DODO (Septante: Awoia; Codex Alexandrinus
A(üata), père d’Éléazar, un des quatre gibborbn , qui avaient l’emploi de sâlisim en chef. I Par., xi, 25. La Vulgate a pris le mot Dôdô pour un nom commun : patruus ejus, « son oncle. » Au passage parallèle, II Reg., xxm, 9, le texte hébreu porte : au ketib, Dodoy , et au keri, Doday. D’après I Par., xi, 12, c’est Dodo qu’il faut lire. Les Septante ont traduit d’abord le nom comme un nom commun, puis on l’a ajouté comme un nom propre: u îbç ira-paSékcpou a'jxoO, uiô; AouSn Dans I Par., xxvil, 4, il est dit que le chef de la garde royale pendant le second mois était Doday (Vulgate : Dudia) l’Ahohite; en rapprochant ce texte des deux précédents , on constate qu’il a du être altéré, et qu’il devait porter originairement: Éléazar, fils de Dodo l’Ahohite. E. Levesque.
DOEG (hébreu: Dô'êg; Septante : Atnjv.), serviteur de Saùl, que la Vulgate qualifie d’iduméen, tandis que les Septante et Josèphe après eux, Ant. jud., VI, xi, 1, l’appellent Syrien, c’est-à-dire Araméen, par suite du changement du d en r. Il était le chef des bergers de Saül, I Reg., xxi, 7, et l'un de ses principaux serviteurs. I Reg., xxn, 9. Les Septante, par une fausse interprétation, lui donnent, I Reg., xxi, 7, le titre de « gardien des mules de Saül ». — Doeg se trouvait dans le Tabernacle, à Nobé, le jour où David, fuyant définitivement la cour de Saül pour sauver sa vie, vint demander au grand prêtre Achimélech quelques aliments pour lui -même et pour ses compagnons, et en reçut, avec les pains de proposition, l’épée de Goliath. LaA'ulgate dit que Doeg «était dans l’intérieur du Tabernacle du Seigneur ». I Reg., xxi, 1-9. L'hébreu et les autres versions différent de la Arulgate en cet endroit; ils portent : « Il y avait un homme (Doeg) lié devant le Seigneur. » Les exégètes ont exprimé divers sentiments sur la raison pour laquelle Doeg était ainsi « lié » ou « retenu » dans le Tabernacle. Les uns ont pensé qu’il y accomplissait quelque purification légale, les autres qu’il était venu pour s'acquitter d’un I vœu, cf. Act., xxi, 26; d’autres, qu’il était soupçonné d’être
DOEG — DOMESTIQUE
lépreux, Lev., xm, 4-5, ou qu'il avait quelque maladie dont il demandait la guérison. Voir Cornélius a Lapide, Comment. , t. ni, Paris, 1895, p. 396. Les traducteurs alexandrins paraissent croire qu'il avait fait un vœu de Nazaréen : o"jvs^(5(j.evoç Nsso-uapàv Évcomov Ivuptou. — Quoi qu'il en soit, Doeg observa tout ce qui se passait et garda bon souvenir de ce qu’il avait vu et entendu pour en faire usage à l'occasion. Cf. I Reg., xxn, 22. Celte occasion ne tarda pas à se présenter. Saül avait appris que David, ayant réuni autour de lui quatre cents hommes, s’approchait à la tête de cette troupe. I Reg., xxn, 2, 5-6.
Il se plaignit un jour amèrement à ses officiers qui l'entouraient de ce qu'aucun d'eux ne l'informait des menées du fils d'Isaï. Alors, pour faire acte de bon courtisan ou pour perdre David, ou plutôt pour ces deux motifs à la fois, Doeg raconte au roi ce dont il avait été témoin à Nobé, en commençant par le récit d’un fait qui n’est pas rapporté I Reg. , xxi , 1 : c'est que le grand prêtre Achimélech avait consulté le Seigneur au nom de David.
