LIBRARY
DABIR
D, quatrième lettre de l’alphabet hébreu. Voir Dai.etii. |
DA ’AH , mot hébreu qui vient du verbe dà'âh,
« voler, » et qui désigne un oiseau de proie rangé parmi les animaux impurs. Lev., xi, 14. Dans le passage parallèle, Deut., xiv, 13, ce nom est remplacé par râ’âh, qui vient du verbe râ'âh, « voir. » Dans les deux cas, les Septante traduisent par yé'{/, « vautour; » la Vulgate rend le premier mot par miluus et le second par ixion. Faut-il voir dans dà'âh et dans râ'âh deux noms différents du même oiseau, considéré tantôt à raison de son vol, tantôt à raison de sa vue, comme le croient quelques interprètes? Ou bien faut-il supposer une faute de copiste, par suite du la confusion si facile et si fréquenle entre les deux lettres daleth, -, et resch, ~ ? C’est ce que donnerait à penser le texte samaritain, qui dans les deux cas lit dà'âh. Voir plusieurs cas de la confusion entre le daleth, i , et le resch, i , dans Rosenmüller, Scholia in Leviticum , Leipzig, 1798, p. 63. Gesenius, Thésaurus , p. 309, 1247, incline à croire qu'il faudrait lire dà'âh dans les deux passages. C’était aussi l'avis de Bochart, Iiierozoicon , Leipzig, 1793, t. n, p. 777, qui pensait qu'un nom d'oiseau tire plus convenablement son étymologie du verbe qui signifie « voler » que de celui qui signifie « voir ». Rosenmüller, loc. cit. , rapproche de dà'âh le nom arabe du milan, hida. D’aulre part, Tristram, The natural Instory of the Bible. Londres, 1889, p. 186, ne fait aucune mention du dà'âh, et s’en tient au râ'âh du Deutéronome, qui désigne probablement le busard. Voir Busard. Il est probable que les deux mois dà'âh et râ'âh doivent être ramenés à la même leçon. La place qu'ils occupent dans les deux passages parallèles montre assez qu’ils désignent des oiseaux de proie à peu près semblables et faciles à prendre l'un pour l’autre. Si le râ'âh peut s’identifier avec le busard, le dà'âh désignerait le milan ou le vautour. Voir Milan, Vautour. Aquila, Deut., xiv, 13, a traduit râ'âh par i'Çoç, et la Vulgate par ixion. Ces deux mots n'ont le sens d’oiseau ni en grec ni en latin. Leur emploi prouve que les traducteurs n’ont pu saisir la signification du mot hébreu. H. Lesètre.
DABÉRETH (hébreu : liad- Dàberat , avec l'article, Jos.,xix, 12; Dàberat, Jos.,xxi,28; Dobrat, 1 Par., vi, 57 [Vulgate, 72]; Septante: AaêipwO; AxSpxO, dans le Codex Alexandrinus et plusieurs autres manuscrits, Jos.,xix, 12; tï)7 AsêSi; Codex Alexandrinus : AeSpiO, Jos., xxi, 28; vr,v Azozpi... TYjv Astêüip, répétition fautive ; 1 Par., vi, 72), ville située sur les frontières de Zabulon, Jos., xix, 12; mais attribuée à Issachar, Jos., xxi, 28; I Par., vi, 72, où elle est comptée parmi les cités lévitiques données aux fils de Gerson. C’est sans doute « le village de Dabaritta », AaêxptTva, Aaëaprrvüiv v.iôu-q, mentionné parJosèphe, « à l’extrême frontière de Galilée, dans la grande plaine » d’Esdrelon, Bcll.jud., II, xxi, 3; Vita, 62. Reland, Palæstina, Utrecht, 1714, t. n, p. 737, nie sans raisons suffisantes celte assimilation, admise par les auteurs modernes. C’est aussi la localité appelée Dabatar- ( ah par le Talmud de Jérusalem, Orlah, i. I ; cf. A. Nou- j bauer, La. Géogi ayliiti du Talmud, in-3 ', Paris, 1868, |
