Dacus de l’olive
En bas , h gauche , olive entière , et , à droite , olive coupée par le milieu, l’une et l’autre ravagées par le dacus.
grosse que notre mouche commune, a la tète jaune, le dos gris et les ailes à reflets de diverses couleurs. Ces ailes demeurent habituellement étendues, et l’insecte sautille plutôt qu’il ne vole. Le dacus exerce les plus désastreux ravages dans les récoltes d’oliviers, et ces ravages se chiffrent par cinq ou six millions de perte, rien qu’en France, les années où l’insecte abonde. Quand les olives sont formées , la femelle du dacus vient se poser sur un des fruits, et en perce la peau à l’aide d’un petit dard contenu dans une espèce de gaine cornée qui caractérise les athéricères. Elle dépose alors un œuf dans le trou, et va ensuite répéter la même opération sur d’autres olives, jusqu’à ce qu’elle ait placé les trois ou quatre cents œufs dont elle dispose. Ces œufs deviennent des larves blanchâtres, qui passent quinze ou seize jours dans la pulpe de l’olive et s’y creusent une galerie, aboutissant d’abord au noyau et se rapprochant ensuite de la surface. La larve devient alors chrysalide, et douze jours après la mouche est éclose et sort par le trou primitivement foré par la mère. Les pontes commençant au début de l’été, plusieurs générations de dacus ont le temps de se produire et d’exercer leurs ravages avant la fin de l’automne. Voir Guérin -Méneville, Mémoire sur le dacus des olives,
dans la Revue nouvelle, Paris, 15 juillet 1847. — La Bible ne nomme pas cet insecte, mais elle parle plusieurs fois de la perte des récoltes d’olives. Deut., xxvili, 40; Am., iv, 9; Mieh., vi, 15; Hab., in, 17; Agg., n, 20. Il est présumable que dans bien des cas les olives ont manqué en Palestine par suite de la multiplication du dacus.
IL Lesètre.
DADAN, nom de deux chefs de tribus, l’un descendant de Chain par Chus et Regma, Gen., x, 7 ; I Par., i, 9; l’autre descendant de Sein par Abraham et Jecsan. Gen., xxv, 3; I Par., i, 32.
1. DADAN (hébreu: Deddn; Septante: AaSâv, Gen., x, 7; Codex Vaticanus : ’looSaSâv; Codex Alexandrinus : Aaàxv, I Par., I, 9; Codex Vaticanus . 'Poôitov; Codex Alexandrinus : ’ApocSt cov, Ezech., xxvn, 15, Aai- 8âv, Ezech., xxxvm, 13; Vulgate : Dadan, Gen., x, 7;
I Par., i, 9; Dedan , Ezech., xxvn, 15; xxxvm, 13), second fils de Regma, descendant lui -même de Chain par Chus. Gen., x,7; I Par., i, 9. Les Septante, du moins dans un passage, I Par., i , 9, et d’après certains manuscrits, semblent avoir lu piv, Youdedan , avec iod préfixe, au lieu de pm, ve- Dedan. On trouve la même lecture dansJosèphe, Ant. jud., I, vi,2, qui, de plus, retranche le noun final, et donne ainsi TovSâSaç comme le père des Judadéens , peuple de l’Éthiopie occidentale.
II est certain qu’il y a eu des Couschites ou fils de Chus au sud de l’Égypte , voir Cnus 1, col. 743; mais cette grande famille, en descendant du berceau primitif de l’humanité, a laissé de ses rameaux sur une immense étendue de pays, depuis le bassin méridional du Tigre et de l’Euphrate jusqu'au Haut-Nil, en passant parles bords du golfe Persique et de la mer Rouge, vers la pointe sud de l’Arabie. Comme on s’accorde généralement à placer Regma, père de Dadan, sur la rive arabe du golfe Persique, et que plusieurs même placent Soba, son frère, sur la côte de l’Oman actuel, on est plus en droit de chercher la tribu dont nous parlons dans la même contrée. « Dedan, dit M. Lenormant, correspond sûrement à l’appellation de Daden, donnée à l'une des îles Bahreïn. » Histoire ancienne de l’Orient, 9e édit., Paris, 1881, t. i, p. 267. C’est ce qu’avaient déjà reconnu S. Bochart, Phalerj, iv, 6, Caen, 1646, p. 248; Gesenius, Thésaurus , p. 322; Rosenmüller, Scholia in Genesim, Leipzig, 1821, p. 208, etc.
