vulgate n'a pas ce nom propre dans le passage correspondant. Voir JESBAAM.
ADITHAÏM (hébreu : ’Âditaim), ville de la tribu de Juda, située dans la plaine (Seféläh), et mentionnée entre Saraim et Gédéra, Jos., Xv, 36. Elle n'est cilée qu’en cet endroit de l'Écriture, et les Septante l'omettent complètement. Faut-il, à la suite de certains auteurs, l'identifier avec Adiada et Hadid? Nous ne le croyons pas, pour les raisons suivantes. Placer Adithaim à Haditéh, ce serait faire remonter beaucoup trop au nord la tribu de Juda. En effet, la frontière nord-ouest de cette tribu, d'après les passages parallèles de Jos., xv, 10-11; χιχ, 40-46, comprenait une hgne qui s'étendait depuis Estaol (aujourd'hui Achou‘a), Saraa (Sara‘a), Bethsamès (‘Ain-Chems), Thamnatha (Khirbet Tibnéh), jusqu'à Accaron (‘Aker) et Jebnéel (Yebnéh), en sorte qu'Accaron marque la limite
septentrionale de Juda et la limite méridionale de Dan. Aussi ne comprenons-nous pas que les savants auteurs de la nouvelle carte anglaise, Old and New Testament Map of Palestine, Londres, 1890, feuille 10, aient placé Adithaïim en pleine tribu de Dan. Notre sentiment d'ailleurs s'appuie sur le témoignage formel d'Eusèbe, qui, dans l'Onomasticon, édit. P. de Lagarde, Gættingue, 1870, p. 220, au mot ᾿Α διαθαΐν, distingue de l'Adatha dont nous avons fixé la position auprès de Diospolis « un village, Adiathaïm, de la tribu de Juda, et situé auprès de Gaza », ᾿Αδιαθχΐίν (dans d’autres manuscrits, ᾿Αδιαθαΐμ), φυλῆς Ἰούδα, λέγεται δέ τις κώμη περὶ τὴν Γάζαν, χαὶ ἄλλη ᾿Αδαθά χαὶ περὶ Δίοσπολιν. Saint Jérôme dit exactement la même chose, en donnant à cette localité le nom d'Adia, Liber de situ et nominibus locorum heb., t. xx, col. 871.
L'emplacement de cette ville n’a pas été retrouvé jusqu'ici. Nous avons dit, à l’article Adiada, que nous serions tenté de l'identifier avec l'Hatita des listes géographiques de Karnak (n° 76). En examinant la place qu'occupe Adithaïm dans l'énumération de Josué, xv, 33-36, et celle d'Hatita dans les listes égyptiennes, peut-être pourraiton déterminer approximativement la position de cet endroit. (Les noms palestiniens gravés sur les pylônes de Karnak sont énumérés et étudiés dans Mariette, Les listes géographiques des pylônes de Karnak, Leipzig, 1875, p. 12-44; voir aussi Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1876, spécialement p. 142-143.) Malheureusement, les villes qui précèdent et qui suivent celle dont nous parlons n'offrent pas toutes pour elles-mêmes une identification certaine. Néanmoins, en combinant ces éléments, nous dirions volontiers qu'Adithaim devait se trouver dans un espace compris entre Nu‘anéh (Naoun, n° 7 des listes) au nord, Soud/ir (Ichapil ou Isphar, n° 78, Saphir) au sud, Tell Zacharia ou Khirbet Säiréh {Saraïm) à l'est, et Katrah (Gédéra) à l'ouest.
À. LEGENDRE
ADJURATION, action d'adjurer. Adjurer se présente dans la Bible avec trois sens distincts.
1. Faire jurer, c'est-à-dire exiger de quelqu'un le serment; c'est le sens naturel du mot hébraïque Aisbiä‘, qui est la forme hiphil du radical $äba°. L'adjuration, chez les Hébreux, consistait donc à exiger le serment de quelqu'un. Cette adjuration avait lieu surtout dans les jugements. Le juge adjurait le témoin ou l'accusé de dire la vérité; nous en avons des exemples Lev., v,1; Num., v, 18-22; III Reg., vi, 31; Prov., Χχιχ, 2%; Matth., xxvI, 63, etc. D'après tous ces exemples combinés, nous voyons que, sauf le cas de Num., v, 18-922, il n'y avait pas de formule consacrée pour faire l’adjuration; le Juge se contentait de dire à l'accusé ou au témoin, en ces termes ou en termes équivalents : Je vous adjure, par le Dieu vivant, de dire la vérité sur ce point, ce que vous savez sur ce point. si tel ou tel fait est vrai, etc. En vertu de cette adjuraton, la réponse du témoin était censée faite sous le serment, soit que ce témoin prononçât lui-même quelque formule de serment (quoique le texte sacré n’en parle point), comme le pensent quelques auteurs, Saalschütz, Das Mosaische Recht, k. 89, Berlia, 1853, p. 611-619; soit, comme d'autres le disent, qu'il ne prononçât luimême aucune formule spéciale, ou se contentàt de dire Amen, σὺ εἶπας, etc. Michaelis, Mosaisches Recht, $ 802; Rosenmüller, Zn Lev. v, 1. Dans le cas où l'adjuration était accompagnée de quelque formule de malédiction ou d'imprécation, l'accusé disait: Amen, amen. Num., v, 18-292, Quand le juge, malgré son adjuration, n'obtient aucune réponse, l'accusé ou le témoin qui refuse ainsi de déclarer ce qu'il sait commet un péché, « hait son âme, » comme il est dit Prov., xxIX, 24, et « porte son iniquité, » comme il est dit Lev., v, 1; il ne peut expier sa faute que par un aveu repentant et par l'un de ces sacrifices pour les péchés d'omission ou d'ignorance dont parle le Lévitique, v, 14-18; vu, 1-10. — On trouve dans quelques textes une formule spéciale d'interrogation : « Rends gloire à Dieu. »
ADITHAÏM — ADLER
Jos., vit, 19; Joa., 1x, 24; cf. ΠῚ Esdr., 1x, 8. Quelques auteurs la donnent comme une formule d’adjuration proprement dite; ce point est fort douteux. Voir Masius, In dos., ΜΠ, 19, dans Migne, Cursus completus Scripturæ Sacræ, t. VI, col. 1157.