p. 265. Eusèbe et saint Jérôme, Onomaslica sacra, Gœtlingue, 1870, p. 116, 250, la nomment également AaêpâO, Dabrath; mais elle doit en même temps correspondre à AxÊhipx, Dabira, « bourg des Juifs, » qu’ils signalent «sur le [au pied du] mont Thabor, dans la région de Diocésarée » ( Sepphoris, aujourd’hui Se/fouriyéh, au nord de Nazareth), p. 115, 250. Ces diverses identifications jointes à celles de l’Écriture, qui place Dabérelh sur la limite des deux tribus de Zabulon et d’issachar, et dans le voisinage de Céseleth Thabor (Iksâl), nous amènent à reconnaître avec certitude la cité biblique dans le village actuel de Debouriyéh , à l’ouest et au pied du Thabor. L’arabe < Debûriyéh , reproduit exactement l’hébreu mm, Dàberat, sauf la différence des deux terminaisons féminines. Les écrivains du moyen âge ont défiguré le nom en retranchant la première syllabe ; mais Buria ou Bourie , situé près de Naim et de la montagne de la Transfiguration, désigne bien le même endroit. Cf. Les chemins et les pèlerinages de la Terre Sainte (avant 1205), dans les Itinéraires français publiés par la Société de l’Orient latin, Genève, 1882, t. ni, p. 197. « Ce village [Debouriyéh], peu considérable, est assis en amphithéâtre sur différents monticules au bas du Thabor. Des jardins bordés de cactus l’environnent. On remarque au milieu des maisons les restes d’un ancien édifice, mesurant vingt-deux pas de long sur dix de large et orienté de l’ouest à l’est. Il avait été construit en pierres de taille, et un certain nombre d’assises sont encore debout. L’intérieur est actuellement occupé par une habitation particulière et par une écurie, au-dessus desquelles s’élève le medafeh ou maison affectée à la réception des étrangers. Tout porte à croire, à cause de son orientation, que cet édifice était jadis une église chrétienne. Dans ce cas, il aurait été probablement bâti à l’endroit où Noire-Seigneur guérit un possédé du démon et en souvenir de cet événement... C’est à Daberath que, d’après une tradition très accréditée, les neuf apôtres attendirent Notre -Seigneur, pendant qu’avec Pierre, Jacques et Jean, son frère, il gravit le Thabor et s’y transfigura en la présence de ces trois disciples privilégiés. En redescendant de la montagne, le Sauveur rejoignit en cet endroit ses autres disciples, et guérit devant eux un jeune homme possédé d'un démon qu’ils n’avaient pu chasser eux-mêmes. Matlh., xvn, 14-17; Marc., ix, 16-26; Luc., ix, 38-43. »V. Guérin, Galilée, t. i, p. 141, 142. — Lors de la conquête de Chanann par les Israélites, Dabéreth devait avoir une certaine importance, puisqu’elle est mentionnée, I Par., vi, 72, « avec ses faubourgs, » c’est-à-dire des hameaux voisins placés sous sa dépendance. Elle marque exactement la limite de Zabulon vers le sud-est. A. Legendre.
DABIR, nom d’un roi d’Eglon et, de deux villes situées, l’une à l’ouest du Jourdain, appartenant à la tribu de Juda; l'autre à l'est, de la tribu de Gad.
1. DA5IR (hébreu : Debir ; Septante, Aaêîv ; Codex Alexandrinus : Aa6=:p), roi d’Églon, auquel Adonisé-
DABIR
deeh , roi de Jérusalem , demanda du secours pour attaquer Gabaon, qui avait passé du côté de Josué. Avec Adonisédech et trois autres rois alliés il fut pris, mis à mort et pendu. Josué, x, 3, 23.
2. dabir (hébreu : Debir, défectivement écrit, Jos., xi, 21; xii, 13; xv, 15, 49; xxi, 15; pleinement écrit, Jud., i, 11 ; 1 Par., vi, 43 [ Vulgate, 58]; Debirâh, avec hé local, Jos., x, 38, 39; Septante : AaSi'p; Codex Alexanclrinus : AaSscp), ville royale cliananéenne, Jos., XII, 13, habitée par les Énacim, Jos., xi, 21 ; prise par Josué, x, 38, 39; xn, 13, et par Othoniel, Jos., xv, 15; Jud., i, 11; assignée à la tribu de Juda et rangée parmi les villes de « la montagne », Jos., xv, 49; donnée « avec ses faubourgs » aux enfants d’Aaron, Jos., xxi, 15; I Par., vi, 58; primitivement appelée Cariath-Sépher, Jos., xv, 15; Jud., I, 11, et Cariathsenna, Jos., xv, 49.