I Reg., xxii, 6-10. L'Iduméen pensait avec raison que c'était là le grief le plus grave aux yeux de Saiil ; Saül ne pouvait redouter rien tant que de voir le Seigneur rendre quelque oracle en faveur de celui qu'il regardait comme un rival acharné à sa perte. I Reg., xxii, 13. On a prétendu que Doeg avait calomnié David et Achimélech en ce qui regarde la consultation divine; mais Achiméleçh, à qui il était si facile de se justifier sur ce point, le confirme indirectement. I Reg., xv, 15. Le résultat du rapport de Doeg fut que Saül, ayant mandé à Gabaon Achimélech et les prêtres de sa famille, ordonna à des « coureurs » (voir ce mot, col. 1080) de les tuer tous. Cf. IV Reg., x, 25. Mais les coureurs se refusèrent à cette exécution barbare, et le roi commanda à Doeg de les im-Q moler lui -même. L'Iduméen, qui les avait dévoués à la vengeance de Saül, ne pouvait reculer; il massacra donc ces prêtres au nombre de quatre -vingt- cinq, probablement avec l’aide de ses serviteurs. Cette horrible boucherie fut suivie d’une autre plus horrible encore ; on fit périr à Nobé tout ce qui avait vie : hommes, femmes et enfants et jusqu’aux animaux. I Reg., xxii, 16-19. Abiathar, fils d’Achimélech, put cependant échapper au massacre, et il vint apporter à David cette nouvelle. David, qui connaissait Doeg, ne fut pas surpris de sa conduite; il avait prévu, en le voyant entrer dans le Tabernacle, à Nobé, qu’il le dénoncerait. I Reg., xxii, 20-22. La douleur et l’indignation qu'il éprouva à cette nouvelle lui inspirèrent le Psaume u, qui commence par cette vive apostrophe à Doeg: « Quid gloriaris in malitia, qui potens es in iniquitate? » Les Pères ont vu dans Doeg une figure du traître Judas et des impies, persécuteurs des justes et des amis de Dieu. S. Augustin, In Ps. lt, 3, 13, t. xxxvi, col. 601 et 608. E. Palis.
DOIGT. Hébreu : 'ésba' ; Septante : SâvcrvAoç; Vulgate : digitus.
1. DOIGT, l’une des cinq parties articulées qui terminent la main. — 1° Dans le sens propre. L'Écriture mentionne un guerrier philistin de Geth, qui avait six doigts à chaque main et à chaque pied. II Reg., xxi, 20;
I Par., xx, 6. — Dans les cérémonies du Temple, les prêtres trempaient leur doigt dans le sang des victimes pour en toucher ensuite les cornes de l'autel ou faire des aspersions. Exod., xxix, 12; Lev., iv, 6-34; ix, 9; xiv, 16, 27; xvi, 14, 19; Nurn., xix, 4. — Il est encore question des doigts de l'épouse, qui sont pleins de myrrhe, Cant., v, 5; des doigts des idoles, qui ne servent de rien, comme s'ils n’existaient pas, Sap., xv, 15; des doigts mystérieux qui écrivent sur la muraille du palais de Baltassar, Dan., v, 5; du doigt avec lequel Notre-Seigneur guérit le sourd, Marc., vu, 33, et écrit par terre, Joa., vm, 6; du doigt de Lazare, dont le damné attend en vain un léger rafraîchissement, Luc., xvi, 24; des doigts
que saint Thomas est invité à mettre dans les plaies du Sauveur. Joa., xx. 25. — Certains mouvements des doigts marquent la duplicité, Prov. , vi , 13, ou la moquerie. Is., lviii, 9. — 2° Dans le sens figuré, le doigt se prend en hébreu pour la main, qui représente elle-même la puissance de Dieu ou l’activité de l’homme. Ainsi c’est le doigt de Dieu qui fait les cieux , Ps. vm, 4; qui se manifeste par des prodiges, Exod., vm, 15; qui écrit les tables de la loi, Exod., xxxi, 18; DeuV, ix, 10; qui chasse les démons. Luc., xi, 20. Le doigt de l’homme fabrique des idoles. Is., n, 18; xvn, 8. Roboam dit aux Israélites que son petit doigt, qotén, de qâtan, « petit, » sera plus gros que les reins (le dos) de son père, pour indiquer que sa main sera beaucoup plus lourde, ses exigences beaucoup plus onéreuses que celles de Salomon. III Reg., xii, 10; II Par., x, 10. Former les doigts à la guerre, c’est donner à quelqu’un le courage et l’habileté militaires. Ps. cxliv ( c.xliii ) , 1. On lie la loi à ses doigts pour que l’esprit ne l’oublie pas et que la main l’exécute toujours. Prov., vu, 3. Ne pas toucher un fardeau du bout des doigts , c’est se refuser à tout acte de vertu pénible. Matth., xxm, 4; Luc., xi, 46. Les versions se servent même du mot « doigt » dans quelques passages où l'hébreu parle de « main ». Jud., xvm, 19; Job, xxi, 5; xxix, 9; Prov., xxxi, 19; Is., lix, 3. Elles disent aussi que le Seigneur « prend la terre avec trois doigts », là où l'hébreu porte : « Il mesure la terre avec un sâlis. » Is., xl, 12. Le sâlis est le tiers de l’éphi. Voir Éphi.