Ce point ainsi déterminé nous permet d’appliquer à cette première famille, plutôt qu’à la suivante, les paroles d’Ézéchiel, dans son oracle contre Tyr, xxvii, 15 : « Les enfants de Dédan trafiquaient avec toi ; le commerce d'iles nombreuses était dans ta main ; on échangeait contre tes marchandises des dents d'ivoire et de l'ébène. » Le prophète nous représente ici les Dédanites comme un peuple commerçant, transportant sur les marchés de Palestine et de Phénicie des objets de provenance étrangère, apportés sur leurs côtes par les vaisseaux, en particulier l’ivoire et l'ébène, que les anciens faisaient venir soit de l’Inde, soit de l’Éthiopie. En échange, ils rapportaient de Tyr d’autres produits. Les « îles » peuvent indiquer celles du golfe Persique ou des rives lointaines. Au lieu de« fils de Dédan », les Septante ont mis : viot 'Pogi’mv ou ’Apaôccùv ; le syriaque, Doron. La confusion entre le t, daleth, et le ~i , resch, se comprend très bien; mais on ne voit pas pourquoi Tyr, avec un port si fréquenté, aurait reçu de Rhodes ou d’Arad les richesses de l’Inde, tandis qu’une route toute naturelle et la plus courte pouvait amener les marchandises à la côte orientale de l’Arabie, pour être de là transportées par les caravanes sur la côte méditerranéenne. — Faut -il également rapporter a ces premiers Dédanites ce qu’Ézéchiel dit, au chap. xxxvm, 13, de « Saba, de Dédan et des marchands de Tharsis »? Ce n’est pas sur. Ces trois noms représentent les peuples commerçants que mettent en émoi les entreprises guerrières de Gog. Les deux premiers pourraient désigner les
DADAN — DAGON
trafiquants de l’extrême orient aux yeux des Israélites, comme Tharsis désignait pour eux l’extrême occident; mais, d’un autre côté, rien n’indique qu’il ne soit pas question ici des Sabéens et Dédanites de l’Arabie méridionale et septentrionale, également renommés pour leur commerce, comme nous allons le voir, Dadan 2.
A. Legendre.
2. DADAN (hébreu : Deddn, Gen., xxv, 3; I Par., i, 32; Jer., xxv, 23; xlix, 8; Ezech., xxvn, 20; Dedânèh, avec hé local, Ezech., xxv, 13; au pluriel, Uedânim, Is., xxi, 13; Septante : Ae5c<v, Gen., xxv, 3; AatSâv, I Par., i, 32; Is., xxi, 13; Jer., xxv, 23; Ezech., xxvii, 20; AaiSâfj. , Jer., xlix, 8; Sicoxogevoi, Ezech., xxv, 13; Vulgate : Dadan, Gen., xxv, 3; I Par., i, 32; Dedan , Jer., xxv, 23; xlix, 8; Ezech., xxv, 13; xxvii, 20; Dedanim , Is., xxi, 13), second fils de Jecsan , un des enfants qu'Abraham eut de Cétura. Gen., xxv, 3; I Par., I, 32. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 116 , 256, plaçaient le peuple qui en descendait « dans l’Idumée, à quatre milles (six kilomètres) au nord de Phana ou Phœno ». Ce n'est pas exact; mais ce qui est certain , c’est que la proximité d’Édom est nettement indiquée dans les différents passages prophétiques où il est question de cette famille. C’est bien d’elle que parle Isaïe, xxi, 13-15, quand il dit :
f. 13. Oracle sur l’Arabie.
Dans la forêt, au soir, vous ferez votre halte,
Caravanes de Dédan.
f. 14. Venez au-devant de ceux qui ont soif,
Et portez -leur de l’eau,
Habitants du pays de Têma.
Venez avec du pain au-devant des fugitifs;
ÿ. 15. Car Us fuient devant les glaives ,
Devant le glaive menaçant,
Devant l’arc tendu ,
Devant la terreur de la guerre.
Le prophète nous montre ici une caravane obligée, pour échapper à un ennemi qui approche, d’abandonner la route ordinaire, de camper, de se cacher dans la forêt. Le danger venant du nord, elle s’élance au plus vite dans la direction du midi. Voilà pourquoi l’homme de Dieu s’adresse aux habitants de Têma (Vulgate : de la terre du midi), et les exhorte à porter des vivres aux fugitifs, mourant de faim et de soif. Têma est une ville de l’Arabie septentrionale, située au sud du désert de Néfoud, et au sud-est d’Élath (Akabah). Voir la carte d’Arabie, t. i, col. 858. Jérémie unit de même Dédan à Têma et aux tribus arabes, lorsque, parlant de la coupe de la colère divine, il dit, xxv, 23-24, qu’il la fit boire, entre autres peuples :
ÿ. 23. A Dédan, à Têma, à Buz,
A tous ceux qui se coupent la chevelure ,
ÿ. 24. A tous les rois de l’Arabie,
A tous les rois «du mélange» (Vulgate: «de l’occident») qui habitent au désert.