Dans les passages cités, le juge qui adjure impose un serment assertoire, c'est-à-dire un serment destiné à appuyer une affirmation; dans d’autres passages, le supérieur ou le maître qui adjure impose un serment promissoire, en vertu duquel la personne adjurée doit s'engager par serment à faire ce qui est demandé. Dans le texte de Gen., Χχιν, 2-9, 37, Abraham adjure Éliézer de ne pas choisir pour son fils Isaac une femme chananéenne, mais une femme de ses parentes, dans la famille qu'il lui indique. Le texte sacré expose les détails de cette adjuration; ici le serviteur d'Abraham ne se contente pas de répondre en un mot; il fait un serment proprement dit, suivant les formules et les cérémonies usitées dans ce temps-là. Voir SERMENT. C’est ce que nous voyons encore Gen., XLVIT, 29-31; 1, 5, où Jacob adjure son fils Joseph de ne pas laisser son corps après sa mort en Egypte, mais de le transporter dans le tombeau de ses ancêtres. Jacob ne se contente pas d’une réponse affirmative; il exige un serment, que Joseph prête, en eflet, de la manière accoutumée. Voir un autre exemple dans Josué, 11, 12, 17; 90.
9, Obliger quelqu'un, au nom et par l'autorité de Dieu, à faire quelque chose. Tel est le second sens du mot adjurer, hisbia'; il ne s’agit plus d'exiger de quelqu'un un serment assertoire ou promissoire, mais seulement de lui commander de faire quelque chose. Or, pour rendre cette injonction plus efficace et en faire comme un devoir sacré, le supérieur qui commande interpose le nom et l'autorité de Dieu, afin que la personne qui est adjurée soit engagée non seulement par l'obéissance, mais encore par la vertu de la religion à accomplir ce qui est commandé. C'est l'adjuration impérative. S. Thomas, 2 ὃ. q. 90, ἃ. 1. Mais il est évident qu'elle suppose dans celui qui adjure : 4° qu'il a l'autorité et le droit de commander; 2 que, dans l'acte particulier qu'il impose, il ne dépasse pas les limites de cette autorité ; à défaut de l’une ou de l’autre de ces deux conditions, l'adjuration serait illicite et sacrilège. Nous avons des exemples de l'adjuration impérative dans I Esdr., x, 5; 1 Thessal., v, 27. Quand le sujet adjuré de la part de Dieu est le démon, comme, par exemple, Act., χιχ, 13, l'adjuration revêt un caractère spécial et prend le nom d'exorcisme. Voir ce mot.
8. Prier fortement, instamment (nous disons conjurer) quelqu'un de faire quelque chose. Ce troisième sens, comme déjà le second, a perdu de la force primitive de l'hiphil Aisbia®. Nous le voyons Cant., 11, 7; II, 5; ν, 8,9; vit, 4; Marc., v, 7; probablement Jer., v, 7 (où la Vulgate ἃ traduit par jurare), et aussi dans la Vulsate, Tob., vi, 23; 1x, D. C'est l'adjuration déprécative. Tantôt elle se fait par Dieu ou par une créature avec un rapport explicite ou implicite à Dieu, et alors elle revêt une plus grande autorité et devient un acte de religion ; tantôt, comme dans les passages indiqués du Cantique des cantiques, elle se fait par des créatures sans aucun rapport avec Dieu; dans ce cas, elle n’est plus qu'une formule spéciale de prière, qui ne diffère de la prière ordinaire que par son caractère de sollicitation pressante. S. Many.
ADLER Jacques-George-Christian, savant orientaliste, né en 1755 à Arnis, dans le Danemark, et mort en 1805. Après avoir étudié à Rome les langues orientales, il revint professer le syriaque, puis la théologie, à l'université de Copenhague, et se fit connaitre par plusieurs ouvrages d'érudition. Ses œuvres scripturaires, assez estimées, sont: 19 Codicis sacri recte scribendi leges ad recte æstimandos codices manuscriptos antiquos, in-4°, Hambourg, 1779 ; 2% Novi Teslamenti versiones syriacæ, Simplex, Philoæeniana et Hierosolymitana, denuo examinatæ, in-#,