IL Lesêtre.
2. DOIGT, mesure de longueur. — Dans le texte hébreu, le ’éçba' ne désigne une mesure proprement dite que dans un seul passage. Jer., lii, 21. Ce prophète nous apprend que les colonnes du Temple de Jérusalem, Jachin et Booz, qui étaient creuses à l’intérieur, avaient quatre doigts d’épaisseur de métal. La mesure ainsi nommée était égale au quart du téfah ou palme, et équivalait à l’épaisseur du doigt (environ 0m 0218 ). Voir Coudée, col. 1060. Maimonide, Mischné Thora, II, ni, 9, 9, dit que V'éçba' est égal à la longueur de sept grains d’orge moyens. — Deux fois la Vulgate traduit le mot téfah par « quatre doigts ». Exod., xxv, 25; xxxvii, 12.
IL Lesêtre.
DOLFSWil Jean- Antoine , dit de Casalmaggiore ,’ bien qu’il soit né à Pomponesce, en Lombardie, après avoir fait ses humanités à Crémone, étudia à l’université de Bologne, et là revêtit l'habit des Mineurs Conventuels. Son assiduité à l'étude lui imposait des veilles prolongées, en raison desquelles on le surnommait « Mezza notte ». Il fut appelé en qualité de théologien au concile de Trente, par Paul Ht. Ses confrères l’élurent provincial de Bologne, en 1546. L'université de la même ville le réclama pour professeur de physique, en 1553. Il fut élu général de son ordre en 1559, et il conduisait ses sujets « avec un fil de soie , tant était suave et forte sa douceur », lorsque la mort vint le leur enlever, à Bologne, le 5 septembre 1560. Il a laissé : Commentaria in Epistolam ad Hebræos , in-8°, Rome, 1587; Commentaria in Evangelium S. Joannis, opéra et cinn additionibus cardinalis Sarnani, in-8°, 1587. — Sbaraglia fait observer que Possevin, Wadding et Jean de Saint-Antoine ont fait de cet auteur deux personnes différentes, sous les noms d’Antoine et de Jean- Antoine, celui-ci étant le véritable. Un l’appelle aussi Delphini et Dauphin.
P. Apollinaire.
DOMESTIQUE (4 o’.y. sio;), celui qui fait partie de la maison. Ce mot, dans l’Écriture, ne désigne pas un serviteur, comme en français, mais quiconque fait partie de la maison (bêt, oG<5ç), soit enfant, fils et fille, soit esclave. II Sam. (II Reg.), xvi, 2; Prov., xxxi, 15, 21 ; Eccli., iv, 35; vi, il; xxx, 2; xxxii, 26; Is., m ,6; Mich., vi, 6; Matth., x, 25, 36 (ohciaxé;, « celui qui est soumis à l’autorité du père de famille »); Act., x, 7 (o:.xét -qç , mot qui signifie quelquefois spécialement un esclave. Luc,
XVI, 13 ; Rom., xiv, 4; I Pet., il, 18); Rom., xvi, 5 (y.aU oixov); I Cor., xvi, 19 (y.a-r’ oixov); Gai., VI , RJ; Ephes., il, 19; I Tim., v, 8. Les chefs de famille doivent prendre un soin particulier de tous ceux qui appartiennent à leur maison, spécialement de leur salut. Gai., vi, 10; I Tim., v, 8.
DOMINICAINS (TRAVAUX DES) SUR LES SAINTES ÉCRITURES. — L’ordre a été fondé en 1210, par saint Dominique, sous le nom de Frères Prêcheurs, pour la défense de la foi catholique, avec, pour mission principale, la prédication et l'enseignement des sciences sacrées. 11 a exercé au moyen âge une prépondérance marquée dans le domaine intellectuel, étant le premier institut établi dans l'Église avec une mission spéciliquement doctrinale. On peut répartir son action dans l’histoire de la Bible en deux périodes : 1° le moyen âge;
2° la Renaissance et les temps modernes.