I. Nom. — L’hébreu debir signifie « la partie la plus reculée » d’un édifice, d’un temple; cf. Gesenius, Thésaurus, p. 318. C’est le nom que portait le Saint des saints dans le tabernacle de Moïse et dans le Temple de Salomon. III Reg., vi , 5, 19-22; vin, 6, 8, etc. Aussi quelques auteurs, comme A. H. Sayce, La lumière nouvelle apportée par les monuments anciens, trad. franç., in -8°, Paris, 1888, p. 126, appliquent- ils à l’antique cité biblique le titre de « sanctuaire », qui rappelle celui de Cadès, « la ville sainte. » D’autres, rattachant le mot à la racine. dâbar, « parler, » voient plutôt ici le sens de « parole, oracle », et veulent rapprocher cette étymologie de celle de Cariath-Sépher, hébreu : Qiryat-Sêfér, « ville du livre, » cherchant parfois dans d’autres langues certains points de comparaison plus ou moins problématiques. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement , 1888, p. 282; J. Fürst, Iiebràisches Handxvôrterbuch, Leipzig, 1876, t. i, p. 281. Il convient de ne pas trop insister sur ces sortes d’explications. Ce qu’il y a de certain, c’est que non seulement le vocabulaire, mais la tradition et l’histoire, donnent un réel fondement à l’interprétation de Cariath-Sépher, la uôV.ç ypap.jrdirwv des Septante, la civitas litterarum de la Vulgate, la «ville des archives » de la paraphrase chaldaïque. Voir Cariatii-Sépiier et Cariatiisenna, t. h, col. 278.
II. Identification. — L’emplacement de Dabir n’est pas encore connu d’une manière certaine. Pour le fixer, au moins approximativement, examinons d’abord les indications de l’Ecriture. Cette ville se trouvait dans la contrée « montagneuse » de la Palestine « méridionale », dont Hébron occupe un des points culminants. Jos., x, 36-39; xi, 21; xn, 13. L’ensemble du groupe auquel elle appartient dans la tribu de Juda, Jos., xv, 48-51, détermine parfaitement le rayon dans lequel nous la devons chercher; c’est le premier de « la montagne », comprenant les localités suivantes, dont la plupart sont bien identifiées : Sarnir (aujourd’hui Khirbet Sômerah, au sud-ouest d’Hébron), Jéther (Khirbet 'Attir), Socoth (Khirbet Schouéikéh), Anab ( 'Anâb ), Istemo ( Es-Semou'a ), Anim ( Gliououéïn el Fôqâ ou et-Tahta). Elle est citée entre Hébron et Anab, Jos., xi, 21 ; Danna (inconnue) et Anab, Jos., xv, 49-50; Holon (inconnue) et Ain (voir Aïn 2, t. i, col. 315), Jos., xxi, 15-16. Voir la carte de la tribu de Juda. Elle devait être dans une position importante et d’un siège difficile, puisque Caleb, pour stimuler le courage de ses gens, promit sa fille Axa en mariage à celui qui réussirait à s’emparer de la place. Jos., xv, 16; Jud., i, 12. L’eau était peu abondante sur son territoire, car Othoniel, après l’avoir reçu comme prix de sa victoire, eut soin de faire demander un sol mieux pourvu et plus fertile. Axa dit donc à son père : « Vous m’avez donné une terre au midi et desséchée; ajoutez -en une autre bien arrosée. Caleb lui donna donc en haut et en bas des lieux arrosés d’eau » (hébreu : « des sources supérieures et inférieures »). Jos., xv, 19; Jud., 1, 15. 11 s’agit sans dç>ute de champs situés sur le liane d’une colline ou
dans une vallée, et possédant à différents niveaux des sources d’eaux vives ; ils devaient être dans les parages de Dabir.