Voir Buz 3, t. i, col. 1982. Le même prophète, qui distingue ici Dédan de l’Idumée, xxv, 21, fait allusion plus loin, xlix, 8, au voisinage de cette contrée et aux relations des Dédanites avec elle : « Fuyez et tournez le dos, descendez dans les profondeurs, habitants de Dédan , car c’est la ruine d’Ésaü que j’amène sur lui , le temps où je dois le visiter. » Notre tribu est ainsi invitée à cesser tout rapport commercial avec Édom, et même à se cacher jusque sous terre, si elle ne veut point partager sa ruine. C’est ce qui ressort également de l’oracle d’Ézéchiel, xxv, 13 :
J’étendrai ma main sur Édom ,
J’en exterminerai hommes et bêtes.
J’en ferai un désert depuis Téman ( Vulgate : du côté du midi ),
Et jusqu’à Dédan ils tomberont par l'épée.
Et, deux chapitres après, xxvii, 20, l’auteur sacré, distin-
guant cette peuplade de celle qu’il mentionne au ÿ. 15, l’associe encore à l’Arabie et à Cédar. Il la représente comme faisant avec Tyr le trafic des housses de chevaux (Vulgate : tapis pour s'asseoir). De tous ces détails, nous tirons la conclusion que le Dédan jecsanite habitait aux confins du royaume édomite, dans le Iledjaz septentrional, et que le souvenir en est rappelé par la ruine Daïdàn , à Test de Téimâ et au sud-est d’Aïla. Voir Arabie, t. i, col. 861. Plusieurs auteurs pensent que les deux familles couschite et sémite se sont mêlées par suite d’émigrations et de mariages. Rien d’étonnant à cela, étant donné le caractère nomade et le rôle commercial de ces tribus. Le nom de Dédan, uni à celui de Saba dans les deux généalogies, se retrouve dans les inscriptions sabéennes. Voir Saba. Dédan eut pour descendants les Assurim, les Latusim et les Loomim. Gen., xxv, 3; I Par., i, 32. Voir ces mots. A. Legendre.
DAGON (hébi ’eu : Dâcjôn; Septante : Aocydiv), dieu principal des Philistins, moitié homme moitié poisson.
I. Nom et caractères. — Le nom de Dagon vient de la racine dag , qui signifie « poisson » dans les langues sémitiques. Il était le dieu de la force génératrice. Le livre des Juges et les monuments nous font connaître la forme sous laquelle il était représenté. Malgré les différences de détails, il apparaît toujours comme un monstre, homme par la partie supérieure et poisson ou animal marin par l’extrémité inférieure. Sur une médaille, il
4t>0. — Dagon sur une monnaie d’Asealon.
Dagon ichtbyomorphe, à gauche, tenant une couronne et un trident. — R). < J;. Lion marchant à droite sur des rochers.
est figuré nageant; la queue est celle d’un dauphin, F. Lajard, Recherches sur le culte de Vénus, atlas in-f°, Paris, 1837-1847, pl. xxxiv, n° 20, cf. n° 19; sur une autre il a des pieds de quadrupède. F. Lajard, Recherches, pl. xxxiv, n° 16. Sur les deux il tient un poisson à la main et paraît au milieu des flots. D’autres monuments le montrent tantôt se terminant en poisson, F. Lajard, Recherches , pl. xxxii, nos 3, 4, 6, 7 a, 9; tantôt sous une forme purement humaine. Ibid., n°s 5, 6, 8. Une médaille d’Ascalon ou d’Azot le représente droit sur une queue de dauphin (fig. 460). E.Babelon, Catalogue des monnaies de la Bibliothèque Nationale ; les Achémènides, in -4°, Paris, 1893, pl. vm, fig. 3. Cf. Ohnefalsch Richtor, Kypros, die Bibel und Homer, in-4°, Berlin, 1893 p. xcvii. Les monnaies d’Aradus en Phénicie portent l'effigie du même dieu , mais il a les cheveux nattés en cordelettes et la barbe frisée à l’assyrienne. E. Babelon, Les Achémènides , pl. xxii, fig. 1-9, 23-25. Le type de Dagon est, en effet, originaire d’Assyrie. Dagàn est nommé parmi les dieux protecteurs des rois assyriens, avec Anou, Western Asia inscriptions , t. iv, 20, 1. 16; 79, 1. 7-8; cf. t. ni, 68, 1. 21 ; Catalogue de la collection de Clercq , t. i, in-f°, Paris, 1888, p. 188. Le dieu est parfois représenté assistant les prêtres qui offrent des sacrifices. Catalogue de la collection de Clercq, p. 189, n° 343 et pl. xxxii; J. Menant, Glyptique orientale, in-8n, Paris, 1886, p. 51, fig. 6. Sur une plaque de bronze de la collection de Clercq (fig. 461), Dagon est figuré près d’un mort placé sur son lit funèbre; le dieu accomplit les rites de la purification; on le retrouve aussi au pied du lit, se disposant à livrer le défunt à ceux qui doivent le conduire outre-