C’est sur ces bases qu’ont été établies les trois hypothèses suivantes. — 1° Le Dr Rosen, dans la Zeitschrift des deutschen morgenlàndischen Gesellschaft, 1857, t. n, p. 50-64, a cru retrouver l’emplacement de la ville, à cinq quarts d’heure à l’ouest d’Hébron, sur une haute colline très abrupte, dont le nom Daouirbà n lui semble une altération de celui de Debir. L 'Aïn Nunkûr (ou plutôt TJnqur, selon la carte anglaise du Palestine Exploration Fund), descendant d’un petit plateau dans une riante et fertile vallée, représenterait, d’après lui, les « sources supérieures et inférieures » signalées dans le texte sacré. Cetle position expliquerait aussi l’expression dont se sert la Bible à propos de la conquête de Josué, qui, d’Églon (Khirbet ‘ Àdjlân ) marchant en droite ligne sur Hébron, « revint ensuite à Dabir, » Jos., x, 36-38, ce qui permet de supposer que cette dernière ville était sur la route de la première à la seconde, et par là même à l’ouest de celle-ci. Il est facile de répondre, d’abord, que le rapprochement entre les deux noms n’offre aucun fondement solide. Ensuite , le groupe auquel appartient notre antique cité, Jos., xv, 48-51, marque sa place non pas aux environs immédiats ni à l’ouest d’Hébron, mais plus bas vers le sud. Enfin l’hébreu sûb, « retourner, » ne signifie pas nécessairement « revenir sur ses pas » ; il indique simplement un « détour », un changement de direction, et c’est ce que fit Josué en « tournant » au sud pour venir attaquer Dabir. Ajoutons à ces raisons, avec M. V. Guérin, Judée, t. m, p. 264, 266, l’absence de ruines tant soit peu considérables sur la colline de Daouirbân, bien que la cité cliananéenne ait pu , comme beaucoup d’autres jadis importantes, en Palestine, être presque effacée du sol. Il n’y a plus là que quelques tombeaux creusés dans le roc et divers amas de pierres qui peuvent provenir de constructions démolies. Le terrain a été, en effet, depuis bien des siècles sans doute , livré à la culture et envahi par des plantations de vignes.
2° Van de Velde, Memoir to accompany the map of the lloly Land, Gotha, 1858, p. 307, adopte une autre conjecture, en cherchant, avec le Dr Stewart, la ville de Dabir au Khirbet Dilbéh, situé sur le sommet d’une colline, au nord de Vouadi Dilbéh, à deux heures au sud-ouest d’Hébron. La conformité du nom avec celui de la ville ancienne, l’existence d’une belle source dont les eaux descendent par un conduit jusqu’à un réservoir appelé Ilirkét ed- Dilbéh, au pied de la colline, enfin les ruines éparses au milieu des broussailles sur la hauteur qui domine le bassin : telles sont les raisons invoquées en faveur de cette hypothèse, auxquelles on ajoute la proximité d'Hébron et d’Anab. L’ouudi Dilbéh est peut-être Vouadi Dibir que R. J. Schwarz, Das lieilige Land, Francfort-sur-le-Main, 1852, p. 59, signale, d’après les Arabes, au sud-ouest d’Hébron. Cette opinion est admise, mais non sans réserve, par Keil, Josua, Leipzig, 1874, p. 88; Riehm, Handwôrterbuch des biblischen Altertums, Leipzig, 1884, t. i, p. 265; Fillion, La Sainte Bible, Paris, 1889, t. n, p. 43, etc. Elle paraît très problématique à M. V. Guérin, Judée, p. 265-266. « D’abord, dit-il, les ruines de Delbéh (Dilbéh) sont seulement celles d'un simple village et non point d’une ville de l’importance de Dabir, dont la conquête, regardée sans doute comme difficile, valut à Othoniel la main d’Axa, fille de Caleh. En second lieu, le mot Delbéh n’a qu’un rapport assez éloigné avec celui de Dabir. Enfin, si l’Ain Delbéh dérive d’un peu plus haut avant d’aboutir au réservoir mentionné, sa position n’explique pas le verset de Jos., xv, 19. Ces expressions irriguum superius et inferius... font supposer un plateau et une vallée ou bien deux vallées, l’une haute, l’autre plus basse, arrosées soit par des sources différentes, soit par la même source s’écoulant de la première vallée dans la seconde. Or l'Ain Delbéh
DABIR
semble sortir des flancs inférieurs de la colline dont les pentes sont couvertes par les ruines du Khirbet Delbéh, et cette source ne fertilise que la vallée au milieu de laquelle est le birket en question. »
3° Une troisième hypothèse , adoptée par les explorateurs anglais, place Dabir plus bas encore, à quatre ou cinq heures au sud-ouest d’Hébron, au village à'edh- Dhâherîyéh. Cf. Armstrong, Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, in -8°, Londres, 1889, p. 49. Ce village, situé sur un plateau rocheux, visible d'une assez grande distance dans toutes les directions, occupe une position remarquable. Plusieurs maisons sont bâties avec de beaux matériaux, provenant d’anciennes constructions; quelques-unes même paraissent dater, soit en totalité, soit seulement dans leurs assises inférieures, de l'époque romaine. On y remarque un otiali construit, du moins en partie, avec des blocs antiques équarris avec soin, et un édifice carré, mesurant seize pas sur chaque face et bâti en belles pierres de taille, avec un soubassement en talus. Il renferme plusieurs compartiments voûtés, en pierres fort bien appareillées; c’est actuellement l’habitation d’un des scheikhs du village. Sur la colline et aux alentours, on trouve de nombreuses citernes, des tombeaux et des pressoirs creusés dans le roc, des caveaux qui servent encore aux besoins des habitants. Ce bourg semble appartenir à la ligne des petites forteresses qui apparemment existaient autrefois le long de la frontière méridionale de Palestine. Cf. V. Guérin, Judée, t. ni, p. 361; E. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. i, p. 211; Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1883, t. ni, p. 4U2, 400-407. Cette opinion s’appuie sur les raisons suivantes. — 1° On a cherché un
rapprochement entre les deux noms : Zàlieriyéli
Li, Dâherîyèh, d’après V. Guérin), et idïï, Debir, m”, Bebirâh. Le premier ne serait-il point une corruption du second? On peut encore admettre le changement du i, daleth hébreu, en la lettre emphatique arabe zd, et surtout en dâd; mais le remplacement du 3, bctli, par l’aspirée ha est moins facile à expliquer. Quelques auteurs ont cru trouver une certaine similitude de sens entre les deux mots; mais leur interprétation nous parait plus subtile que fondée. Cf. Keil, Josua, p.88, note 1; Survey of Western Palestine, Memoirs, t. ni , p. 402. Ce premier argument philologique ne serait donc pas, à notre avis, suffisant pour établir l'identification. — 2° Le second a , pour nous , une tout autre portée : Edh- Dhâheriych rentre parfaitement dans le territoire où l’énumération de Josué, xv, 48-51, circonscrit le groupe dont fait partie Dabir, et dont nous avons plus haut rappelé les principaux points. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte pour saisir l’exactitude de ce détail, et, quand on connaît l’ordre ordinairement précis qu’a suivi l’auteur sacré dans ses listes, on ne peut guère n’être pas frappé par cette raison. — 3° La position de ce village correspond à l’importance que l’Écriture attribue à l’antique cité chananéenne. La colline sur laquelle il est assis forme le centre d’ou partent plusieurs routes anciennes, par lesquelles Dabir communiquait avec les villes qui en dépendaient. Ces routes vont ainsi vers Khirbet Zdnoûla (Zanoé) et Khirbet 'Attir (Jether) au sud-est; vers Khirbet Schouéikéh (Socoth) et Es- Semou'a (Istemo) à l'est; vers 'Andb (Anab) à l’ouest; Bir-es- Séba' (Bersabée) au sud, et Hébron au nord, tous chemins fréquentés dans les temps les plus reculés. D’un autre côté, les excavations pratiquées dans le roc sont en Palestine de sûrs vestiges d’antiquité. — 4° La nature du sol représente bien cette « terre desséchée », qui était loin de satisfaire Othoniel et Axa. Jos., xv, 49. Les environs paraissent nus et stériles; les roches calcaires sortent en larges blocs des flancs et du sommet
des collines, donnant au paysage une teinte blanchâtre. L’eau n'est fournie que par la pluie du ciel : aucune source de quelque importance; pas d’arbres; quelques champs de blé seulement au fond d’étroites vallées. Ce terrain n’est guère favorable qu’aux troupeaux, qui y trouvent de bons pâturages. — 5° Mais, dans ces conditions, où placer « les sources supérieures et inférieures » ajoutées par Caleb au patrimoine de sa fille? Rien n’indique dans le texte sacré qu’elles fussent nécessairement auprès de Dabir. Il suffit de les trouver dans les environs, dans le district montagneux d’Hébron appelé « le midi de Caleb ». I Reg., xxx, 14. Voir Caleb 4. On peut les reconnaître dans YOuadi ed-Dilbéh, dont nous avons déjà parlé, mais en le prenant dans toute son étendue. Il y a là une provision d’eau assez rare en Palestine, et plus extraordinaire encore dans le négéb ou « le midi ». Du haut en bas de la vallée, on rencontre des sources assez abondantes pour représenter la « terre bien arrosée », réclamée par Axa. On en compte jusqu’à quatorze, divisées en trois groupes. Le premier comprend : 'Ain el Mâdjour, 'Ain el Fouréidîs, 'Ain Abon Kheit, 'Ain Schekhdkh Abou Thôr, et une autre plus petite, 'A in Abou Saif, sur la pente du Rds el Biâth, au sud de Doura; le second : 'Ain ed-Dilbéh , 'Ain el- Uedjeri , et trois autres plus petites, situées dans une large vallée et s’écoulant dans le torrent; la plus forte est 'Ain ed- Dilbéh, qui alimente un petit réservoir. L'ouadi, quittant la direction de l'est, tourne au sud et s’avance vers le troisième groupe, composé à" Ain el Foûouâr et de trois autres moins importantes. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, t. ni, p. 302, et la grande carte, Londres, 1880, feuille xxi. Les arguments que nous venons d’apporter nous semblent donner à l’hypothèse une assez grande probabilité. Cf. Palestine Exploration Fund , Quarterly Slatement , 1875, p. 48-56.
III. Histoire. — L’importance historique de Dabir ne correspond pas à son importance topographique ou à celle qu’elle avait au début de l’histoire israéli te ; tout se borne pour elle à cette époque et à la période chananéenne. Ville royale , Josué marcha droit sur elle après la conquête d’Hébron; « il la prit et la ravagea; il en fit aussi passer le roi au fil de l’épée avec tout ce qui se trouva dans la place et dans les villes d’alentour, sans y rien épargner. » Jos., x, 38, 39; xii, 13. Il extermina les Énacim qui l’habitaient. Jos., xi, 21. Mais, comme cette race de géants était restée encore assez nombreuse dans le pays philistin, à Gaza, Geth et Azot, Jos., xi, 22, il est probable qu’elle reprit possession de l’antique cité, pendant que les Hébreux combattaient les Chananéens du nord. Nous voyons, en effet, Caleb, qui avait obtenu ce territoire en partage, Jos., xiv, 12-15, « marcher vers les habitants de Dabir, appelée auparavant Cariath-Sépher, » et s’en emparer par la valeur d'Othoniel. Jos., xv, 15-17; Jud., i, 11-13. Assignée à la tribu de Juda, Jos., xv, 49, elle devint ville sacerdotale. Jos., xxi , 15; I Par., vi, 58. Après cela elle tombe complètement dans l’oubli : Eusèbe et saint Jérôme, qui résument son histoire, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 115, 250, ignorent son emplacement. A. Legendre.
3. dabir (hébreu : Debir; on le trouve pleinement écrit dans un certain nombre de manuscrits, cf. B. Ivennicott, Vet. Test. heb. cum variis lect., Oxford, 1776, t. i, p. 463; Septante : A on6(ov; Codex Alexandrinus : Aaësfp), ville frontière de la tribu de Gad, à l’orient du Jourdain. Jos., xm, 26. L’hébreu porte : '□ib 'rainv,
'ad-gebûl Lidbir, « jusqu’à la frontière de Lidbir; » on ne saurait, en effet, prendre ici le b, lamed , pour un préfixe; voir la même locution dans ce chap. xm, 3, 10, et ailleurs. Mais un copiste n’aurait- il point par erreur répété devant Debir la dernière lettre du mot précédent,
| gebùl“? Quelques-uns l’ont cru. Cf. E. F. C. Rosenmüller,
DABIR — DADAN
Scholia in Vct. Test., Josua, Leipzig, 1833, p. 255. A part la paraphrase chaldaïque, qui offre la même leçon Lidbir, les autres versions anciennes, Septante, Vulgate, Peschito ( Dobir ), arabe (Doubira' ) , semblent donner raison à cette hypothèse. D’un autre côté cependant, on ne trouve aucune variante sous ce rapport dans les manuscrits hébreux. Aussi a-t-on généralement supposé que Lidbir était identique à Lodcibar, hébreu nznib, Lôcle-
bâr, imxb , Lô'debâr, localité transjordanienne, dont il
est question II Reg., ix, 4, 5; xvn, 27. Cf. Reland, Palæstina, Utrecht, 1714, t. n , p. 734; Keil, Josua, Leipzig, 1874, p. 109; F. de Hummelauer, Comment, in lib. Samuelis, Paris, 1886, p. 335, etc. Voir Lodabar.
A. Legendre.
DÂBRI (hébreu: Dibri ; Septante: Aaopsi), Danile, père de Salumith, la mère de cet Israélite qui fut lapidé dans le désert du Sinaï pour avoir blasphémé le nom de Jéhovah. Lévit., xxiv, 11.
DACUS, insecte de l’ordre des diptères et de la famille des athéricères. Il existe plusieurs espèces de dacus, dont la plus importante est celle du dacus oleæ ou dacus des olives (lig. 459). Cette mouche, moitié moins